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Chapitre 3: L’Imamat

L’Imamat ou l’héritage prophétique

Dans le chapitre précédent, nous avons montré que Dieu, l’Omnipotent, a envoyé Ses Messagers pour guider l’Humanité et a révélé des commandements qui mènent au bonheur et à la perfection. Cependant, la vie d’un Prophète n’est pas éternelle et après sa disparition, les principes religieux risquent d’être oubliés ou falsifiés ainsi que le caractère divin et les buts du Message.

Il fallait donc que des hommes préservent les commandements divins après le Prophète. Des hommes qui puissent garder intact ces commandements et les propager, pour garantir le bonheur de l’homme sur terre et dans l’Au–delà.

Des hommes qui devaient pouvoir concilier les questions religieuses et les questions sociales, montrer à l’Humanité la voie de la perfection et du bonheur et perpétuer cette relation qui existe de tout temps, entre Dieu et les hommes.

Cet homme qui est le successeur du Prophète, s’appelle l’Imam. Il est le Gardien et le Dépôt du message et de la science du Prophète. L’Imam est le meilleur des hommes, il est le symbole parfait de la justice et de la vérité et le représentant de la religion qu’il défend, corps et âme.

L’Imam est le Guide de l’Humanité. Il nous conduit sur la voie du bonheur et de la perfection et l'éclaire par ses enseignements.

Les qualités d’un Imam

La vertu et la morale

L’Imam, comme le Prophète, doit être à l’abri des erreurs et du péché. Il doit pouvoir enseigner tous les commandements de l’Islam, dont il possède la science en totalité, les appliquer dans la vie de tous les jours et diriger la communauté sans faute et avec sagesse.

Il doit pouvoir protéger les croyants des déviances et les guider sans obstacle, dans la Voie droite de la foi qui est l'unique voie de salut.

L’Imam ne doit être coupable d’aucune faute, ni d’aucun péché. Il doit appliquer scrupuleusement les règles qu’il enseigne et mériter ainsi la confiance des croyants.

Si un Imam commettait un acte contraire à son enseignement, cela serait un mauvais exemple et une invitation à contourner les règles divines.

Un Imam doit être infaillible, agir exactement selon ce qu’il enseigne, détenir toutes les vérités, connaître tous les commandements et les appliquer dans son comportement.

La science de l’Imam

L’Imam doit connaître toutes les lois de la religion et toutes les informations nécessaires à sa position de Guide. Il doit faire preuve de sagesse pour défendre la religion et ne rien négliger dans la formation des croyants. Il doit représenter, en lui–même, la voie du salut.

La science et la perfection

Nous avons vu que l’Imam devait respecter tous les commandements qu’il enseigne aux croyants et être le plus parfait des hommes. Il doit précéder et guider la communauté dans cette voie de dévotion et de foi. L’Imam est un exemple parfait de la religion et possède toutes les vérités, toutes les connaissances et un savoir divin.

Les miracles

D’après les Hadiths qui nous sont parvenus, nous savons que les Imams avaient, comme les Prophètes, le pouvoir de faire des miracles et des actes que les hommes du commun ne pouvaient accomplir.

Les miracles servaient à prouver la pureté des Imams et leur infaillibilité. Les livres d’Histoire et les Hadiths montrent que ces miracles ont réellement eu lieu et confirment le rang supérieur des Imams pour un chercheur de bonne foi.

Bien entendu, nous ne prétendons pas que tous les miracles qui ont été attribués aux Imams, sont authentiques, il se peut que des récits aient été inventés à ce sujet ou aient été exagérés.

La connaissance des Imams

Il existe deux voies pour reconnaître l’Imam.

Premièrement, qu’il ait été présenté par le Prophète ou désigné comme successeur par l’Imam précédent. Sans une désignation officielle de la part de Dieu, du Prophète ou de l’Imam, comment les gens pourraient–ils reconnaître leur guide spirituel. Comme nous l’avons dit, le guide doit être vertueux et infaillible, supérieur à tous les hommes de son époque, il doit détenir un savoir absolu et être le meilleur croyant de la communauté.

Or, personne en dehors de Dieu ou du Prophète, ne peut reconnaître cette infaillibilité.

Les gens peuvent difficilement distinguer le degré de vertu ou l’infaillibilité de l'Imam. Seul, Dieu et le Prophète sont capables de reconnaître la perfection et la science, nécessaires à l’Imamat.

Deuxièmement, quand un Imam est obligé de faire un miracle pour prouver sa légitimité, ce miracle montre sa sincérité car s’il mentait, Dieu l’Omnipotent, ne confirmerait jamais son miracle.

La différence entre le Prophète et l’Imam

Le Prophète est l’avertisseur de la religion, c’est lui qui apporte à la communauté, les lois et les commandements divins. L’Imam est le gardien de ces lois et le responsable de leur exécution.

Le Prophète reçoit ces lois divines par l’intermédiaire de la Révélation et est directement en communication avec Dieu, alors que l’Imam n’apporte pas de lois et ne reçoit pas la Révélation, il tient les lois du Prophète et n’est là que pour les enseigner aux gens et pour les guider.

Le choix et le nombre des Imams

Dans n’importe quelle société, une personne qui a une position importante comme le chef du pouvoir exécutif, par exemple, ne s'absente jamais sans désigner un remplaçant ou un successeur à qui il confie les rênes du pouvoir, les affaires de l’état et la responsabilité de continuer ce qui a été entrepris. Aucun responsable ne laisserait les gens sans guide et sans dirigeant, et le Prophète de l’Islam était lui aussi, conscient de cette nécessité.

Dès qu’une petite ville ou un village se rendait à l’armée de l’Islam, il y nommait un gouverneur, désignait un commandant pour chaque armée qui partait en guerre et lui prévoyait même un remplaçant. Quand il partait en voyage ou en guerre, il désignait un homme de confiance, pour la direction et le gouvernement de Médine.

Le Prophète de l’Islam qui était à la fois, le guide et le commandant suprême des musulmans, était parfaitement conscient de ce fait et savait qu’après sa mort, la communauté aurait besoin d’un guide spirituel, vertueux, honnête et infaillible qui puisse appliquer parfaitement les lois islamiques et travailler au progrès et au développement de l’Islam. Il savait que la communauté islamique ne pourrait survivre ni préserver sa force sans guide.

Nous pouvons donc affirmer que le Prophète, avec toute l’attention qu’il accordait à l’ordre public et à la survie de l’Islam, n'a pas négligé la nomination de son successeur. Il était hors de question d’abandonner la nouvelle communauté islamique sans guide et sans dirigeant. Comme nous l’avons dit, l’Imam doit être désigné par Dieu et par l’intermédiaire du Prophète, à cause de l’impossibilité pour les gens de distinguer le degré de vertu, de piété ou l’infaillibilité d’une personne.

