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Partie 8: Existence et quiddité

Sophistes ou négateurs de l’existence de la science

Question: Dans le monde philosophique -depuis des temps très éloignés jusqu’à nos jours-, il a toujours existé, un groupe de personnes supposant toutes choses fictives et présomptives, et ne croyant en aucune réalité. Un certain nombre d’entre elles en arrivaient au point de douter d’elles-mêmes et réfutaient absolument l’existence de la science. Dans le monde philosophique, on les a nommés « sophistiques », nous attendons de votre part une réponse succincte, nous apportant des éléments scientifiques et philosophiques permettant de rejeter leurs prétentions.

Réponse: Nous nous trouvons parfois face à des gens ayant accepté le scepticisme en disant: Tout ce que l’on peut présumer hormis nous et notre idéologie, est invraisemblable, et rien qu’une simple imagination. D’autres sont encore allés plus loin en déclarant qu’à l’exception de moi et de ma pensée, tout n’est que présomption et futilité. D’autres encore avancent que nous doutons de tout et doutons même de ce doute !

Ces derniers renient la science et sont célèbres sous le nom de sophistes; dans les discussions scientifiques à propos de la philosophie, leur méthode de pensée est remise en question et rejetée étant donné que l’existence de la « connaissance » a été démontrée. Sachant que l’homme est réaliste de par sa nature innée, don de Dieu, qui l’éclaire et l’illumine afin de le convaincre des réalités lui étant externes et indépendantes?

Face au scepticisme, nous démontrons une réalité et possédons de très nombreux exemples pour cette vérité en qui nous croyons. Dans chacun d’entre eux se trouve une réalité privilégiée par rapport aux autres, comprenant en son sein l’origine d’effets -lui étant particuliers-. Tous les éléments extérieurs sont une réalité distincte des autres, source de modalité de sa propre portée. Chacune de ces vérités externes visibles pour nous prouve deux significations pouvant en être extraites. En supprimant l’une d’entre elles, une réalité donnée se retrouve vaine et proscrite.

Quiddité (Mâhiyat) et existence (Vodjoud)

Considérant l’être humain en tant qu’être réel, si on le prive de son humanité ou de son existence, sa réalité aura été supprimée. Mais ces deux significations ont cependant, des fondements tout à fait séparés étant donné que « l’existence (vodjoud) » est contradictoire de « l’inexistence ('adam) » et qu’il est impossible de les (existence et inexistence) trouver réunis, contrairement à la quiddité qui peut être pourvue à la fois de l’existence et de l’inexistence.

De la même façon, ces deux significations ne sont guère par essence authentiques (soit source de coordination de l’effet); sinon toute vérité externe deviendrait double, alors que tout élément réel existe par une unité concomitante et possède une seule réalité. Nous sommes donc contraints de prendre l’une de ces deux significations, -authentique par essence et source d’effet- en échange de l’autre. Cette dernière sera originelle et jouira elle de la réalité. En d’autres termes l’on peut dire que l’un de ces sens possédera, une réalité semblable à l’autre (réalité) au moyen de leur union, tandis qu’au point de vue de l’essence elle gardera sa propre valeur.

Mais il faut à présent s’interroger: La quiddité est-elle authentique ou bien l’existence? Sachant que les essences externes, n’étant autres que quiddité existentielle, sont pourvues d’une origine de modalité pour l’effet; dont le sens (de l’existence) abstrait la planification de ce dernier (effet). Et lorsque la quiddité égalise dans les limites de sa propre essence l’origine et l’inexistence, il faut en conclure que l’existence est la principale et non la quiddité.

Par ces deux arguments: l’authenticité de l’existence et la nullité des autres propos énoncés, au sujet de celle-ci (authenticité), s’en trouvent éclairé. Par exemple, concernant l’authenticité de la quiddité et la crédibilité de l’existence; étant donné que le jugement formel de l’intelligence essentielle est équivalent vis-à-vis de la réalité et de l’irréalité, on ne peut le reconnaître en tant que réalité même et le nommer d’authentique.

Comme il l’a été exposé précédemment, il est originel au sein de l’Être Nécessaire et quiddité dans la probabilité; il est ainsi originel dans l’Être Nécessaire et probable au sein de la création (keynounat). Nous n’appréhendons cependant qu’une seule signification de l’existence de la création dans la nécessité et la probabilité, source de la formation de l’effet. Nous pouvons donc, en déduire que ces deux termes existence et être (création) sont synonymes et la réalité de ces propos n’excède guère une simple désignation.

D’autres discours similaires déclarent que ni l’existence est authentique, ni l’essence, mais que c’est certes la vérité qui est authentique; puisque nous expliquons l’authenticité par l’originalité de la modalité de l’effet. Ces paroles encore une fois renvoient à une désignation et la réalité que contient cette conviction est en fait ce que nomment les autres d’existence.

