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La Tactique des Luttes des Ennemis

Lorsque les ennemis de l'Islam s'aperçurent de la précarité de leur prédominance en face de l'idéologie monothéisme, lorsqu'ils sentirent que toute idole-au sens large du terme-de quelque nature qu'elle soit, subjective ou objective, se démythifie à la lumière de la religion divine, ils s'entendirent à conspirer. Ils commencèrent, d'abord, par la menace. Une fois échoué, ils bercèrent le prophète de vaines promesses. Vue la fermeté du prophète, ils lui garantirent, enfin, tous les privilèges séduisants à condition qu'il renonce à sa fonction de prophétie. Muĥammad rejette toutes les offres; répugnent à admettre leurs propositions, il proclama: "Par Dieu, si vous m'apportez comme cadeau le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, à condition que j'abandonne ma Mission, je ne le ferai pas. Je ne renoncerai ni à ma foi ni à Mon Dieu. Que la religion de Dieu se propage sur la terre, sinon je joue ma vie sur cette Mission."1

L'historien célèbre Yàqubi nous rapporte 2. "Les Quraichites dirent à Abû-Tâleb: "Ton neveu porte atteinte à l'honneur de nos idoles, il nous nomme faux, et attribue à nos ancêtres les défauts, l'égarement. Disuui qu'il le cesse, nous lui octroyons nos biens".

Muĥammad pour la réponse remarque: "Dieu ne m'a pas envoyé pour acquérir des biens et pour appeler les gens à la mondanité, au contraire je suis chargé d'appeler les créatures au Créateur." cette fois, l'ennemi réagit autrement. Il fut, à tout prix, résolu à l'écroulement de l'Islam. pour y parvenir, il n'a cessé d'investir tous les moyens possibles afin d'ébranler et d'étouffer le mouvement religieux qui prenait une expansion polydimensionelle dans la région.

Une alliance se réalisa entre les clans autrefois rivaux. Les ennemis se réconcilièrent et s'unirent pour écraser Muĥammad. Ils employèrent, sous différentes allégations, maints moyens pour discréditer le prophète, pour le déshonorer par calomnie en mettant en cause sa bonne réputation et sa suprématie brillante. Ils tentèrent assiduement, d'une part, de nourrir leur rancune et de satisfaire leurs désirs de vengeance contre Muĥammad par l'ironie malicieuse et sournoise et par le ricanement de façon méprisante ou sarcastique, et d'autre part, de rendre stériles tous ses efforts pour propager l'Islam. On l'accusa d'être possédé par. tel ou tel esprit, fou, sorcier, magicien, poète!!... on fit soulever contre lui les instruments d'ignorance. C'est bien le procédé diabolique utilisé fréquemment au cours de l'histoire contre les personnages prodigieux, en vue de les affaiblir. Le saint Coran fait allusion à cette sorte d'attitude:

"Il en est ainsi: nul prophète n'est venu aux hommes" qui vécurent autrefois sans qu'ils aient dit: C'est un "magicien ou un possédé! cette formule a-t-elle été léguée à la génération présente? C'est un peuple rebelle 3.

Envers ces hostilités, le prophète évitait toujours la prise de position agressive vis-à-vis des ennemis. A l'évidence, leur fanatisme, leur esprit borné, et leur traditionalisme aveugle lui créeraient des circonstances épineuses, lui rendaient par conséquent sa mission de plus en plus difficile, mais ils ne provoquèrent jamais sa colère. Au contraire, il essayait constamment de les encourager à tenir compte de ta réalité, et de l'apprécier avec justesse.

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Ni le boycottage économique, sociale, politique, ni la tentative à corruption, ni le dénuement ne troublèrent la volonté du Prophète. De même, des calomnies sournoises et non-fondées n'apportèrent rien aux ennemis du profit. L'essence, la logique, le contenu des versets coraniques révélés au Prophète touchèrent l'esprit humain, attirèrent la conscience. La véracité de ce constat fut même reconnue par les ennemis de l'Islam et de son Prophète. Entre autres, nous nous bornons ici de rapporter une histoire: Abu-Jahl demanda à Walid de porter son jugement sur le saint Coran. Il lui répondit: "par Dieu, personne entre vous n'a la même compétence que la mienne en poésie arabe. De même, personne ne peut rivaliser avec moi dans le domaine de la poésie épique, de l'ode et de l'idylle. Mais j'avoue que le Coran est beaucoup plus mielleux en parole que nos plus excellentes poésies. Sa parole est plus haute en valeur. En effet, elle est au-dessus des autres! Lorsqu'Abu-Jahl insista pour qu'il donne son avis exact sur le Coran; il demanda un délai. Il réfléchit pendant longtemps avant de dire que

"Le Coran de Muhammad est une magie, un héritage des sorciers!"4.

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Muhammad fut armé de la patience vertueuse, d'une persévérance sans égale. Il arriva parfois quand même, des moments où il fut submergé de chagrin et de peine causés par la sottise et le caractère absurde de ses concitoyens.

Or, il s'isolait, en se réfugiant dans la solitude. Alors, le commandement divin lui rappelait sa lourde tâche à accomplir:

"O toi qui est revêtu d'un manteau! Lève toi et avertis!" Glorifie ton Seigneur..."Fuis l'abomination...Sois patient envers ton Seigneur"5.

Ainsi inspiré et encouragé, il supportait les maux et les injures.

Un des facteurs prépondérants à la victoire éclatante des mouvements religieux, à l'issue de leurs luttes, c'est la patience et la résistance héroïque dont firent preuve les prophètes divins. Le saint Coran, comme avertissement, nous donne des exemples concernant des maillons d'une chaîne ininterrompue de ces luttes au cours desquelles les prophètes ont subi des échecs éphémères, des déceptions, des tortures et des souffrances.

"Ismaêl, Edris, at Dhoual Kifle...qui tous (pour accomplir leur mission) souffraient avec patience6."

Vraisemblablement, les messagers divins subirent des souffrances physiques ou morales; de même ils résistèrent aux refus et aux négations des incrédules jusqu'à ce que le secours de Dieu et la victoire se réalisent.

  • 1. Ibn Hishâm, Çira, p. 278.
  • 2. Târikh-é-ya'qubi, t.2, p.16.
  • 3. Le Coran, 51: 52-53.
  • 4. Tabari, Exégèse, t. 29, p, 98.
  • 5. Le Coran, 74:1-5.
  • 6. Le Coran, 21:85.

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