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Avant-propos

Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que Ses prières soient sur Son Prophète Mohammed et les membres immaculés de sa noble famille (a.s.).

Et cet ouvrage s’adresse à ceux qui désirent avoir une connaissance de la jurisprudence de l’école des Ahlul Bayt pour qui celle-ci paraît inaccessible, non pas à cause du manque d’ouvrages ou de la profondeur de leur contenu, mais plutôt à cause des difficultés qu’ils rencontrent en lisant les ouvrages disponibles. En effet, ces derniers ne sont pas adaptés au goût du lecteur contemporain, car, en plus de leur forme qui n’est pas attirante, ils ont été rédigés avec un style prolixe et compliqué, et contiennent des expressions ambiguës.

Tout en implorant l’aide de Dieu, je me suis proposé d’aplanir ces difficultés afin de rendre la connaissance de la jurisprudence des Ahlul Bayt (a.s.) accessible à tous.

En partant du verset coranique: « Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S’ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d’entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris la vérité de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement »1 et du hadith ath-thaqalayn2, j’ai tenu à ce que les avis juridiques (les fatwâs) mentionnés dans le présent ouvrage soient appuyés sur le Saint Coran et les hadiths des Ahlul Bayt (a.s.), car ils sont la source la plus sûre permettant de connaître la loi islamique. Toutefois, lorsque les versets et les hadiths faisaient défaut, j’ai dû recourir aux règles fondamentales qui ont servi d’appui aux jurisconsultes de l’école des Ahlul Bayt (a.s.), et dont la déduction est basée sur le Saint Coran et les hadiths des Ahlul Bayt (a.s.).

Dans le présent ouvrage, j’ai évité de citer les chaînes des transmetteurs de hadiths, car, à mon avis, un hadith authentique est celui sur lequel se sont appuyés les jurisconsultes pour donner une fatwâ et non pas celui qui a été rapporté par des narrateurs dignes de confiance. En effet, la jurisprudence de l’Imam as-Sadiq (a.s.) correspond en réalité à l’ensemble des règles et des principes fondamentaux auxquels les jurisconsultes se sont toujours intéressés. Quant aux hadiths délaissés par ces derniers, ils ne pourront être intégrés dans cette jurisprudence sauf s’ils deviennent un jour l’objet de l’attention d’une nouvelle génération de jurisconsultes.

Dans les traités de fiqh (la jurisprudence islamique), les éminents jurisconsultes ont l’habitude de rapporter et de juger les opinions de leurs prédécesseurs. Si dans cet ouvrage j’ai opté pour une méthode différente de la méthode habituelle, c’est dans le but d’attirer le plus grand nombre possible de lecteurs (notamment les étrangers) et de faciliter la propagation de l’inestimable fiqh des Ahlul Bayt (a.s.).

Pour moi, l’importance d’un ouvrage ne se mesure pas par le nombre de théories et d’opinions qu’il contient, mais plutôt par le degré de sa diffusion. En effet, un livre vivant est celui qui passe de main en main, et dont le contenu est sur toutes les lèvres. Et pour avoir cette qualité, le livre doit être écrit avec un style clair et un langage accessible à tous.

Une fois, je me suis rendu à la librairie al-‘irfane, comme à l’accoutumée. En me voyant, le propriétaire de celle-ci, al-Hajj Ibrahim Zein Assi a dit à un jeune homme blond et de grande taille: «C’est celui-là!» Alors, le jeune homme (un orientaliste allemand) s’est avancé vers moi avec ardeur et il m’a dit: « Nous ne savions pas que les chiites ont leur propre jurisprudence, et ce jusqu’au jour où nous avons lu votre ouvrage intitulé “al-fiqh selon les cinq écoles juridiques.” » Je lui ai dit: « Ce que j’ai écrit n’est rien par rapport au fiqh de l’école d’Ahlul Bayt (a.s.). Nos avants ont exploré toutes les sciences islamiques, et ils sont parvenus à les comprendre d’une manière poussée. Ils ont écrit d’innombrables ouvrages de valeur. Et c’est grâce à leurs recherches approfondies que la jurisprudence islamique a eu la primauté sur toutes les autres jurisprudences. Alors il m’a dit: « Nous, nous apprenons l’arabe comme langue étrangère, et bien que les livres que nous étudions ont été écrits avec un style moderne, nous éprouvons des difficultés à les comprendre. Alors comment pourrons-nous comprendre les ouvrages écrits avec le vieux style? Toutefois, nous avons su que les chiites ont leur propre fiqh. »

Juste après notre conversation, j’ai pris la décision de composer un vaste ouvrage qui traitera de toutes les questions de la jurisprudence islamique, et cela conformément aux avis juridiques de l’Imam as-Sadiq (a.s.).

Peut-être certains pensent qu’il est aisé d’écrire des livres de jurisprudence, car la documentation dans ce domaine est à la fois riche et abondante. Certes l’école des Ahlul Bayt (a.s.) dispose d’un patrimoine assez riche en matière de jurisprudence, mais il n’est pas facile de l’exposer dans ses grandes lignes et avec un style attractif. À vrai dire, la jurisprudence des Ahlul Bayt (a.s.) est pareille aux ressources naturelles qui, bien qu’elles soient abondantes, on ne peut les exploiter que si l’on est muni des outils nécessaires.

Je prie Dieu qu’Il accorde à ce présent ouvrage le succès escompté. C’est Lui mon unique recours. Louange à Dieu dans la vie présente et dans l’au-delà, et que Ses prières soient sur Son Prophète Mohammed et les membres immaculés de sa noble famille.

  • 1. - Sourate an-Nisa’ (s:4/v:83).
  • 2. - Le hadith ath-thaqalayn est un hadith authentique rapporté par les deux écoles islamiques (chiite et sunnite), et dont le texte est le suivant: le Prophète (a. s. s) a dit: « J’ai laissé parmi vous deux trésors: le Livre de Dieu (le Saint Coran) et les membres immaculés de ma famille (Ahlul Bayt); ils ne se sépareront point jusqu’à ce qu’ils viennent me rejoindre au Bassin paradisiaque » (NdT).