Par conséquent, c’était un devoir absolu pour le Prophète, de désigner cet Imam infaillible. S’il avait négligé cette réalité, la Prophétie et la Mission divine seraient restées inachevées et la propagation de l'Islam aurait été impossible. C’est pour cette raison que nous sommes sûrs que le Prophète a désigné son successeur, celui qui serait l’Imam (le guide spirituel et politique) des musulmans. Le Prophète de Dieu (Que Dieu le bénisse ainsi que les membres de la Demeure prophétique), non seulement désigna son successeur, mais annonça aussi dans une allocution très importante, les noms de ceux qui le suivraient, dans l’avenir.

Un grand nombre de Hadiths rapportent que les noms des douze Imams qui faisaient tous partie de la tribu des Qoraichites, ont été annoncés par le Prophète.

"Le premier sera Ali et le dernier Mahdi, le Promis."

Dans plusieurs Hadiths, le nom de chacun des Imams à été cité clairement.

Le premier Imam

Le Prophète de Dieu, dès le début de sa mission divine et jusqu’à sa mort, avait à maintes reprises, présenté Ali Ibn Abi Tâleb, comme son successeur et comme le futur Imam des musulmans.

La dernière année de sa vie, après le pèlerinage à la Mecque, sur le chemin du retour, dans un lieu appelé Ghadir–e–Khom, il reçoit la révélation d’un verset coranique qui lui dit:

"Ô, Prophète! Fais connaître ce qui t’a été révélé par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas fait connaître Son message. Dieu te protégera des hommes."1

Le Prophète de Dieu ordonna à tous les musulmans qui le suivaient, de s’arrêter. Plus de soixante dix mille pèlerins encerclaient le Prophète pour l’écouter. Il ordonna qu’on installe une chaire sur une estrade de fortune, où il monta et prit la main d’Ali Ibn Abi Tâleb en le montrant clairement à tous. Puis il commença un discours:

"Que ceux qui me reconnaissent en tant que Guide reconnaissent de même Ali, comme leur guide qui prendra (après moi) la direction des affaires."

"Ô, mon Dieu, que celui qui veut du bien à Ali et en est l’ami, soit Ton ami, et sois l’ennemi des ennemis d’Ali !"

"Omar fut le premier à prêter serment d'allégeance. Il dit: "Ô Ali, je te présente mes compliments et mes félicitations! Tu es le Guide et le dirigeant de tous les musulmans et de moi–même". Après Omar, les autres musulmans vinrent prêter serment d’allégeance et sous le soleil brûlant de Hejaz, Ali fut officiellement désigné comme le successeur du Prophète".2

Ce jour qui était le dix-huitième jour du mois de Zil–Hadjé, de la dixième année de l’hégire, est pour les chiites, un jour de fête et de cérémonie en souvenir de cet événement grandiose et inoubliable.

Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) naquit à la Mecque, le 13 du mois de Rajab, vingt-trois ans avant l’émigration à Médine. Son père était Abou Taleb et sa mère Fâtemeh.

Dès l’enfance, il fut pris en charge et éduqué par le Prophète et fut le premier musulman. Le Prophète de Dieu (Que le salut de Dieu soit sur lui), lui donna sa fille bien–aimée, Fâtemeh, en mariage.

Ses qualités, ses innombrables vertus et les services qu’il rendit au Prophète sont si nombreux qu’il est impossible de les citer tous dans ce livre. Son courage et sa noblesse d’âme étaient uniques, il était présent à toutes les guerres, il était toujours le premier volontaire et ne craignait aucun ennemi. Il participait au Djihâd pour le développement de l’Islam et la propagation du Monothéisme. Il mettait sa vie en jeu, lors des événements difficiles et se sacrifiait avec courage pour la cause de l'Islam. Sa piété était unique et son savoir incomparable. C’était lui qui détenait la science de la Mission prophétique, qui combattait l’oppression et l’injustice et défendait les opprimés.

Il aidait les pauvres et se montrait bon et affectueux envers eux. Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), s’adonnait à l’agriculture et à la plantation des palmeraies. Il faisait prospérer les terres stériles et creusait des systèmes d’irrigation souterraine.

Quand le Prophète de Dieu rendit l’âme, un groupe d’hypocrites, "les Monafeghins", décidèrent d’éloigner Hazrate Ali du pouvoir, malgré ses grandes qualités et malgré les ordres formels du Prophète. Hazrate Ali fut écarté de la succession et des affaires, dans la plus grande injustice et le plus grand isolement.

Ils avancèrent comme prétexte qu’Ali était trop jeune pour prendre une telle responsabilité et qu’il avait tué beaucoup de gens pendant les guerres, ce qui lui valait la rancune d’une grande majorité qui n’accepterait pas de le voir succéder au Prophète.

Pendant les Califats d’Abou Bakr, d’Omar et d’Osmân qui durèrent vingt-cinq ans, Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) préféra se retirer pour former ses disciples.

Après l’assassinat d’Osmân, les musulmans lui firent serment d'allégeance et il gouverna pendant quatre ans et neuf mois. A l’âge de soixante-trois ans, à l’aube du dix-neuvième jour du mois de Ramadan, Hazrate Ali reçut un coup d’épée mortel d’Ibn Moljam et dans la vingt-et-unième nuit de ce même mois, il rendit l’âme. L'Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) est enterré à Najaf.

Hazrate Ali et le trésor public: Le responsable du trésor public raconta qu’un jour, une des filles de l’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) vint lui emprunter un collier de perles fines qui appartenait au trésor public. Elle me dit qu’elle voulait ce collier pour trois jours, pour une fête, et qu’elle me dédommagerait au cas où elle le perdrait. Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) reconnut le collier, au cou de sa fille et m’accusa d’avoir touché, sans en avoir le droit, au trésor public.

J’ai essayé de lui expliquer que sa fille s’était portée garante ainsi que moi–même, mais il m’ordonna de le récupérer sur–le–champ et me menaça de me punir si je me rendais coupable d’une telle erreur, dans l’avenir. Sa fille lui demanda pourquoi elle n’avait pas le droit d’emprunter ce collier seulement pour trois jours et à l’occasion de cette fête, il lui répondit: "Ma fille, n’outrepasse jamais tes droits! Est–ce que toutes les musulmanes portent un tel collier pendant les fêtes?"

La bonté d’Hazrate Ali

Un jour, Hazrate Ali croisa une pauvre femme qui portait une cruche d’eau, il lui dit: "Donne–moi cette cruche, permets–moi de t’aider". Sur le trajet qui conduisait à sa demeure, il lui posa quelques questions sur sa situation.

