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Les épreuves dures, une cause de réveil

Ceux qui sont ivres d'arrogance, de puissance et de succès, et qui ont totalement oublié l'éthique humaine à cause de la séduction de leur âme et de leur sentiment, trouveront parfois dans plusieurs coins du monde, que la rencontre d'évènements désagréables leur ouvre la voie aux changements fondamentaux ainsi qu'à plusieurs développements qui arrachent les voiles de l'oubli. Ils peuvent même être guidés vers un chemin menant à un degré de perfection morale ainsi qu'à un avenir plus fécond que leur présent. Il y a des gens chez qui le malheur a produit une transformation profonde.

Tout en prenant en considération les effets nocifs de la négligence et de l'enivrement d'un côté et les nombreuses leçons de morale enseignées par le malheur de l'autre côté, on pourrait ainsi dire que l'échec et le malheur sont relatifs, étant donné qu'ils contiennent un grand bienfait. Ils contribuent de façon certaine à la conscience et à la volonté de l'homme.

Les épreuves dures sont donc préliminaires à d'autres étapes plus élevées de l'être; elles préparent l'homme à la récompense qui lui est réservée, et de sa réponse, il apparaît s'il a atteint un haut degré de sincérité et de dévouement ou s'il est enfoncé dans la décadence.

“Nous avons créé l'homme dans l'endurance” Coran sourate 90, verset 4

Ou encore:

“Certes, nous vous éprouverons par quelque terreur, par la faim, par une diminution de vos biens, dans vos personnes, dans vos récoltes. Annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent, à ceux qui, lorsqu'un malheur les frappent, disent; 'nous sommes à Dieu et c'est à Dieu que nous retournerons.' Sur eux s'étendront les bénédictions et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la bonne voie.” Coran, sourate 2, versets 155 à 157

Le célèbre philosophe Emerson déclare:
“Les changements qui perturbent parfois le bonheur des hommes, sont comme une mise en garde de la nature chez laquelle la croissance est un des principes.
Lorsque le besoin spirituel se fait sentir, tout esprit laisse ses biens et ses amis, comme l'huître qui quitte sa coquille et la renouvelle pour se développer.

Les handicaps, la dépression morale, la banqueroute, la perte des biens et des amis, semblent tous des catastrophes irréparables. Mais avec le temps, une force de compensation extraordinaire apparaît.

La mort des personnes qui nous sont chères, bien qu'accablant au début, se révèle être un bon guide, bouleversant notre vie pour mettre fin à notre période d'enfance ou de jeunesse. Le malheur et la privation renversent notre mode de vie et notre travail habituel, mais, en revanche, instaurent une nouvelle méthode, propice au développement de notre personnalité.
Celui qui vit heureux comme une fleur toute fraîche, sans se soucier de la fragilité de sa tige et de ses racines devant la chaleur du soleil ou la force du vent, se transformera en figuier une fois que le jardinier ne s'en occupera plus, et donnera de 1'ombre et des fruits aux gens.”1

Sans aucun doute, Dieu pouvait créer un monde sans peine, souffrance ou malheur, mais cela aurait signifié la privation de l'homme de sa liberté et de son choix. Il aurait été lâché dans le monde, sans aucun pouvoir de décision, ni de volonté, exactement comme une créature formée exclusivement par la nature, manquant de perception et de conscience, et totalement obéissant à l'ordre naturel. Aurait - il alors mérité le nom d'homme?

Ayant payé un prix énorme pour la perte de ses capacités innées et de sa ressource précieuse, à savoir la liberté, aurait - il fait un pas en avant vers la perfection ou bien aurait - il sombré dans le déclin? Le monde ne perdrait - il pas aussi sa bonté et sa beauté, ceux-ci n'étant seulement compréhensibles que par rapport à leurs opposés.

Il est clair que sans le pouvoir de distinguer et de discriminer, l'existence du mal et du bien, de la beauté et de la laideur ne voudrait rien dire.

En donnant à l'homme l'inestimable bienfait de la liberté et de la capacité de choisir, Dieu, dont la sagesse est évidente à travers sa création, a voulu étaler entièrement son habileté à créer des phénomènes témoignant de sa sagesse et de sa puissance. Il a donné à l'homme le choix entre le bien et le mal, et bien qu'il ne l'oblige pas à choisir le bien, il attend toujours de lui qu'il fasse du bien. Dieu n'approuve pas le mal; c'est la bonne conduite qui rencontre Son approbation et en échange, Il offre des récompenses inimaginables et abondantes.

