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Partie 3: Problème de la création et de la Résurrection

Quel est le dessein de la création?

Il existe un certain nombre de points obscurs reconnus par l’homme dès les premiers jours de l’apparition de son existence; grâce à son bon sens inné -qu’il le désire ou non-. Puis au moyen de sa curiosité instinctive, il a essayé de les résoudre en se demandant: le monde de l’existence manifeste, possède-t-il un Dieu Créateur? S’il existe réellement un Créateur quelle était Son intention dans celle-ci? Dans ce cas, y a-t-il un devoir et une responsabilité à notre égard?

Il est évident que s’il est répondu par l’affirmative à ces questions, toute une série de nouvelles questions secondaires se poseront: le comment et le pourquoi de son existence, ses conséquences, ainsi que les moyens de réaliser ces desseins. Or comme nous l’avons déjà cité, la nature innée humaine le pousse à s’efforcer de rechercher une solution logique et catégorique à toutes celles-ci.

Il est bien clair que ce sujet est une des questions primordiales ayant attiré l’attention de la conscience humaine. Et c’est ainsi que la nature humaine détecte dès les premiers instants de la vie, son besoin de répondre à cette question de façon logique et formelle.

Étude et analyse de cette question

Il ne fait aucun doute que ce qui nous pousse à vouloir comprendre le but de la création, nous est à la fois utile dans l’accomplissement de nos devoirs sociaux et rationnels et nous permet d’en acquérir des intérêts personnels et des idéaux. Nous mangeons pour assouvir notre faim, nous buvons pour nous désaltérer, nous nous habillons pour nous protéger du froid et de la chaleur, nous construisons des maisons pour y habiter et nous parlons pour faire comprendre nos pensées...

Tout être, humain ou possédant une intelligence, n’accomplit aucun acte réfléchi et volontaire, sans but ou intérêt. L’examen de l’intention de nos actes volontaires et la comparaison de chacun de ceux-ci est certes une connaissance nous poussant à nous poser la question: quelle est l’intention du Dieu Universel (Exemple d’un Agent théorique) dans la création? Mais est-ce que ce peu d’observation et de comparaison peut garantir la véracité de cette question? Les lois et propriétés que nous avons découvertes dans certaines circonstances, peuvent-elles être élargies et généralisées à toutes les situations? La réponse est négative et la seule manière possible est d’analyser le sens de ce dessein, étant donné que nous n’avons guère d’autre méthode pour émettre un raisonnement inductif et faire une recherche à ce sujet.

Dans l’exemple précédent concernant l’acte de s’alimenter la faim est un instinct que nous pouvons étudier par l’intermédiaire du fait de s’alimenter; il est en fait en rapport avec la satiété puisqu’elle en résulte. Lorsque la nourriture pénètre dans l’estomac, elle excite l’appareil digestif pour qu’il commence à s’activer; alors il ne nécessite plus l’entrée de nouvelle nourriture et cela lui suffit pour garantir ses besoins. La « satiété » est un effet et conséquence de l’acte de s’alimenter. Cet acte est un travail et un mouvement particulier dont nous prenons l’initiative, prenant fin avec la satiété qui en découle; à ce moment le désir de s’alimenter disparaît. Cet acte nous (qui l’accomplissons) est également lié, étant donné que nous ne possédons pas dans notre corps, les réserves nécessaires pour de longue durée et la poursuite de notre existence. Nous ne sommes munis que de moyens et de facultés nous permettant d’assurer notre vie; ceux-ci nous aident dans l’acquisition progressive de nourritures utiles, ce sont elles qui assurent notre existence et nous permettent de la conduire à son terme.

Dès que nos facultés intimes associées à notre intelligence ressentent un besoin quelconque, elles s’activent tout naturellement et nous incitent à mouvoir notre corps pour pouvoir accéder aux aliments nous étant nécessaires et ainsi compenser notre déficience. Puis la satiété liée au fait de s’alimenter agit à son tour sur notre personne. En effet elle est l’idéal qui comble nos déficiences, assure nos besoins. Sa manifestation force nos sens intimes à s’ébranler pour l’acquérir et s’améliorer grâce à elle.