La femme répondit que son mari était décédé lors d’une mission aux frontières, sur l’ordre d’Ali Ibn Abi Tâleb. Elle raconta qu’elle avait des orphelins à sa charge, qu’ils n’avaient ni vêtements, ni de quoi manger, et qu’elle était obligée de travailler comme servante, pour subvenir à leurs besoins.

Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) porta la cruche jusqu’au seuil de sa maison et retourna chez lui. Il passa une nuit agitée et le lendemain se rendit chez la veuve avec de la nourriture. "Ouvrez la porte, je vous ai apporté à manger".

La femme dit: "Que Dieu soit satisfait de toi et juge entre Ali et moi"! Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), entra et dit à la mère: "Si tu veux, donne–leur à manger, je vais cuire le pain ou bien prépare la pâte et je leur donnerai à manger".

La veuve répondit: "Je préfère faire le pain, occupez–vous des enfants". Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), se mit à divertir les enfants et tout en les caressant, préparait aussi la viande qu’il avait apportée. Quand la viande et le pain furent prêts, Ali prépara lui–même des bouchées de viande et de dattes qu’il mettait dans la bouche des enfants.

Avec bonté et affection, il leur tendait ces bouchées en disant: "Mangez, mes chers enfants et soyez contents d’Ali".

Une des voisines reconnut l'Imam Ali et dit à la veuve: "Cette personne est Ali, l’Emir des croyants!".

La veuve, toute confuse, s’adressa à Ali: "Ô, Emir des croyants, je suis désolée, j’ai honte de ce que je vous ai dit hier".

Ali lui répondit: "C’est moi, au contraire, qui regrette d’avoir ignoré votre sort jusqu’à présent"3.

Le deuxième Imam

Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) sur l’ordre de Dieu, désigna son premier né, l’Imam Hassan, comme successeur.4

L’Imam Hassan (Que le salut de Dieu soit sur lui), naquit à Médine, le quinzième jour du mois de Ramadan de l’an trois de l’hégire. Sa mère était Fatemeh, la fille du noble prophète qui aimait tendrement Hassan et son frère Hossein, dont il disait qu’ils étaient les meilleurs des jeunes gens du paradis.5

L’Imam Hassan (Que le salut de Dieu soit sur lui) succéda à son père et devint le chef des musulmans. L’opposition très violente de Mohavieh, qui régnait à Châm (Damas), dégénéra en un conflit où les deux armées auraient dû s’opposer si l’Imam Hassan ne s’était pas rendu compte de certaines trahisons de la part de ses soldats. Il fut obligé de renoncer à combattre et de signer un traité de paix avec Mohavieh. Il existe plusieurs raisons qui poussèrent l’Imam Hassan à accepter cette paix imposée:

Première raison: Malgré un grand nombre de soldats, l’armée était désorganisée et parmi eux, il y avait des traîtres à la solde de Mohavieh, qui avaient même promis d’arrêter l’Imam Hassan (Que la paix de Dieu soit sur lui) et de le livrer à Mohavieh. L’Imam Hassan se rendit vite compte qu’il lui était impossible de combattre avec des généraux si peu dignes de confiance.

Ce combat était voué à l’échec et beaucoup de musulmans fidèles y auraient trouvé la mort inutilement, de plus, cette guerre sanguinaire et cruelle aurait anéanti la force des musulmans.

Deuxième raison: Mohavieh avait réussi à tromper l'opinion publique en se faisant passer pour le défenseur des intérêts des musulmans et des préceptes de l’Islam. Il prétendait propager les préceptes religieux et appliquer les lois islamiques. L’imam Hassan (Que le salut de Dieu soit sur lui), savait très bien qu’il mentait et qu’il ne recherchait que le pouvoir. Mais comment pouvait–il faire comprendre cela aux gens? C’est pour ces raisons que l’Imam Hassan (Que la paix de Dieu soit sur lui), décida de conclure un traité de paix avec cet ennemi, pour dévoiler aux musulmans la véritable personnalité de Mohavieh, un homme rusé, menteur et satanique, et pour mettre en lumière, ses plans maléfiques.

Ce n’est que de cette manière que les musulmans pourraient finalement, connaître le vrai visage de Mohavieh et de son gouvernement et entraîner une révolution, décisive dans l’Histoire de l’Islam.

L’Imam Hassan, pour protéger l’Islam, fit la paix avec cet homme rusé, sous certaines conditions. Des conditions qui furent stipulées dans le traité de paix mais que Mohavieh ignora par la suite, en toute impunité.

L’Imam Hassan (Que le salut de Dieu soit sur lui), ne dépassa pas les quarante-sept ans et fut empoisonné par sa propre épouse, Jadée, qui avait conspiré avec Mohavieh. L’Imam Hassan mourut le vingt-septième jour du mois de Safar et fut enterré au cimetière de Baghi, à Médine.

Un homme venant de Châm, croisa l’Imam Hassan (Que le salut de Dieu soit sur lui), en chemin et se mit à l’insulter, quand il se tut, l’Imam Hassan le salua en souriant et lui dit: Tu es étranger dans cette ville, tu dois te tromper, mais je suis prêt à accepter tes excuses et si tu veux quelque chose je te le donnerai volontiers, je pourrai te renseigner si tu le désires, si tu as faim, je te donnerai à manger, si tu as besoin de vêtements ou d’autre chose, je t'aiderai volontiers et si tu as été chassé de chez toi, je te donnerai refuge. Je te donnerai tout ce dont tu as besoin. Nous avons une grande maison et tout ce qu’il faut. Je serais heureux de te recevoir chez moi si tu acceptes mon invitation. L’homme se mit à pleurer en entendant ces paroles et dit: "Je témoigne devant Dieu, le Tout–puissant, que vous êtes en vérité, le représentant de Dieu et l’Imam qu’Il a désigné. En vérité, Dieu sait mieux à qui confier la mission prophétique et le califat. Ô descendant du Prophète, avant de vous voir, vous et votre père, vous étiez mes pires ennemis, mais maintenant, je vous considère comme les meilleurs des hommes."