Dieu prévient l'homme contre le chemin du mal, et le menace de punition en cas de déviation.
Ainsi par l'utilisation du pouvoir de choisir que Dieu a accordé à l'homme, celui - ci doit agir conformément aux orientations divines ainsi qu'à sa propre conscience.

Mais au cas où Il commettrait un péché, il au ra la possibilité de retourner à la pureté et à la lumière, par un effet de la grâce de Dieu et de sa miséricorde. Ceci étant un autre témoignage de la générosité de Dieu et de sa justice qui embrasse tout, une bénédiction supplémentaire accordée à ses serviteurs.

Si Dieu devait récompenser dans l'immédiat les vertueux pour leur bonne conduite et leurs actions, ils ne seraient pas supérieurs aux pécheurs et corrompus. Et si les mauvaises actions ou pensées rencontraient toujours la punition et le châtiment imminent, la vertu et la pureté ne connaîtraient pas de supériorité sur le vice et l'impureté de ce monde.

* * *

Le principe de la contradiction est à la base de la création du monde. C'est ce qui permet à la matière de se développer et de changer, afin que la grâce de Dieu s'étende à travers le monde.
Si la matière ne prenait pas de formes différentes par suite de sa rencontre avec d'autres créatures, et si les êtres étaient incapables de s'accommoder avec les nouvelles formes, l'avancement et la distinction de l'être serait impossible. Un monde stable et invariable ressemblerait à un capital gelé sans aucun profit. Pour la création, le changement est le capital qui rapporte les avantages. Il reste bien entendu que l'investissement d'une certaine portion d'un capital pourrait engendrer des pertes: mais le mouvement constant de la matière en tant que telle aboutira, indubitablement au profit.

La contradiction qui prend place sous forme de matière aboutira à l'avancement de l'être vers la perfection.
La question que l'on se pose maintenant est de savoir si le mal existe dans le sens réel du terme? Si nous observons attentivement, nous pouvons dire que le mal n'est pas un attribut absolu, mais un attribut relatif.

Une arme dans les mains de mon ennemi est un mal pour moi tout comme une arme dans ma main représente un mal pour mon ennemi. L'arme en elle - même n'est ni bonne ni mauvaise.

Nous pouvons dire que le cours de la nature est mathématique; son système a été établi de manière à ne plus subvenir à nos besoins.

Cependant, nous espérons satisfaire tous nos désirs sans rencontrer le moindre empêchement, et les forces de la nature ne répondront plus aux envies sans fin que nous nourrissons; ces envies qui en fait ne représentent rien pour notre nature essentielle. La nature ne fait pas attention à nos désirs et refuse de se soumettre à nos besoins. Ainsi lorsque nous rencontrons des moments désagréables dans notre vie, nous sommes bouleversés d'une façon injustifiée et nous tombons d'accord sur le fait que les causes de notre malaise reviennent au mal.
Si quelqu'un veut allumer sa lampe et qu'il n'y a pas de pétrole dans celle - ci, il ne commencera pas à gémir et à se plaindre et maudire l'univers entier!

La création avance constamment vers un objectif clair, à travers les incessantes luttes et efforts. Les causes spécifiques en déterminent chaque étape, et les changements et développements qu'elle prouve ne sont pas là pour satisfaire l'approbation des hommes ou subvenir à leurs désirs.

Nous devons accepter que quelques évènements de ce monde ne correspondent pas totalement à nos envies et nous sommes obligés de ne pas considérer les faits désagréables comme étant une injustice.

Ali ibn Abi Taleb, le Commandeur des croyants Que la paix soit sur lui - décrit le monde comme étant une demeure de souffrance, mais néanmoins une bonne place pour celui qui sait en tirer profit et en connaître la cause.

Bien qu'il ait lui-même rencontré des souffrances et des désagréments de toutes sortes, il a constamment attiré l'attention de l'homme sur l'absolue justice de Dieu.

Un autre point important, qui ne doit pas être négligé est que le bien et le mal ne représentent pas deux catégories s'excluant mutuellement dans l'ordre de la création. La bonté tant identique avec l'existence et le mal avec l'absence d'existence; à chaque fois que l'existence apparaît, l'inexistence est aussi impliquée.