Si nous évaluons les innombrables actes volontaires, innombrables, tels que boire, s’asseoir, se lever, parler, écouter, aller et venir, nous parviendrons au même résultat que celui obtenu pour l’acte de se nourrir. Même pour les actes qui semblent en apparence être totalement dépourvus de sens; si nous leur prêtons une attention toute particulière, nous observerons que s’ils ne sont d’aucun intérêt pour nous, nous ne les accomplirons pas. Comme les bonnes actions qui ne sont accomplies que par les êtres humains, et n’ont guère d’autre intention que celles-ci. Par exemple l’aide qu’une personne aisée apporte à un pauvre. En réalité elle agit dans l’espoir d’une bienveillance, elle supplée à son sentiment intérieur provoqué à la vue de l’état de ce pauvre et assure la tranquillité de son âme et sa bonne conscience et…

De manière générale, nous pouvons conclure que « le motif de l’action » dans ces actes volontaires est l’effet positif placé au sein de celui à qui est destinée cette action (conduite particulière de celui qui l’accomplit), il en est à la fois le terme et le complément éliminant la déficience de la personne l’accomplissant et l’améliorant par la même occasion.

Comme il est maintenant évident, l’intention ne concerne cependant que les actes volontaires, accompagnés de rationalité et de décision. Si nous faisons preuve d’encore plus de précision, nous verrons pourtant que toutes les conséquences et particularités que nous avons prouvées pour ces actes et leur acteur ont été accomplies grâce au « motif ». Dans les agents naturels et les comportements naturels, ils existent également plus ou moins de la même manière; puisque tout agent ('âmil) naturel et composé (morakkab) de matière est pourvu, tel un acteur agissant volontairement, de certaines facultés employées afin de pourvoir à ses besoins naturels. En accomplissant ainsi certains mouvements particuliers, n’étant rien d’autre que sa manière d’agir, il peut satisfaire ses exigences et compenser ses déficiences. Le résultat de ses efforts a ainsi à la fois un rapport direct avec ses activités et lui-même; comme c’était le cas pour les actes volontaires. En fait l’existence ou non d’une intelligence et d’une volonté n’est que de peu d’importance dans la réalisation ou non de ce but, et sa relation avec l’acte et l’acteur.

Bien que les actes volontaires provenant d’acteurs vivants possédant une intelligence et une volonté ont été nommés « intentions » (gharaz); alors que les actes naturels en ont été démunis pour prendre le nom de « fin » (ghâyat). Nous pensons que l’usage du terme « intention » est un emploi illusoire, puisque la réalité est la même dans les deux situations. Le travail fourni par un agent naturel s’accomplit dans l’ombre de la nature alors qu’un acteur vivant le crée à la lumière de la science; sans que dans ces relations ne survienne aucun changement.

Proscription et généralisation de l’intention et de l’idéal

Comme nous l’avons vu précédemment, « l’intention » est généralisée à tous les éléments constituants le monde de la création. Tant que la loi de causalité et causalité et toutes les autres règles générales gèrent ceux-ci, aucun travail ne sera accompli sans posséder un dessein ou un but. De la même manière, aucun agent ne peut se passer d’un terme et d’un idéal pour l’accomplir.

Tout être, de quelque sorte que ce soit, a une capacité d’adaptation active avec son environnement extérieur et s’harmonise avec les autres éléments (nous pouvons citer ici, en exemple: l’être humain, un insecte, un pommier, un épi de blé, un morceau de fer, une unité d’oxygène…) Celui-ci s’active de manière très particulière afin de pouvoir atteindre des desseins perfectionnistes, étant entièrement dans son intérêt. Et lorsqu’elles prennent fin (ses activités), c’est le résultat de ses efforts qui se manifeste. « L’intention et le terme » remplacent alors le mouvement, les désirs naturels ou volontaires de cet élément en mouvement sont assurés et la perfection désirée devient alors partie à part entière de son existence.

Les diverses catégories d’êtres vivants ayant formé de vastes familles dans tous les coins de l’univers; comme c’est le cas pour des catégories telles que le genre humain, la famille des équidés, des arbres rosacés… qui s’efforcent constamment de poursuivre leur propres but et idéal; lorsqu’ils l’auront atteint, ils pourront éliminer leurs déficiences et continuer leur existence.