Il fut l’invité de l’Imam pendant tout son séjour à Médine.6

Le troisième Imam

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), naquit le troisième jour du mois de Shahban de l’an quatre de l’hégire. Son père était l’Imam Ali et sa mère Fatemeh (Que le salut de Dieu soit sur eux), l’Imam Hassan désigna, sur l’ordre de Dieu, son frère, l’Imam Hossein comme successeur.7

Le règne de Mohavieh avait créé de nombreux problèmes et les conditions de vie de la communauté étaient difficiles, aucune loi religieuse n’était respectée et les caprices de Mohavieh avaient remplacé les lois divines. Le pouvoir en place ne reculait devant aucun moyen pour affaiblir et massacrer les membres de la famille prophétique et les partisans de l’Imam Ali, les chiites.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), dut faire preuve de beaucoup de patience jusqu’à la disparition de Mohavieh avec l’arrivée au pouvoir de son fils, Yazid qui ordonna au gouverneur de Médine de lui apporter le serment d’allégeance de l’Imam ou de l'éliminer. Le gouverneur de Médine avertit l’Imam Hossein de l’ordre qu’il avait reçu, l’Imam demanda un délai d’une nuit. Prêter allégeance n’était pas dans l’intérêt de l’Islam et sa vie était en danger.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), décida de partir pour la Mecque pour s’y réfugier, il arriva à la Mecque le 3 Shahban, le jour même de son anniversaire.

La nouvelle des dissensions entre Yazid et l’Imam Hossein se répandit partout et les habitants de Koufé en Irak, qui étaient mécontents du gouvernement de Mohavieh et de son fils Yazid, se mirent à envoyer des lettres d’invitation à l’Imam Hossein, pour qu’il les rejoigne à Koufé.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), savait que Mohavieh et son fils Yazid, avaient violé toutes les lois islamiques et ne cherchaient qu’à protéger les richesses qu’ils avaient amassées et à défendre leur pouvoir. Rien n’empêcherait Yazid de continuer à commettre les mêmes injustices et les mêmes crimes que son père.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), savait que Yazid continuerait à violer les lois divines en toute impunité et que la présence d’un tel homme au pouvoir, entraînerait l’écroulement définitif de l’Islam. Yazid cherchait à rallier l’Imam Hossein pour accréditer son pouvoir, il avait même engagé des mercenaires pour le tuer ou l’arrêter, au cas où il refuserait.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), décida donc de s’opposer à Yazid, pour la survie de l’Islam et pour combattre la tyrannie des Ommeyades dont Yazid était le représentant. Il lui fallait aussi quitter le plus vite possible la ville sainte de la Mecque pour préserver le respect, dû à la Maison de Dieu.

Il partit donc pour Koufé où vivait une majorité de chiites qui avaient promis leur soutien à l’Imam pour qu'il reprenne ses droits, en combattant Yazid.

L’armée de Yazid encercla l’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), ses compagnons et sa famille, dans un désert nommé Karbala et les empêcha d’avancer vers la ville de Koufé.

Yazid donna l’ordre a ses délégués d’obtenir de force un serment d’allégeance de l’Imam Hossein. Il ordonna qu’on l’arrête s’il n’acceptait pas et qu’on le combatte s’il résiste.

L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), n’accepta pas l'humiliation d'un serment d'allégeance à Yazid et à son régime tyrannique.

Il choisit de se battre avec sa petite armée contre des légions armées jusqu’aux dents.

Le jour d’Ashoura est pour les chiites un jour de deuil et de lamentations. Les cérémonies d’Ashoura sont la commémoration de cet événement tragique, une manière de nous souvenir de ce sacrifice et de garder le Djihad et la lutte contre l’oppression, vivants dans nos cœurs.

Le but de l’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui) était de défendre la religion et de combattre l’injustice et l’oppression.

Nous avons le devoir de garder vivant cet idéal. L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui) ne s’est jamais soumis et n’a jamais accepté l’humiliation. Par son martyr, il a enseigné aux musulmans l’esprit de sacrifice et a ressuscité les valeurs humaines. L’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui) a été tué et mutilé, mais n’a pas été vaincu. Il nous a enseigné la foi et la lutte contre l’oppression et dans ce combat, il a dévoilé le vrai visage de Yazid et des Ommeyades. Il a montré à tous que Yazid était un tyran qui ne méritait pas de gouverner à la place du Prophète. C'est ainsi que les bases de ce régime injuste furent ébranlées et leurs plans anéantis à jamais.

Bien entendu, ces cérémonies de deuil ne suffisent pas pour garantir la réalisation des objectifs de l’Imam Hossein (Que le salut de Dieu soit sur lui), il faut persévérer dans la voie qu’il nous a fixée, la connaître et travailler à la réalisation de ses objectifs.

Le quatrième Imam

Ali Ibn al–Hossein naquit le quinzième jour du mois de Jamâdi–o–sâni, de l’année 38 de l’Hégire, à Médine. Son père était l’Imam Hossein (Que la paix de Dieu soit sur lui) et sa mère, la princesse Chahbânou, fille du roi de Perse, Yazgerd III.

L’Imam Hossein, sur l’ordre divin, le désigna comme successeur et le quatrième Imam des musulmans. Cet Imam avait des prières et des prosternations si longues qu’on le surnomma "Sajad" et Zein–ol–Abedin, c’est à dire "Celui qui prie beaucoup et se prosterne longuement".

Il était présent lors de la tragédie de Karbala, mais la providence divine voulut qu’il soit malade et qu’il échappe au massacre, contrairement aux autres membres de sa famille. Fait prisonnier, il fit des discours très importants à Koufé et à Cham, pour expliquer les objectifs de son père et défendre les droits de l’Imam Hossein. Il dénonça cette horrible tragédie et décrivit le sort des martyrs qui avaient offert leur vie, pour défendre la religion de Dieu.

L’Imam Sajad (Que le salut de Dieu soit sur lui) fut condamné à l’isolement, il ne pouvait enseigner ni les sciences islamiques ni les règles de jurisprudence. Il se consacra donc à ses prières et à son culte de Dieu, profitant de chaque occasion pour former des disciples. Pour propager l'idéologie islamique, il choisit une autre méthode en faisant passer l’enseignement islamique sous forme de prières (do’a) et de supplications qui furent compilées dans un recueil intitulé. "Sahife Al Sajadieh", (les invocations de l’Imam Sajad).

Cette œuvre est une œuvre de base dans la pensée chiite. L’Imam Sajad quitta le monde à 57 ans, le 25 ou le 18 du mois de Moharram, selon les historiens, en l’an 95 de l’Hégire, à Médine où il fut enterré dans le cimetière de Baghi.

