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Introduction

Au Nom d’Allah, Le Très Clément, Le Très Miséricordieux
« Je suis la brèche d’une flûte par laquelle souffle la respiration du Christ, écoutez cette musique. »
(Hafiz, poète perse)

De nos jours, nous lisons souvent que le Christianisme et l’Islam « partagent » Jésus – qu’il appartient aux deux religions. Plus que jamais, la notion de « civilisation Abrahamique » appelée pendant un certain temps « civilisation judéo-chrétienne » inclut également l’Islam. Le Coran parle du Prophète Abraham comme un monothéiste [Voir Sourate Ālé Imrān (3), verset 67].

Selon le Saint Coran, [Sourate al-An’ām (6), versets 85-87], les autres Prophètes envoyés à l’Humanité, en plus du Prophète Ibrāhim (Abraham) sont (entre autres): Ishāq (Isaac), Ya’qoub (Jacob), Nouh (Noé), Dāwoud (David), Soulaymān (Salomon), Ayyoub (Job), Youssouf (Joseph), Moussā (Moïse), Hāroun (Aaron), Zakariyya (Zacharie), Ilyās, Ismā’īl (Ismaël), Al-Yash’a (Élisha), Younous (Jonas), Lout (Loth) et Issā (Jésus) – que les bénédictions d’Allah soient sur chacun d’eux.

La notion d’un Dieu unique, la venue d’éminents Prophètes et la croyance en une vie après la mort sont communes à l’Islam, au Judaïsme et au Christianisme. Les similarités entre la pensée islamique et la pensée chrétienne concernant Jésus sont également importantes: les deux acceptent le fait que Jésus est née d’une mère vierge et, parmi les nombreux miracles attribués à Jésus dans le Glorieux Qour’an, on retrouve le fait qu’il donnât la vie aux morts et qu’il créât un oiseau à partir d’argile.

Il y a, en Islam, deux principales sources pour connaître Jésus. Le Saint Coran nous présente l’histoire de sa vie tandis que les hadiths [les traditions du Prophète Mouhammad (que les Bénédictions d’Allah soient sur lui, sur sa Famille et sur ses Successeurs Divinement nommés)] font état de sa place révérencielle dans la conception musulmane.

Tout comme les Prophètes antérieurs, la révélation de Jésus justifiait les révélations des Prophètes avant lui [cf Sourate Ālé ‘Imrān (3), versets 49 et 84; Sourate al-Mā’idah (5), verset 46; Sourate As-Saff (61), verset 6]. De plus, le Prophète Mouhammad (que les Bénédictions d’Allah soient sur lui et sur sa Famille) a également confirmé les révélations antérieures, y compris la révélation reçue par Jésus [Voir Sourate an-Nissā (4), verset 47], de telle sorte que les Musulmans croient aussi à la révélation que Jésus a reçue [Sourate al-Baqarah (2), verset 136].

Vu le caractère commun des Saintes Écritures et le fait que Musulmans et Chrétiens ont une histoire commune depuis plus de 1400 ans, ayant vécu les uns à côté des autres, on aurait pensé qu’ils se connaîtraient davantage les uns les autres. Malheureusement, la majeure partie de leur histoire durant 1400 ans a été marquée par une hostilité mutuelle.

Même s’il y a eu des périodes de respect mutuel et de paix, les relations entre Musulmans et Chrétiens ont subi des phases majeures de conflits (les croisades, la colonisation et le déclin de la civilisation musulmane). À l’ère actuelle, qui a débuté par la tragédie du 9 septembre, nous sommes à la recherche d’une compréhension réelle. Toutefois, elle est marquée par l’ignorance et les stéréotypes.

Pour aller plus loin dans la relation entre les deux croyances, il faut commencer par le processus de compréhension mutuelle. À ce moment critique de l’Histoire, pendant lequel la technologie de l’information a resserré encore davantage les frontières du village planétaire, créer des liens d’amitié et commencer le processus de redécouverte de la signification de sa foi à travers le dialogue est plus important que jamais.

On doit cependant distinguer que les dialogues interreligieux ne ressemblent pas aux autres dialogues. Par exemple, les négociations entre les nations, les pourparlers entre les employés et la direction ou n’importe quelle tentative pour trouver un terrain d’entente entre des parties en désaccord sont des modèles de dialogue rencontrés communément qui nécessitent un compromis. Le compromis permet souvent à une société de mieux fonctionner. Ouvriers et patronat doivent trouver un compromis; autrement, les usines ne peuvent pas tourner.

Néanmoins, quand des croyants dialoguent, ils n’aspirent pas à un quelconque compromis. L’objectif primaire du dialogue interreligieux n’est pas de mettre en place une croyance pour toute la planète mais de partager et d’apprendre les uns des autres.

Le dialogue interreligieux peut se transformer en un procédé de croissance spirituelle qui peut avoir pour effet de changer ceux qui s’y engagent, en particulier quand de tels échanges se font dans l’esprit de la recherche de la clarté, de l’humilité, de la gentillesse, de la patience, de la générosité et de la confiance et sont accompagnés d’un véritable désir d’avancer dans notre compréhension de la Grandeur, l’Abondance et la Miséricorde de Dieu.

Dr. David Thomas de Selly Oak Colleges, Birmingham, Grande Bretagne, qui parle souvent des relations antérieures comme ressemblant à « …un cauchemar qui encombre aujourd’hui Chrétiens et Musulmans d’un lourd héritage de souvenirs de guerre, d’oppression et de conquêtes » nous recommande d’aller au-delà de « ce fardeau afin d’essayer de regarder l’autre tel qu’il est. »

Il va même plus loin et déclare: « …nous essayons d’enlever nos chaussures et de marcher sur la terre sacrée de l’autre croyance…pour revenir vers notre religion comme des personnes encore plus fortes [...] et mieux enrichies, prêtes à la rencontre à laquelle Dieu nous appelle. »

Dans le Saint Coran, Jésus est décrit en ces termes:

« Ô Marie! Voilà qu’Allah t’annonce un Verbe de Sa part: son nom est « Al Massîh » (le Messie), Jésus fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés [d’Allah] » [Sourate Āle ‘Imrān (3), verset 44].

C’est sous cet angle-là que nous présentons cette sélection de narrations du Prophète Jésus.

Cette série de publication concerne essentiellement l’éthique et la morale. Il s’agit aussi bien des morales chrétiennes que des morales islamiques. En ce jour et dans ces temps de moralité relative, les concepts de Bien et de Mal sont embrouillés par la compréhension moderne de l’éthique. Les paroles de Jésus, simples mais sublimes, offrent un nouvel aperçu des valeurs morales et éthiques valables pour tous les temps et toutes les croyances.

Nous espérons que cette publication qui offre quelques réflexions sur le « Jésus Musulman » améliorera davantage la compréhension entre les deux grandes religions et leur dialogue interreligieux. Par le portrait de Jésus présenté dans les sources Islamiques, nous démontrons à quel point les Musulmans vénèrent Jésus et nous espérons que cela conduira à de meilleures relations entre Chrétiens et Musulmans.

Hasnain Walji

Plano, Texas

1er Mouharram 1426 A.H.

10 février 2005

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