Cela est également valable pour l’ensemble des éléments constituants l’univers, entre lesquels il existe sans aucun doute, un rapport déterminé.

En principe tout mouvement se réalisant, se fait dans un sens ou l’autre et vise une direction. Il est constamment en état d’entremise et relie un élément à un autre en allant d’un côté à l’autre. La direction recherchée dans cette agitation est ce dessein même qui comblera les lacunes et les désirs de cet élément mouvant; en atteignant ce stade, il s’arrêtera alors. C’est-à-dire qu’il se convertira en un point fixe par rapport à lui-même, synonyme d’apaisement. Quand bien même ce calme et cette immobilité d’un certain point de vue sont aussi un autre genre de mouvement, poursuivant aussi un destin et un but.

On ne peut concevoir qu’un mouvement ne se réalise sans se diriger vers un point précis ou bien sans tourner son attention dans une direction, n’étant alors guère en relation avec lui et en toute indépendance. Ou bien qu’une force motrice ayant créé ce mouvement, n’a aucune relation de causalité avec celui-ci ou la force motrice, bien qu’ayant une relation avec le mouvement, a un rapport tout à fait accidentel avec « le terme de ce mouvement »?

L’ordre extraordinaire de ce vaste univers, observé dans les activités des causes et de leurs facteurs; ainsi que les règles générales et inviolables dirigeant le monde de l’existence ne permettent pas que l’on accepte l’hypothèse d’une création accidentelle.

Du point de vue scientifique, la thèse de l’apparition, sous l’effet du hasard, d’un élément ne possédant que 10 particules atomiques, de structure particulière, ne peut se faire que selon une probabilité sur dix milliards. Ce ne sont donc là que des présomptions irrationnelles et infondées.

Les réflexions scientifiques et la rationalité de la conscience humaine ne permettront jamais qu’au sein des changements incessants survenant dans l’univers, la relation entre l’acte, l’acteur et le but de l’action soit reniée et que, par la même occasion, le fondement de toutes les thèses scientifiques et les méditations humaines soient endiguées et soustraites.

Idéaux et desseins mondiaux

Le monde de la création forme une immense unité, depuis la plus infime de ses particules jusqu’au plus gigantesque ensemble de ses masses stationnaires et planètes itinérantes; grâce à leurs relations réciproques réelles. Celle-ci (unité immense) malgré toute son identité, réalités et situations (non seulement au point de vue de la relativité de lieu), est toujours en transformation et changement; elle a ainsi créé un mouvement général (selon les thèses scientifiques et philosophiques) et vise un but et une fin vers lequel elle se dirige. En atteignant leur limite commune (toujours d’après les opinions scientifiques et philosophiques), le dessein mentionné remplacera ce mouvement et ce monde éphémère et tumultueux se transformera en un univers stable et tranquille.

Notre univers de demain qui est un monde futur prendra le pas sur le monde actuel; sans aucun doute, il acquerra face au passé une situation paisible et stable. Il compensera les déficiences de l’univers, pour enfin rendre actives toutes les forces existantes.

Mais cette stabilité et cette perfection sont-elles partielles? Possédera-t-il ces caractéristiques uniquement par comparaison à l’état actuel du monde? Ou bien atteindra-t-il un équilibre et un calme interne, de manière à ce que plus aucune transformation et évolution n’aient lieu dans son sein?

Le mouvement général du monde aboutissant au but désiré pour se transformer en celui-ci et enfin s’apaiser, semblable aux objectifs et desseins existants actuellement au sein des mouvements partiels, aboutiront-ils à une certaine tranquillité et stabilité? Bien qu’il était en mouvement et tout affairé à sa course, quelle que fût la situation. L’on peut également considérer que le monde futur aura une stabilité et une perfection interne et réelle, de sorte que les changements et les évolutions survenant dans le monde actuel jouent un rôle essentiel dans l’apparition de chacun de ces phénomènes. Ainsi il se trouve complètement sceller et à un instant précis de la destinée, il atteindra le stade primordial; alors, il mettra fin à son mouvement et laissera un cercle fixe et parfait. Grâce aux interprétations intelligibles actuelles, il est devenu quadridimensionnel. Et les phénomènes se produisant à notre époque, ne l’étaient-ils pas hier comme demain?

