La science et la résurrection

L’un des acquis les plus appréciables des différentes étapes du progrès des sciences expérimentales a été la démonstration de la possibilité de reconstitution de la vie humaine par la voie scientifique.

De ce fait, la question de la résurrection a été envisagée avec un regard nouveau, et a reçu pour la première fois un intérêt profond. Tout cela a contribué à une meilleure compréhension du sujet, et tout laisse présager que les investigations scientifiques seront couronnées de succès.

Au fur et à mesure que la science progresse, elle lève davantage de voiles et de confusion. Les anciens penseurs matérialistes pensaient qu’en touchant au terme de sa vie terrestre, l’homme ne pouvait pas y opérer un retour, et ils n’ont donc pas pu considérer la question de la résurrection comme ayant un intérêt scientifique.

Le premier changement intervenu à ce sujet dans le domaine scientifique réside dans les travaux du savant français Lavoisier, fondateur de la chimie moderne, qui a mis un terme aux anciennes théories prévalant dans ce domaine, et les a réfutées totalement. Il consacra sa vie à de vastes recherches qui lui permirent de dégager sa fameuse loi selon laquelle la quantité de matière reste stable dans l’univers, que rien ne se crée, rien ne se perd et que tout se transforme.

Même si cette loi n’est plus vérifiée depuis la découverte qui démontre la transformation de la matière en énergie, elle reste cependant admise en tant que principe de la permanence de la matière et de l’énergie.

Par conséquent, toute action ou réaction chimique sur la matière de cet univers transforment la forme de la matière en question, et aucun de ses éléments ne disparaît totalement. Tout ce que nous voyons et percevons est un ensemble complexe de différentes molécules aux propriétés variables. Par conséquent, cette théorie de Lavoisier a supplanté les précédentes, et a fourni des explications à tous les changements et transformations de la matière.

La goutte d’eau qui tombe par terre et s’efface, la fumée de la cigarette qui se perd dans l’air, les combustibles qui se consument dans les grandes usines, les flammes qui s’élèvent des braises, la bougie qui brûle et disperse ses atomes dans l’espace, toutes ces matières ne disparaissent et ne s’anéantissent pas.

Si nous pouvions avec des moyens perfectionnés en recueillir les parties, et les rassembler, la matière reprendrait sa forme première sans le moindre défaut. C’est notre regard superficiel, et notre intelligence limitée qui nous induisent en erreur et nous suggèrent que cette matière a été réduite à néant.

On sait que le corps humain a été créé de terre, et qu’après une période de changement, il retourne à son état premier et redevient terre, et cela parce qu’il est doté de l’aptitude aux changements. Mais au cours de ces transformations, il ne perd pas son identité, et ne devient pas néant, il perd seulement une forme de sa structure comme tous les autres corps, et ne perd rien de son essence.

Malgré cela, si le corps mort d’un homme se transforme en terre sous l’action des facteurs internes et externes, il prend chaque jour un aspect différent, servant tantôt de sol à des herbes que les animaux viendront brouter devenant par conséquent une partie du corps de ces derniers, tantôt entrant dans la composition d’autres différents corps. Mais son essence et son contenu demeurent invariables, ne devenant jamais néant au cours des transformations subies.

Même les différentes formes que prend l’énergie émanant de nos actes bons ou mauvais sont fixées pour l’éternité, et sont inscrites dans le registre universel. Ces formes sont le facteur décisif de notre devenir futur, et c’est en fonction d’elles que se dessine notre joie et bonheur ou notre malheur ainsi que notre châtiment éternel. Dès lors, nous serons contraints de nous soumettre aux conséquences de nos actes.

Les efforts des savants et des chercheurs modernes en matière technologique ont pu parvenir à reconstituer des ondes acoustiques de certaines personnes employées comme techniciens dans la fabrication de certains appareils manuels, en se servant des traces des vibrations de leurs mains qui s’étaient imprimées sur ces appareils.

