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Le Révélateur (Al-Mursil)

Croir en Dieu: Il est Béni et Exalté

   
L'Homme est parvenu à croire en Dieu depuis les temps les plus reculés. Il L'a adoré, Lui a voué sa fidélité, et a éprouvé un profond attachement à Lui, avant de connaître toute abstraction spéculative et philosophique et d'atteindre la compréhension complète des modes de démonstration.
 
Cette croyance n'est ni le rejeton d'une contradiction des classes, ni le produit d'exploiteurs injustes voulant consacrer leur exploitation, ni le fait d'exploités, victimes d'injustice et désireux d'y trouver une échappatoire; car elle a précédé dans l'histoire de l'humanité, toutes contradictions de ce genre.
 
Elle n'est pas non plus la conséquence d'appréhensions quelconques, ni d'un sentiment d'effroi devant les catastrophes naturelles et leurs comportements hostiles. Si la religion était le fruit de la peur et le résultat d'un sentiment de terreur, les gens les plus religieux seraient, tout au long de l'histoire, les plus peureux et les plus enclins à l'effroi. Or, ce sont les gens les plus courageux et les plus aguerris qui ont porté l'étendard de la religion à travers les temps.
 
Au contraire, cette croyance est le reflet d'un penchant original qui pousse l'Homme à s'attacher à son Créateur, et d'un sentiment intime et solide qui lie l'être humain d'une façon infuse au Seigneur et à son Existence.
 
Dans une étape ultérieure de son histoire, l'homme s'est mis à philosopher sur les choses de l'existence qui l'entouraient. Il en a tiré des notions générales telles l'existence, le néant, le devoir, la possibilité, l'impossibilité, l'unité, le nombre, la complexité, la simplicité, la partie, le tout, le progrès, le sous-développement, la cause et l'effet. Il a tendu à les utiliser et à les appliquer plutôt dans le domaine de la démonstration afin de mieux étayer sa croyance originelle en Dieu, de la traiter philosophiquement et de la remettre en évidence par des méthodes de recherche philosophique.
 
Lorsque l'expérience est devenue un instrument de savoir dans le domaine de la recherche scientifique, et que les penseurs ont réalisé que ces notions générales ne suffisaient pas, à elles seules, à découvrir les lois de la nature, ni à connaître les secrets de l'Univers, ces derniers (les penseurs) ont acquis la conviction que la sensation et l'observation scientifique constituent le point de départ essentiel pour la recherche des dits secrets et lois.
 
Ce courant sensualiste de la recherche était en général utile pour développer l'expérience humaine de l'Univers et pour l'élargir dans une grande mesure.
 
Il commença sa démarche par l'affirmation que la sensation et l'expérience sont deux instruments que la raison et la connaissance humaine doivent utiliser pour découvrir les secrets de l'univers et son système complet qui entourent l'homme.

Ainsi, au lieu d'un Aristote - par exemple - qui s'assiérait dans sa chambre fermée et calme, méditant sur le type de lien qui existerait entre le déplacement d'un corps, d'un point donné de l'espace vers un autre, et la force motrice, et en concluant que le corps en mouvement s'immobilise dès que la force motrice s'épuise, un Galilée arrive qui observe les corps mobiles pour en prendre note et en déduire un autre résultat et un lien différent entre le mouvement du corps et la force qui l'anime: lorsqu'un corps rencontre une force qui le met en mouvement, il ne cesse son mouvement (lors même que cette force s'épuise) que s'il s'expose à une autre force qui l'arrête.
 
Le sensualisme en question tend donc à encourager les chercheurs dans le domaine de la nature et des lois des phénomènes de l'Univers, d'accomplir leur recherche à travers deux étapes: la première est celle de la sensation et de l'expérience et du rassemblement de leurs données; la seconde est l'étape rationnelle, celle de la déduction et de la coordination de ces données, en vue de parvenir à une interprétation générale et acceptable.
 
Le sensualisme, dans sa réalité scientifique et à travers les pratiques de ses savants, ne prétendait point se passer de la raison. Par ailleurs, aucun des savants de la nature n'a pu découvrir, par la sensation et l'expérience, un secret de l'univers ni une loi de la nature sans le concours de la raison.

Car le savant rassemble dans la première étape les notes que lui fournissent ses expériences ainsi que ses propres notes, et dans la seconde étape, il les confronte dans sa raison, jusqu'à ce qu'il parvienne à un résultat. A notre connaissance, aucune conquête scientifique n'a pu se réaliser sans la conjugaison des deux étapes, la première traitant de l'aspect sensible, la seconde ayant trait à l'aspect déductif et rationnel que la raison réalise et qui ne peut être perçu directement par les sensations.
 
Ainsi, prenons l'exemple de la loi de l'attraction universelle. Newton n'a perçu par la sensation directe ni la force d'attraction entre deux corps ni le fait qu'ils sont inversement proportionnel au carré de la distance entre leurs centres et directement proportionnels au produit de la multiplication de leurs masses; mais il a perçu par la sensation la chute de la pierre lorsqu'elle est lâchée dans l'air, ainsi que la révolution des planètes autour du Soleil.

Il s'est mis alors à penser aux deux phénomènes ensemble, et s'est efforcé de les expliquer tous deux en s'aidant des théories de Galilée et de l'accélération régulière des corps tombant sur terre ou dégringolant sur des surfaces en pente, et en bénéficiant des lois de Kepler qui traitent du mouvement des planètes et dont l'une stipule que “le carré du temps de la révolution de chaque planète autour du soleil est proportionnel à la distance qui l'en sépare”.1
 
C'est donc à la lumière de toutes ces connaissances et observations qu'il découvrit la loi de l'attraction universelle en vertu de laquelle “tous les corps matériels s'attirent mutuellement, en raison de leurs masses et en raison inverse du carré de leurs distances”.
 
Cette tendance sensualiste et expérimentale de recherche sur le système de l'Univers aurait pu et dû fournir un nouvel argument excellent à la croyance en Dieu, en raison de ses possibilités de découvrir toutes sortes d'harmonie (dans les phénomènes de l'Univers)2 et les preuves de la sagesse qui indiquent l'existence du Créateur. Mais les savants naturalistes, en tant que savant de la nature, n'étaient pas préoccupés par l'éclaircissement de cette question, considérée encore à l'époque comme un problème philosophique, selon la classification en vigueur, des problèmes et des questions du savoir humain.
 
 Néanmoins, des tendances philosophiques rationnelles n'ont pas tardé à faire leur apparition dans le domaine de la philosophie et à l'extérieur du cadre de la science, et à tenter de rationaliser ce sensualisme et à l'ériger en philosophie. Elles ont annoncé que le seul moyen de la connaissance est la sensation, que là où s'arrête la sensation, s'arrête la connaissance de l'homme, et que tout ce qui ne peut être soumis ni d'une façon ni d'une autre, à l'expérience, l'homme n'a pas moyen de le prouver.
 
Partant de cette affirmation, on a vite fait de se servir de ce sensualisme et de la science expérimentale pour réfuter l'idée de la croyance en Dieu: puisque Dieu n'est pas un être perceptible par la sensation, et qu'on ne peut ni Le voir ni avoir la sensation de Son Existence, on ne peut donc pas Le prouver.
 
Cette utilisation impertinente du sensualisme n'était pas le fait des savants qui avaient pratiqué avec succès l'expérimentation, mais d'un groupe de philosophes de tendance rationaliste qui lui ont donné une interprétation philosophique ou rationnelle inexacte.
 
Mais peu à peu, ces tendances extrémistes sont tombées dans la contradiction. Sur le plan philosophique, elles se sont trouvées acculées à renier, en bloc et en détail, la réalité objective, c'est-à-dire l'Univers dans lequel nous vivons, puisque d'après elles, l'Homme ne possède que la sensation et que celle-ci lui fait connaître les choses telles qu'il les sent et non pas telles qu'elles sont.
 
Ainsi lorsque nous percevons une chose, nous pouvons affirmer qu'elle existe dans notre sensation; quant à son existence, en dehors de notre conscience, d'une façon objective, indépendante et antérieure à la sensation, nous ne pouvons la prouver. En voyant la lune dans le ciel, nous pouvons affirmer seulement que nous voyons et percevons la lune en ce moment-là.
 
Quant à savoir si la lune existe réellement dans le ciel et si elle existait avant que nous n'ouvrions nos yeux pour la voir, les tenants de ces tendances étaient incapables de l'affirmer, exactement comme le strabique qui voit des choses qui n'existent pas et affirme qu'il les voit, mais sans pouvoir affirmer leur existence dans la réalité.
 
Ainsi, la sensation elle-même a cessé d'être le moyen de connaissance du sensualisme philosophique. Au lieu d'être son moyen de connaissance, elle est devenue son terme final. La connaissance sensitive n'existait plus comme un phénomène indépendant de notre conscience et de notre perception.
 
Sur le plan rationnel, le sensualisme dans sa version la plus moderne s'est acheminé vers la position suivante: si la véracité ou la fausseté de la signification d'une phrase ne peuvent être vérifiées par la sensation ou l'expérience, la phrase est considérée comme un groupe de mots dépourvus de sens, exactement comme des lettres de l'alphabet qu'on prononce dans un ordre dispersé.
 
Mais lorsque l'on peut vérifier la véracité ou la fausseté de sa signification, elle constitue un mot ayant un sens. Dans ce second cas, si la sensation établit la conformité de sa signification à la réalité, la phrase est véridique. En revanche, si cette sensation établit le contraire, elle est considérée comme fausse. Ainsi, si l'on dit: «La pluie tombe du ciel en hiver», on fait là une phrase significative - par son contenu.
 
Mais si l'on dit: «La pluie tombe en été», la phrase a un sens, mais dont le contenu est faux. Et si on dit: «Une chose qu'on ne peut ni voir ni percevoir tombe la “Nuit du Destin3”», on a là une phrase dépourvue de sens, abstraction faite de sa véracité ou de sa fausseté, puisqu'on ne peut en vérifier le contenu ni par la sensation ni par l'expérience; car c'est exactement comme si on disait: «”Dize”4 descend la Nuit du Destin». De même que cette phrase-ci n'a pas de sens, cette phrase-là n'en a pas non plus.
 
Par conséquent dire: «Dieu existe», c'est comme si l'on disait: «”Dize” existe». De même que la seconde phrase est dénuée de sens, la première l'est aussi. Puisqu'on ne peut connaître Dieu par la sensation et l'expérience.
 
