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Leçon 38: Les caractéristiques des imams

La science

La science est la plus noble qualité dont jouit l’imam. Ainsi, l’existence riche en bienfaits regorge de science censée procurer le bonheur à l’humanité aussi bien en ce bas monde qu’en l’au-delà.

L’imam embrasse la totalité des connaissances islamiques et des vérités Coraniques ; il est de ce fait une personnalité universelle et une extension de la personnalité du prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, ceci étant une miséricorde répandue par Allah sur ses serviteurs ayant atteint le degré de la perfection.

L’imam ayant sondé le fond des choses, étant au centre de la bonne voie de la religion, a atteint un degré qui a fait de sa connaissance des choses une connaissance divine et immédiate, et non pas acquise. C’est pourquoi on ne peut supposer que ses connaissances soient entachées d’un soupçon d’ignorance ou qu’elles puissent prêter au doute.

Ainsi, durant deux siècles et demi, à l’exception de l’époque relative à la ghayba, on n’a jamais entendu dire une seule personne parmi celles qui se sont adressées aux imams des gens de la maison du prophète pour une question ou une autre, que ces derniers ont répondue: « je ne sais pas », ou ont hésité à répondre ou encore qu’ils n’ont pas donné la bonne réponse.

Ils étaient que la paix soit sur eux, toujours à la tête du front de lutte intellectuelle et dans l’affrontement des idées déviées et intruses. a leur époque, les dispositions de la shari‘a et les connaissances islamiques furent éclairées et leurs bases assises.

La science de l’imam, une nécessité

Naturellement, le commandant, le guide, possède une connaissance parfaite de la voie par laquelle il guide ses partisans. En outre, il est évident que sa connaissance est supérieure à celle de ses partisans, car autrement les choses s’inverseraient, ce qui est logiquement inadmissible.

Par ailleurs, comme l’imam est une autorité placée par Allah en vue de guider les hommes, il doit nécessairement être riche en connaissances divines pour être à même de le faire. Allah transcendant est-il dit dans le noble Coran, à cet égard: « est-ce celui qui dirige vers la vérité qui est plus digne d’être suivi ou celui qui ne dirige qu’autant qu’il est lui-même dirigé? »

La nature de la science de l’imam

Nous avons dit plus haut que la science de l’imam est immédiate, elle est directement présente en lui et sans intermédiaire. C’est pourquoi on ne peut supposer qu’il se trompe ou qu’il oublie quoi que ce soit.

Sa connaissance provient d’Allah, transcendant est-il. En fait, l’héritage de tous les prophètes est chez l’imam. L’imam al-bâqir, que la paix soit sur lui, a dit: « Allah possède une science particulière et une science générale, ainsi la science particulière est la science dont ses anges favoris et ses prophètes envoyés n’ont pas pris connaissance ; quant à la science générale, c’est une science dont ses anges favoris et ses prophètes envoyés ont pris connaissance ; d’ailleurs elle nous est parvenue à travers l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui, et le salue ».

L’imam Sadiq, que la paix est sur lui, a dit: « celui qui possède une connaissance du livre, il est l’émir des croyants ».

D’après l’emir des croyants, que la paix soit sur lui: « la connaissance a été rapportée du ciel à la terre par Adam et tout ce qui a été éclairé par les prophètes jusqu’au sceau des prophètes se trouve chez la descendance du sceau des prophètes ».

La connaissance de l’imam ‘ Alî, que la paix soit sur lui, était tellement riche que ses réponses étaient immédiates, ce qui amena sa‘id ben al masîb à dire: personne n’a dit: « interrogez-moi avant que vous ne me perdiez » sinon ‘ alî ibn abi talib ».

A l’aube du troisième siècle de l’hégire, l’histoire a enregistré le fait suivant:

Al Ma’mûn a organisé une rencontre entre les chefs spirituels des différentes croyances et l’imam ‘ alî rida, que la paix soit sur lui, dans la ville de Marwou. il y avait à leur tête al djathilîq, chef des chrétiens catholiques, ra’su-l-djâlût, chef des émigrés juifs et chef de la religion sabéite, Al Harbidh al Akbar, chef des zoroastriens, et nastâs le Romain, médecin chrétien. D’après le contexte historique, al ma’mun se proposait de mettre l’imam ‘ Alî Ridha dans l’embarras et faire ressortir la faiblesse de ses connaissances.

Al Djathilîq entama la discussion en s’adressant à al Ma’mûn:

- Ô émir des croyants, comment puis-je débattre avec un homme exaltant un livre que moi je renie et un prophète en qui je ne crois pas !

- alors l’imam Ridhâ dit: « Ô chrétien, je proteste contre toi, reconnais-tu ton évangile?