Les propos exposés précédemment, démontrent clairement qu’ils sont le résultat de discussions très complexes et condensées: il existe un monde stable et parfait venant à la suite d’un monde mouvant et inachevé. Le premier est le dessein serein recherché que s’efforce d’atteindre la caravane de l’existence. Et viendra un jour où tous ceux qui ont emprunté cette voie obtiendront le résultat de leurs efforts, de manière très active.

Durant ce parcours, l’être humain se heurte à cette question et à des dizaines et des centaines d’autres interrogations. Elles ne sont en réalité que la pénombre d’une série d’inconnues semblant de loin, certes, enjolivées, mais ne constituant qu’une chaîne de discussions étant, pourtant, les sujets de débats philosophiques les plus complexes et les plus profonds. En effet, les thèses ne possédant aucune assistance perceptive sont certes difficilement assimilables par notre esprit. Depuis que nous avons ouvert les yeux sur ce monde et l’avons observé, notre regard n’a rencontré que mouvement, transfert, transformation, évolution et anéantissement. Nous-mêmes appartenons à cette caravane et sommes l’un des passants cheminant sur ce parcours, pour enfin nous éteindre et disparaître des mémoires. Malgré tout, selon des théories philosophiques s’appuyant sur des argumentations indubitables provenant de principes préliminaires logiques et irrévocables; de très nombreuses questions ont pu être résolues. L’une de ces hypothèses est en fait, en rapport avec la Résurrection -dont nous ont informés les élus de Dieu-.

Intention divine dans la création de l’univers

Comme il a été exposé au début de ce chapitre, l’intention est en relation avec l’acte qui transforme un mouvement actif en immobilité. Elle est également en rapport avec l’acteur, transformant sa déficience en perfection. D’après les argumentations apportées concernant les Attributs du Créateur de l’Univers, Son Essence Pure n’est autre que la Perfection Absolue, on ne peut Lui découvrir une quelconque déficience ou nécessité.

En se référant aux deux thèses précédentes concernant les Actes divins, l’on peut supposer leur intention et les prouver comme il l’a été exposés. À propos de l’essence pure, l’on doit cependant répondre par la négative. Et en d’autres termes: « Quels sont le but et l’intention essentielle de la création? » Et « Pourquoi Dieu a-t-Il créé un autre être? » Si l’on doit s’interroger sur la motivation de cette Œuvre divine et saisir quel est son objectif, on peut alors affirmer que le but de cet univers imparfait est un univers parfait et perfectionné. Si par contre l’on se demande laquelle de ses imperfections Dieu désire compenser au moyen de la création, quelle perfection et quel intérêt est-ce qu’Il acquiert dans cette affaire? Ce n’est qu’une fausse question, à laquelle l’on ne peut répondre que par la négative.

Au point de vue religieux, « l’intention de Dieu, le Très Haut, dans la création de l’univers est d’accorder un bienfait à autrui et non à Lui-même. » Ce qui va dans le même sens que ce qui vient de précéder.

Pour finir, il suffit de rappeler, comme indiqué lors de l’analyse du terme « intention » (gharaz), que celle-ci se réalise lorsque l’acte et l’acteur ou l’acte seul possèdent une lacune supprimée intentionnellement. Si une œuvre, soit une création supposée ne possède aucune imperfection ne pouvant être éliminée (telle l’abstraction rationnelle selon les termes philosophiques), elle ne possédera certes aucun objectif.

En effet, la philosophie a pu, grâce à une analyse plus détaillée, préciser que l’intention de l’acte est en réalité la perfection de celui-ci et que le but de l’acteur est également sa propre perfection. L’acte est parfois progressif, mais sa perfection le rejoint en définitive. Alors qu’à d’autres occasions il est soudain et abstrait de toute matière et de tout mouvement, dans ce cas l’existence de l’acte est à la fois l’acte lui-même, la perfection et le but de ce dernier.