Ce courant rationaliste se heurte lui aussi à une contradiction pour la simple raison que son raisonnement, basé lui-même sur l'extrapolation, ne peut être perçu par la sensation et la perception directe, et devient ainsi une parole dénuée de sens, dans la conclusion qu'il a tirée ici. En prétendant que toute phrase dont la signification ne peut être vérifiée par la sensation et l'expérience est dénuée de sens, ce rationalisme procède lui-même de ce fait par généralisation.
 
Or toute généralisation dépasse le cadre de la sensation; car celle-ci ne couvre que des cas partiels limités. De cette façon, ce courant a fini par se contredire lui-même, outre qu'il contredit toutes les généralisations scientifiques par lesquelles les savants interprètent d'une façon globale les phénomènes de l'Univers; car la généralisation - toute généralisation - ne peut être perçue directement par la sensation, elle est plutôt induite et démontrée à partir des indices fournis par des phénomènes sensibles limités.5
 
Heureusement, la science n'a pas prêté attention, dans son cheminement et son évolution continuelle, à ces courants. Elle poursuivait ses recherches sur les découvertes de l'univers, toujours à partir de la sensation et de l'expérience; et tout en passant outre les limites étroites des tendances philosophiques et rationalistes, elle déployait des efforts rationnels en vue de coordonner les phénomènes, de les replacer dans des cadres normatifs généraux et de découvrir les liens et les relations qui existent entre eux.
 
Parallèlement, l'influence philosophique et rationnelle des tendances extrémistes s'est réduite, même au niveau des doctrines philosophiques matérialistes. Ainsi, la philosophie matérialiste moderne représentée par les matérialistes-dialecticiens, refuse franchement toutes ces tendances et s'arroge le droit d'outrepasser le cadre de la sensation et de l'expérience qui constitue la première phase par laquelle le savant commence sa recherche, ainsi que celui de la seconde phase par laquelle il achève sa recherche, afin de pouvoir comparer les différentes données de la science, de leur donner une interprétation théorique générale et de déterminer les liens et les relations éventuels qui existent entre elles.
 
Lorsque le matérialisme dialectique, dernier héritier du matérialisme dans l'histoire, a abouti à une interprétation globale de l'Univers dans un cadre dialectique, il est devenu lui-même, métaphysique, selon le point de vue des tendances sensualistes extrémistes.
 
Cela signifie que le matérialisme et le théisme s'accordent pour dépasser le cadre de la sensation (que les tendances matérialistes extrémistes affirmaient pourtant qu'il ne faut pas franchir) et qu'il serait admis désormais que la connaissance passe par deux phases, celle de la ressemblance des données de la sensation et de l'expérience, et celle de l'interprétation théorique et rationnelle de ces données. Mais ce qui sépare le théisme du matérialisme, c'est le type de l'interprétation qu'il faut déduire des différentes données de la science au terme de la deuxième phase. Alors que le matérialisme propose une interprétation qui renie l'existence d'un créateur avisé, le théisme pense que ces données ne peuvent être convaincantes que si elles admettent l'existence d'un Créateur Avisé.
 
Nous allons à présent exposer deux types de démonstration de l'existence du Créateur Avisé. Chacune d'elles incarne les données de la sensation et de l'expérience d'une part, l'organisation rationnelle de ces données en vue d'en déduire l'existence d'un Créateur Avisé de cet Univers, d'autre part. Nous appelons la première démonstration, scientifique (inductive), la seconde démonstration, philosophique. Avant de commencer par la première démonstration, c'est-à-dire la démonstration scientifique, il convient tout d'abord, de la définir.
 
La démonstration scientifique est toute démonstration basée sur la sensation et l'expérience et suivant la méthode du raisonnement inductif fondé sur le calcul des probabilités.
 
C'est donc cette méthode du raisonnement inductif fondé sur le calcul des probabilités, que nous allons adopter comme méthode de démonstration scientifique en vue de prouver l'existence du Créateur.6
 
C'est pourquoi nous appellerons la démonstration scientifique de l'existence du Créateur: démonstration inductive.
  

A. La Démonstration Scientifique de L’Existence de Dieu

Nous avons déjà dit que la démonstration scientifique de l'existence de Dieu adopte la méthode du raisonnement inductif basé sur le calcul des probabilités.

Avant de passer en revue cette démonstration, nous aimerons expliquer d'abord cette méthode et l'apprécier ensuite, afin de savoir dans quelle mesure nous pouvons nous y fier pour découvrir les vérités et reconnaître les choses.
 
La méthode de la démonstration inductive fondée sur le calcul des probabilités, a des formes complexes et un haut degré de précision. Une appréciation globale et précise de cette méthode nécessite une étude analytique complète des fondements logiques de l'induction et de la théorie de la probabilité.7 Aussi, prenons-nous soin d'éviter au lecteur ces difficultés ainsi que toutes formules complexes et toute analyse difficilement compréhensible. Pour cela nous allons entreprendre ci-dessous deux démarches:
 
1. Déterminer la méthode de la démonstration que nous allons suivre en expliquant et résumant ses démarches.
 
2. Apprécier cette méthode et déterminer dans quelle mesure nous pouvons nous y fier. Pour ce faire, nous ne procéderons pas par analyse rationnelle ni par l'explication des bases logiques et mathématiques sur lesquelles elle est fondée - car cela nous obligerait à aborder des questions complexes et des idées fort délicates - mais en nous référant à ses autres applications scientifiques admises généralement par tout homme normalement constitué.
 
Nous expliquerons que la méthode adoptée dans la démonstration de l'existence du Créateur Avisé est celle même que nous utilisons aussi bien dans les démonstrations de notre vie ordinaire et quotidienne que dans celle des recherches scientifiques et expérimentales, démonstrations auxquelles nous faisons une entière confiance. Et puisque nous faisons confiance à cette méthode pour démontrer les vérités scientifiques et les vérités de la vie quotidienne, nous devons lui faire confiance également pour démontrer l'existence du Créateur Avisé, Lequel est la base de toutes les vérités. C'est ce que nous allons voir et expliquer dans les lignes qui suivent.
 
Dans votre vie quotidienne et habituelle, lorsque vous recevez une carte postale, vous pouvez deviner dès que vous la lisez qu'elle vient de votre frère par exemple.
 
Lorsque vous constatez qu'un médecin réussit à guérir de nombreux cas de maladie, vous lui faites confiance et vous estimez qu'il est habile.
 
Lorsqu'une ampoule de pénicilline que vous vous faites injecter dans dix cas de maladie provoque chez vous après chaque utilisation, des symptômes similaires, vous en déduisez que votre corps a une allergie particulière contre la matière de la pénicilline.
 
Dans toutes ces déductions et dans bien des cas similaires, vous utilisez, en réalité, la méthode de la démonstration inductive, basée sur le calcul des probabilités.
 
Sur un autre plan, lorsque le savant a remarqué à travers sa recherche scientifique, des propriétés particulières dans le système solaire et en a conclu que les astres qui le composent, faisaient en fait partie du Soleil et s'en étaient séparés par la suite; lorsqu'il a démontré l'existence de Neptune, l'une des planètes de ce système, en la déduisant de l'observation des trajectoires des mouvements des planètes, avant qu'il ne découvrît Neptune par la sensation; lorsqu'il a déduit, à la lumière de phénomènes précis, l'existence des électrons avant la découverte du microscope atomique, il a suivi - dans tous ces cas - en vérité, la méthode du raisonnement inductif, basée sur le calcul des probabilités.
 
C'est cette même méthode que nous allons adopter pour démontrer l'existence du Créateur Avisé; et c'est ce que nous allons voir clairement lorsque nous passons en revue cette démonstration. 
 
 

1. La Détermination de la méthode et de ses démarches

 
La méthode de la démonstration inductive basée sur le calcul des probabilités peut se résumer - pour être simple et claire - en cinq démarches:
 
* Premièr: nous envisageons dans le cadre de la sensation et de l'expérience, des phénomènes nombreux.
 
* Deuxième: après les avoir observés et rassemblés, nous passons à la phase de leur interprétation. Ce qui est demandé dans cette phase c'est de trouver une hypothèse valable pour interpréter tous ces phénomènes et les justifier. Par “valable pour interpréter ces phénomènes”, nous entendons que si l'hypothèse était établie dans la réalité, elle devait pouvoir sonder - et concorder avec - l'existence de tous ces phénomènes (qui existent effectivement).
 
* Troisième: nous remarquons que si cette hypothèse n'est ni justifiée ni établie dans la réalité, la chance de l'existence de l'ensemble de ces phénomènes réunis est très mince. En d'autre termes, si nous supposons que l'hypothèse est inexacte, le rapport de la probabilité de l'existence de tous ces phénomènes, à la probabilité de leur inexistence, ou tout du moins de l'inexistence de l'un deux, est très faible: un pour cent ou un pour mille… par exemple.
 
* Quatrième: nous concluons, de la démarche précédente, que l'hypothèse est juste; et dans ce cas, notre preuve de sa justesse est l'existence de ces phénomènes que nous avons perçue dans la première démarche.
 
* Cinquième: la possibilité de ces phénomènes de démontrer l'hypothèse - émise dans la deuxième démarche - varie en raison directe du rapport de la probabilité de l'existence de l'ensemble de ces phénomènes, à la probabilité de leur inexistence8 - au cas où l'hypothèse était inexacte.
 
Plus ce rapport est faible, plus la possibilité de la démonstration accroît pour atteindre, dans beaucoup de cas ordinaires le degré de la certitude totale de l'exactitude de l'hypothèse. 9
 
En fait, il y a des règles et des critères précis fondés sur le calcul des probabilités pour la détermination de la valeur d'une probabilité. Dans les cas ordinaires, l'homme applique d'une façon naturelle et innée, et presque très correctement, ces critères et ces règles. C'est pourquoi nous nous contentons de nous baser ici, sur l'appréciation naturelle et innée de la valeur de la probabilité, sans entrer dans les détails complexes des fondements logiques et métaphysiques de cette appréciation.10
 
Telles sont donc les démarches qu'on suit habituellement dans tout ce raisonnement inductif basé sur le calcul des probabilités, que ce soit dans le domaine de la vie ordinaire, ou celui de la recherche scientifique, ou celui de la démonstration que nous allons suivre pour prouver l'existence du Créateur Avisé.
 

2. L'Appréciation de la méthode

 
Pour apprécier la valeur de cette méthode à travers des applications et des exemples, comme nous l'avons promis, nous commençons ci-dessous par quelques exemples de la vie courante:

Nous avons déjà dit que lorsque vous recevez une carte postale, que vous la lisez et que vous en déduisez qu'elle vient de votre frère - et non pas d'une autre personne désirant correspondre avec vous- vous vous livrez, en fait, à un raisonnement inductif fondé sur le calcul des probabilités. Et si évidente que cette déduction puisse vous paraître, vous l'avez, en vérité, réalisée par un raisonnement inductif identique à celui dont nous parlons.
 