- al Djathilîq répondit: comment puis-je réfuter ce qu’a apporté l’évangile? Oui par Allah, je le reconnais.

L’imam poursuivit la discussion jusqu’à ce que les chefs des différentes croyances finirent tous par céder et reconnurent à l’imam ‘ Alî Ridha la supériorité de ses connaissances.

Prit également part à cette rencontre ‘ombre assabi‘i, personnage éminent et influent en kalâm, théologie scolastique, à l’époque, outre son excellente conduite. L’histoire retient le témoignage de ce personnage à l’issue de la discussion qu’il a eue avec l’imam ‘ Alî Ridha: « je témoigne en vertu de ce que tu as décrit et trouvé qu’Allah est transcendant et que Muhammad est son serviteur, l’envoyé porteur de la guidance et de la religion de la vérité, puis il se prosterna en direction de la qibla et se soumit ».

Les sources de la connaissance de l’imam

L’imam est parfaitement informé des événements passés et à venir et sa science s’étend à toutes les questions relatives à la shari‘a, la loi islamique

L’imam al-Kâdhim, que la paix soit sur lui, a dit: « notre connaissance se présente sous trois rapports: une connaissance passée une connaissance future et une connaissance présente. La connaissance passée est expliquée, la connaissance future est écrite, quant à la connaissance présente, elle se traduit par une projection dans le cœur et une perception auditive ; c’est notre plus belle connaissance et il n’y a pas de prophète après notre prophète ».

Quelles sont les sources dans lesquelles l’imam puise sa connaissance? Est-ce une inspiration jaillissant de son cœur ou un héritage spirituel qu’il a hérité d’un imam l’ayant précédé ou un prophète? Ou encore, l’imam se reporte-t-il aux écritures des prophètes antérieurs? Sa connaissance n’est-elle pas une inspiration angélique? Ou bien serait-ce une exégèse du Coran dans laquelle toute chose est bien définie? Ou peut-être serait-ce une autre voie? en réponse à ces interrogations, on peut dire que tout ce qui a été dit s’inscrit dans le cadre des sources dans lesquelles l’imam puise sa connaissance.

a - L’héritage prophétique

Parmi les sources des imams, que la paix soit sur eux, il y a l’héritage spirituel qu’ils ont hérité du prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, l’imam ‘ alî étant le premier a en avoir bénéficié. En effet, le prophète prit soin de lui dès son jeune âge et le nourrissait de sa science et des mœurs propres aux prophètes.

La connaissance de ‘ alî, que la paix soit sur lui, est comparable à un océan. On rapporte à ce titre, qu’une fois, en faisant allusion à sa poitrine, il dit: « il y a là une science abondante... ». Il dit également: « l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, m’a enseigné mille portes de la connaissance et chaque porte m’ouvre mille portes ».

Il dit encore: « pas un verset Coranique n’a été révélé à l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui, et le salue, sans qu’ensuite il ne me le dictât, ne me le fît réciter et ne me le fît écrire. Je l’écrivais de ma main et il m’enseignait l’explication littérale et l’exégèse spi, ce qui en est abrogé, le ferme et l’ambigu, le particulier et le général. Et il priait Allah d’agrandir ma compréhension et ma mémoire, et c’est ainsi que je n’ai pas oublié un seul verset du livre d’Allah ».

L’imam al-bâqir, que la paix soit sur lui, a dit en s’adressant à djabir ibn Abdallah al-ansârî: « Ô djabir, si nous prononçons une fetwa à l’encontre de ces gens comme nous voulons, à notre gré, nous périrons ; mais nous prononçons une fetwa sur la base des traditions de l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, et les principes de connaissance que nous nous transmettons de maître en maître, nous les amassons comme ceux qui amassent leur or et leur argent ».

Témoignage de l’envoyé d’Allah:

L’imam ‘ alî, que la paix soit sur lui, a atteint un degré de connaissance tel que l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui, et le salue a dit de lui: « je suis la cité de la connaissance et ‘ alî est sa porte, ainsi qui recherche la connaissance, qu’il vienne à sa porte ».

Il a dit également: « la connaissance te procurera la félicité, ô abu-l-Hassan, tu t’es abreuvé de connaissance et tu as bien étanché ta soif ».

Ibn ‘Abbas rapporte cette parole de l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui, et le salue: « lorsque le seigneur s’est adressé à moi et m’a confié son message, je n’ai pas pris connaissance d’une seule chose sans l’enseigner à ‘ alî, il est donc la porte de la connaissance ».