De la même manière, l’acteur est de temps à autre imparfait et ce n’est qu’à la suite d’un fait accompli qu’il peut atteindre la perfection. Parfois il est parfait, dans ce cas, il est alors à la fois l’acteur, le but et l’intention. L’intention du Dieu Universel dans la création de l’univers est Son Essence même, un point c’est tout; et l’intention de son œuvre, qui n’est autre que cet univers imparfait, est en réalité un monde meilleur et le motif de ce monde meilleur ne sera autre que ce monde meilleur.

Ainsi le dessein de la création d’une créature parfaite donnée sera elle-même.

Quel besoin Dieu a-t-il d’éprouver l’être humain?

Question: Si une personne modelant deux cruches ajoute à l’une d’entre elles une anse et à l’autre deux elle ne pourra jamais critiquer la première de n’avoir qu’une seule anse. Et puisqu’elle en est l’artisane, si ces dernières disparaissent de son regard, il reste cependant informé de leurs états, il connaît parfaitement leur esquisse, leur couleur et leur forme.

Si un peintre dessine un paysage et qu’il le peint selon son propre goût, il le connaîtra parfaitement et ne pourra dire que je désire savoir s’il est beau ou non. En effet pour le Créateur, il n’est pas nécessaire d’enquêter et de faire des recherches minutieuses au sujet de toute chose.

Le principal est cependant de savoir que Dieu a créé toutes les matérialités et spiritualités terrestres et célestes et qu’Il connaît parfaitement l’univers depuis son apparition jusqu’à sa disparition; puisqu’Il en est Lui-même l’Artisan. Si deuxièmement Il n’en était pas informé, cela signifierait qu’Il est incapable. Or Dieu ne peut l’être et l’Essence divine est exempte de toute incapacité. Par conséquent quelle est la nécessité pour Lui d’éprouver l’humanité qu’Il a Lui-même créé et dont Il possède totalement la destinée?!

Réponse: il faut savoir que Dieu le Tout Puissant dans son enseignement coranique, expose la création de deux manières:

1- Par la logique sociale, il enseigne en s’adressant à la classe moyenne de la population, dans son propre langage. D’après cette logique, le Dieu de la création est l’Autorité Suprême, Il possède la Royauté Absolue et la Souveraineté exclusive et tous sont Ses serviteurs. La vie terrestre humaine n’est en fait que la prémisse de la vie éternelle dans l’autre monde; pour cela, celle-ci doit donc être conforme à Sa Volonté et Ses commandements. Alors dans cette seconde naissance (de l’au-delà) l’homme obtiendra la rétribution de ses actions. De ce point de vue la vie ici-bas est une période d’épreuve où l’examinateur est Dieu, le Très Haut. Les versets coraniques l’expriment de la manière suivante:

كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ ۗ وَنَبْلُوكُمْ بِالشَّرِّ وَالْخَيْرِ فِتْنَةً ۖ

« Toute âme goûte à la mort et Nous vous éprouvons par le mal et le bien (cause de) trouble »1

2- Au moyen d’une logique rationnelle pure, d’un réalisme et d’une vision universelle réaliste; Dieu, la création du monde ainsi que les événements beaux ou laids ressemblent à un artiste peintre dessinant et traçant un paysage dans toute sa splendeur, sa laideur, son côté agréable ou déplaisant. Alors il ne lui sera plus demandé le pourquoi et le comment de son œuvre d’art et la question d’épreuve ne sera plus abordée. Il ne faut cependant pas oublier l’hypothèse selon laquelle le rôle des êtres humains présents dans cette œuvre est en fait un choix personnel. C’est-à-dire qu’ils ont été formés de cette manière; les œuvres sont belles ou laides, et le rôle qu’ils auront à l’avenir dépend directement de leurs actions présentes.

La création des cieux et de la terre en six jours

Question: La Volonté divine est immédiate et dépouillée de volonté inexistante; ainsi est apparue l’existence. Peut-on ainsi déclarer que la création des cieux et de la terre est survenue en six jours?