L'Imam Sajad (Que le salut de Dieu soit sur lui) préférait partager ses repas avec les orphelins, les aveugles, les déshérites, les infirmes et ceux qui souffraient. Il leur donnait à manger lui–même. Au milieu de la nuit, sans qu’on puisse le reconnaître, il apportait aux familles dans le besoin, des vêtements et de la nourriture. Le visage caché et le fardeau sur l’épaule, il frappait une à une, à la porte de ces pauvres qui l’attendaient avec espoir. Certains l’attendaient même au seuil de leur porte et se réjouissaient quand ils le voyaient arriver. Pourtant personne ne savait qui était cet homme qui parcourait tous les soirs les ruelles de Médine, ce n’est qu’après la disparition de l’Imam qu’ils comprirent qu’il s’agissait de l’Imam Sajad (Que le salut de Dieu soit sur lui), et qu’ils se mirent en deuil pour pleurer sa disparition.

Le cinquième Imam

L’Imam Mohamad Bagher naquit le troisième jour du mois de Safar, à Médine en 57 de l’Hégire. Son père était Ali Ibn–Al–Hossein et sa mère Fatemeh, fille de l’Imam Hassan. L’Imam Sajad, sur l’ordre de Dieu, désigna l’Imam Bagher comme successeur.

Cet Imam fut surnommé "Bagher–ol–Oloum" "Celui qui ouvre la science", en raison de sa science et de l’étendue de son savoir. Les savants de cette époque reconnaissaient unanimement sa sagesse et sa supériorité scientifique.

Ils s’agenouillaient humblement devant lui pour lui poser leurs questions comme des élèves devant leur maître.

Les conflits politiques et les dissensions internes furent l'occasion pour l’Imam Bagher de propager librement son enseignement des règles islamiques aux musulmans. Cette situation qui n’existait pas à l’époque des autres Imams, lui permit de laisser un héritage culturel qui comporte des milliers d’informations et des Hadiths importants.

L'Imam Bagher (Que le salut de Dieu soit sur lui), avait 57 ans quand il quitta le monde, le septième jour du mois de Zil–Hajeh en 114 de l’hégire. Il fut enterré à Médine au cimetière de Baghi.

L’Imam Bagher (Que le salut de Dieu soit sur lui) s’adonna pendant toute sa vie à l’agriculture pour subvenir aux besoins de sa famille. Mohamad Ibn Monakdar raconte qu’un jour, il avait rencontré l’Imam Bagher aux alentours de Médine, en train de travailler sur les champs et transpirant beaucoup à cause de la forte chaleur. "Il me sembla qu’il n’était pas convenable pour une personne de son rang, pour un glorieux descendant du Prophète (Que le salut de Dieu soit sur lui) d’être dehors à une heure pareille et par cette chaleur". "Je me suis approché pour le saluer et lui donner un conseil. L’Imam Bagher en sueur et essoufflé me rendit mon salut."

Je lui dis: "Fils du prophète, est–il convenable pour vous de sortir par cette chaleur et de transpirer ainsi pour les biens de ce monde? Si la mort vous surprenait, que feriez–vous? Hazrate Bagher (Que le salut de Dieu soit sur lui) s’appuya sur sa bêche et me répondit: "Je jure devant Dieu que si la mort me surprend, ce sera en état d'adoration. Je travaille et transpire ainsi pour ne dépendre ni de toi, ni de personne d'autre. Si j’étais en train de pécher, je devrais craindre la mort".

Je lui ai répondu: "Fils du Prophète, je voulais vous donner des conseils, mais je me rends compte que c’est moi qui en ai reçus".

Le sixième Imam

L’Imam Ja'far Sadegh naquit le dix–septième jour du mois de Rabbi–ol–aval, de l’année 83 de l’Hégire, à Médine. Son père était l’Imam Mohamad Bagher et sa mère, Omme Farveh, fille de Ghassem Ibn Mohammad Ibn Abi Bakr. L’Imam Bagher, sur l’ordre de Dieu, désigna l’Imam Ja'far Sadegh comme successeur et Imam.

A l’époque de l’Imam Ja'far (Que le salut de Dieu soit sur lui), les relations entre les Omeyaddes et les Abassides étaient devenues très tendues, jusqu’à l’apparition de conflits qui affaiblissaient et ternissaient le prestige du pouvoir en place.

Les Abassides dont le seul but était de s’opposer aux Omeyades, avaient pris le parti des Membres de la famille Prophétique (Que le salut de Dieu soit sur eux).

L’Imam Ja'far profita de ces troubles politiques pour développer son enseignement et la présentation générale des règles islamiques. Des cours furent organisés où participaient de nombreux étudiants et des disciples de l’Imam qui restèrent célèbres dans l’Histoire de l'Islam.

Les enseignements religieux et la connaissance des choses permises et interdites (Halal et Haram) se propagèrent dans la société. Environ quatre-mille étudiants furent formés dans ces cours et de nombreux livres qui sont des trésors de Traditions islamiques furent écrits à cette époque. L’école des chiites devint "l'Ecole Ja'farite" "l'Ecole de l’Imam Ja'far", dans la ligne des enseignements du sixième Imam.

L’Imam Ja’far quitta le monde à l’âge de 65 ans, le quinzième jour du mois de Rajab ou selon d’autres historiens, le 25 chaval, de l’année 148 de l’hégire, à Médine.

Safian Souri raconte qu’il se rendit un jour chez l’Imam Sadegh et trouva l’Imam très pâle, il lui en demanda la raison. L’Imam répondit qu’il avait recommandé aux gens de la maison de ne pas aller sur le toit. "En rentrant j’ai vu une des servantes qui portait mon enfant dans les bras, sur l'échelle. Elle a pris peur en me voyant et a laissé tomber l’enfant qui est mort sur le coup. J’ai été stupéfait de voir la panique de cette servante quand elle m'a vu et je l’ai libérée."8

Le septième Imam

Le septième Imam, l’Imam Moussa Ibn Jafar, naquit le septième jour du mois de Safar de l’année 128 de l’hégire, à Abvâ, situé entre la Mecque et Médine.

Son père était l’Imam Ja'far (Que le salut de Dieu soit sur lui) et sa mère Hamideh. L’Imam Ja'far Sadegh désigna, sur l’ordre divin, l’Imam Moussa Kazem, comme successeur.9

La grandeur d’âme, la piété et la dévotion de cet Imam étaient telles qu’on le surnomma "Abd–e–saleh". Il était patient et doux et ne se mettait jamais en colère, même dans les situations les plus critiques. C’est pour cela qu’on le surnomma aussi Kâzem "le patient".

La situation, à cette époque, n’était pas propice à l’enseignement de l’Islam, des Hadiths et des lois islamiques. Malgré tout, de nombreux savants furent formés par l’Imam Moussa Kâzem et de nombreux Hadiths furent enseignés par cet Imam.