Notre maître al Hussein, que la paix soit sur lui, a dit: lorsque le verset « nous avons dénombré toute chose dans un archétype clair » fut révélé, ils ont dit: « Ô envoyé d’Allah, s’agit-il de la Thora, de l’évangile ou du Coran? il dit: « non ». Alors mon père ‘ alî, que la paix est sur lui, vint auprès de lui et l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, dit: « c’est cet imam qui possède la connaissance de toute chose ».

b - Le Coran, source de la connaissance

Le Coran est l’une des sources essentielles dans lesquelles l’imam puise sa connaissance. Car la connaissance que renferme le Coran est profonde et inépuisable, et il n’est pas facile à tout un chacun de sonder ses profondeurs pour découvrir les connaissances divines et les dispositions islamiques qu’il renferme.

L’imam ‘ alî, que la paix est sur lui, a dit: « cela est le Coran, interrogez-le et il ne vous répondra pas, je vous en informe. Il renferme une connaissance qui embrasse le passé comme le futur jusqu’au jour de la résurrection, le jugement qui vous concerne, et les divergences qui vous opposent ; si vous m’interrogez sur le Coran, je vous l’enseignerai ».

L’imam Sadiq, que la paix soit sur lui a dit: « par Allah, je connais le livre d’Allah du début jusqu’à la fin, comme s’il y avait dans ma main les nouvelles du ciel, de la terre, du passé et de celles qui existe, Allah, le tout-puissant, dit: « nous t’avons révélé le Coran comme explication claire à toutes les choses ».

Il a dit aussi: « il y a dans le livre d’Allah des nouvelles sur ce qui s’est passé avant vous, et sur ce qui se passera après vous, le jugement vous concernant et nous, nous le connaissons ».

On interrogea un jour l’imam al-bâqir, que la paix soit sur lui, sur la parole divine: « Allah et quiconque possède la science et l’écriture suffisent comme témoins entre vous et moi ». Il dit: « a qui d’entre nous fait-il allusion alors que ‘ alî est le premier parmi nous et le meilleur après le prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue.

On interrogea l’imam Mûssâ al kâdhim, que la paix soit sur lui: est-ce vrai que toute chose se trouve dans le livre d’Allah et dans la tradition de son prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, ou alors en avez vous seulement l’impression? il dit: en effet toute chose est dans le Coran et dans la sunna de son prophète, qu’Allah prie sur lui, et le salue ».

c - L’inspiration

L’inspiration est la source la plus subtile dans laquelle l’imam puise sa connaissance. Ainsi, l’imam est lié au monde invisible à travers l’inspiration.

L’imam ‘ alî ridhâ, que la paix soit sur lui, a dit: « en vérité, lorsqu’Allah, le tout-puissant choisit son serviteur pour prendre en charge les affaires de ses serviteurs, il lui ouvre la poitrine, dépose en son cœur les fontaines de la sagesse, et lui inspire pleinement la science ; ainsi il n’éprouve point de difficulté à répondre aux questions qui lui sont posées et il n’est jamais dans l’erreur ; il est donc infaillible, soutenu et guidé ; il est protégé des erreurs, Allah le privilégie ainsi pour qu’il soit une autorité sur ses serviteurs et un témoin sur sa création, cela est une grâce divine qu’Allah accorde à qui il veut ; Allah est d’une bonté inestimable.

L’imam Mûssâ al kâdhim, que la paix soit sur lui, a dit: « notre connaissance se présente sous trois rapports: une connaissance passée une connaissance future et une connaissance présente. La connaissance passée est expliquée, la connaissance future est écrite, quant à la connaissance présente, elle se traduit par une projection dans le cœur et une perception auditive ; c’est notre plus belle connaissance et il n’y a pas de prophète après notre prophète ».

Dans cette déclaration il est clair que la perception auditive ou l’inspiration angélique n’implique pas la révélation, car le phénomène de la prophétie s’est achevé avec la mort du sceau des prophètes envoyé à l’humanité, en l’occurrence notre maître Muhammad, qu’Allah prie sur lui et le salue.

d - L’inspiration angélique

Elle est l’une des sources dans lesquelles l’imam puise sa connaissance. Ce phénomène est appelé « al-hadith », où l’imam est le « muhaddath », celui à qui l’ange parle.

L’imam Sadiq, que la paix soit sur lui, a décrit la situation du « muhaddath » en ces termes: « il entend la voix, mais il ne voit pas l’ange qui s’adresse à lui ». Alors on lui demanda comment il reconnaissait que c’était des paroles angéliques. Il dit: « elles lui procurent une telle quiétude et une telle dignité qu’il sent que ce sont des paroles angéliques ».

Cependant il convient de souligner qu’il y a une différence entre l’imam et le prophète à ce sujet. Ainsi la conversation de l’ange ne signifie pas révélation, car celle-ci, comme nous l’avons dit plus haut, a pris fin avec la mort de l’envoyé d’Allah, qu’Allah prie sur lui, et le salue.