Réponse: Le problème est certes philosophique et a été étudié et exposé de façon très précise dans les recueils philosophiques. Il ne se pose pas uniquement à propos de la création en six jours des cieux et de la terre; étant donné que tous les phénomènes du monde visible sont réglés selon l’ordre du mouvement et l’apparition de toute chose provient d’un mouvement spécifique. Sa création est progressive et le fait qu’il en soit ainsi est contradictoire avec la disparition de l’élément influent l’ayant incité. Or tous les composants de cet univers ont ce défaut et ceci n’est guère réservé à la création des cieux en six jours; puisque la Volonté divine – loué soit Son Nom- n’est guère un attribut de Son Essence, mais un attribut d’action se trouvant hors de Son Essence et séparé du statut de l’acte. Si l’on dit que Dieu a décidé telle ou telle chose, cela signifie qu’Il a procuré les causes, les moyens permettant son existence (« un univers de causes étant sous le contrôle de la loi de la causalité). Par conséquent, selon la conformité de la Volonté et la décision de la Volonté divine, concernant la soudaineté, l’existence est soudaine et, sur les points progressifs, est progressive; ce n’est pas du tout une question redoutable. C’est en effet un attribut assuré par l’acte et non pas par l’Essence, jusqu’à ce qu’un changement au sein de l’essence devienne nécessaire.

Mais le principal problème est la relation récente ancienne, soit le rapport variable stable ou encore en d’autres termes la relation existante entre l’effet temporel et la cause hors du temps; il a été lui traité et exposé dans les livres philosophiques et de dialectiques; pour obtenir des commentaires plus complets concernant cette conjecture, il est nécessaire de les consulter.

Ce que nous pouvons cependant exposer ici, c’est des qualificatifs comme progressif, variable, et temporels comme moindre et immense, ne sont en fait que comparatifs et syllogistiques. On les retrouve au sein des créatures de ce monde qui proviennent de cette comparaison; tandis que le rapport existant entre les éléments et Dieu le Très Haut est immuable et hors de tous ces qualificatifs. Le Saint Coran l’exprime d’ailleurs dans deux de ces versets:

إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ

« Certes lorsqu’Il veut une chose, Son commandement consiste à dire: “Sois”… »2

وَمَا أَمْرُنَا إِلَّا وَاحِدَةٌ كَلَمْحٍ بِالْبَصَرِ

« Et Notre commandement est unique, tel un clin d’œil »3

D’après le premier verset, une action accomplie selon la Volonté divine, est son existence externe et dans le deuxième verset l’existence externe des choses est stable et en dehors de tout espace temporel par rapport à Dieu; ce qui signifie que les éléments ont entre eux un rapport à la fois temporel, variable et progressif, alors que leur rapport avec Dieu est immuable, invariable et non progressif.

Croyance au Jour de la Résurrection et son influence

Question: quelle est la portée de croire en la Résurrection sur le comportement et les actions individuels? Quelle situation sociale humaine et fondamentale peut donc être réformée grâce à elle? Étant donné que l’on peut se permettre de douter sur le fait que la société humaine est vivante grâce à l’activité de ses membres et que cette dernière provient de l’impression de nécessité existentielle. L’homme, par son attachement profond à sa longévité et les éléments lui permettant de l’obtenir, s’efforce avec entrain et emploie toute sa volonté pour s’activer infatigablement dans l’espoir d’atteindre le maximum d’intérêt dans ce monde. Chaque fois qu’une personne atteint son objectif, elle redouble ses activités avec une volonté encore plus grande.

Ainsi lorsque l’humanité suit son cours habituel et possède les conditions pour évoluer, elle ne cesse de progresser rapidement, de jour en jour et d’heure en heure. Son ardeur et sa vivacité prennent une apparence encore plus intense et plus récente. Alors que le rappel de la mort et de l’au-delà, et une réflexion sur la vie éternelle après la mort, s’il ne fige pas la volonté personnelle et ne ralentit pas la roue de l’activité sociale en pleine croissance; n’apportera en tout cas rien au point de vue existentiel et ne lui insufflera aucun esprit innovateur.