Ainsi la première démarche que vous avez effectuée mentalement, était celle de confronter plusieurs “phénomènes” - indications - tels: le fait que le nom de l'expéditeur correspond parfaitement à celui de votre frère, que l'écriture de la lettre, dans tous ses détails - la graphie de tout l'alphabet - est identique à celle de votre frère, que les mots, les signes de ponctuation sont disposés de la même façon à laquelle votre frère vous a habitué, que le style, l'expression et leur degré de solidité, ainsi que leurs points faibles et leurs points forts correspondent entièrement à ceux de votre frère, que l'orthographe et les fautes d'orthographe sont les mêmes, que les informations fournies par la lettre correspondent à celles que votre frère connaît, que votre correspondant vous demande dans sa lettre des choses et exprime des opinions qui traduisent parfaitement les besoins et les opinions de votre frère…
 
Telles sont donc les indications (les phénomènes) que vous avez remarqué dans la première démarche.
 
Dans la seconde démarche vous vous demandez si cette lettre est envoyée réellement par votre frère, ou bien par un autre individu portant le même nom?
 
Là, vous émettez une hypothèse de nature à expliquer et à justifier toutes ces indications: “La lettre est bel et bien de mon frère”. Car si elle est de votre frère, il est tout à fait normal qu'elle comporte toutes les données que vous avez remarquées dans la première démarche.
 
Au cours de la troisième démarche, vous vous posez la question suivante: «Si la lettre n'était pas de mon frère, mais d'une autre personne, quelle serait la chance qu'elle contienne toutes les données et les particularités que j'ai observées lors de la première démarche?»
 
Pour qu'il y ait vraiment une telle chance, il faut admettre l'existence d'un grand nombre de coïncidences correspondant au nombre de toutes les données et particularités observées: il faut supposer qu'il s'agit d'une personne qui porterait le même nom que votre frère et aurait la même écriture - graphie, disposition des mots - le même style, la même expression, le même niveau linguistique et orthographique, le même nombre d'informations et de besoins, ainsi que beaucoup d'autres circonstances et équivoques. Or, la probabilité de la réunion d'un tel nombre de coïncidences est très faible. Et plus le nombre de coïncidences dont il faut supposer l'existence augmente, plus la probabilité s'affaiblit.
 
Les fondements logiques de l'induction nous apprennent comment évaluer une probabilité et nous expliquent comment elle s'affaiblit proportionnellement à l'augmentation du nombre de hasards qu'elle suppose. Mais il n'est pas nécessaire pour un lecteur non averti, d'entrer dans de tels détails difficiles et complexes. Heureusement, la faiblesse de la probabilité ne dépend pas impérativement de la compréhension des dits détails, pas plus que la chute d'un homme par terre ne dépend de sa compréhension de la force de l'attraction, ni de sa connaissance de l'équation scientifique de la loi de l'attraction scientifique.
 
Vous n'avez pas besoin de faire un grand effort pour comprendre la chance de l'existence d'un individu qui ressemble à votre frère par tous ces détails est très improbable. La banque non plus, n'a pas besoin d'assimiler les fondements logiques de l'induction pour comprendre que le degré de la probabilité de voir tous ces clients retirer en même temps leurs dépôts bancaires, est très bas, alors que la probabilité qu'un ou deux les retirent est très vraisemblable.
 
Dans la quatrième démarche, vous dites: étant donné qu'il est peu probable de trouver toutes ces indications dans la lettre si celle-ci n'était pas de mon frère, il est donc probable qu'elle est de mon frère.
 
Dans la cinquième démarche, vous reliez la forte probabilité - pour laquelle vous avez opté dans la quatrième démarche et selon laquelle “la lettre est bien de votre frère” à la faible probabilité de la troisième démarche selon laquelle “il est peu probable de trouver toutes ces indications dans la lettre si celle-ci n'était pas de votre frère”, et en concluez que la forte probabilité est inversement proportionnel à la faible probabilité. Ainsi, plus cette faible probabilité s'affaiblit, plus la forte probabilité croît, se renforce et devient encore plus convaincante. Et s'il n'y a pas de contre-indications susceptibles de laisser penser que cette lettre n'est pas de votre frère, les cinq démarches suffisent pour vous amener à la conviction totale qu'elle vient de lui.
 
Après cet exemple tiré de la vie quotidienne de tous les hommes, nous prenons un autre exemple, tiré des procédés qu'utilisent les savants pour démontrer et prouver une théorie scientifique, en l'occurrence celle de la naissance des planètes. Selon cette théorie, les neuf planètes sont originaires du Soleil et s'en étaient séparées il y a des millions d'années sous forme de morceaux flambants. Les savants s'accordent généralement sur l'origine des planètes mais divergent quant à la cause de leur séparation du Soleil.
 
La démonstration de l'origine de la planète, se fait selon les démarches suivantes:
 
Dans la première démarche: les savants ont observé plusieurs phénomènes et les ont perçus par la sensation et l'expérience. Parmi ces phénomènes soulignons les suivants:
 
1. la révolution de la Terre autour du Soleil est en concordance avec la rotation du Soleil sur lui-même, celle-ci et celle-là s'effectuant dans le sens ouest-est.
 
2. la rotation de la Terre autour d'elle-même concorde avec la rotation du Soleil autour de lui-même (ouest-est).
 
3. la Terre tourne autour du soleil sur une orbite parallèle à son équateur (du Soleil), de telle sorte que le Soleil forme un pôle et la Terre un point situé sur l'orbite.
 
4. les mêmes éléments dont se compose la Terre existent plus ou moins dans le Soleil.
 
5. il y a une concordance des quotients des éléments sur la Terre et sur le Soleil. L'Hydrogène y est, par exemple, l'élément dominant.
 
6. la vitesse de la révolution de la Terre autour du Soleil et autour d'elle-même concorde avec la vitesse de la rotation du Soleil autour de lui-même.
 
7. l'âge de la Terre concorde avec celui du soleil, selon l'estimation, faite par les savants, de l'âge respectif des deux planètes.
 
8. l'intérieur de la Terre est chaud, ce qui prouve que la Terre fut très chaude à sa naissance.
 
La deuxième démarche: les savants ont trouvé une hypothèse qui peut expliquer tous les phénomènes qu'ils avaient observés dans la première démarche. Autrement dit, si l'hypothèse est établie dans la réalité, elle doit pouvoir justifier et sonder tous le phénomènes en question. Selon cette hypothèse, la Terre faisait corps avec le Soleil avant de s'en séparer pour une raison quelconque; c'est ce qui doit nous permettre d'expliquer ces phénomènes.
 
Ainsi, dans le premier phénomène, selon lequel “la révolution de la Terre autour du Soleil concorde avec la rotation du Soleil autour de lui-même, celle-ci et celle-là s'effectuant dans le sens ouest-est”, la concordance s'explique - en admettant la plausibilité de l'hypothèse - par le fait que lorsqu'un morceau se sépare d'un corps qui tourne, tout en y restant attaché par un fil ou par un autre lien, il doit continuer à tourner dans le même sens que le mouvement du corps comme le stipule la loi de la continuité.
 
Pour le second phénomène, la concordance de la rotation de la Terre autour d'elle-même avec la rotation du Soleil autour de lui-même - dans le sens ouest-est - s'explique par la même loi, car le morceau détaché d'un corps, doit continuer à tourner dans le même sens que le mouvement du corps lui-même.
 
Ce qui vaut pour le deuxième phénomène vaut également pour le troisième.
 
Dans le quatrième et le cinquième phénomènes la concordance des éléments et de leurs quotients dans le Soleil et la Terre, se justifie facilement par le fait que la Terre est une partie du Soleil et que les éléments de la “partie” d'un “tout” sont les mêmes que ceux du “tout”.
 
En ce qui concerne le sixième phénomène, la concordance de la vitesse de la révolution de la Terre autour du Soleil et sa rotation autour d'elle-même, avec la vitesse de la rotation du Soleil autour de lui-même, tient au fait que les deux mouvements de la Terre tirent leur origine du mouvement du Soleil.
 
Dans le septième phénomène, c'est la théorie de la séparation (de la Terre du Soleil) qui explique “la concordance de l'âge de la Terre avec celui du Soleil”.
 
C'est également de cette théorie de la séparation que le huitième phénomène selon lequel la Terre était très chaude à sa naissance, tient son explication.
 
La troisième démarche: si l'on suppose que la théorie de la séparation de la Terre du Soleil est inexacte, on sera amené à penser qu'il est peu probable de retrouver tous ces phénomènes réunis. Car leur réunion dans ces conditions signifie la réunion d'une série de hasards sans lien compréhensible. Donc la probabilité de les voir tous réunis, tout en supposant l'inexactitude de la théorie en question, devient trop faible; car pour pouvoir expliquer tous les phénomènes soulignés, elle nécessite un grand nombre de suppositions.
 
Ainsi en ce qui concerne la concordance de la révolution de la Terre autour du Soleil avec la rotation du Soleil autour de lui-même (sens ouest-est), il faut supposer que la Terre était à l'origine un corps céleste, situé loin du Soleil (soit qu'elle fut créée indépendamment du Soleil, soit qu'elle fît partie d'un autre soleil avant d'en être séparée) et qu'elle s'en est approchée par la suite.

Il faut supposer également que cette Terre ainsi lancée, fut entrée dans son orbite autour du Soleil, par un point situé à l'ouest de celui-ci; et c'est ce qui expliquerait son mouvement dans le sens ouest-est, c'est à dire dans le même sens de la rotation du Soleil autour de lui-même. Autrement, si elle était entrée dans cette orbite par un point situé à l'est, elle aurait tourné dans le sens contraire (est-ouest).
 
En ce qui concerne la concordance de la rotation de la Terre autour d'elle-même avec celle du Soleil autour de lui-même (sens ouest-est), nous pouvons supposer par exemple que l'autre soleil dont la Terre serait issue, tournait d'est en ouest.
 
Pour justifier la révolution de la Terre autour du Soleil dans une orbite parallèle à l'équateur solaire, nous pouvons supposer là également, que “l'autre soleil” dont la Terre serait originaire, était situé dans un point perpendiculaire à l'équateur de notre Soleil.
 
Quant à la concordance des éléments et de leurs quotients dans la Terre et le Soleil, nous devons supposer que la Terre - ou “l'autre soleil” dont elle se serait séparée - contenait les mêmes éléments - et dans des proportions identiques - que nous retrouvons sur notre Soleil.
 