On rapporte que ‘ alî, que la paix soit sur lui, en prononçant l’éloge funèbre du maître des envoyés, a dit: « oh envoyé d’Allah, par ta mort a cessé la prophétie et la descente de messages célestes qui n’ont pas cessé par la mort d’un autre prophète ».

Al-Hassan ben al‘Abbas écrivit à l’imam rida, que la paix soit sur lui, en lui demandant: « quel est la différence entre l’envoyé, le prophète et l’imam? Alors il lui répondit: « le différence entre l’envoyé, le prophète et l’imam réside dans les faits suivants: l’envoyé est celui à qui l’ange Gabriel se manifeste, alors il le voit et entend ses paroles, il reçoit la révélation et il se peut qu’il ait dans rêve la même vision que celle d’ibrâhîm. Quant au prophète, il se peut qu’il entende les paroles tout comme il se peut qu’il voit l’ange, sans qu’il l’entende. Enfin l’imam est celui qui entend les paroles sans voir l’ange ».

Hamrân ben a‘yan a dit: « abu dja‘far (l’imam al-bâqir) a dit: « ‘ alî était un muhaddath ». Alors je me suis rendu chez mes amis et je leur ai dit: « je vous apporte quelque chose d’incroyable ». Ils dirent: « qu’est-ce donc? » alors je dis que j’avais entendu abu dja‘far dire que ‘ alî était un muhaddath. Ils me répondirent que je n’avais rien apporté d’extraordinaire tant que je ne leur disais pas qui lui a parlé. De retour chez lui, et lui fit part de la réaction de mes amis. Alors, il dit: « c’est un ange qui lui parle ». Je lui dis: « tu veux dire que c’est un prophète ! » il fit un geste de son doigt en signe de négation ».

e - Les Écritures saintes, autre source

Les Écritures saintes et l’héritage spirituel légué par le prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, constituent une autre source dans laquelle les imams puisent leur connaissance.

L’imam ‘ alî, que la paix soit sur lui, a dit: « l’envoyé d’Allah a dit: « Ô ‘ alî, écris ce que je te dicte ». Je dis: « Ô envoyé: crains-tu que je n’oublie? ». Il dit: « non, car j’ai imploré Allah le tout-puissant d’agrandir ta compréhension et ta mémoire, mais tu dois écrire pour ta postérité, les imams issus de ta progéniture ».

L’imam Sadiq, que la paix est sur lui, a dit: « les écritures étaient chez ‘ alî qui, avant de partir en Iraq, les remit à um salama ; lorsque ‘alî mourut, elles se trouvaient chez al-Hassan ; lorsque ce dernier mourut, elles étaient chez al-Hussein ; lorsque ce dernier mourut, elles étaient chez ‘alî ibn al-Hussein, puis elles étaient chez mon père ».

Il y a plusieurs autres récits qui parlent des écritures qui ont été l’une des sources les plus importantes dans lesquelles les imams puisent leurs connaissances. Ce sont là quelques qualités propres aux imams et il y en a bien d’autres.

Résumé

1 - la troisième qualité de l’imam est la connaissance qu’il reçoit d’Allah, connaissance infaillible.

2 - l’imam est tenu de connaître parfaitement la vérité afin qu’il puisse guider les gens vers le bonheur.

3 - La connaissance de l’imam est immédiate et se produit sans intermédiaire. Ainsi, l’imam est en rapport avec le monde invisible et l’essence des choses. C’est pourquoi sa connaissance est infaillible. La connaissance de l’imam est la connaissance des premiers et des derniers.

4 - les sources dans lesquelles l’imam puise ses connaissances: l’héritage spirituel légué par le prophète, qu’Allah prie sur lui, et le salue, le noble Coran, l’inspiration angélique et les écritures ou les livres en leur possession.

5 - la connaissance se divise en connaissance du passé, connaissance du présent et connaissance de l’avenir. La meilleure source dans laquelle l’imam puise sa connaissance est le monde invisible, à travers l’inspiration.

Questions et débats

1 - Citez les qualités propres à l’imam et parlez de la notion de wilaya.

2 - quelle est la nature de la connaissance de l’imam? Pourquoi?

3 - pourquoi faut-il que l’imam possède une connaissance particulière (procédant d’un principe supérieur).

4 - citez une tradition sur la nature de la connaissance de l’imam et une autre sur son caractère universel.

5 - quelles sont les sources de connaissance de l’imam?

6 - quelle est la plus noble des connaissances de l’imam? Pourquoi?

7 - quelle est la différence entre le prophète et l’imam? Expliquez cela.