Réponse: Il ne fait aucun doute que les religions célestes ont en partie placé l’organisation de leur message sur les devoirs à accomplir et la rétribution des actes, eux accomplis (le jour de la rétribution). L’Islam a quant à Lui répandu lancé son invitation sur trois points essentiels; le troisième d’entre eux étant la croyance en la Résurrection. Si quelqu’un doute sur ce fondement, il n’est pas entré dans les limites de la religion et se trouve en dehors de la communauté musulmane, comme celui qui n’accepte pas l’unicité et la prophétie. Ceci démontre parfaitement l’importance accordée par l’Islam à une conviction en la Résurrection – tout comme en l’unicité et la prophétie-

Sachant que le but de l’enseignement et de l’éducation islamique est de régénérer la conscience spirituelle humaine (de manifester l’être humain naturel), on peut en déduire que l’Islam veut nous montrer que le fondement de la Résurrection est l’un des piliers essentiels de l’homme naturel. L’homme véridique est sans lui, tel un corps sans âme, qui aurait perdu la source de toutes les félicités et vertus humaines.

Les sciences et les lois islamiques ne sont guère une série d’éléments rudes et sans âmes, qui auraient été rédigées pour la simple occupation des gens et dans l’objectif d’une stricte adoration et imitation. C’est bien au contraire un ensemble de règlements spirituels et pratiques, constituant un programme applicable dans la vie quotidienne grâce à leur perfection éducative et sociale. Ils ont été établis en fonction des besoins résultant de la création de l’humanité. Les versets suivants en sont le meilleur témoin:

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اسْتَجِيبُوا لِلَّهِ وَلِلرَّسُولِ إِذَا دَعَاكُمْ لِمَا يُحْيِيكُمْ ۖ

« Ô vous qui croyez ! Répondez à Dieu et au Prophète lorsqu’il vous appelle à ce qui donne la vraie vie… »4

فَأَقِمْ وَجْهَكَ لِلدِّينِ حَنِيفًا ۚ فِطْرَتَ اللَّهِ الَّتِي فَطَرَ النَّاسَ عَلَيْهَا ۚ

« Dirige tout ton être vers la religion exclusivement (pour Dieu), telle est la nature que Dieu a originellement donnée aux hommes… »5

Il n’existe par conséquent aucune différence entre la doctrine islamique et les autres lois civiles existantes dans les sociétés développées, assurant leurs exigences essentielles et protégeant leurs ressources vitales. On peut cependant distinguer une différence fondamentale entre le rite divin et les lois humaines sur différents thèmes. Les lois civiles considèrent en effet, uniquement la vie humaine comme étant programmée par des règles légales pour une existence purement matérielle. Les articles de lois suivent la volonté intuitive de la majorité de la population. Alors que la religion céleste reconnaît l’existence humaine comme étant éternelle, et ne s’arrêtant point à la mort, puisqu’elle se poursuit dans l’au-delà. Selon elle, la félicité et le malheur de ce monde dépendent des bonnes ou mauvaises actions de l’être humain; elle a ainsi établi une existence programmée sur la réflexion et non sur l’intuition.

Selon le code civil, la volonté de la majorité de la population doit être mise en application et devenir article de loi; pour les religions célestes, par contre, les règlements pouvant être mis en application, sont ceux étant justes et conformes à un raisonnement équilibré, qu’ils soient en accord ou non avec le désir de la majorité.

La religion divine indique que l’homme naturel (sans aucun préjugé superstitieux et caprice) est capable grâce à sa compréhension innée, de démontrer la réalité de la Résurrection. Il se découvre alors une existence éternelle, au cours de laquelle il doit cheminer au moyen de sa faculté de raisonnement; don particulier de l’humanité. L’être humain se doit de ne pas oublier un instant les éléments de cette réalité; et ne pas devenir un matérialiste inconscient de l’Origine et de la Résurrection. Son raisonnement doit différer de la logique du règne animal; il doit désirer bien d’autres choses que les seuls plaisirs matériels. Croire au Jour de la Résurrection, a certes, une influence évidente sur les différents comportements rationnels et spirituels, sociaux et individuels de l’homme réaliste.