Quant à la concordance de la vitesse de la révolution de la Terre autour du Soleil et sa rotation sur elle-même avec celle de la rotation du Soleil sur lui-même, nous pouvons supposer, toujours à titre d'exemple, que cet “autre soleil” dont il est question, avait explosé de façon à donner à notre Terre la vitesse qui concorde avec le mouvement du Soleil.
 
Enfin, pour ce qui concerne la concordance de l'âge respectif de la Terre et du Soleil avec la chaleur de la Terre à sa naissance, nous pouvons supposer que la Terre ait été séparé d'un autre soleil qui eût le même âge que notre Soleil et que cette séparation fût produite de telle sorte qu'elle ait provoqué en elle un très haut degré de chaleur.
 
Comme nous venons de le voir, pour justifier l'ensemble des phénomènes observés, il faut admettre, si l'on suppose fausse l'hypothèse de la séparation, la présence d'une série de hasards dont la réunion est trop peu probable. En revanche l'hypothèse, en la supposant exacte, suffit à expliquer tous les phénomènes et à les relier les uns aux autres.
 
Dans la quatrième démarche nous raisonnons comme suit: étant donné que l'existence de tous ces phénomènes observés dans la Terre est trop peu probable si l'on suppose que la Terre ne s'était pas séparée du Soleil. Or ces phénomènes existent effectivement; donc il est probable que la Terre s'était séparée du Soleil.
 
Dans la cinquième démarche nous établissons un lien entre la forte probabilité (celle de la séparation de la Terre de notre Soleil) que nous avons choisie dans la quatrième démarche, et la faible probabilité (celle de retrouver tous les phénomènes réunis dans la Terre sans admettre la séparation de celle-ci de notre Soleil) que nous avons émise dans la troisième démarche.
 
En reliant ces deux démarches, nous pouvons conclure que plus la faiblesse de la probabilité énoncée dans la troisième démarche s'accentue, plus la plausibilité de la forte probabilité établie dans la quatrième démarche augmente.
 
C'est en partant de ces faits que nous pouvons démontrer la théorie de la séparation de la Terre et du Soleil, et c'est par cette méthode que les savants en ont acquis la conviction absolue.
 
 

3. Comment appliquer cette méthode pour démontrer l'existence du Créateur

 
Après avoir appris la méthode générale de la démonstration inductive basée sur le calcul des probabilités, et après l'avoir appréciée à travers ses applications dont nous avons pris connaissance, nous nous efforçons, maintenant de l'appliquer en vue de démontrer l'existence du Créateur Avisé, en suivant les mêmes démarches:
 
* La première démarche: Nous remarquons sans cesse qu'un nombre considérable de phénomènes naturels réguliers concordent parfaitement avec le besoin de l'Homme en tant qu'être vivant et avec les exigences du déroulement de sa vie, de telle sorte que tout remplacement de l'un de ces phénomènes conduit à l'étouffement de la vie humaine sur Terre ou à sa paralysie.
 
Ci-dessous, nous mentionnons, à titre d'exemple, quelques-uns de ces phénomènes:
 
La Terre reçoit du Soleil une quantité de chaleur qui lui assure une température suffisante à la formation de la vie et à la satisfaction du besoin exact (ni plus ni moins) de l'être vivant, en chaleur. On a constaté scientifiquement que la distance qui sépare la Terre du Soleil concorde parfaitement avec la quantité de chaleur nécessaire pour la vie sur Terre. Si cette distance était le double de ce qu'elle est effectivement, il n'y aurait pas eu de chaleur suffisante à la formation de la vie; et si elle en était la moitié, la chaleur y aurait doublé et aurait été insupportable pour la vie.
 
Nous remarquons également que l'écorce terrestre et celle des océans retiennent - sous forme de composé - la plus grande partie de l'oxygène qui constitue le huit dixième de toutes les eaux du monde. Malgré cela et malgré sa vive disposition à se combiner chimiquement de la sorte, une partie limitée seulement de ce gaz est restée libre, et participa à la composition de l'air. Or cette partie réalise une des conditions nécessaires de la vie. Car les êtres vivants - Homme ou Animal - ont un besoin impérieux de l'oxygène pour respirer. Et si tout l'oxygène avait été retenu sous forme de composé, la vie n'aurait pas pu exister.
 
On a remarqué que le taux de l'oxygène libre correspond parfaitement au besoin de l'homme et de sa vie pratique. L'air se compose, en effet, de 21% d'oxygène. Si ce pourcentage était plus élevé, l'environnement aurait été exposé à des incendies permanents. Et s'il était moins élevé, la vie aurait été impossible ou difficile, et il n'y aurait pas eu assez d'oxygène pour subvenir aux besoins de la vie.
 
Nous observons également un phénomène naturel qui se répète continuellement des millions de fois à travers les temps, et permet le maintien d'un taux déterminé d'oxygène en constance: lorsque l'Homme, et d'une manière générale l'Animal respire et inspire l'oxygène, le sang reçoit celui-ci et le distribue aux différentes parties du corps. Cet oxygène consume alors l'alimentation; ce qui produit le gaz carbonique, lequel remonte aux poumons pour être rejeté dans l'air.

Ainsi, l'Homme et d'autres espèces animales produisent continuellement ce gaz qui constitue une condition nécessaire à la vie de tout végétal; celui-ci à son tour, en recevant le gaz carbonique, en sépare l'oxygène qu'il rejette sous sa forme pure dans l'air, pour être apte à la respiration de nouveau.
 
Par ce processus d'échange entre l'animal et le végétal, l'oxygène a pu maintenir son taux; et sans lui l'oxygène se serait fait rare et la vie de l'Homme aurait été quasiment impossible.
 
Et ce sont des milliers de phénomènes naturels qui ont concouru à la réalisation de ce processus d'échange parfaitement adapté aux exigences de la vie.
 
Nous remarquons que le nitrogène, en tant que gaz lourd, tendant plutôt au gel, allège pertinemment l'oxygène de façon à le rendre utile, en s'y joignant dans l'air. De même, on constate que les quantités respectives de l'oxygène et du nitrogène restées libres dans l'air concordent parfaitement. En d'autres termes, la quantité de l'oxygène de l'air est justement ce que la quantité du nitrogène de l'air peut alléger. Si l'oxygène venait à augmenter ou que le nitrogène venait à diminuer, l'opération d'allégement nécessaire n'aurait pas lieu.
 
Nous remarquons aussi que la quantité d'air existant sur la Terre est limitée: elle ne dépasserait pas un millionième de la masse du globe terrestre. C'est très justement cette quantité qu'il faut pour rendre possible la vie de l'Homme sur Terre. Si elle venait à augmenter ou à diminuer, la vie deviendrait du moins difficile, sinon impossible.
 
Car son augmentation signifie l'augmentation de la pression de l'air sur l'Homme, augmentation qui pourrait atteindre un degré insupportable; et sa diminution signifie qu'on laisse aux météores, qui se répandent chaque jour la possibilité de pénétrer la Terre facilement et d'anéantir tout ce qui y vit.
 
Nous remarquons que l'écorce terrestre qui absorba l'oxyde de carbone et l'oxygène fut d'une épaisseur limitée de façon à ne pas absorber toute la quantité de ces gaz. Si elle était plus épaisse, elle les aurait entièrement absorbés, ce qui aurait entraîné l'anéantissement du Végétal, de l'Animal et de l'Homme.
 
Nous remarquons que la Lune est située à une distance précise de la Terre, distance qui correspond très exactement à ce qu'il faut pour que la vie pratique de l'Homme sur la Terre puisse se dérouler normalement. Si cette distance était relativement plus courte, la marée que la Lune aurait provoquée eût été capable de déplacer les montagnes.
 
Nous remarquons beaucoup d'instincts chez les différents êtres vivants. Si l'instinct est une notion métaphysique et ne peut être soumis à l'observation, le comportement qu'il exprime ne l'est pas, il peut être parfaitement soumis à l'observation scientifique. Ce comportement instinctif exprimé par des milliers d'instincts que l'Homme a pu remarquer à travers sa vie quotidienne ou ses recherches scientifiques concorde parfaitement avec le déroulement de la vie et sa protection.
 
Il atteint parfois un haut degré de complexité et de précision. Lorsque nous le divisons en unités, nous remarquons que chaque unité est placée dans la position exacte qui lui permet de mener à bien sa mission, de faire se dérouler la vie et de la protéger.
 
La structure physiologique de l'Homme représente des millions de phénomènes naturels et physiologiques. Chacun de ses phénomènes correspond constamment par sa conception, son rôle physiologique et ses corrélations avec tous les autres phénomènes - à la tâche de l'acheminement de la vie et de la protection de la vie. Prenons par exemple un groupe de phénomènes qui se sont liés entre eux de façon à s'adapter parfaitement à la fonction de la vue et à l'action de faciliter la perception des choses de façon utile.
 
La lentille de l'oeil projette l'image sur la rétine. Celle-ci est constituée de neuf couches dont la dernière se compose de millions de cônes et bâtonnets qui, par leurs rapports réciproques d'une part, leur rapport d'ensemble avec la lentille d'autre part, sont tenus disposés selon un ordre concordant avec la fonction de la vue. Certes, il y a une seule exception à cette concordance: l'image réfléchie sur la rétine est inversée.
 
Mais il s'agit d'une exception momentanée, car elle se situe dans une phase antérieure à celle de la perception visuelle définitive et ne nous laisse pas percevoir les objets d'une façon inverse. L'image inversée sur la rétine, sera en effet transposée dans des millions d'autres filets de nerfs conduisant à l'encéphale pour reprendre sa position correcte, et c'est à ce moment-là seulement que la perception visuelle se produit en harmonie avec le déroulement de la vie.
 
Même la beauté, le parfum et la splendeur, en tant que phénomènes naturels, on les retrouve là où leur présence concorde avec la marche de la vie. Ainsi, les fleurs dont la fécondation s'effectue par l'intermédiaire des insectes, sont dotées d'éléments de beauté et d'attraction, tels les couleurs éclatantes et le parfum attractif qui correspondent à la nécessité d'attirer l'insecte vers la fleur pour la faire féconder; alors que les fleurs dont la pollinisation se fait grâce au vent en sont privées.
 