Ces réalisations scientifiques témoignent par elles-mêmes de la véracité de la Résurrection. De plus, elles ouvrent une voie à l’observation scientifique et rationnelle du phénomène de la résurrection. Et s’il en est ainsi, pourquoi Dieu ne serait-Il pas capable de restituer au corps humain sa forme première à partir des atomes éparpillés?

« C’est d’elle (de la terre) que nous vous avons créés, et en elle nous vous retournerons, et d’elle nous vous ferons sortir une fois encore. »1

Ce noble verset nous invite à méditer sur la puissance créatrice de Dieu, qu’Il soit exalté, et présente de façon éloquente le passé de l’homme, son futur ici-bas et dans l’au-delà, afin de rassurer l’âme tourmentée des hommes. On ne pourrait en effet trouver dans la mort une preuve de l’anéantissement de l’homme, les changements survenus en ce dernier devenant dépourvus d’objectif, vain et sans sagesse aucune.

Il est clair que la vie terrestre est loin de pouvoir être considérée comme le but de la création. Si nous considérons l’existence dans son ensemble, nous constaterons que celle-ci ne vaut guère la vie de l’au-delà. À ceux qui s’imaginent que le corps humain s’est désintégré et dispersé par suite des effets chimiques terrestres, qu’il s’est décomposé au point qu’il n’est plus possible de le ramener à la vie, le Coran répond :

« Mais ils s'étonnent que l'un des leurs leur vint comme avertisseur; et les mécréants dirent : "Ceci est une chose étonnante". Quoi! Quand nous serons morts et réduits en poussière...? Ce serait revenir de loin"! Certes, Nous savons ce que la terre rongera d'eux [de leurs corps]; et Nous avons un Livre où tout est conservé. »2

Ce verset montre et déclare à ceux qui n’ajoutent pas foi à la résurrection des morts, que Dieu, sait parfaitement où se trouvent ces mêmes éléments qui composaient le corps et qui s’étaient désintégrés peu à peu pour retourner à leur état naturel, et que Dieu rassemblera ces parties dispersées et en fera des corps-ce qui nous semble impossible selon un moule nouveau, mais le contenu sera supérieur au précédent.

Un jour que le Prophète était en train de parler de la Résurrection, au début de l’Islam, un bédouin arabe venu du désert et qui s’appelait Ubbay ibn Khalafs'était présenté devant lui avec un os rongé.

Pour ne pas se laisser vaincre par l’argumentation du Prophète et la logique du Coran, il décida de briser en morceaux l’os qu’il avait en main, et sûr que cela constituait un argument définitif contre la résurrection, il répandit dans l’air sous les yeux du Prophète, l’os réduit en poussière, disant en termes sévères avec une expression d’ignorant : « Qui va donner la vie à des os quand ils sont cariés? » Il espérait ainsi ébranler la logique du Prophète, et persuader les autres à nier définitivement la résurrection.

Sa mentalité djahilienne (de l’époque d’ignorance, antérieure à l’islam) était telle qu’il n’avait aucune idée de la création. Il s’imaginait qu’il n’existait aucun moyen de rassembler les ossements cariés qui se sont transformés en poussière. Il persiste à croire que la transformation graduelle du corps en molécules libres rend leur rassemblement inacceptable par la raison : on ne peut reconstruire la vie à partir de poussière éparpillée.

Mais le Coran apporte avec une clarté et une force d’expression remarquable la réponse à la question qu’il se pose :

« Dis : "Celui qui les a créés une première fois, leur redonnera la vie. Il Se connaît parfaitement à toute création; c'est Lui qui, de l'arbre vert, a fait pour vous du feu, et voilà que de cela vous allumez. Celui qui a créé les cieux et la terre ne sera-t-Il pas capable de créer leur pareil? Oh que si! Et Il est le grand Créateur, l'Omniscient. »3

Le Saint Coran appelle l’intellect humain pourvu de la faculté de connaissance et de compréhension à porter un regard profond sur la structure merveilleuse de l’existence, les phénomènes qui y surgissent, les aspects méticuleux qui la composent, et les sages et immuables lois qui la régissent.