Lorsque nous parlons de pauvreté, d'indigence, d'ignorance ou de maladie, nous ne devons pas imaginer qu'ils ont des réalités séparées: La pauvreté est simplement la non possession de la richesse, l'ignorance est l'absence de savoir, et la maladie est la perte de la santé.
La richesse et le savoir sont des réalités, mais la pauvreté n'est que le vide de la main et de la poche, et l'ignorance est l'absence du savoir.

Ainsi la pauvreté et l'ignorance n'ont pas de réalités tangibles; elles sont définies à travers l'absence d'autres choses.

Il en est de même avec les calamités et malheurs que nous considérons comme mal et source de souffrance. Ils procurent une sorte de perte ou d'inexistence, et sont considérés comme source de mal, dans ce sens qu'ils aboutissent à la destruction de quelque chose d'autre. Sinon, aucune chose en tant que telle ne peut être appelée vilaine ou mauvaise.
Si les calamités n'entraînent pas la maladie et la mort, la perte et la ruine de certaines créatures ne seraient pas mauvaises, empêchant ainsi leurs capacités de se développer. C'est la perte et la ruine qui suivent les malheurs qui sont naturellement mauvaises.

Tout ce qui existe dans le monde est bon, le mal se rapportant à l'inexistence, et puisque l'inexistence ne forme pas une catégorie indépendante de l'existence, elle n'a pas été créée et elle n'existe donc pas.

L'existence et l'inexistence sont comme le soleil et son ombre. Lorsque quelqu'un est tourné vers le soleil, il reflète une ombre. Qu'est ce qu'une ombre? L'ombre n'a été créée par nulle chose, elle consiste seulement en ce que le soleil n'ayant pas brillé dans une place déterminée à cause de l'existence d'un obstacle, elle n'a pas sa propre source d'origine.

Les choses ont une existence réelle par la vertu d'être créées sans référence d'autres choses qu'elles mêmes; en ce sens elles ne représentent pas le mal. Du point de vue du croyant, l'existence est équivalente au bien. Chaque chose est naturellement bonne; si c'est du mal, il est ainsi seulement dans un sens relatif et en rapport avec d'autres choses qu'elle - même.
L'existence de chaque chose est imaginaire pour autre chose qu'elle - même, et non touchée par la création.

L'anophèle ne représente pas le mal en lui - même. S'il est décrit de cette manière, c'est parce qu'il est nocif à l'homme en lui causant la maladie. Ce qui a été créé, c'est l'existence d'une chose, qui est une vraie existence. L'existence spéculative et conditionnelle n'a pas de place dans l'ordre de l'existence, elle n'est pas réelle. Par conséquent, nous ne pouvons pas demander pourquoi Dieu a créé l'existence relative ou conditionnelle. Les entités conditionnelles ou abstraites sont inséparables des entités réelles dont elles relèvent, elles sont leurs concomitants inévitables et ne prennent pas part à leur existence. De ce fait, on ne peut parler des entités conditionnelles ayant été créées.

En ce sens, ce qui est réel doit nécessairement tirer son existence du créateur. Il n'y a que les choses et attributs qui sont réels et qui existent en dehors de l'esprit. Les qualités relatives sont créées par l'esprit et n'ont pas d'existence en dehors de celui - ci; ainsi on ne peut leur trouver un créateur.

En outre, ce qui a le potentiel d'exister est le monde dans sa totalité avec tous les objets qu'il contient et les attributs ou qualités qui sont inséparables de celui - ci; le monde représente une unité indivisible, au vu de la supériorité de la sagesse de Dieu; ou bien le monde doit suivre le chemin qui lui est propre, ou bien il ne doit pas exister du tout. Un monde sans ordre ou manquant de principe de causalité, un monde où le bien et le mal ne sont pas séparés l'un de l'autre serait une impossibilité et une fantaisie. Il n'est pas possible de supposer qu'une partie du monde doive exister et qu'une autre ne le doive pas. La création est intégrale, comme la forme et la figure de l'homme, et ses parties sont inséparables l'une de l'autre.

Dieu est absolument libre de tout besoin, et en conséquence, il a librement accordé l'existence, comme un homme généreux dont la largesse n'attend aucune chose en retour, ou comme un artiste talentueux qui est constamment occupé par la création de nouvelles formes. De telles générosités et créativité définissent l'essence du Seigneur dont les signes sont clairs et évidents dans chaque phénomène.

  • 1. La philosophie sociale, en persan. page 397

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