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Le rôle de la religion dans la vie humaine

La définition de la religion

Pour comprendre ce qu’est la religion et quel est son rôle dans la vie des hommes nous devrions, avant tout, connaître sa définition.

La religion peut être définie brièvement comme suit : la religion (dîn) est un mouvement universel guidé par la lumière de la foi en Allah et un sens des responsabilités en vue de la réforme de la pensée et de la croyance, pour la promotion des principes élevés de la morale, l’établissement de bonnes relations entre les membres de la société, et l’élimination de toutes sortes de discriminations injustifiées.

En gardant en vue cette définition, notre besoin de la religion et des enseignements religieux apparaît comme absolument nécessaire. Pour approfondir un peu, on peut dire que nous avons besoin de la religion pour les raisons suivantes :

1. Une sanction pour les principes moraux

La religion apporte une sanction aux principes moraux tels que la justice, l’honnêteté, la droiture, la fraternité, l’égalité, le caractère vertueux, la tolérance, le sacrifice, l’aide aux nécessiteux et d’autres vertus. Il y a des vertus sans lesquelles, non seulement notre vie perdrait son ordre et sa normalité, mais elle pourrait très probablement se transformer en chaos.

Il est possible évidemment d’acquérir ces qualités morales et sociales sans l’aide de la religion. Mais en l’absence d’une foi religieuse ferme, ces valeurs semblent dépouillées de leur sens et deviennent une série de pures recommandations sans base, car dans un tel cas elles équivaudraient tout au plus à quelques petits conseils prodigués par des amis intimes et que nous sommes tout à fait libres d’accepter ou de rejeter.

Ces qualités sont plutôt fondées sur un sentiment et une foi intimes, et se trouvent naturellement au-delà de la portée d’une loi ordinaire.

C’est seulement la foi en l’existence d’un Être Éternel, connaissant l’homme aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, et ayant un contrôle total sur lui, qui forge chez l’homme ces vertus, et la pousse à observer la droiture, le respect du devoir, et si nécessaire, à se sacrifier pour les autres.

Will Durant, le célèbre philosophe et historien écrit dans son livre « Les Plaisirs de la Philosophie » que sans la base de la religion, la morale n’est rien de plus qu’une « arithmomancie », puisque, sans elle, le sens de l’obligation disparaît.

2. Une force pour endurer l’adversité de la vie

La religion confère à l’homme la force de faire face à l’adversité et sert de rempart contre les réactions dangereuses dues au découragement et à la désespérance. L’homme religieux, avec une Foi solide en Allah et en Sa Munificence ne doit pas se trouver en état de désespoir total, même aux moments les plus difficiles de sa vie, car il sait bien qu’il bénéficie de la protection d’un Être qui est Tout-Puissant.

En croyant au fait que tout problème peut être résolu et toute impasse peut être contournée avec l’aide d’Allah, un homme religieux parvient à surpasser toute déception et tout désespoir. Pour cette même raison, il arrive rarement qu’un homme religieux souffre d’une réaction aiguë de désespoir telle que le suicide, la dépression nerveuse ou les troubles psychiques qui sont le produit de la frustration et du défaitisme.

Le Saint Coran dit :

« Non vraiment, ceux qui sont proches d’Allah n’éprouvent aucune crainte, ils ne sont pas affligés... » (Sourate Yûnis ; 10:62)

L’Imam Ja`far al-Çâdiq dit : « Un vrai croyant ne se suicide jamais. »

Donc la foi religieuse est d’une part, une force de motivation, de l’autre, un facteur qui rend l’homme capable de faire face courageusement aux difficultés et le sauve des effets nuisibles de la chute et de la déception.

À la suite de la chute des nazis, Bertrand Russell a dit qu’il existait un danger de révolte intellectuelle et idéologique en Allemagne, mais que sans aucun doute la religion a été l’un des plus grands facteurs du retour de ce pays à la stabilité.

3. Affronter le vice idéologique

L’homme ne peut vivre dans un vice idéologique pendant longtemps, et c’est pourquoi sa tendance pour une idéologie erronée et des valeurs fausses s’enracinent. Sa vie intellectuelle n’est pas remplie de croyances saines et d’enseignements adéquats. Les idées superstitieuses et même destructives peuvent frayer un chemin vers sa tendance spirituelle et polluer en outre son cerveau.