Ce faisant, l’homme pourra comprendre que le retour à la vie des hommes au Jour Dernier n’est pas plus difficile que leur création première incarnée par l’ordre actuel où leur corps possède un nombre considérable de différentes matières.

La précision dans la réflexion donne lieu à des idées justes. L’homme doit par conséquent se faire une idée claire de ce monde dans lequel il vit, une idée à même de lui permettre d’arriver au fond des problèmes, et de les cerner en toute logique. Le Coran insiste sur le renouvellement de la création en ces termes :

« Quoi? Avons-Nous été fatigué par la première création? Mais ils sont dans la confusion [au sujet] d'une création nouvelle. »4

Le Coran veut attirer l’attention sur ce point que le retour à la vie qui semble impossible par comparaison avec la force humaine, n’est pas une chose compliquée, ni une affaire impossible par rapport à la puissance infinie de Dieu qui a donné vie au corps inerte.

Les vivants peuvent s’interroger eux-mêmes et se demander comment les parties de leur corps qui étaient auparavant dispersées à travers la terre ont pu recevoir le souffle de la vie, et comment ensuite un être vivant est apparu à partir d’une matière inerte.

Puisque la séparation des différents éléments du corps ne conduit pas à leur scission définitive, l’esprit humain pourra se représenter clairement le problème, et ne trouvera aucune difficulté pour la puissance créatrice infinie de Dieu de reconstituer les éléments épars, de leur redonner vie, et de donner lieu à une nouvelle création.

Le Coran rappelle la capacité divine infinie pour la restructuration, et même la reconstitution des caractéristiques et particularités spécifiques des organes du corps humain :

« L'homme, pense-t-il que Nous ne réunirons jamais ses os? Mais si! Nous sommes capables de remettre à leur place les extrémités de ses doigts. »5

Il y a dans ce verset insistance sur le fait que Dieu n’est pas seulement capable de rassembler les os cariés des morts et de leur redonner la vie, mais aussi des particules plus petites comme les atomes, de les lier les uns aux autres et leur insuffler la vie de nouveau.

Quand la puissance divine décidera de ramener l’homme à la vie pour parachever l’objectif final de la création de l’univers, tout comme elle a pu répandre la vie sur la terre morte et inerte, elle pourra redonner forme à l’homme au Jour de la Résurrection, et il n’existe aucun agent entravant cette puissance infinie qui restituera à l’homme toutes les caractéristiques corporelles.

Il y a dans ce verset une observation subtile : Dieu choisit parmi toutes les merveilles du corps humain les lignes des doigts qui marquent les jointures des petits os comme le témoin de sa Toute puissance. Et cela parce qu’il est possible que des individus se ressemblent relativement dans tous leurs organes, mais il n’existe pas dans tout l’univers deux personnes dont les empreintes digitales puissent être identiques.

Les sciences expérimentales ont démontré qu’au cours de toutes les étapes de la vie, et des transformations qui y surviennent dans la composition du corps, les empreintes digitales-phénomène exceptionnelles demeurent invariables.

Et quand la peau est par accident enlevée, une nouvelle peau vient la remplacer avec les mêmes particularités précédentes. C’est pour cela que les spécialistes en la matière savent pertinemment que les empreintes digitales offrent le meilleur moyen de déterminer l’identité des individus.

Elles sont considérées de nos jours comme un document important pour la police criminelle dans ses enquêtes. Ce phénomène a échappé à l’attention des hommes depuis la révélation du Coran pendant 13 siècles, jusqu’à sa découverte scientifique par les Anglais en 1884.

L’homme réaliste comprendra sans doute ni hésitation que la volonté puissante de Dieu intervient directement dans toutes ces merveilles. Comment un homme doué de raison pourrait-il autrement admettre qu’un mouvement mécanique aveugle puisse créer un tel phénomène étonnant?

  • 1. Coran, sourate 20, verset 55
  • 2. Coran, Sourate 50, versets 2, 3, 4
  • 3. Coran, Sourate 35, versets 70, 80, 81
  • 4. Coran, Sourate 50, verset 15
  • 5. Coran, Sourate 75, versets 3, 4