Haroun ol–Rachid, en 179 de l’hégire, ordonna qu’on transfère l’Imam de Médine en Irak. Pendant de nombreuses années, l’Imam vécut prisonnier à Bassora ou à Bagdad. Il fut finalement empoisonné et rendit l’âme, le 25 du mois de Rajab, en 183 de l’hégire, à l’âge de 55 ans.

On raconte qu’il y avait un homme à Médine qui tourmentait l’Imam Moussa Ibn Ja’far et qui insultait l’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur eux). Certains disciples, exaspérés par l’insolence de cet homme, demandèrent à l’Imam la permission d'intervenir et de mettre un terme à cette situation. L’Imam interdit tout acte de violence et demanda où il pouvait le rencontrer. On lui répondit qu'il travaillait dans les champs, aux alentours de la ville. L’Imam se rendit à l'endroit où il travaillait et s’assit à ses côtés. L'homme, fâché de la présence de l'Imam, insinua que sa récolte serait sans aucun doute mauvaise cette année. L'Imam lui demanda combien il avait dépensé pour son champ. L’homme répondit: "cent écus". L’Imam lui demanda combien il espérait tirer de sa récolte. L’homme répondit "deux cent". L’Imam lui donna alors une bourse qui contenait trois cent écus et lui dit: "prends ceci en plus de ta récolte".

L’homme fut confus de voir une telle générosité après tout le mal qu’il avait fait à l’Imam. Il se leva, embrassa l’Imam et lui demanda de lui pardonner son insolence.

L’Imam lui pardonna et revint à Médine. Le lendemain, cet homme vint à la mosquée et déclara, à haute voix: "Dieu sait mieux à qui confier la mission prophétique et l’Imamat".

Les gens furent fort surpris de ce brusque revirement et lui en demandèrent la raison. Il raconta ce qui s’était passé, pria pour l’Imam dont il vanta ouvertement les qualités.

L’Imam se tourna vers ses disciples et leur dit: "vous voyez, est–ce que ce n’est pas mieux ainsi? Avec un peu d’argent, je l’ai apaisé et j’en ai fait un de nos amis, alors que vous vouliez vous en débarrasser!"

Le huitième Imam

L’Imam Réza (Que le salut de Dieu soit sur lui) naquit le onzième jour du mois de Zil–Hajeh, en 148 de l’hégire, à Médine. Son père était l’Imam Moussa Ibn Ja'far et sa mère Najmeh, ils le nommèrent Ali et son père le désigna, sur l’ordre de Dieu, comme successeur et Imam des musulmans après lui.

La science de l’Imam Réza dépassait celle de tous les savants de cette époque. De nombreux étudiants participaient à ses cours de Hadiths, de règles de jurisprudence et de sciences islamiques, dont beaucoup de documents nous sont parvenus. Il avait des discussions très intéressantes avec les représentants des autres religions. Il participait volontiers aux discussions publiques ou privées, et répondait à toutes les questions qu’on lui posait. La science et la connaissance de cet Imam étonnaient les participants qui l'avaient surnommé : "le Savant de la famille du Prophète".

En 200 de l’hégire, le calife Ma’moun fit venir l’Imam Reza (Que le salut de Dieu soit sur lui), qui vivait à Médine, à Marv, capitale des Abassides.

Une fois installé à Marv, Ma’moun lui proposa d’accepter le califat, mais l’Imam refusa cette proposition. Ma’moun insista alors pour lui faire accepter le titre de prince héritier, dans deux buts:

Premièrement, il cherchait à se donner une image religieuse et pieuse, à se rallier les descendants de la Famille prophétique et les chiites, et à se mettre à l’abri de leur opposition et de leurs activités politiques.

Deuxièmement, il voulait rapprocher l’Imam Réza de son gouvernement et le faire participer à certaines décisions pour lui faire perdre l’immense popularité dont il jouissait, ternir sa réputation et affaiblir la dévotion que les chiites lui vouaient.

Hazrate Réza (Que le salut de Dieu soit sur lui) connaissait bien les intentions de Ma’moun, cet homme qui avait assassiné son propre frère pour asseoir son pouvoir.

Comment était–il possible qu’il fasse cette proposition en toute honnêteté?

L’Imam refusa aussi le poste de prince héritier mais l’insistance de Ma’moun était telle que l’Imam fut contraint d’accepter sous certaines conditions. Une des conditions était qu'il ne participerait à aucune décision ni ne désignerait aucun nouveau gouverneur. Peu à peu, Ma’moun se rendit compte que, non seulement le prestige de l’Imam n’avait en rien été entaché, mais qu’au contraire, il augmentait de jour en jour. C’est pour cette raison qu’il décida de l’éliminer.

L’Imam Réza (Que le salut de Dieu soit sur lui), à l’âge de 55 ans, fut empoisonné par Ma’moun et rendit l’âme, le dernier jour du mois de Safar, en 203 de l’hégire, dans la ville de Tuss qu’on appelle actuellement Mashad, où se trouve son mausolée.

Quelqu'un a rapporté que l’Imam Réza (Que le salut de Dieu soit sur lui) avait l'habitude de partager ses repas avec les serviteurs, blancs ou noirs. "Je lui ai dit qu’il valait mieux que les serviteurs mangent à part mais il m’a répondu: Silence! Notre Dieu est le même et notre religion est la même. Nous avons des ancêtres communs et notre situation dans l’au–delà dépend de nos actes d'ici–bas.10

Le neuvième Imam

Le neuvième Imam est né le dixième ou le dix–neuvième jour du mois de Ramadan, selon les historiens, en 195 de l’hégire. Nommé Mohamad Taghi, il était le fils de l’Imam Réza et de Sabikeh. L’Imam Réza, sur l’ordre de Dieu, le désigna comme son successeur.11 L’Imam Mohamad Taghi était encore enfant quand il devint Imam, à la disparition de son père. Cependant la science et la connaissance qu’il avait reçues de Dieu, lui permettaient de résoudre tous les problèmes religieux de la communauté musulmane. Certains le mettaient à l’épreuve en lui posant des questions de Jurisprudence compliquées, auxquelles il répondait parfaitement. Tous les savants finirent par reconnaître la perfection intellectuelle de l’Imam et lui vouèrent une grande admiration.

Sa piété et sa vertu étaient si grandes qu’on l’appela "Taghi" et il était tellement généreux qu’on l’appela aussi "Javâd". Hélas, l’Imam Javâd ne vécut que vingt cinq ans. Motassam, le calife de l’époque, l’obligea à quitter Médine pour Bagdad, en 220 de l’hégire. C’est là qu’il rendit l’âme, à la fin du mois de Zil–Ghadé, la même année. Il fut enterré auprès de son grand–père, l’Imam Mousa Ibn Ja’far, à Samera.