Les exemples de la tendance de l’homme à l’idolâtrie, au culte de la personnalité et aux différentes superstitions et crédulités relatives à l’influence des choses irrationnelles sur le destin peuvent avoir place même dans la vie du monde intellectuel. Tout cela est dû au vice spirituel.

C’est la religion qui est à même de remplir le vice idéologique par des enseignements sains et de sauver l’homme de la tendance aux absurdités et à l’irrationnel.

De là, une vraie compréhension de la religion peut jouer un rôle important dans la lutte contre les superstitions, bien qu’il soit vrai que la religion elle-même, si elle n’est pas comprise correctement, pourrait promouvoir les superstitions.

4. Une aide au progrès de la science et du savoir

La religion peut, avec ses enseignements sains et fermes, être un facteur réel de progrès scientifique, car elle est basée sur un fondement solide de « libre choix », et de ce fait tout homme est responsable de ses propres actions.

Le Saint Coran dit :

« Tout homme est tenu pour responsable de ce qu’il a fait... » (Sourate al-Mudath-thir ; 74:38)

La foi dans la religion nous apprend que le savoir illimité est la source de ce cosmos qui est semblable à un grand livre écrit par un savant érudit et dont chaque page, ou plutôt chaque ligne et chaque mot contiennent une vérité éclatante qui stimule en nous le désir d’étudier et de contempler davantage.

Cette attitude envers le cosmos suscite en nous sans aucun doute une pensée persistante sur le mécanisme de la création, et aide par conséquent au progrès de la science et du savoir.

À l’opposé, si nous soutenons que cet univers est le produit de facteurs tout à fait mécaniques et sans aucun intellect, il n’y aurait pas de raison plausible qui nous pousserait à faire des efforts soutenus pour découvrir ses secrets. En principe, un univers qui serait le produit du travail d’un mécanisme inconscient ne peut être ni harmonieux ni mystérieux.

Outre qu’elle porte un coup moral à l’avancement de la science et de la connaissance, une telle conception du cosmos nie le fait même que l’instinct de l’homme soit profondément enraciné dans la religion. Albert Einstein avait tout à fait raison lorsqu’il a indiqué pourquoi les grands penseurs et découvreurs s’intéressaient à la religion.

Il a dit qu’il était difficile de trouver une seule des grandes têtes pensantes du monde qui n’ait pas une sorte de sentiment religieux particulier à lui et que ce sentiment était différent de la religion de l’homme de la rue

Il a la forme d’un étonnement enchanté devant l’exactitude merveilleuse du système de l’univers, qui de temps en temps dévoile des secrets devant lesquelles toute pensées ou recherche humaine organisée parait insignifiante et terne. Ce sentiment illumine la voie de la vie et les efforts du scientifique, et comme celui-ci connaît souvent le succès et l’honneur, il le préserve du poids accablant de l’égoïsme et de la vanité.

Quelle croyance au système de l’univers et quel désir fascinant, a-t-il ajouté, que ce qui a rendu Kepler et Newton capables de souffrir des années durant dans l’isolement et le silence complet pour simplifier et expliquer les lois de la gravitation et le mouvement des planètes !

Il n’y a là aucun doute que c’est ce même sentiment religieux qui a permis pendant des siècles, à des hommes dévoués et désintéressés de se redresser et de faire de nouveaux efforts, malgré leurs défaites apparentes et leurs échecs (Le Monde tel que je le vois).

Le scientifique contemporain, Abernethy dit que la science doit, pour sa propre perfection, regarder la foi en Dieu comme l’un de ses principes admis.

Donc l’homme religieux, selon les enseignements religieux authentiques peut plus que tout autre, réaliser des recherches et découvrir les secrets de la nature.

5. Combattre la discrimination

La religion s’oppose fermement à toute discrimination fondée sur la couleur, la race ou la classe, car elle considère tous les êtres humains comme la création de Dieu et tout pays comme la patrie de Dieu. Selon la religion, tout le monde bénéficie de l’amour et de la bonté de Dieu, et de ce fait, tous les hommes sont égaux.

D’après les enseignements de l’Islam, aucun homme n’est supérieur à un autre par sa couleur, sa race, son ascendance, sa langue ou sa classe.

L’Islam reconnaît seulement la piété et le savoir comme pierres de touche de la supériorité. En effet, Allah dit :

« O vous, les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux d’entre vous. » (Sourate Al-Hujurât ; 49:13)

Donc, le rôle de la religion dans un monde qui n’est pas encore capable de résoudre même le problème de la couleur et la question de la distinction de classe est tout à fait évident.

