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Les piliers de l’Islam

Le Saint Prophète Mohammad, que la paix soit sur lui, naquit à la Mecque, au mois de Rabi` al-Awwal de l’An de l’Éléphant, soit 570 après Jésus-Christ (cinquante-trois ans avant le commencement du calendrier hégirien). Il naquit dans la famille de Bani Hâchim, de la tribu de Quraych qui était considérée comme la plus honorable des familles arabes. Le père du Prophète, Abdullah, était mort avant sa naissance.

Le nom de sa mère était Aminah Bint Wahab. Sa naissance fut accompagnée de nombreux signes par lesquels le monde put savoir que le “Sauveur” était apparu. Au début, le Prophète fut allaité pendant quelques jours par Thawbiyyah, une esclave affranchie de son oncle Abou Lahab. Bientôt, il fut remis, selon la coutume arabe de l’époque, à une nourrice bédouine, Halimah Bint Zawayb qui appartenait à la tribu de Bani Sa`ad.

À l’âge de cinq ans, il fut rendu à sa mère qu’il perdit à l’âge de six ans. Désormais l’enfant orphelin fut confié aux soins de son grand-père paternel, Abdul-Muttalib, lequel l’éleva avec un grand amour et beaucoup de soins.

Dès sa première enfance, le Prophète montra des signes de sa préparation divine pour la grande tâche qui l’attendait. Il ne participait pas aux rites idolâtres de sa tribu et ne mentait pas. Il avait d’excellentes habitudes et un caractère irréprochable qui lui attirait la sympathie de ceux qui étaient en contact avec lui. Rapidement il acquit l’épithète de “véridique” et de “digne de confiance”.

Il n’avait pas plus de huit ans lorsque son grand-père, Abdul Muttalib mourut à son tour. De son lit de mort, le vieux grand-père le confia à la charge de son fils Abou Tâlib, lequel s’acquitta de ses devoirs de garde jusqu’à la dernière heure de sa vie. Il aimait son neveu, plus que son propre fils. Le Prophète grandit dans la maison de son oncle, et avant d’atteindre l’âge de l’adolescence, il avait l’habitude d’accompagner son oncle dans ses voyages en caravane.

Le Prophète n’avait reçu aucun enseignement scolaire, et par conséquent il ne savait ni lire ni écrire. Cependant, après avoir atteint l’âge de la maturité, il devint connu pour sa sagesse, sa courtoisie et son honnêteté. Mohammad étant réputé pour sa sagacité et son honnêteté, une femme Quraichite, Khadijah, célèbre pour sa grande fortune, l’engagea comme gardien de ses biens et lui confia la tâche de diriger ses affaires commerciales.

Une fois le Prophète entreprit un voyage d’affaires à Damas pour faire du commerce avec les marchandises de Khadijah, et il put réaliser des bénéfices remarquables en raison de sa capacité.

Lors de ce voyage, l’esclave de Khadijah, Maysarah accompagnait le Prophète, et au retour, il exalta ses habitudes et son caractère devant sa maîtresse, laquelle fut tellement impressionnée qu’elle lui proposa de l’épouser. Le mariage fut rapidement annoncé solennellement, et ce fut un grand succès.

Après son mariage, le Prophète habita dans la maison de Khadijah. Sa femme menait désormais une vie plus stable. Il y avait un accord total et une compatibilité parfaite de tempérament entre la femme et le mari.

Ce fut pendant cette même période que les premiers signes de sa prophétie commencèrent à se manifester. De temps en temps, le Prophète se retirait dans la grotte de Hirâ » (dans les montagnes de Tihamah, région située près de la Mecque) où il passait quelques jours et parfois un mois, loin de l’environnement morne du paganisme et des orgies sauvages des parties de plaisir. Il passait son temps à méditer et à adorer le Seigneur de l’Univers.

À l’âge de quarante ans, alors qu’il effectuait une retraite spirituelle, il fut choisi par Allah pour devenir Prophète et il reçut la mission de prêcher la nouvelle religion. À ce moment-là, le premier verset du Coran, Al-`Alaq (le Caillot de sang) lui fut révélé. Ce même jour, il retourna chez lui et sur le chemin de retour, il rencontra son cousin Ali Ibn Abi Tâlib, qui après avoir écouté le récit de ce qui était arrivé, déclara son acceptation de la Foi.

Une fois le Prophète rentré à la maison, il raconta à sa femme la révélation qu’il avait reçue, et cette dernière accepta à son tour d’épouser l’Islam.

Le Prophète continua à appeler à son message calmement et discrètement les personnes qu’il considérait comme sensibles à son appel. Progressivement le nombre de ses adeptes atteignit la quarantaine. Ils étaient pour la plupart jeunes et issus de secteurs variés de la société. Ils accomplissaient leurs prières secrètement et dans des lieux isolés. Pour instruire chaque nouveau croyant, le Saint Prophète affectait un plus ancien musulman à cette tâche.