Doute concernant l’existence

En introduction, il faut savoir que les logiciens, suite à des discussions superficielles et préliminaires, ont subdivisé les généralités en deux groupes: univoque et équivoque. Univoque est la quiddité dont les éléments sont équivalents au point de vue de la sincérité de cette dernière (quiddité); telle la signification de l’humanité, pour laquelle les êtres humains sont égaux d’après les vérités du sens humain. Et s’il existe des différences, c’est en dehors du sens donné à l’humanité, et reste du domaine de l’accidentel, tels la longueur, la grandeur, le poids, la jeunesse, la vieillesse et autres. Tandis qu’équivoque est la quiddité des éléments différents dans la véracité la plus totale, déjà citée. Telle la lumière dont les composants sont intenses ou faibles, divers ou différents; ces différences et cette diversité proviennent de la luminosité de la lumière, du point de vue de l’intensité ou de la défaillance. La lumière intense l’est par sa luminosité et non pas dans le sens d’une luminosité lui étant extérieure; même chose pour une lumière faible.

L’ensemble des perceptions essentielles est équivoque. Grâce à la faculté visuelle, nous percevons la lumière, selon les situations elle est différente, et cette différence est due à la luminosité même; -comme nous l’avons énoncé-. De la même façon, nous appréhendons les dimensions et les distances en considérant des nuances de longueur, grandeur, éloignement ou rapprochement, celles-ci se retrouvent dans les dimensions et la quantité. Les facultés auditives nous permettant elles de réceptionner les sons, du faible au plus faible et du puissant au plus puissant, ces variations proviennent des sons entendus et non pas dans un sens fortuit. Puis c’est l’odorat par lequel nous parviennent les odeurs et les parfums plus ou moins odorants ou infects. Leur intensité dépend de la quiddité de leurs parfums. Nos capacités gustatives quant-à-elles, nous permettent de sentir les aliments, certains sont sucrés, d’autres plus sucrés, amers ou très amers, acides ou très acides et ainsi de suite; leurs nuances se trouvent dans les saveurs elles-mêmes et non pas dans des éléments externes à leur essence. Par le toucher nous discernons le concret, certains éléments sont chauds, d’autres plus chauds, froids et d’autres plus froids, durs et plus durs, mous et parfois plus mous, ces diverses sensations sont tactiles et dépendent de ces éléments, un point c’est tout.

Par une réflexion plus intense, l’on perçoit effectivement que cette essence équivoque est certes diverse et contradictoire. Elle ne se trouve pas dans l’essence elle-même dans un sens compréhensible pour répondre à cette interrogation: « qu’est-ce? », mais dans la véracité des situations. Par exemple, la signification du terme « savoir (savâd) » est le même dans le cas d’un savoir moindre ou poussé sans aucune modification et différent; puisque c’est dans son existence externe qu’il est faible ou intense. L’équivoque se trouve par conséquent dans l’existence et non pas dans l’essence. C’est d’ailleurs pourquoi les gens déclarent toute équivoque se trouve dans ce qui est accidentel et non dans le hasard ».

L’équivoque est par conséquent démontrable, mais au sein de l’existence et non de l’essence. Si certains ont déclaré que l’équivoque n’est guère rationnelle, cela est dû au fait qu’il n’y a guère de raison de dire qu’un élément unique est à la fois intense et faible, deux qualités opposées. C’est une erreur commise entre l’unité par le nombre, individuelle et l’unité par généralité; or la possession de qualités opposées est impossible chez individu, mais non dans une unité par généralité.

Il devient alors évident que l’équivoque est une vérité acceptant des différents dans les limites de l’essence, dans ces propres applications elle possédait certes des divergences survenant par différents ou par hasard.

Suite à cette introduction, nous avançons que la signification de l’existence – telle qu’ils l’ont annoncé- est certes unique et portée par l’ensemble des créatures. La vérité de l’existence étant l’exemple de cette représentation, le niveau d’organisation de l’effet est la réalité externe de cette dernière. C’est une vérité unique et une catégorie unique; cette vérité unique s’avère par des différents survenant dans diverses situations, au point de vue de l’existence, de la possibilité, de la cause et de l’effet, de l’unité et de la multiplicité, de la force et de l’acte, etc. C’est une vérité équivoque possédant différents stades d’intensité et de faiblesse essentielles.