En tout cas, il est indéniable que n’importe quelle sorte de pensée ou de croyance religieuse ne peut pas parvenir aux résultats escomptés. Comme toute autre recherche intellectuelle, la religion exige une guidance pertinente.

Autrement, elle s’érigerait en superstition, monachisme, faite devant la vie positive, et tendances pseudo-gnostiques, dont les exemples sont nombreux même de nos jours en Occident où des gens en ont assez de la vie mécanique. C’est seulement dans une telle atmosphère que la religion est considérée comme un facteur d’obstruction pour avoir réclamé un savoir correct.

Les racines du sens de la religion

L’homme s’est familiarisé avec la religion depuis un temps si lointain qu’il couvre toute l’histoire enregistrée de la vie humaine et remonte aux profondeurs des époques préhistoriques. Le Saint Coran a décrit la religion comme la nature innée de l’homme et l’ordre établi d’Allah. En effet, il dit à ce propos :

« ... La Religion est en harmonie avec la nature qu’Allah a donnée à l’homme en le créant ». (Sourate Al-Roum ; 30:30)

Les recherches menées par les sociologues et les historiens montrent que les lieux de culte, qu’ils soient sous une forme simple ou élaborée et complexe avaient toujours une influence sur la vie humaine, et que la religion sous ses formes diverses s’est toujours imbriquée dans l’histoire de l’homme.

Will Durant, après avoir discuté d’une façon détaillée de l’athéisme de certaines gens, écrit, que malgré tout ce qui a été dit à ce propos, il y a des cas exceptionnels où l’ancienne idée selon laquelle la religion est un phénomène qui s’étend généralement à tous les êtres humains est vraie.

La question de la religion est du point de vue du philosophe, l’une des questions fondamentales de l’histoire et de la psychologie. Il ajoute que depuis les époques immémoriales la religion allait toujours de pair avec l’histoire de l’humanité. L’idée de la piété ne peut jamais quitter le cœur humain (« Histoire de la Civilisation », vol. I, pp. 88-89).

Du point de vue psychologique cette relation historique entre l’homme et la religion prouve que le « sentiment religieux » est l’un des instincts humains fondamentaux et l’un des éléments naturels de l’âme humaine.

Il est clair que parfois, lorsque le niveau de la pensée humaine était bas et que les sciences n’avaient pas encore réalisé un progrès remarquable, ce sentiment intime était incroyablement mélangé avec des superstitions ; mais que graduellement, avec le progrès de la science d’une part, les efforts persistants et les enseignements des Prophètes de l’autre, il s’est purifié des adultérations, et a recouvré par conséquent sa pureté et son originalité.

Les vagues antireligieuses pendant les siècles passés

Dans ces circonstances, il paraît surprenant que pendant les siècles passés, notamment depuis le XVIe siècle, une vague antireligieuse violente ait englouti les pays occidentaux, et que beaucoup de libres penseurs européens se soient séparés de l’Église.

Ceux qui voulaient rester loyaux envers la religion se sont tournés vers certaines religions orientales ou plutôt vers une sorte de gnosticisme, alors qu’un grand nombre de gens ont été attirés par le matérialisme et tout ce qui est de ce genre. Mais lorsqu’on examine de plus près les racines de ce sujet, on remarque que dans les circonstances spécifiques qui prévalaient en Europe à cette époque, ce phénomène n’avait rien d’inattendu.

Pour l’expliquer, on doit considérer les facteurs ayant conduit aux mouvements antireligieux et à la tendance au matérialisme en Europe, dans le contexte de la politique suivie par l’Église à l’égard de la Renaissance et du progrès réalisé dans les divers domaines de la science naturelle.

En effet, au Moyen Âge et notamment durant la période allant du XIIIe au XVe siècle l’Église a entrepris une campagne contre la science et s’est efforcée d’écraser les mouvements scientifiques à travers l’Inquisition. À la suite du décret papal condamnant la science, des gens comme Galilée furent persécutés et forcés à renier la théorie du mouvement de la Terre.

Cette campagne a continué jusqu’à la dernière partie du XVIIe siècle. Il est évident que cela a provoqué la réaction des scientifiques contre l’Église, lesquels scientifiques œuvraient avec détermination en vue de l’avancement de la science.