Quant au phénomène de l'accouplement en général et de la concordance parfaite de la structure physiologique du mâle avec celle de la femelle chez l'Homme, chez l'Animal et chez le Végétal - concordance qui permet d'assurer la fécondation et la perpétuation de la vie - il constitue un autre indice universel de l'harmonie entre la nature et la mission de faciliter la marche de la vie:
 
“Et si vous comptez les bienfaits de Dieu, vous ne saurez pas les dénombrer. Oui, Dieu est pardonneur, certes, Misércordieux.” (Coran XVI, 18)
 
* La seconde démarche: Nous remarquons que cette concordance constante du phénomène naturel avec la mission d'assurer et de faciliter la vie, que nous retrouvons dans des millions de situations, peut être expliquée partout et toujours par une seule hypothèse: la supposition de l'existence d'un Créateur Avisé de cet Univers, ayant voulu doter cette Terre des éléments de la vie et y faciliter la mission de la vie. Cette hypothèse peut justifier et sonder toutes les concordances observées.
 
* La troisième démarche: Nous nous posons la question suivante: si l'hypothèse de l'existence d'un Créateur Avisé n'était pas prouvée dans la réalité, quelle serait la plausibilité de la probabilité de l'existence fortuite ou gratuite de toutes les concordances11? Il est évident qu'une telle probabilité pour être plausible, suppose la présence d'un nombre trop élevé de hasards.
 
Or, si l'hypothèse émise dans l'ensemble de la lettre (et selon laquelle cette lettre provenait d'une personne autre que votre frère, mais qui lui ressemble par tous les indices soulignés), relève d'une probabilité trop faible (étant donné que la supposition d'une ressemblance dans mille particularités est trop peu probable selon le calcul des probabilités), que dire alors d'une probabilité qui suppose que notre Terre ainsi que tout ce qu'elle renferme, soit le produit d'une matière fortuite et accidentelle qui ressemblerait par des millions de qualités, à un créateur avisé et finaliste?
 
* La quatrième démarche: Nous pensons donc sans plus d'hésitation possible vers l'hypothèse que nous avons formulée dans la deuxième démarche, c'est à dire l'existence d'un Créateur Avisé.
 
* La cinquième démarche: Nous relions cette forte probabilité à la faible probabilité que nous avons constatée dans la troisième démarche. Et étant donné que la probabilité de la troisième démarche s'affaiblit proportionnellement à l'augmentation du nombre de hasards que nous devons y supposer - comme il était convenu plus haut - il est évident que cette probabilité devient trop faible par rapport aux probabilités de la troisième démarche du raisonnement inductif utilisé dans toute loi scientifique.
 
Car le nombre de hasards que nous devons impérativement supposer dans la troisième démarche de notre présente démonstration est supérieur au nombre de hasards supposés dans toute autre probabilité similaire ou semblable. Cette probabilité est donc nulle.12 Ainsi, nous arrivons à la conclusion tranchante de l'existence d'un Créateur Avisé, en nous fondant sur tous les signes de l'harmonie et de l'ordre que nous fournit l'Univers:
 
“Bientôt Nous leur ferons voir Nos signes à tous les horizons, tout comme dans leurs propres personnes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que, oui, c'est cela la vérité. Quoi? Ne te suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toutes choses?”. (Coran XLI, 53)
 
“Oui, dans la création des cieux et de la terre, et dans l'alternance de la nuit et du jour, et dans le navire qui vogue en mer chargée de profits pour les gens, et dans l'eau que Dieu fait descendre du ciel, par quoi il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toutes espèces, et dans la variation des ventes et dans le nuage contraint de rester entre ciel et terre, il y a des signes, certes pour un peuple d'intelligents”. (Coran II, 164)
 
”… Et bien, tourne le regard. Est-ce que tu vois une quelconque brèche? Puis tourne encore ton regard, à deux fois: le regard te reviendra, refoulé: il sera las”. (Coran LXVII, 3-4)
 
 

B. La Démonstration Philosophique

 
Avant d'aborder la démonstration philosophique de l'existence de Dieu, nous devons nous demander ce qu'est cette démonstration. Quelles sont ses divisions et quelle est la différence entre elle, et la démonstration scientifique?
 
Il y a généralement trois sortes de démonstration: la démonstration mathématique, la démonstration scientifique, la démonstration philosophique.
 
* La démonstration mathématique: c'est la démonstration utilisée dans le domaine des mathématiques pures et dans la logique formelle. Elle est toujours basée sur un principe fondamental, celui de non-contradiction selon lequel A est A et n'est pas autre chose que A . Toute démonstration basée sur ce principe (ainsi que les résultats qui s'en ramifient) est appelée démonstration mathématique, laquelle bénéficie de la confiance de tous.
 
* La démonstration scientifique: c'est la démonstration utilisée dans le domaine des sciences naturelles. Elle est basée sur les connaissances qu'on peut prouver par la sensation ou par le raisonnement inductif scientifique, outre les principes de la démonstration mathématique.
 
* La démonstration philosophique: c'est démonstration qui se base sur des connaissances rationnelles (celles qui ne nécessitent ni sensation ni expérience), outre les principes de la démonstration mathématique, en vue de prouver une réalité objective du monde extérieur.
 
Cela ne signifie pas nécessairement que la démonstration philosophique ne se base pas sur des connaissances perceptibles ou inductives, mais qu'elle ne s'en contente pas; c'est-à-dire qu'en plus de ces connaissances ou indépendamment d'elles, elle repose sur d'autres connaissances rationnelles dans le cadre de la démonstration du sujet qu'on veut prouver.
 
Ainsi, la démonstration philosophique diffère de la démonstration scientifique en ceci que la première traite des connaissances rationnelles qui n'entrent pas dans le cadre des principes de la seconde.
 
Ayant présenté la conception de la démonstration philosophique, nous envisagerions dans ce même cadre la question suivante: peut-on compter sur les connaissances rationnelles, c'est-à-dire celles que la raison nous fournit, sans avoir besoin de la sensation ni de l'expérience ni de l'induction scientifique?
 
La réponse est positive. Car, il y a des connaissances qui sont dignes de la confiance de tous, telles le principe de non-contradiction sur lequel sont fondées toutes les mathématiques pures et auquel nous croyons rationnellement sans avoir besoin de recourir à l'observation ni à l'expérience, lesquelles constituent la base de l'induction.
 
La preuve en est que le degré de notre croyance en ce principe ne varie pas selon le nombre d'expériences et d'observations qui correspondent à ce degré. Prenons, à titre d'exemple, une application mathématique évidente de ce principe: 2 + 2 = 4. Notre croyance à la justesse de cette équation mathématique simple est très profonde et n'augmente pas avec les multiplications des exemples.
 
Mieux, nous ne sommes pas disposés à prêter attention à un exemple qui le contredirait ; et si l'on nous disait que 2 + 2 = 5 ou 3 dans un cas exceptionnel, nous ne le croirions guère. Cela signifie que notre croyance en cette vérité n'est liée ni à la sensation ni à l'expérience, sinon elle serait affectée par elles positivement ou négativement
 
Et puisque nous croyons entièrement à cette vérité sans que notre croyance soit liée à la sensation ni à l'expérience, il est tout naturel que nous puissions nous fier parfois aux connaissances rationnelles sur lesquelles est basée la démonstration philosophique.
 
En d'autres termes, refuser la démonstration philosophique tout simplement parce qu'elle est fondée sur des connaissances qui ne sont pas liées à l'expérience et à l'induction, signifie qu'on doit refuser également la démonstration mathématique, laquelle est fondée sur le principe de non-contradiction auquel nous croyons sans nous référer à l'expérience ni à l'induction.13
 
 

1. Un Modèle de Démonstration Philosophique de L'Existence de Dieu

 
Cette démonstration est fondée sur trois postulats que voici:
 
1. L'aiome selon lequel chaque événement à une cause à laquelle il doit son existence . Cette axiome est perçu par l'homme d'une façon innée et il est confirmé constamment par le raisonnement inductif scientifique.
 
2. L'axiome selon lequel lorsqu'une chose a des degrés différents dont les uns sont plus forts et plus perfectionnés que les autres, il n'est pas possible que le degré inférieur de perfectionnement et de contenu soit la cause de l'existence du degré supérieur. Ainsi, la chaleur, le savoir, la lumière… etc ont des degrés dont les uns sont supérieurs en perfectionnement ou en solidité aux autres. Un haut degré de chaleur ne peut être le résultat d'un degré inférieur, de même qu'un homme connaissant parfaitement l'anglais ne peut acquérir une connaissance plus perfectionnée de cette langue, d'un autre individu qui n'en a que des connaissances rudimentaires, ou pis, qui l'ignore complètement.
 
De même, un degré de lumière faible ne peut réaliser un degré plus fort de lumière; car chaque degré supérieur comporte un surplus qualitatif et quantitatif par rapport au degré inférieur. Et ce surplus qualitatif ne peut-être fourni par une source qui ne le possède pas. Lorsque vous voulez financer un projet avec votre argent, vous ne pouvez pas fournir plus d'argent que vous n'en possédez.
 
3. La matière prend, tout au long de son évolution continuelle, des formes diverses quant à son degré d'évolution et de concentration. La particule de l'eau dépourvue de vie et de sensibilité représente l'une des formes de l'existence de la matière. Le protoplasma qui entre dans la composition de la substance du végétal et de l'animal, représente une forme plus développée de la matière. L'amibe, cet animalcule unicellulaire incarne une autre forme de la matière, encore plus évoluée. L'Homme, cet être vivant, sensible et pensant est la forme supérieure de l'existence dans cet univers.
 
A propos de ces différentes formes de l'existence, une question se pose: leur différence est-elle une simple différence quantitative du nombre de molécules et d'éléments, et des relations mécaniques entre eux? Ou bien, s'agit-il d'une différence qualitative et modale14, traduisant des degrés différents de l'existence et des étapes de l'évolution et du perfectionnement? En d'autres termes, la différence entre la Terre et l'Homme qui en est issu, est-elle numérique seulement, ou bien une différence entre deux degrés de l'existence, deux étapes de l'évolution et du perfectionnement, comme la différence entre une lumière faible et une lumière intense?
 
L'Homme a cru d'une manière infuse, depuis qu'il s'est posé cette question, que ces formes représentent des degrés de l'existence et des étapes du perfectionnement. La vie est un degré supérieur de l'existence par rapport à la matière et le degré lui-même, n'est pas absolu; il est subdivisé lui aussi en sous-degrés. Plus la vie acquiert un nouveau contenu, plus elle exprime un degré supérieur. C'est pourquoi, la vie de l'être sensible et pensant exprime un degré supérieur à la vie du végétal et ainsi de suite.
 
Mais la pensée matérialiste s'est opposée à cette vérité depuis deux siècles parce qu'elle croyait à la conception mécanique de l'interprétation de l'univers, selon laquelle le monde extérieur se compose de corpuscules identiques qui sont affectés, dans le cadre de lois générales, par des forces simples, attractives et répulsives, dont la fonction se borne au rôle de catalyseur, permettant aux corpuscules de se mouvoir et de se déplacer. Par cette action d'attraction et de répulsions mutuelles, des particules se rassemblent.
 