L’erreur contenue dans les propos rapportés par un groupe de personne est donc devenue évidente: pour eux « l’existence » est un mot commun terminologique et l’existence de toute essence a pour sens cette même essence. Ceci provient du fait que le sens du mot existence est contraire au sens du mot « inexistence » et que l’essence a une relation équivalente vis-à-vis de l’existence et de l’inexistence. Par un jugement catégorique rationnel on s’aperçoit qu’elle ne réfute pas d’être pourvue de ces deux contraires, si l’existence de toute essence désignait cette même essence, cela aurait nécessité l’autorisation de l’union de la signification d’un des contraires avec celle de l’autre contraire; ce qui serait contre toute logique. Ces propos sont en réalité des erreurs de compréhension, ils sont faux concernant l’union de l’essence, tout comme les exemples d’existence, d’union de l’essence et la signification de l’existence.

Comme sont également fausses les déclarations, parlant d’association terminologique de l’existence entre la nécessité et la possibilité. Selon eux le sens de l’existence dans la nécessité du point de vue de la signification est contradictoire avec le sens de l’existence probable.

Ces déclarations sont des erreurs de sens dans les exemples donnés, du fait de leur corruption, les contradictions existantes entre la nécessité et le probable se trouvent dans les exemples d’existence, réalités visuelles et étapes d’organisation de l’effet, et non dans le sens de l’existence.

D’autres personnes elles, ont prétendues que les existences externes sont des vérités dissemblables à toutes les essences. Ces paroles erronées nécessitent en tout cas l’abstraction d’une signification unique de cas multiples pour de quiddités multiples, ce qui est certes impossible.

La quiddité pourvue de l’existence

D’après les discussions précédentes, toutes les créatures externes visibles sont des réalités uniques, sources d’abstraction des deux significations: existence et quiddité. Pour cela, il est nécessaire que l’une d’entre elles soit par essence originelle et réelle et que l’autre jouisse par attribution, d’authenticité et de réalité. De ce point de vue, l’organisation de l’effet est un critère d’authenticité dépendant de l’abstraction de l’existence. L’authenticité appartient certes à l’existence même, et la quiddité en est attribuée afin de pouvoir jouir à la fois de celle-ci (authenticité) et de sa réalisation. Elle est crédible dans les limites de sa propre essence.

La crédibilité de la quiddité ne signifie pourtant pas que c’est une affaire présomptive et illusoire, hors de tout dogmatisme, n’ayant pour seul foyer l’esprit et l’imagination. La quiddité est en fait une existence externe, elle est semblable à la réalité et ne possède guère une authenticité par essence, mais la possède par attribution à l’existence. La quiddité est par rapport à la vérité, la limite de l’existence et la frontière séparant une existence donnée d’autres existences.

C’est ainsi qu’une erreur commise dans certaines déclarations devient évidente: ce dont jouit la quiddité au sein de l’existence externe des manifestations doit se réaliser; sinon tout cela ne serait qu’illusion.

Le point de vue erroné selon lequel la quiddité subjective est l’existence subjective de la quiddité manifeste, en vertu de la preuve de l’existence subjective; or d’après sa propre essence, elle est similaire à la quiddité manifeste. Ce sujet est en réalité tout à fait rationnel pour les préceptes de jurisprudence et les effets réels; s’il n’est qu’illusion, l’origine de la quiddité elle aussi est présomptive et en perdra ainsi tout réalisme (même le réalisme par attribution).

Les phénomènes réels, comprenant la situation des êtres à l’existence établie et décrétée, se sont transformés en un concept présomptif; de cette manière les sciences se dirigeront généralement vers un domaine sans aucun fondement et caduc. Un médecin pratiquant, par exemple, déclarant que tout être humain possède un cœur ou un sage (hakim) annonçant que tout homme est composé d’un corps et d’une âme; seuls les individus visibles que décrit cette personne seront pris en compte. Le narrateur en son temps et la science chuteront alors de son état scientifique.

Les préceptes de la quiddité même sont les attributs essentiels de cette même quiddité, sans tenir compte de l’existence mentale et manifeste -telle que la sexualité, spécificité, essentialité et attribution-, sont voués à disparaître.

Ces derniers sont en effet, sous des formes reconnues dans l’existence mentale et la méthode scientifique considérant les situations manifestes telles une fresque. La fresque d’un cheval par exemple, gravée dans un mur, la vision de cette figure animale nous rappellerait un homme !

L’erreur de ces propos est bien sûr évidente; étant donné que notre perception ne peut obtenir autre chose qu’une esquisse et sa forme et qu’il ne peut absolument pas en appréhender le propriétaire extérieur; comment est-il possible qu’en voyant une forme quelconque, il puisse percevoir le détenteur de cette silhouette manifeste; alors qu’il ne possède aucune information à son sujet? Par conséquent ces commentaires sont une forme de sophisme catégorique.