Une erreur d’analogie et une comparaison indue entre la position spécifique de l’Église au Moyen-Âge et l’attitude des autres religions ont conduit certains scientifiques à entreprendre une campagne en règle contre toutes les religions et à les rejeter toutes. Ils sont allés jusqu’à inventer une doctrine dénommée « discorde entre la religion et la science ».

Mais une étude du mouvement scientifique en Islam, commencé dès le premier siècle de l’hégire et portant ses fruits au IIe et IIIe siècle de cette ère, montre que dans la Société musulmane le cas était tout à fait différent. Ce mouvement avait vite donné naissance à des scientifiques tels que al-Hassan Ibn Haytham, le célèbre physicien musulman, Jâbir Ibn Hayyân que les Européens appellent « le Père de la Chimie », et d’autres hommes semblables.

Leurs écrits ont laissé une grande influence sur des scientifiques tels que Roger Bacon, Johannes, Kepler et Léonard de Vinci. Il est intéressant de noter que tout le progrès scientifique réalisé dans la Société islamique a eu lieu à une époque que les Occidentaux appellent le Moyen-Âge, et qui coïncide avec l’opposition violente de l’Église à la Renaissance et aux pionniers du mouvement scientifique naissant.

Des historiens éminents de l’Est et de l’Ouest, ayant étudié la culture islamique sont unanimement d’avis que les travaux des scientifiques musulmans ont donné naissance à un mouvement scientifique largement répandu et dont l’influence sur la Renaissance et le mouvement scientifique de l’Europe a été remarquable.

Ainsi, les facteurs qui ont conduit les intellectuels de l’Occident à s’éloigner de la religion n’existaient pas dans la Société musulmane. Au contraire, l’Islam a créé une atmosphère meilleure et plus favorable à l’avancement de l’enseignement et à la promotion de la science.

Bref, l’Islam avait stimulé les mouvements scientifiques dans le monde et pour cette même raison, il était devenu la principale fontaine du vaste développement de la science et de la connaissance.

Cependant, il est indéniable que des disputes et des dissensions dans une partie de la Société musulmane se sont développées intensivement depuis le Ve siècle de l’hégire, et que la myopie de cette partie de la société, son insouciance des vrais enseignements de l’Islam, son apathie pour le progrès, son indifférence à l’esprit du temps se sont reflétées sur l’arrière -plan de plusieurs pays musulmans.

Un autre facteur a compliqué le problème. L’Islam n’était pas présenté correctement aux générations suivantes. Ainsi, le rôle constructif de l’Islam a décliné progressivement dans différents domaines. À présent, beaucoup de jeunes gens croient que l’Islam a toujours été dans cet état lamentable.

Cependant, l’Islam a un avenir prometteur. En ravivant les idéaux de l’Islam et en le projetant sous une forme adéquate, notamment à l’intention des esprits influençables de la jeune génération, on peut espérer ardemment que l’Islam reprendra rapidement son caractère originel et son appel universel.

La religion et les écoles philosophiques de la pensée

Aucune religion n’approuve le matérialisme, qu’il soit sous sa forme simple ou sous forme de matérialisme dialectique qui est la base même du marxisme et du communisme, car le matérialisme professe que l’univers est une série d’événements non prémédités et sans but.

En critiquant le matérialisme, la Religion se fonde sur un nombre de principes tout à fait logiques, car :

• L’interprétation de l’ordre de l’univers, avancée par l’école matérialiste est non scientifique, car la science se fonde dans ses recherches sur des systèmes bien calculés et précis qui ne sauraient être interprétés par des événements fortuits et accidentels.

La science reconnaît que le Créateur de cet univers est le plus grand physicien et chimiste, le médecin le plus expérimenté, le meilleur anthropologiste et cosmologiste, car en accomplissant son travail, il a utilisé toutes les lois scientifiques.

Naturellement, il n’aurait pas pu faire ce qu’il a fait sans avoir une connaissance complète de ces lois. Il va sans dire que des facteurs naturels et des développements naturels ne peuvent guère avoir une telle connaissance.

• Le matérialisme a accepté la doctrine de la compulsion comme l’une de ses bases principales. Il soutient que toute action humaine et tout mouvement humain sont le résultat d’une succession de causes obligatoires. Sur cette base, selon le point de vue matérialiste, tous les efforts de l’homme sont comme les mouvements des roues d’une machine.