D'autres se dispersent, permettant ainsi, à la matière de se diversifier. C'est pourquoi le matérialisme mécanique réduit l'évolution et le mouvement à un simple déplacement de corps et de corpuscules dans l'espace. Il a expliqué la diversité des formes de la matière par les différentes façons de rassemblement et de répartition de ces corpuscules, et a exclu de ces transformations la création de tout élément nouveau, affirmant que la matière ne croit pas dans son existence, ni ne se développe dans son évolution, mais qu'elle se rassemble et se disperse comme un pâté que la main façonne en différentes formes, sans qu'il acquière rien de nouveau.
 
Cette hypothèse a été inspirée de la science mécanique, - première des sciences à être libérale dans ses méthodes de recherche - et encouragée par les succès que cette science a réalisés dans les découvertes des lois du mouvement dynamique et dans l'interprétation sur la base de ces lois - des mouvements habituels des corps ordinaires - y compris les mouvements des astres dans l'espace.
 
Mais la continuation de l'évolution de la science et l'extension des méthodes de la recherche scientifique vers d'autres domaines divers ont démontré la fausseté de cette hypothèse et son incapacité d'expliquer mécaniquement tous les mouvements mécaniques, et de contenir, d'autre part, toutes les formes de la matière dans le cadre du mouvement mécanique des corps et des corpuscules d'un endroit à l'autre.
 
Quant à la science, elle a confirmé ce que l'Homme a perçu naturellement, à savoir que la diversité des formes de la matière ne s'explique pas par le simple déplacement de ces corpuscules, d'un point à l'autre, mais par une variété d'évolutions qualitatives et modales. Les expériences scientifiques ont démontré qu'une combinaison numérique de corpuscules ne représente ni une vie, ni une sensibilité, ni une pensée; ce qui nous met devant une conception totalement différente de celle que le matérialisme mécanique nous présente.
 
 Car aussi bien dans la vie que dans la sensation ou la pensée, nous assistons à un processus de véritable développement de la matière et à une évolution qualitative dans ses degrés d'existence, et ce, quel que soit le contenu de cette évolution qualitative: matériel (exprimé par le passage d'un degré à un autre plus élevé) ou immatériel.
 
Récapitulons pour résumer les trois postulats que nous venons d'énumérer. Ce sont:
 
1. Chaque événement a une cause.
 
2. “l'inférieur” ne peut être la cause du “supérieur”.
 
3. La diversité des degrés de l'existence et la variété modale dans notre univers.
 
A la lumière de ces trois postulats, nous savons que nous rencontrons dans les formes qualitatives évoluées un véritable développement, c'est-à-dire un perfectionnement dans l'existence de la matière ainsi qu'une croissance qualitative. Nous sommes en droit, dès lors, de nous interroger sur l'origine de cette croissance et de nous demander comment ce supplément nouveau est apparu alors que chaque événement a une cause, comme nous venons de le souligner?
 
Il y a deux réponses à cette interrogation:
 
1. Ce supplément proviendrait de la matière elle-même, laquelle était, à l'origine, dépourvue de vie, de sensibilité et de pensée, mais qui les aurait créées a travers son évolution; autrement dit, la forme inférieure de l'existence serait la cause de l'existence de la forme supérieure en degré et la plus riche en contenu.
 
Mais cette réponse est en contradiction avec le deuxième postulat précité et selon lequel la forme au degré inférieur ne peut être la cause d'une forme d'existence supérieure en degré et plus riche en contenu. Car la supposition selon laquelle la matière morte et dépourvue de vie peut donner à elle-même ou à une autre matière, la vie, la sensibilité et la pensée, ressemble à la supposition selon laquelle un individu qui ignore la langue anglaise peut l'enseigner; ou à celle selon laquelle une lumière faible peut nous fournir une lumière plus forte, telle la lumière du Soleil par exemple; ou encore à celle selon laquelle un pauvre désargenté peut financer des projets capitalistes.
 
2. Ce surplus résultant de l'évolution de la matière provient d'une source dotée de toute la vie, de toute la sensibilité et de toute la pensée dont il est lui-même pourvu; et cette source, c'est Dieu. Seigneur des Mondes. Dans ce cas, la croissance de la matière (le surplus) n'est qu'un développement et une éducation accomplis par la Sagesse, la conduite et la Maîtrise du Seigneur:
 
“Et très certainement, nous avons créé l'homme d'un choix d'argile, puis nous l'avons consigné, goutte de sperme dans un reposoir sûr, puis nous avons fait du sperme un caillot, puis du caillot nous avons créé un morceau de chair, puis du morceau de chair nous avons créé des os, puis nous avons revêtu de chair les os. Ensuite, nous en avons produit une tout autre créature. Béni soit Dieu, donc le meilleur des créateurs!”. (Coran XXIII, 12-14)
 
C'est la seule réponse qui concorde avec les trois postulats en question. Elle peut fournir une interprétation raisonnable du processus de la croissance et du perfectionnement intervenus dans les formes de l'existence sur ce vaste univers.
 
Cette démonstration que le Coran fait allusion à travers plusieurs versets, en s'adressant à la nature saine de l'homme et à sa raison normale:
 
“Voyez-vous donc cela que vous éjaculez: est-ce vous qui le créez? ou si c'est nous le créateur?”. (Coran LVI, 58-59)
 
“Voyez-vous donc cela que vous cultivez; est-ce vous qui le cultivez? ou si c'est Nous le cultivateur?”. (Coran LVI, 63-64)
 
“Voyez-vous donc le feu que vous obtenez en frottant: est-ce vous qui en produisez le bois? ou si c'est Nous le producteur?”. (Coran LVI, 71-72)
 
“Il est de Ses signes de vous avoir créés de poussière; puis vous voilà des hommes qui se dispersent”. (Coran, XXX, 20)
 
 

2. La Position du Matérialisme vis-à-vis de Cette Démonstration

 
Le matérialisme mécanique ne s'embarrasse pas de cette démonstration; car, comme nous l'avons vu, il définit la vie, la sensibilité et la pensée comme: rien d'autre que des formes de rassemblement et de répartition des corps et des corpuscules, ne produisant rien de nouveau, à part un mouvement de particules, dû à des forces mécaniques.
 
En revanche, le matérialisme moderne s'en embarrasse en raison de sa croyance à l'évolution qualificative et modale de la matière, à travers ces formes. Mais il a choisi un mode d'interprétation de cette évolution modale, dans lequel il réconcilie le second postulat avec son désir de se contenter de prendre la matière à elle seule comme explication de toutes ses propres évolutions.
 
Selon ce mode d'interprétation, la matière est la source de tout; et c'est elle qui alimente le processus de l'évolution modale (non pas à la manière d'un “pauvre finançant des projets capitalistes”; ce qui contredirait le second postulat) puisqu'elle renferme à l'état latent et dès l 'origine, toutes les formes et tous les contenus de l'évolution: le poulet existe dans l'oeuf et le gaz dans l'eau et ainsi de suite.
 
Quant à savoir comment la matière peut être en même temps oeuf et poulet, eau et gaz, le matérialisme dialectique répond qu'il s'agit là d'une contradiction et que celle-ci est la loi générale de la nature. Pour lui, chaque chose contient son contraire - son “opposé” - à l'intérieur d'elle-même et est en lutte permanente avec lui.
 
A travers cette lutte entre les deux contraires, le contraire intérieur se développe jusqu'à ce qu'il surgisse à la surface pour réaliser un changement dans la matière, exactement comme un oeuf qui éclôt subitement pour sortir de son intérieur un poussin. Et c'est de cette manière que la matière se perfectionne perpétuellement, car le “contraire” qui ressort de la lutte représente l'avenir, c'est-à-dire un pas en avant.
 
Cette analyse appelle les remarques suivantes:
 
Qu'est-ce que le matérialisme entend exactement par «chaque chose porte en elle son “contraire” ou son “opposé”», ou plus précisément, laquelle des significations suivantes est visée par cette affirmation:
 
1. Veut-il dire que l'oeuf et le poussin sont deux “contradictoires” ou deux “contraires” et que l'oeuf crée le poussin et le doté des propriétés de la vie, c'est-à-dire que le mort engendre le vivant et crée la vie? Cela nous ramène exactement au “pauvre finançant des projets capitalistes”, et contredit par conséquent le postulat précité.
 
2. Ou bien, il veut dire que l'œuf ne crée pas le poussin, mais le fait apparaître alors qu'il y était en puissance étant donné que chaque chose contient à l'état latent son contraire. L'oeuf, lorsqu'il était oeuf, était en même temps poussin, exactement comme une photo qui offre un profil d'un côté, un autre profil différent, de l'autre.
 
Or, il est évident que si l'oeuf était en même temps poussin, aucune opération de croissance ni de perfectionnement n'interviendrait lorsqu'il devient poussin; car tout ce que ce dernier état (poussin) présente maintenant, existait déjà originellement dans le cas précédent (oeuf); cela ressemblerait à l'action d'un homme qui prend de l'argent de sa poche pour le tenir dans sa main, ce qui ne l'enrichit guère, puisque tout l'argent qui se trouve maintenant dans sa main, se trouvait déjà dans sa poche.
 
 Donc pour qu'il y ait une opération de croissance et de perfectionnement et que quelque chose de nouveau se réalise vraiment lors de la transformation de l'oeuf en poussin, il faudrait dire que l'oeuf n'était pas poulet ou poussin, mais un projet de poulet, c'est-à-dire quelque chose de susceptible de devenir poulet. Par-là seulement, l'oeuf se distingue de la pierre qui ne peut devenir poulet. Quant à l'oeuf, il peut être poulet sous certaines conditions et dans des circonstances précises. Car la possibilité d'une chose ne signifie pas forcément sa réalisation. Si l'oeuf devient vraiment poulet, la possibilité à elle seule ne suffit pas pour en expliquer la transformation.
 
D'un autre côté, si les formes de la matière résultaient de leurs contradictions internes, il faut expliquer leur variété par la variété de ces contradictions internes. Ainsi l'oeuf a ses propres contradictions qui diffèrent des contradictions de l'eau: c'est pourquoi, alors que de celles-ci résulte le gaz, de celle-là, résulte un poulet.
 
On a là, une supposition facile à formuler, puisqu'il s'agit d'une phase avancée de la variation des formes de la matière; car dans la phase où nous avons affaire à l'oeuf et à l'eau, nous pouvons facilement expliquer leur différence par leurs contradictions internes; mais que dire de la vérité des formes de la matière au niveau des corpuscules qui constituent des unités fondamentales dans l'univers, tels les électrons, les protons, les neutrons, opposés à des contre-électrons, des contre-protons et des contre-neutrons?
 
