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Dieu n'est pas le seul "invisible"

Le Dieu à l'adoration et à la connaissance duquel nous convient les prophètes et les chefs de notre religion, a entre autres qualités, celle d'être absolument non - perceptible par les sens.
Outre cette qualité, Il est aussi éternel et infini. En même temps qu'Il est en tout lieu, Il n'est spécifiquement nulle part. Mais la nature et toutes les choses sensibles constituent le lieu de ses manifestations.

Sa volonté est manifeste en tout point de l'univers et les phénomènes naturels témoignent de Son essence et de Sa force.

Non seulement Il est invisible, mais nos sens sont incapables de Le percevoir, car ce qui peut prendre place dans notre cerveau est toujours sous le coup d'une limitation, alors que Dieu est absolu et infini.

Evidemment, la représentation d'un être qui échappe ainsi à la perception des sens, qui n'a pas de couleur ni de forme matérielle, et ne se prête pas à l'observation et à l'expérimentation, est difficile.

Quand la représentation d'une chose lui est problématique, l'homme trouve plus facile de la nier.

Ceux qui veulent résoudre la question dans le cadre étroit de leur propre capacité intellectuelle, disent:

Comment peut-on ajouter foi à l'existence d'un être invisible?

Ces gens perdent de vue cette vérité que l'homme ne peut connaître, à l'aide de ses sens naturels limités qu'une facette de l'être.

Il n'a pas la capacité de saisir l'être dans sa totalité. Avec ses organes sensoriels, il ne peut aller au - delà des apparences des phénomènes, et les sciences expérimentales perdent de leur pouvoir dès qu'elles parviennent aux confins de la métaphysique.

Puisque l'homme au moyen de ses instruments et laboratoires scientifiques ne peut parvenir à rien dans ce domaine, il n'a pas le droit, tant qu'il ne disposera pas de la preuve formelle de l'impossibilité de la connaître, de rejeter une idée sous prétexte qu'elle ne concorde pas avec sa méthode et ses moyens matériels.

Quant à nous, nous découvrons l'existence d'une loi invisible à travers l'observation d'un ensemble de phénomènes inexplicables autrement que par cette loi.
Et si les lois scientifiques n'étaient prouvables que par l'observation directe, plusieurs faits perdraient leur scientificité.

* * *

A propos des réalités matérielles, tout être raisonnable adhère au principe suivant lequel le fait de ne pas sentir ou voir ne peut pas constituer un motif essentiel pour se nier, tout comme il ne peut taxer d'inexistant tout ce qui échappe à sa perception sensorielle; à plus forte raison les réalités non matérielles.

Dans les expériences scientifiques, nous ne nions pas l'existence de la cause d'un phénomène quand celle - ci n'est pas encore mise en évidence. Nous disons plutôt que la cause nous en est inconnue. Ce qui signifie que notre loi est distincte des expériences scientifiques, et que l'on ne peut nier la causalité au moyen de l'expérimentation.

Et d'ailleurs avons - nous vu de nos yeux toutes les choses que nous acceptons et dont nous croyons en l'existence? Même dans ce monde matériel peut - on voir et sentir toutes les choses, sans que nous percevions Dieu?

Tous les matérialistes savent que la plupart de nos connaissances font partie de propositions et de réalités non sensorielles et non familières. Sur la scène de l'existence, il y a beaucoup de choses qui ne se prêtent pas à la perception visuelle, surtout à notre époque de progrès des sciences où des réalités innombrables ont été découvertes. L'une des questions qui font l'objet d'un intérêt accru de la part des savants est celle de la transformation de la matière en énergie.
Les êtres et les corps visibles de ce monde doivent transformer leur forme originelle en énergie pour assurer leur survie. Mais cette énergie qui est le pivot de nombreuses actions et réactions du système de l'existence est - elle visible et tangible?

Nous ne savons que trop que l'énergie est une source de force, mais sa nature demeure encore pour nous une énigme. Certaines découvertes résultent de la spéculation et de l'argumentation pure, non de l'observation visuelle.

La connaissance de particules extrêmement petites se fait par des déductions résultant des expériences. Et toute la connaissance des réalités atomiques a lieu par la démonstration, et si l'activité des atomes, et des molécules n'entraînait aucun effet apparent, l'on demeurerait dans l'ignorance même de leur existence.

Aucun physicien ni homme de laboratoire n'a pu voir de ses yeux l'électricité qui fait pourtant partie de notre civilisation, de notre science, et de notre vie quotidienne. Personne ne l'a pesée, ni touchée pour en éprouver la consistance, ni entendu son bruissement. Personne ne peut affirmer directement la présence d'électricité dans un fil métallique, sans l'intermédiaire de l'expérience.

La nouvelle physique affirme que les objets que nous touchons sont solides, inertes et stables et que l'œil nu ne perçoit pas leurs mouvements.