Du point de vue intellectuel, ce mode de pensée à un tel effet qu’il se considère lui-même et tout son environnement, de manière réaliste. Il se conçoit en tant qu’être humain vivant pour une durée limitée et faisant partie des éléments constituants cet univers éphémère. Lui et les autres éléments du monde de l’existence représentent conjointement une caravane qui se déplace nuit et jour vers un autre monde stable et éternel. Cette dernière chemine perpétuellement et très activement entre « la poussée » des mains créatrices (cause agente) et « l’attraction » de l’objectif de la création (jour de la Résurrection). Son influence, du point de vue spirituel, se réalise en transformant son réalisme, sa manière de penser et ses sensations intérieures, tout en les limitant de manière à ce qu’ils s’accordent au but considéré.

Toute personne observant toutes ces requêtes et sa dépendance vis-à-vis de tous les éléments d’un monde existentiel si éphémère, se considère tel un brin de paille balancé par les flots d’un torrent tourmenté, emporté par le courant d’un objectif commun. Plus aucune vanité, fierté ou rébellion ignorante humaine n’effleurera alors son esprit humain et elle ne se laissera plus aller à la débauche, aux différents désirs et caprices. Elle n’empruntera plus des sentiers supplémentaires à ceux nécessaires pour cette vie provisoire et ne se rendra plus prisonnière d’activités superflues le rendant, tel un automate sans décision. Par conséquent, ses contacts quotidiens survenant durant son existence individuelle et sociale diminuent de manière très sensible. Elle ne considère plus inutiles certains de ses bons offices, nécessitant toutes sortes de sacrifices, parfois même existentiels ou matériels. Si elle y laisse la vie, il aura certes perdu cette existence terrestre harassante et provisoire, mais acquerra en échange la vie éternelle et y recevra la récompense de ce sacrifice. Elle atteindra ainsi le bonheur et ne nécessitera plus tous ces scrupules absurdes et trompeurs, pour être incitée et accepter de faire quelques sacrifices; tels les matérialistes inconscients de la Résurrection. Il n’est plus indispensable de lui inculquer que le sacrifice pour la sacro-sainte nation (par des slogans tels que la liberté, la loi et la patrie) apporte à la fois renommée et immortalité (dans les esprits). Pour eux, il pourra atteindre une existence éternelle et honorable. Or si l’être humain disparaît réellement avec la mort, la vie et la gloire ne signifient plus rien d’autre qu’une simple légende.

Les propos tenus dans la question précédente s’éclaircissent ainsi. Il avait été exposé que la conception de la mort et d’un monde après la mort n’ôte en aucune façon l’entrain et les efforts quotidiens. Ceux-ci proviennent en effet, d’une impression de nécessité, et ne disparaissent pas avec la connaissance de la Résurrection. Le comportement des musulmans des premiers temps de l’Islam en est la preuve, ils suivaient plus scrupuleusement les enseignements islamiques et leur cœur débordait au souvenir de la Résurrection; leurs efforts (dans tous les domaines) atteignirent pourtant, un niveau surprenant, sans aucun rapport avec ce qui vint par la suite. Le rappel de la Résurrection prévient tout matérialisme et lascivité excessifs ainsi que le suicide par idées préconçues ou hallucinations.

L’âme humaine existe en réalité constamment avec cette foi en la Résurrection, constituant certes l’un de ses intérêts spirituels. Elle sait que si elle subit une quelconque injustice ou un malheur, un jour viendra où elle sera vengée et que son plein droit lui sera rendu. De même pour toute bonne action accomplie, elle recevra un jour ou l’autre, une récompense au moins équivalente.

Son influence dans les actes individuels et sociaux provient du fait que l’être humain, convaincu de la Résurrection, sait que ses actes apparents ou secrets sont constamment contrôlés et connus de Dieu, le Sage et l’Omniscient; Il reconnaît qu’un jour surviendra où il devra rendre compte de ses actes. Ceci a un effet encore plus profond, qu’un millier d’agents secrets ou des services d’information. Ces derniers ne peuvent certes agir qu’en apparence alors que le Tout Puissant est un Gardien intérieur pour lequel auquel secret ne reste caché.

  • 1. - Coran, Sourate 21 (Les Prophètes), veret 35.
  • 2. - Coran, Sourate 36 (Yâ-Sîn), verset 82.
  • 3. - Coran, Sourate 54 (La lune), verset 50.
  • 4. - Coran, Sourate 8 (Le butin), verset 24.
  • 5. - Coran, Sourate 30 (Les romains), verset 30.