Appel aux proches parents

Après avoir prêché de cette façon pendant trois ans, le Prophète reçut d’Allah l’autorisation de profiter des conditions tribales qui prévalaient dans sa société pour étendre son appel à une autre catégorie de gens :

« Avertis tes proches parents et sois bon envers tes adeptes croyants. S’ils te désobéissent, dis-leur : “Je désavoue ce que vous faites.” » (Sourate al-Chu`arâ’, 26 : 214-216)

Le Messager d’Allah invita donc ses proches parents à un festin. Une quarantaine de personnes répondirent à son invitation. Dès qu’il se mit à prêcher parmi elles, son oncle, Abdul Uzza, dit Abou Lahab, lui infligea un affront et les invités se dispersèrent dans la confusion. Un peu plus tard, le Prophète invita une nouvelle fois ses proches parents. Mais cette fois-ci, malgré l’opposition et les menaces d’Abou Lahab, le Prophète put dire ce qu’il voulut.

Toutefois, il n’y eut qu’Ali pour répondre à son invitation et le soutenir fermement. Sur ce, le Prophète s’adressant à Ali déclara : « Tu es mon frère, mon successeur et mon vizir (député) ». (S’appuyant sur des documents transmis par la Famille du Prophète et sur des poèmes encore conservés, composés par Abou Tâlib, les chiites croient que ce dernier avait lui aussi embrassé l’Islam à cette occasion.

Toutefois, étant donné qu’il fut le seul protecteur du Prophète, il cacha sa foi au public afin de préserver son influence sur Quraych).

L’Appel général

Après cette étape difficile, le Prophète commença sur ordre d’Allah, à prêcher son appel ouvertement. Il reçut en effet la révélation suivante :

« Proclame ce qui t’est ordonné et n’accorde pas d’importance aux polythéistes. »(Sourate al-Hijr, 15:94)

Le Prophète monta sur la colline de Çafâ, et appela les Quraych à s’y rassembler. Une fois qu’ils furent là, il leur dit : « Si je vous disais que l’ennemi s’approche de vous, me croiriez-vous ? » « Oui ! », répondit tout le monde. « Je vous mets en garde contre un sévère châtiment », leur dit-il en ajoutant : « O Fils d’Abdul Muttalib ! O Fils d’Abdu Manaf ! O Fils de Zuhrah ! Sauvez-vous de l’Enfer. Je ne vous serais d’aucune utilité devant Allah. »

Cette déclaration marqua le début d’un conflit persistant. Néanmoins, elle eut une influence heureuse et de grandes envergures sur la diffusion de l’Islam. Les Quraych firent tout ce qu’ils purent pour faire plier l’Islam naissant. Ils exercèrent toutes sortes de pressions sur le Saint Prophète. Beaucoup de musulmans faibles physiquement et matériellement furent torturés. Mais ils restèrent tous fermes dans leur foi.

Ce fut Abou Tâlib qui prêta un appui total au Saint Prophète pendant cette période d’épreuves et de tribulations, et qui le sauva des machinations des infidèles.

Vers l’Éthiopie

Lorsque l’opposition et les excès des Quraych devinrent insoutenables, le Saint Prophète autorisa un certain nombre de musulmans à émigrer en Éthiopie. En tout, 80 hommes et 18 femmes partirent pour le pays hospitalier du Négus.

La mise au ban

Lorsque les Quraych eurent échoué dans leurs tentatives pour empêcher l’émigration des musulmans, ils décidèrent de mettre au ban les Bani Hâchim, le clan du Prophète. Cette mise au ban de la société se poursuivit pendant trois ans, au cours desquels les Bani Hâchim furent forcés de se réfugier dans « le passage montagneux d’Abou Tâlib », un fort dans les vallées de la Mecque.

Personne n’établit de transactions ou n’eut de rapports avec eux tout au long de cette période. Finalement le siège, n’ayant pas pu intimider les Bani Hâchim, fut levé.

L’année du deuil

Mais le soulagement fut de courte durée. L’année suivante les musulmans reçurent un coup sévère par la mort d’Abou Tâlib, qui avait été le protecteur le plus courageux et le plus influent du Saint Prophète. Un peu plus tard, Khadijah, la femme bien-aimée du Saint Prophète, décéda à son tour. Outre sa prudence et sa sagacité, Khadijah était une femme sympathique et de noble caractère. Elle avait dépensé sa fortune sans hésitation pour la cause de l’Islam.

Pendant toute sa vie, le Saint Prophète gardera de tendres souvenirs de son amour et de sa fidélité. Il la complimentera souvent et évoquera sans cesse ses bonnes actions. Une autre femme du Prophète, Ayechah, reconnut qu’elle n’avait envié aucune des femmes du Prophète autant qu’elle avait envié Khadijah, bien qu’elle ne l’eût jamais vue. Elle raconta aussi que chaque fois que le Prophète abattait un mouton, il envoyait quelques morceaux de viande aux amis de Khadijah.

L’année où ces deux tristes événements se produisirent est appelée dans l’histoire musulmane « `Âm al-Huzn », l’Année du Deuil.