Il est évident que l’acceptation de cette vue va à l’encontre de l’idée de toute responsabilité sociale, morale ou humaine. D’une façon contrastante, la religion accepte le principe de l’obligation et de la responsabilité, et fonde donc ses enseignements sur la liberté de la volonté humaine.

Il est indéniable que l’acceptation du principe de la compulsion porte un coup au dynamisme, au sens du devoir et de la responsabilité, et contribue aux crimes et aux agressions, puisque les délinquants peuvent se déclarer non responsables de leurs crimes, et prétexter que ce qui les a conduits à commettre ces crimes ce sont un tas de facteurs, tels que l’éducation, l’environnement, la situation sociale, etc. Mais de tels effets nuisibles ne sont pas possibles si le principe de libre volonté est admis.

• Avec l’idée de « la matière gagne du terrain », les matérialistes ont pratiquement évincé toutes les valeurs sublimes et morales. Les effets de ce mode de penser sont très pernicieux, car sans des vertus telles que la philanthropie, la tolérance, le sacrifice, la sincérité et l’amour, l’homme serait n’importe quoi, sauf un être humain, et aucun problème ne serait résolu à l’échelle mondiale, car la croyance à la domination exclusive de la matière n’est évidemment pas compatible avec les principes de vertus.

La religion et la liberté individuelle

Certaines gens pensent que la religion restreint la liberté individuelle et empêche la satisfaction de certains désirs, alors qu’en réalité, le but des enseignements religieux n’est nullement de réprimer la liberté logique, mais plutôt de diriger les efforts de l’homme vers des voies plus constructives et plus fructueuses, afin qu’il réalise la paix et le contentement intérieurs dans la vie d’ici-bas et qu’il s’assure une récompense dans l’autre monde.

Par exemple, si la religion interdit l’usage des stupéfiants, des jeux de hasard et la permissivité illégale dans la vie sexuelle, elle l’a fait pour le bien du corps et de l’âme de l’individu et aussi pour le maintien d’un ordre social harmonieux.

Ce tabou moral est en parfait accord avec le vrai esprit de liberté, car la liberté signifie que l’homme doit être capable de tirer pleinement avantage des biens de son existence, lesquels constituent l’une des innombrables bénédictions de la Providence. En contrepartie de quoi, il doit rendre des services louables en concourant à l’établissement d’un monde meilleur et plus stable.

La religion encourage toute liberté qui aide l’homme à améliorer les moyens de vie légaux, et c’est cela seulement la liberté au vrai sens du terme. Tout le reste n’est que pseudo-liberté, car ne servant ni les individus ni la société.

C’est pourquoi la religion permet à l’homme d’utiliser toutes les bonnes choses de la vie, à porter n’importe quel vêtement raisonnable, à savourer toute nourriture pure et tout passe-temps sain. En un mot, elle a autorisé l’usage de tous les conforts et convenances de la vie, et demande qu’on n’abandonne aucune chose de ce genre.

Le Saint Coran dit :

« Dis : « Qui donc a déclaré illicites la parure qu’Allah a produite pour Ses serviteurs, et les nourritures pures qu’il leur a accordées. » (Sourate al-A`râf ; 7:32)

En outre, notre religion nous demande de satisfaire la plupart des besoins et des exigences de l’époque. L’Islam nous recommande d’une façon on ne peut plus éloquente d’acquérir le savoir et d’avoir une connaissance toujours renouvelée dans tous les domaines. L’un des dirigeants de l’Islam, l’Imam al-Çâdiq a dit : « Celui qui connaît son époque et ses exigences ne sera pas pris de court par les malheurs de la vie. »1

Notre religion nous apprend qu’en dehors des idées nouvelles, des coutumes et des usages, nous devrions choisir ce qui est utile et valable et écarter ce qui est inconvenant et incorrect. Nous ne devons ni suivre les autres aveuglément ni adopter ce qui n’est pas compatible avec la dignité humaine et avec l’esprit rationnel. Le Saint Coran dit :

« Annonce la bonne nouvelle à mes serviteurs qui écoutent la Parole et qui obéissent à ce qu’elle contient de meilleur. Voilà ceux qu’Allah dirige ! Voilà ceux qui sont doués de bons sens. » (Sourate al-Zumar ; 39 : 17-18)

  • 1. « Uçûl al-Kâfî », d’al-Kulayni, chap.I, Hadith No 29