Chacun de ces corpuscules a-t-il pris une forme particulière des dites formes en raison de ses contradictions internes, ce qui reviendrait à dire que le proton existait dans les entrailles de sa matière avant d'en sortir à la suite du mouvement et de la lutte, exactement comme le cas de l'oeuf et du poulet?
 
Si nous admettons une telle supposition, comment pourrions-nous justifier la variété des formes de ces corpuscules, alors qu'une telle variété suppose, selon la logique de la contradiction interne, que ces corpuscules variés soient différents par leurs contradictions internes, c'est-à-dire leur entité interne.
 
Or, nous savons que la science moderne tend à croire à l'unité de l'entité de la matière et à l'unité de son contenu intérieur, et que les diverses formes qu'elle prend ne sont que des cas changeants à contenu unique et invariable; ce qui rend possible la transformation de proton en neutron et vice-versa, c'est-à-dire que la forme du corpuscule change (outre l'atome et la particule) alors que son contenu reste unique et invariable. Est-ce que cela signifie que le contenu est le même dans tous les cas, même si les formes changent? Comment supposer, dès lors, que ces formes résultent des contradictions différentes internes?
 
L'exemple de l'oeuf et du poulet suffit lui-même à éclairer cette question. Car pour que les formes que prennent plusieurs oeufs varient en raison de leurs contradictions internes supposées, il faut qu'elles soient différentes de par leur structure interne.
 
L'oeuf d'une poule et celui d'un oiseau produisent deux formes différentes, en l'occurrence, le poulet et l'oiseau. Mais si les deux oeufs étaient d'une même sorte, tels deux oeufs de poule, nous ne pourrions pas supposer que leurs contradictions internes débouchent sur deux formes différentes.
 
Ainsi, nous pouvons remarquer que l'interprétation du matérialisme moderne, des formes de la matière, basée sur les contradictions internes de celle-ci diverge avec la tendance de la science moderne à affirmer l'unité du contenu intérieur de la matière.
 
3. Ou bien, le matérialisme entend-il, en affirmant que «toute chose contient son “contraire”», que l'oeuf lui-même exprime deux contraires ou deux contraires indépendants, dont chacun a son existence propre et dont l'un est représenté par l'embryon issu de la présence de la semence à l'intérieur de l'oeuf, et l'autre par tout ce que l'oeuf contient de substances, que ces deux contraires se sont unis par leur combat à l'intérieur de la coque de l'oeuf et qu'à l'issue de cette lutte l'un des deux contraires s'est imposé pour aboutir à la victoire de l'embryon qui transforme l'oeuf en poule?
 
Ce genre de lutte entre les contraires est courant dans la vie des hommes et enraciné dans leurs visions habituelles en plus de leurs visions philosophiques. Mais pourquoi appeler cette corrélation entre l'embryon et les substances qui composent l'oeuf, contradiction? Pourquoi appeler la corrélation entre la graine, le sol et l'air, contradiction? Pourquoi appeler la corrélation entre le foetus à l'intérieur de l'utérus et la nourriture qu'il y puise, contradiction? Ce n'est en fait qu'une simple appellation qui peut bien être formulée autrement. On peut le remplacer par cette affirmation: les deux “contraires” fusionnent l'un dans l'autre et s'unifient.
 
Mettons que cela s'appelle contradiction. Le problème serait-il résolu pour autant, tant que nous admettons que cette corrélation spécifique entre les deux contraires aboutit à un résultat plus grand, à l'opération de la croissance d'une chose nouvelle qui dépense le total numérique des deux contraires? D'où vient donc ce surplus? Vient-il des deux contraires en lutte, lesquels l'ont perdu tous les deux, alors que celui qui perd une chose ne peut pas l'offrir, si l'on en croit le deuxième des trois postulats précités?
 
Connaissons-nous un seul exemple de la nature dans lequel la contradiction et la lutte entre les contraires constituent vraiment un facteur de développement? Comment un contraire peut-il contribuer à développer son contraire à travers sa lutte contre lui, alors que cette lutte traduit un degré de résistance et de refus, et que toute résistance réduit la capacité de l'autre à se mouvoir et à se développer au lieu de l'y aider? Nous savons tous que si le nageur se heurte en se baignant, à des vagues d'eau opposées à la direction qu'il suit, celles-ci entravent son mouvement au lieu de le faciliter.
 
Si la lutte entre les contraires, - en quelque sens que ce soit - est la base du développement de l'oeuf et de sa transformation en poulet, quel est le développement produit de la lutte entre les contraires lors de la transformation de l'eau en gaz et son retour à l'état d'eau de nouveau?
 
La nature nous dévoile constamment des contraires dont l'adhésion et la rencontre conduisent à leur destruction mutuelle au lieu de les conduire au développement et au perfectionnement. Le proton positif qui est la particule constitutive du noyau de l'atome et dont la charge électrique est positive, a en face de lui un proton contraire et négatif.
 
 L'électron négatif qui gravite dans l'orbite de l'atome a un électron contraire et positif, et s'il arrivait que ces deux contraires se rencontrent, des processus d'anéantissement atomique seraient déclenchés qui feraient disparaître la matière, alors que des énergies en seraient libérées qui se répandraient dans l'espace.
 
De tout ce qui précède, nous pouvons conclure que le mouvement de la matière sans alimentation ni approvisionnement venant de l'extérieur ne saurait produire un véritable développement et une évolution vers des formes supérieures et des degrés plus élevés de concentration. Pour que la matière se développe et s'élève vers des niveaux supérieurs, tels la vie, la sensibilité et la pensée, il faut qu'il y ait un Seigneur qui jouit de ces qualités afin qu'il puisse les conférer à la matière.
 
Le rôle de la matière dans les opérations du développement se limite à une aptitude, à une disposition, à une possibilité. Il est comparable à celui d'un enfant disposé et apte à apprendre des leçons qui lui donnent ses éducateurs.

Que Dieu, Seigneur des Mondes soit donc béni.
 

3. Les Attribut Divins

 
Lorsque nous croyons en Dieu, Créateur de l'Univers, son Educateur et l'Organisateur de sa marche selon une sagesse et une gestion pertinente, il est naturel que nous prenions connaissance de Ses attributs à travers Sa création et Sa créativité, et apprécions Ses qualités à travers les indices rayonnants de Ses oeuvres, exactement comme nous apprécions un ingénieur à travers les qualités qui distinguent ses travaux géométriques, ou comme nous jaugerions un auteur à la lumière de la science et du savoir que son livre renferme, ou encore comme nous déterminerions la personnalité d'un éducateur à travers les qualités et les vertus de ceux qu'il a éduqués.
 
C'est de cette façon que nous pouvons faire un aperçu des qualités du Créateur grandiose, telles la science, la sagesse, la vie, la capacité, l'ouïe et la vue. Car la précision et la créativité dont relève l'univers mettent en évidence la Science et la Sagesse. Les énergies qu'il renferme dans ses tréfonds démontrent la capacité et la maîtrise.

Les variétés de la vie et des degrés de la perception rationnelle et sensorielle montrent combien le Créateur est doté de Vie et de Conscience. L'unité de plan et de construction constatée dans le dessin de cet univers, ainsi que les corrélations solides entre ses différents aspects soulignent l'unicité du Créateur et de l'expérience, dont est issu ce vaste univers.
 
 

a) Sa Justice et Sa Droiture

 
Nous croyons tous, par notre raison innée et infuse, à des valeurs générales de la conduite, à savoir les valeurs qui affirment que la Justice est le Bon Droit et le Bien, que l'Injustice est Illégitime et un Mal, que celui qui se montre juste dans sa conduite est digne de respect et de récompense et celui qui commet injustices et agressions est digne du contraire.
 
Ces valeurs, seraient par entendement et - nature innée le moteur qui anime et dirige la conduite de l'homme s'il n'avait pas d'autres obstacles, tels l'ignorance et l'intéressement qui l'en empêchent. Tout homme, s'il devait choisir entre la vérité et le mensonge, ou entre la fidélité et la trahison, choisirait la vérité plutôt que le mensonge, la fidélité plutôt que la trahison, s'il n'y avait pas un motif personnel et un intérêt privé l'incitaient à dévier de ces valeurs dans son comportement.
 
Cela veut dire que lorsqu'un homme n'a aucun intérêt à tromper quelqu'un ni à le trahir, ni à être injuste envers lui, il se conduit en homme véridique, honnête, juste, c'est-à-dire avec droiture. C'est exactement ce qui s'applique au Créateur Sage qui est au courant de toutes ces valeurs que nous percevons par notre raison innée. Car c'est Dieu qui nous a doté de cette raison; et en même temps c'est Lui seul qui, vu Sa Puissance inestimable et Sa Domination totale sur l'Univers, n'a besoin ni de transiger ni de biaiser. C'est pourquoi, Il est toujours Juste et n'est jamais injuste envers personne.
 

b) La Justice Divine Fixe la Récompence

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Les valeurs auxquelles nous croyons, appellent, comme nous avons pu le constater, à la justice, à la droiture, à l'honnêteté, à la véracité, à la fidélité… et à bien d'autres qualités, et condamnent leurs contraires. Loin de se contenter de cet appel et de cette condamnation, elles réclament une récompense appropriée à chacune de ces qualités (positives ou négatives).
 
Car la raison innée et le bon sens réalisent que l'injuste et le traître méritent d'être punis et que le juste, l'homme honnête qui fait des sacrifices pour la justice et l'honnêteté mérite d'en être récompensé. Chacun de nous se sent animé de ces valeurs pour punir l'injuste dévié et estimer le juste intègre. Mais ce qui nous empêche de mettre en exécution ce désir de faire justice nous-mêmes, c'est notre incapacité d'adopter l'attitude appropriée ou notre partialité personnelle.
 
Et puisque nous croyons en un Dieu juste et intègre dans son comportement, et capable de rendre justice - punition ou récompense selon le cas - et d'appliquer les valeurs qui imposent la sentence juste et déterminent la récompense convenable au comportement honnête, et la punition méritée au comportement déshonorant, il est normal que nous en concluions que Dieu récompense le bienfaiteur pour sa bienfaisance et rend justice à la victime au détriment de l'injuste.
 