Le dixième Imam

L’Imam Ali Al–Naghi (Que le salut de Dieu soit sur lui), naquit le quinzième jour du mois de Zil–Haje, ou selon certains historiens, le deuxième jour du mois de Rajab, de l’année 212 de l’Hégire, à Siera, aux environs de Médine.

Son père était l’Imam Taghi et sa mère Samaneh. L’Imam Mohamad Taghi, sur l’ordre de Dieu, désigna son fils comme successeur et Imam.12

L’Imam Ali Al–Naghi n’avait que huit ans quand son père disparut. Doué d’une grande intelligence, il maîtrisait la totalité des sciences islamiques. Son excellent caractère et sa grande vertu attiraient les gens.

Le calife de l’époque, Motavasel Abassi, craignait que le prestige de l’Imam ne devienne un problème majeur pour son pouvoir. Il fit donc venir l’Imam à Samera, pour pouvoir le surveiller de près. L’Imam Ali Al–Naghi, à l’âge de 42 ans, rendit l’âme à Samera, le troisième jour du mois de Rajab de l’année 254 de l’Hégire, après une vie difficile, assombries par les pressions et les persécutions de Motavassel et des Abassides. Son mausolée se trouve à Samera.

Le onzième Imam

L’Imam Hasan Askari (Que le salut de Dieu soit sur lui), naquit le huitième ou le quatrième jour du mois de Rabi–o–Sâni de l’année 232 de l’hégire, à Médine. Son père était Ali Al–Naghi et sa mère Hoday. L’Imam Ali Al–Naghi, sur l’ordre de Dieu, le désigna comme successeur et Imam après lui.

L’Imam Hasan Askari (Que le salut de Dieu soit sur lui) vécut, comme son père, en résidence surveillée. La plus grande partie de sa courte vie, se passa en prison. Les gens ne pouvaient ni le rencontrer ni profiter de son savoir, cependant plusieurs Hadiths nous sont parvenus de cet Imam.

L’Imam Hasan Askari (Que le salut de Dieu soit sur lui), rendit l’âme à Samera, le 8 du mois de Rabbi–ol–Aval de l’année 260 de l’Hégire, à l’âge de 28 ans. C’est là que se trouve son mausolée.

Le douxième Imam

Le Douzième Imam qui se nomme Mohamad Ibn Hasan, naquit le 15 du mois de Shahban, en 255 de l’Hégire.

Il a plusieurs surnoms: Mahdi, Ghâ'em ou Saheb–Al–Zaman qui signifie "le Maître du temps".

Son père était l’Imam Hasan Askari et sa mère Narjes Khâtoun. Il fut désigné par son père, sur l’ordre de Dieu, comme successeur.

D’innombrables hadiths nous sont parvenus du Prophète (Que le salut de Dieu soit sur lui) où il avait annoncé que: "le neuvième descendant de l’Imam Hossein, aura mon prénom et sera le Mahdi (le sauveur) attendu".

Le Prophète de l’Islam et tous les Imams, ont annoncé la naissance d’Hazrate Mahdi (Que Dieu hâte sa venue), le fils de l’Imam Hassan Askari, celui qui restera caché pendant une longue période et qui, sur l’ordre de Dieu, apparaîtra pour faire régner la justice dans le monde entier.

Il régnera sur tout l’univers et généralisera le Monothéisme dans le monde entier. L’Islam deviendra la religion de tous et la religion d’état. Le Prophète de Dieu (Que le salut de Dieu soit sur lui) ainsi que les Imams infaillibles, ont prédit que l’Imam Hassan aurait un fils, nommé Mohammad. Certains proches et disciples de l’Imam Hassan ont vu ce petit garçon et ont témoigné de son existence. L’Imam Zamân ou l’Imam du Temps (Que Dieu hâte sa venue), n’avait que cinq ans à la disparition de son père.

Les califes Abassides qui avaient entendu parler de cet enfant et qui connaissaient les Hadiths du Prophète à son sujet, savaient que le fils de l’Imam Askari viendrait combattre l’injustice et les oppresseurs. Ils décidèrent donc d’éliminer à tout prix ce danger qui les menaçait. C’est pour cette raison, entre autres, que l’Imam Zamân vécut en cachette un certain temps sans interrompre définitivement ses relations avec les croyants qui pouvaient par l’intermédiaire de certaines personnes, désignées par l’Imam, communiquer avec lui et recevoir les réponses à leurs questions. Ces représentants étaient au nombre de quatre:

Osman Ibn Saïd

Mohammad Ibn Osman

Hossein Ibn Rouh

Ali Ibn Mohammad Samari

Ces quatre personnes furent choisies successivement, pour servir de lien entre l’Imam et les musulmans, jusqu'à la fin de l’occultation mineure et le début de la Grande occultation qui marqua la rupture avec l’Imam. Cette "Grande occultation" dure encore et l’Imam vit caché parmi les gens et participe à la vie sociale sans se faire connaître.

Cette occultation continuera jusqu’à ce que l’Humanité soit prête à le recevoir pour l’instauration d’un gouvernement islamique mondial. Le monde doit être prêt à reconnaître ce gouvernement divin et avoir conscience que la résolution des problèmes réside dans l’application des lois divines. Il faut qu’un sentiment de désespoir se généralise dans le monde et que l’oppression vienne à bout de la patience des opprimés.

C’est à ce moment–là que l’Imam Mahdi (Que Dieu hâte sa venue) apparaîtra dans toute sa splendeur et renversera les pouvoirs tyranniques et injustes. Grâce à l’application des lois divines, il remplira le monde de justice et de paix.

Pendant son absence, nous avons le devoir d’attendre de façon positive sa venue, en démontrant la supériorité des lois de l'Islam et en attirant le monde entier vers les lois envoyées par Dieu. Nous avons le devoir de préparer ce gouvernement islamique mondial en combattant la superstition et l’obscurantisme.

Nous devons chercher la solution aux problèmes du monde dans le Coran et les Hadiths et la mettre à la disposition des gens de bien et des dirigeants justes et pacifiques. Nous devons éclairer l’opinion internationale et nous préparer à la Parousie de l’Imam du Temps et à son gouvernement de justice.

Comment les Chiites conçoivent les Imams (Que le salut de Dieu soit sur eux) ?

Les Imams sont infaillibles, ne commettent aucune erreur et aucun péché.

Ils connaissent parfaitement les lois divines et on la capacité et les moyens nécessaires pour guider l’Humanité.

Aucune loi ou aucune décision ne vient d’eux–mêmes, toutes leurs paroles viennent de Dieu.