Mais en dépit de leur apparence extérieure, ce que nous voyons et sentons est un ensemble de molécules qui ne sont ni solides, ni inertes, et ni stables. Tout objet ne connaît rien d'autre que transformation et mouvement permanant qui échappent à nos organes sensorielles.

L'air qui est si abondant autour de nous a un poids extraordinairement lourd, exerçant une pression permanante sur le corps, évaluée à 16 tonnes. Comme cette pression est neutralisée par le corps, nous n'en éprouvons pas de malaise.
C'est là une réalité scientifique indiscutable, demeurée méconnue jusqu'à Galilée et Pascal, parce que nos organes sensoriels ne pouvaient pas la percevoir.1

Même les propriétés attribuées aux éléments naturels par les savants par déduction spéculative ou expérimentale, ne peuvent pas être perçues directement.
En principe, le but et le résultat de toute investigation scientifique consiste en l'étude des vestiges et effets partiels et sensibles de la matière pour en découvrir les facteurs cachés et les lois générales.

En géologie, on étudie la formation des couches géologique remontant à des millions d'années, puis l'on déduit de façon catégorique les plissements, les couches, les fossiles, l'étendue progressive des océans, des chaînes de montagnes, des déserts, alors qu'aucun savant n'a été témoin de ces transformations géologiques.

Dans notre univers mental, des notions comme la justice, la beauté, l'amour, l'inimitié et la rancune ou le savoir, n'ont pas d'existence tangible et sensible, ni la moindre apparence physique, mais cela ne nous empêche pas de leur reconnaître une réalité.
On ignore la nature de l'électricité, des ondes hertziennes et de l'énergie, ainsi que celle des électrons et neutrons. Nous ne connaissons leur existence que par l'effet qu'ils entraînent.

* * *

Naturellement, la vie existe et l'on ne saurait la nier, mais par quel moyen pourrait - on la mesurer? De même quel critère nous permettrait de mesurer la vitesse du processus de la pensée et de l'imagination?

“J'ai souvent demandé à mes élèves d'essayer de rédiger pour moi la formule chimique d'une pensée, de m'en dire la longueur en centimètre, son poids en grammes, sa couleur, son image agrandie, sa pression et son élasticité, son champ d'action, la direction et la vitesse de son mouvement. Ils ne pourront jamais exprimer l'idée ou la pensée par une interprétation physique, une équation ou une formule chimique.”2

Une nouvelle terminologie doit être utilisée où les notions de poids, de longueur et autres notions semblables perdraient la signification qu'on leur donne en physique.

La science est un savoir testé, mais elle est aussi en butte à l'erreur. Elle n'a de caractère légal et d'authenticité que dans ses limites propres. Son domaine est celui du quantitatif. Elle commence et finit par des hypothèses et non des certitudes. Ses conclusions, en particulier dans les mesures et les relations existant en les divers phénomènes qu'elle étudie sont provisoires, approximatives et comportent toujours une marge d'erreur. Les déductions scientifiques ne connaissent pas de fin, chacune réédifiant ou bouleversant la précédente.

“Toute réalité a été jusqu'à présent discutable. Nos perceptions personnelles des phénomènes naturels sont très relatives et conditionnées.

Dans ce monde étrange et agité, il n'y a aucun évènement qui puisse nier d'une façon ou d'une autre l'existence d'une activité divine, et en démontrer la vanité.”3

Il n'est donc que trop clair que nier l'existence de ce qui n'est pas perceptible par nos organes sensoriels, visuels et auditifs est une attitude illogique et contraire aux principes rationnels. Pourquoi les athées acceptent ils un principe scientifique et en rejettent - ils un autre, en l'occurrence l'existence de Dieu.

Ne perdons pas de vue que nous sommes limités par le cadre matériel de notre vie. Nous ne pouvons nous représenter ordinairement un être absolu. Si nous disions à un paysan qu'il existe dans le monde une ville du nom de Londres , grande et très peuplée, il se la représenterait sous la forme d'un grand hameau, semblable aux dizaines de villages proches du sien, avec la même forme architecturale, les mêmes vêtements, les mêmes rapports entre les individus, et s'imaginerait aussi que le mode de vie des londoniens est le même que chez lui.

La seule chose que nous pouvons lui dire pour rectifier l'image erronée qu'il se fait de Londres est que cette ville est un lieu habité, mais pas de ces lieux qu'il pense, et qu'elle n'a rien de comparable à ceux qu'il a vus.

Dans le cas de Dieu aussi, ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'Il existe, qu'Il est vivant, puissant et savant, mais que Son existence, Sa science et Sa puissance, sont en dehors de notre compréhension.

C'est par ce moyen qu'il est possible, dans une certaine mesure, de dépasser les limites qui nous sont imposées. Même pour les matérialistes, il est impossible de se représenter réellement ce que fut la matière à l'origine, la matiera prima.