Mais en même temps, nous remarquons que cette justice ne se réalise pas toujours dans la vie que nous connaissons sur cette Terre, bien que Dieu en soit capable. Cela prouve, lorsqu'on tient compte de ce qui précède, qu'il y a un jour de Jugement à venir dans lequel le bienfaiteur anonyme qui aura fait des sacrifices pour une noble cause, sans avoir cueilli les fruits de ses sacrifices, et l'injuste qui aura échappé momentanément à la punition qu'il méritait, et vécu sur le sang et les ruines de ses victimes, seront récompensés chacun selon ses actes.
 
 Ce jour-là, c'est le Jour du Jugement Dernier qui incarne toutes ces valeurs absolues de la conduite et sans lequel ces valeurs sont vidées de leur sens.
 

  • 1. Il s'agit probablement de la loi selon laquelle: “les carrés des temps des révolutions planétaires sont proportionnels aux cubes des axes des orbites” (Petit Larousse illustré, 1979, Partie historique, Article: Kepler, p. 1454). N.d.T.
  • 2. N.d.T.
  • 3. “Laylat al- Qadr” = nuit sacré pour les musulmans.
  • 4. “dize” = mot qui n'a aucun sens, inventé par l'auteur pour symboliser un non-sens, N.d.T.
  • 5. Pour plus de détails concernant la position de la logique positiviste et sa critique, voir notre ouvrage: “Les Fondements Logiques de l'Induction”, p. 489.
  • 6. La méthode de la démonstration n'est pas la démonstration elle- même. Car vous pouvez démontrer que le Soleil est plus grand que la Lune en vous basant sur les affirmations des savants. La méthode est ici, le fait de considérer l'affirmation des savants comme démonstration de la vérité.

    Vous pourriez également arguer qu'un tel va mourir rapidement en vous basant sur un rêve que vous auriez fait et dans lequel vous auriez rêvé de sa mort. La méthode, dans ce cas, est de prendre les rêves comme démonstration de la vérité?

    Vous pouvez enfin arguer que la Terre est un grand aimant bipolaire, ayant un pôle négatif et un pôle positif, lorsque vous remarquez qu'une aiguille aimantée, posée horizontalement oriente toujours l'une de ses deux extrémités vers le Nord, l'autre vers le Sud. La méthode ici consiste à adopter l'expérience comme démonstration. La véracité de chaque démonstration est fondamentalement liée à la véracité de la méthode dont elle dépend.

  • 7. C'est ce que nous avons fait dans notre ouvrage: “Les Fondements Logiques de l'Induction”. Voir notamment, la troisième partie, pp. 133 - 410.
  • 8. Par “probabilité de leur inexistence”, nous entendons: leur inexistence ou l'inexistence de l'un d'entre eux au moins.
  • 9. Conformément à la deuxième démarche de la démonstration inductive. Voir, “Les Fondements Logiques de l'Induction”, pp. 355 - 410.
  • 10. Pour plus de détails, vous pouvez consulter: “Les Fondements Logiques de l'Induction”, pp.146 - 247.
  • 11. Les concordances des phénomènes naturels avec la mission d'assurer la vie.
  • 12. Il nous reste deux problèmes à résoudre:
     
    a) On remarque que selon la méthode du raisonnement inductif, la probabilité desubstitution à la supposition de l'existence d'un Créateur Avisé est de supposer que chacun des phénomènes concordants avec la mission de faciliter la vie est le produit d'une nécessité aveugle dansla matière. Autrement dit, la matière de par sa nature et en raison des contradictions internes et de son propre dynamisme interne est la cause des phénomènes qu'elle produit, ce qui est demandé à la démonstration inductive, c'est de faire pencher la balance du côté de la supposition de l'existence d'un ateur Avisé au dépens de la probabilité de substitution.
     
    Car alors que celle-là suppose l'existence d'un sagesse avisée, celle-ci suppose la présence d'un nombre de nécessités aveugles dans la matière égal au nombre de phénomènes en question. Il en résulte que la probabilité de substitution qui n'est autre que la probabilité de l'existence d'un grand nombre d'événements et de hasards s'affaiblit progressivement pour aboutir au degré nul. Mais avantager la supposition de l'existence d'un Créateur Avisé ne peut se faire que si elle ne devait, elle non plus, nécessiter l'explication d'un très grand nombre d'événements et de coïncidences, ce qui ne semble pas le cas; puisque, pour pouvoir supposer que l'existence du Créateur Avisé explique la présence de tant de phénomènes universels, il faut supposer également que ce Créateur Avisé possède un nombre de sciences et de capacité égal au nombre de phénomènes en question. Par conséquent, le nombre de sciences et de capacités que cette supposition doit expliquer, est égal au nombre de nécessités auxquelles la probabilité (la supposition) de substitution doit répondre. Où est donc l'avantage?
     
    En fait l'avantage réside en ceci que ces nécessités aveugles ne sont pas corrélatives, c'est à dire que la supposition de l'une d'elles est neutre par rapport à la supposition de l'existence ou de l'inexistence d'une autre. Cela signifie dans le langage du calcul des probabilités que ce sont des événements indépendants et que leurs probabilités respectives sont aussi indépendantes. En revanche les sciences et les capacités qu'exige la supposition de l'existence d'un Créateur Avisé des phénomènes en question, ne sont pas indépendants.
     
    Car la science et la capacité qu'exige un phénomène sont les mêmes qu'exige un autre. Ainsi la supposition d'une partie de ces sciences et capacités n'est pas neutre par rapport à la supposition des autres parties. Au contraire, elle la contient et la favorise beaucoup. Cela signifie dans le langage du calcul des probabilités que les probabilités de ce groupe de sciences et capacités sont conditionnelles, c'est à dire que la probabilité d'une partie d'entre elles est très renforcée par la probabilités des autres parties et atteint souvent le degré de certitude.
     
    Pour évaluer la probabilité de ce groupe de sciences et de capacités et celle des nécessités dont il dépend, et comparer la valeur respective des deux, nous devons suivre la règle de la multiplication du calcul des probabilités, en multipliant la valeur de chaque membre du groupe par la valeur d'un autre et ainsi de suite… Or, comme on le sait, la multiplication aboutit à la diminution de la probabilité selon la loi des grands nombres. Et moins il y a des facteurs de multiplication, moins il y a diminution de la probabilité.
     
    La règle de la multiplication des probabilités conditionnelles et des probabilités indépendantes prouve mathématiquement que la multiplication de la valeur de chaque membre par celle d'un autre, dans les probabilités conditionnelles aboutit souvent à une certitude ou presque et ne diminue pas (ou trop peu) la valeur de la probabilité, tandis que dans les probabilités indépendantes, elle conduit à une diminution considérable de sa valeur. C'est ce qui peut faire pencher la balance du côté de l'une des deux suppositions (pour mieux comprendre la règle de la multiplication dans les probabilités conditionnelles et indépendantes, voir: “Les Fondements Logiques de L'Induction” op.cit., pp.153 -154).
     
    b) C'est celui qui résulte de la détermination de la valeur de la probabilité des antécédents, de la question qu'on démontre inductivement. Pour mieux expliquer ce problème, nous comparons l'application de la démonstration inductive de l'existence de Dieu avec l'application de la démonstration inductive de la provenance de la lettre de votre frère.
     
    Dans l'exemple de la lettre, on dit que: la vitesse avec laquelle le destinataire croit que la lettre provient de son frère est proportionnelle au degré de la probabilité d'une telle croyance avant l'ouverture de la lettre; et c'est ce que nous appellerons : probabilité des antécédents. Ainsi, si l'on dit par exemple que le destinataire estime à 50% - avant qu'il n'ouvre la lettre - que celle-ci provient de son frère, cette croyance serait vite acquise à la suite des cinq démarches de la démonstration inductive; tandis que si préalablement, il n'a pas de raisons particulières de croire que la lettre provient de son frère - s'il pensait sérieusement par exemple que son frère était déjà mort - il ne pourrait pas croire facilement et rapidement que la lettre est de son frère, à moins qu'il n'en obtienne des présomptions sérieuses. Cela dit, comment peut-on, dans le cas de la démonstration de l'existence du Créateur, mesurer la probabilité des antécédents de cette question ?
    la vérité, la question de l'existence du Créateur n'est pas une probabilité mais certitude pour l'esprit naturel et le for intérieur. Néanmoins, si nous supposons qu'elle soit une probabilité et que nous voulons la démontrer par le raisonnement inductif, nous pouvons apprécier la valeur de probabilité des antécédents de la façon suivante:
     
    Lorsque nous considérons chacun des phénomènes en question indépendamment des autres, nous réalisons qu'il y a deux suppositions dont l'une ou l'autre peut les expliquer. La première est de supposer l'existence d'un Créateur Avisé. La seconde est de supposer l'existence d'une nécessité aveugle dans la matière. Tant que nous sommes devant deux probabilités seulement et que nous n'avons aucune raison particulière et préalable de favoriser l'une d'elles, nous devons répartir le chiffre de la certitude de façon égale entre les deux, de façon à attribuer 50% à chacune.
     
    Or, étant donné que les probabilités qui plaident en faveur de la supposition de l'existence d'un Créateur Avisé sont corrélatives et conditionnelles, alors que celles de la nécessité aveugle sont indépendantes et non-conditionnelles, la multiplication mène continuellement à l'affaiblissement progressif de celles-ci et au renforcement graduels de celles-là.
     
    Après réflexion et efforts poursuivis, j'ai remarqué que la raison pour laquelle la démonstration inductive scientifique de l'existence de Dieu n'est pas mise en évidence au niveau de l'Europe en général, et est récusée par de grands philosophes occidentaux - tel que Russel - c'est l'incapacité de ceux-ci à résoudre les deux problèmes que nous venons d'évoquer et comme nous les avons expliqués. Pour plus de détails et pour comprendre d'une façon exhaustive les modalités d'application des méthodes de la démonstration inductive de l'existence de Dieu, ainsi que pour résoudre ces deux problèmes, voir notre ouvrage “Les Fondements Logiques de l'Induction”, pp. 441 – 451.
  • 13. Voir notre ouvrage: “Les Fondements Logiques de l'Induction”, pp. 480 - 500. Pour plus de détails sur ce point et sur les sujets suivants qui en traitent:
    les positions de la logique empirique
    la logique positiviste
    la méthode positiviste d'interpréter par la fréquence, la certitude dans le principe mathématique
    le critique de cette méthode.
  • 14. En arabe: “Kayfi”. Nous avons traduit ce terme littéralement. Il est possible que l'auteur entende par “Kayfi”: quantitatif. Etant donné que “Kayfi” vient de “Kayfa” = “comment”, on ne doit pas comprendre le mot “modal” dans son sens philosophique technique, mais dans un sens très général qui se rapporte au mot: “mode”.
  • 15. Au sens positif et négatif du terme (N.d.T.).

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