Ils obéissent à tous les commandements religieux et croient à tout ce qui est juste. Ils possèdent toutes les qualités et sont les meilleurs exemples pour l’Humanité.

Ce sont des humains et des fidèles serviteurs de Dieu. Comme les autres humains, ils sont des créatures de Dieu qui connaissent la maladie et la mort. Ils ne sont ni Dieu, ni Créateur.

Onze Imams ont rendu l’âme, le douzième Imam, le fils de l’Imam Hasan Askari, est encore vivant parmi nous et nous attendons sa venue avec impatience.

Le Chi’isme

Ceux qui reconnaissent l’Imam Ali Ibn Abi Taleb (Que le salut de Dieu soit sur lui), comme le premier Imam, directement désigné par le Prophète, sont les Chiites.

Les Chiites considèrent l’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) et ses onze descendants, comme les successeurs légitimes du Prophète et les Guides spirituels et politiques de la communauté musulmane.

Un vrai chiite leur obéit en tout point et considère leurs paroles et leur comportement, comme le meilleur modèle.

Le vrai chiite est celui qui obéit de façon inconditionnelle aux commandements d’Ali et de ses descendants (Que le salut de Dieu soit sur eux).

L’Imam Bagher à déclaré à Jâber: "Jâber, est–ce suffisant pour un chiite de proclamer son amour pour la famille du Prophète de Dieu et ses descendants? Je jure par Dieu qu’il ne sera véritablement chiite qu’en obéissant à Dieu en tout point et en étant vertueux; Jâber! Nos chiites, dans le passé se distinguaient par leur humilité, leur honnêteté, leur rappel de Dieu, leur respect du jeûne du Ramadan, leurs prières quotidiennes, leur bonté envers leurs parents, envers leurs voisins, leurs proches, les malheureux, les endettés, les orphelins, leur sincérité et leur lecture assidue du Coran. Ils ne parlaient des autres qu’en bien et étaient pour les croyants, des gens dignes de confiance. Jâber répondit: "Fils du Prophète, je ne connais personne aujourd’hui qui leur ressemble".

L’Imam dit: "Jâber! Ne te laisse pas tromper par certaines idées! Pour atteindre le salut, est–il suffisant de dire qu’on aime Ali sans obéir à aucun des commandements divins? Prétendre aimer le Prophète sans obéir à ses commandements et sans le reconnaître comme unique modèle, ne servira à rien, malgré la supériorité du Prophète sur Ali, craignez donc Dieu et agissez selon Ses Ordres!"

"Dieu ne fait pas de différences entre les gens, les plus vertueux sont les meilleurs auprès de Dieu. Jâber! Je t’assure qu’il n’existe aucun moyen pour se rapprocher de Dieu, meilleur que l’obéissance et la totale soumission. Ce n’est pas nous qui décidons qui ira ou non, en enfer, quiconque obéit à Dieu est notre ami, quiconque Lui désobéit est notre ennemi. Notre amitié et notre protection ne s’obtiennent que par la vertu et l’obéissance à Dieu."13

L’Imam Ja'far Sadegh a déclaré: "Soyez vertueux et évitez le péché. Recherchez les bonnes actions et essayez de vous corriger. Soyez honnêtes, dîtes la vérité et ayez un bon comportement envers votre entourage. Que votre comportement exemplaire attire les gens vers la religion de vérité et soyez pour nous, un objet de fierté. Ne nous faites pas honte par vos péchés. Prosternez–vous et inclinez–vous longuement dans la prière, cela dérange Satan qui s’écrie: "malheur à moi, ces gens obéissent à Dieu alors que moi, je me suis rebellé, ils se prosternent alors que moi, j’ai refusé de le faire!"14

L’Imam Sadegh (Que le salut de Dieu soit sur lui) a dit aussi: "les apôtres qui furent les partisans de Jésus, n’étaient pas meilleurs que nos chiites (nos partisans) car ils ne respectèrent pas la promesse qu’ils avaient faite à Jésus, de l’aider et ne combattirent pas dans le sentier de Dieu."15

Or, nos chiites depuis la disparition du Prophète jusqu’à aujourd’hui, n’ont jamais hésité à nous aider et ont fait de grands sacrifices! Ils furent brûlés vifs, torturés et exilés sans jamais nous abandonner.16

Ce que pensent les chiites des autres musulmans

Malgré nos divergences avec les sunnites au sujet de la succession du Prophète, nous considérons tous les musulmans comme des frères. Nous avons le même Dieu, la même religion, le même livre et la même Qibla (direction des prières). Leurs progrès, leurs victoires et leurs défaites sont les nôtres.

Nous partageons leurs joies et leurs tristesses comme nous l’a enseigné l’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) qui, s’il l’avait voulu, aurait pu défendre son droit et prendre le pouvoir.

Or, il choisit d’agir dans l’intérêt des musulmans et de la religion et non seulement ne combattit pas les premiers califes, mais leur venait même en aide dans les moments difficiles. L’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) à toujours agi dans l’intérêt des musulmans.

Nous estimons que le monde de l’Islam ne pourra rester une communauté vivante et puissante, retrouver sa grandeur et sa splendeur et être à l’abri des puissances étrangères, qu’en évitant les conflits et en concentrant son énergie vers un but commun. Tous pourront ainsi avancer sur le chemin du progrès et dans la voie de la grandeur de l’Islam.

  • 1. – Coran, 5: 67.
  • 2. – Certains compagnons du prophète ont raconté ces faits. Cette revayat se trouve dans les livres sunnites et chiites. 89 chaînes de transmission Sunnites rapportent cet événement et 43 chaînes de transmission chiites.
  • 3. – Bihar–ol–Anvar, Vol.41, P.52.
  • 4. – Esbat–ol–Hoda, Vol.5, P.121.
  • 5. – Yanabi–ol–Mavada, P.373.
  • 6. – Managheb, Ibn Chahr Achoub, Vol.4, P.19.
  • 7. – Esbat–ol–Hoda, Vol.5, P.169.
  • 8. – Managheb, Ibn Chahr Achoub, Vol.4, P.274.
  • 9. – Esbat–ol–Hoda, Vol.5, P.467, Erchad Mofid, P.270.
  • 10. – Kafi, partie 3, P.87.
  • 11. – Esbat–ol–Hodat, Vol.6, P.155, Erchad Mofid, P.297.
  • 12. – Esbat–ol–Hoda, Vol.6, P.208, Erchad Mofid, P.308
  • 13. – Kafi, Vol.1, parti3, P.38.
  • 14. – Kafi, Vol.1, parti3, P.61.
  • 15. – Safinat–ol–Behar, Vol.1, P.73.
  • 16. – Safinat–ol–Behar, Vol.1, P.73.