Bien qu'il semble que nos connaissances les plus évidentes et les plus justes soient celles qui nous sont données par nos sens, dans les questions scientifiques et philosophiques, on ne peut pas s'appuyer sur les données des sens.

Il faudrait en discerner, sans préjugé aucun, la nature et la réalité ainsi que la part de crédit qu'on peut leur accorder dans l'investigation des faits. Autrement, on s'ex pose à l'errance, car les connaissances nées de nos sens concernent seulement une quantité spécifique de phénomènes et d'objets sensibles, et ne portent pas sur la nature et l'essence de ces objets et phénomènes.

Notre vue, qui est le plus sûr moyen de discerner les réalités, est impuissante, dans de nombreux cas, de nous en donner une image nette et complète. Elle ne peut percevoir que la lumière dont la longueur d'onde est située entre 4% et 8% de micron, et ne peut percevoir les couleurs situées au - delà de l'ultraviolet et en - deçà de l'infra - rouge.

En outre, les ouvrages de psychologie consacrent des chapitres entiers à l'étude des aberrations de nos sens, en particulier pour les illusions d'optique. Les couleurs que nous distinguons comme telles ne sont en réalité que des mouvements vibratoires de différentes fréquences perçues différemment par l'œil. En d'autres termes ce que nous percevons avec nos organes sensoriels est limité par la structure et la capacité mêmes de ces sens. Par exemple, il a été déduit que certains animaux, comme le bœuf ou le chat, distinguent toutes les choses différemment de l'homme, bien que l'analyse scientifique n'ait pas encore éclairci la nature du mécanisme de la perception polychromique, et que les idées avancées dans ce domaine soient encore hypothétiques.

Pour montrer que l'on ne peut se fier au sens tactile, on peut se livrer à l'expérience des trois récipients remplis respectivement d'eau chaude, d'eau froide et d'eau tiède: On met une main dans l'eau chaude, l'autre dans l'eau froide. Après quelque temps, on retire les deux mains et on les plonge dans le troisième récipient. On éprouve alors avec étonnement une sensation double: une main témoigne que l'eau est froide, l'autre qu'elle est chaude, alors qu'il s'agit du même liquide, de température égale.

Mais la raison et la logique nous affirme qu'il est impossible que l'eau soit simultanément froide et chaude. Cette aberration du sens tactile est due au fait que le sens tactile a provisoirement perdu sa fonction sous l'effet des deux récipients d'eau chaude et d'eau froide.
Y a-t-il alors une autre voie que celle de tout soumettre au jugement des perceptions intellectuelles pour se prémunir des aberrations de nos sens?

Car c'est l'esprit seul qui peut juger de la véracité des messages sensoriels; or lui - même prend sa source dans l'univers supra - sensible.

* * *

Par conséquent, nos sens qui ont une valeur empirique, sont dépourvus de valeur scientifique. Et ceux qui dans leur recherche ne s'appuient exclusivement que sur les données brutes des sens ne pourront jamais résoudre les problèmes de l'être.

De ce que nous avons appris à propos de la capacité réaliste des sens, nous inférons que dans le domaine de l'expérience, les sens seuls ne peuvent pas non plus faire parvenir l'homme à un savoir sûr, ni le guider verra la vérité; à plus forte raison quand il s'agit de questions échappant aux facultés sensorielles.

Les partisans des doctrines métaphysiques sont d'avis que tout comme l'expérimentation est la méthode d'investigation et de connaissance du monde physique, l'intelligence et la spéculation sont le moyen d'investigation des réalités dans le domaine métaphysique.

Camille Flammarion écrit dans son livre: “Les Secrets de la mort”:
“Les hommes vivent dans l'ignorance et l'inconscience. Ils ne savent pas que sa constitution physique ne peut pas conduire l'homme aux vérités. Ses cinq sens le trompent en tout. La seule chose qui peut guider l'homme dans sa quête de la Vérité est la raison, la pensée et, l'attention scientifique.

De nos jours, la raison juge catégoriquement qu'il existe des êtres, de l'air, des forces et des choses que nous ne voyons pas, et que nous ne pouvons percevoir avec aucun de nos sens.
Par conséquent, il est possible que des choses et des êtres vivants, autres que ceux que nous connaissons existent hors du domaine de nos sens.

Ainsi, quand il a été démontré scientifiquement que les sens n'ont pas la capacité de connaître tous les êtres, et que même ils nous induisent en erreur, nous ne devons pas nous imaginer que la création se limite à ce que nous percevons avec nos sens.
Nous devons plutôt penser le contraire.

Avant la découverte des microbes, personne ne se doutait que chaque corps en portait des millions et que la vie de tous les êtres vivants en était menacée. C'est pourquoi nous affirmons que ce qui nous guide vers la réalité, c'est la raison et l'esprit.

  • 1. Citation du professeur Stanley Connguedon.
  • 2. Démonstration de l'existence de Dieu.
  • 3. Histoire de la philosophie, Will Durant.

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