Le refus de Ta’if

Ayant été déçu par les Quraych, et éprouvé par la perte de son vénérable protecteur et de sa femme chérie, le Saint Prophète tourna son attention vers les autres tribus. Il alla à Ta’if, y resta un mois, rencontra les personnages éminents de la ville et les appela au message de la Vérité. Mais la ville de Ta’if s’avéra comparable à la Mecque quant au traitement qu’elle réserva au Saint Prophète.

En effet, les habitants de Ta’if, ne se contentèrent pas de rejeter l’appel du Prophète : ils encouragèrent la populace de la ville à jeter des pierres sur lui. Il retourna donc profondément désappointé.

Le Saint Prophète avait l’habitude de contacter les hommes des tribus, rassemblés à la Mecque et à Mina pendant la saison du pèlerinage, pour prêcher l’Islam parmi eux.

La Hijrah (L’Émigration)

Un jour, le Saint Prophète passa près d’un groupe de gens appartenant à la tribu des Khazraj. Comme d’habitude, il s’approcha d’eux et leur récita quelques versets du Saint Coran, qui les ébahirent. Immédiatement ils acceptèrent la nouvelle foi. Une fois qu’ils retournèrent dans leur ville, Yathrib, ils se mirent à prêcher l’Islam.

L’année suivante, douze personnes vinrent de Médine à « Aqabah, près de Mina, pour prêter serment d’allégeance au Saint Prophète. Cet événement est appelé le Premier Serment de « Aqbah. Le Saint Prophète envoya Mu'âb Ibn `Umayr avec eux pour leur enseigner les commandements de la religion et propager l’Islam.

La troisième année, une délégation le rencontra secrètement à la faveur de la nuit, au même endroit. Les membres de la délégation invitèrent le Saint Prophète dans leur ville et lui promirent de lui apporter l’aide nécessaire. Abbas, un oncle du Saint Prophète, bien qu’il restât non musulman, fut présent à cette occasion. Cet événement est connu sous l’appellation du Second serment de `Aqbah.

Dès ce moment le Saint Prophète autorisa les musulmans à émigrer par petits groupes à Médine. Craignant la fuite du Saint Prophète, les Quraych conspirèrent pour l’assassiner. Allah informa Son Prophète de l’existence de cette conspiration et lui ordonna d’émigrer :

« Et (rappelle-toi) comment les incrédules complotèrent contre toi soit pour s’emparer de toi soit pour te tuer ou te bannir. S’ils usaient de stratagème, Allah aussi usait de stratagèmes, et c’est Allah qui est le plus fort en stratagèmes. » (Sourate al-Anfâl ; 8:30)

Pour tromper la vigilance des Quraych qui lui tendaient une embuscade en vue de le tuer, le Saint Prophète ordonna à Ali de dormir dans son lit, et il quitta la Mecque pour Médine avec Abou Bakr. Ils se cachèrent pendant trois nuits dans une grotte appelée Thaur. Lorsque la chasse à l’homme organisée par les Quraych se relâcha, ils se dirigèrent vers Médine par une route peu fréquentée.

Après avoir voyagé pendant plusieurs jours, le Saint Prophète arrive à Quba (une banlieue de Médine) où il resta deux jours en attendant l’arrivée d’Ali. Une nouvelle ère dans l’histoire de l’Islam commença avec cette émigration (Hijrah).

Médine comme État

Après la Hijrah, l’Islam entra dans une phase nouvelle la phase de la consolidation et de l’édification d’un ordre social fondé sur les enseignements islamiques. La construction d’un masjid fut la première mesure prise dans ce sens. Autour du masjid furent construites plusieurs pièces d’habitation. Le bâtiment fut simple dans sa forme et dans sa structure. Les murs étaient en terre et le toit en palmes de dattier. Ce masjid s’appelle aujourd’hui al-Masjid al-Nabawî.

La priorité donnée à la construction du masjid fut une démonstration pratique du fait que l’Islam se fondait sur la soumission à Allah. Aucun bâtiment ne fut construit pour le siège du gouvernement. Le masjid servait de lieu de culte, de salle d’assemblée, de cour de justice, d’école et de quartier général de l’armée.

La formule de la coexistence fraternelle

Lorsque le Saint Prophète arriva à Médine, la société tribale de cette ville avait des intérêts opposés et des points de vue divergents. Les plus importants éléments qui y vivaient étaient :

1. Les musulmans

Les musulmans se composaient des Muhâjirîne (immigrants) et des Ançâr (les partisans). L’appellation « Ançâr » fut donnée par le Saint Prophète aux tribus des Aws et des Khazraj en raison de leur aide et soutien à la cause de l’Islam au moment de l’épreuve.

Les Muhâjirîne furent les premiers musulmans qui émigrèrent de la Mecque pour fuir les souffrances que leur feraient subir les infidèles. Ils abandonnèrent leurs maisons, leurs biens, leurs parents et leurs voisins pour préserver leur foi. Pour faire face à la situation de l’après-Hijrah, l’Islam prit plusieurs mesures, les unes à long terme, les autres à court terme.

Le but en fut de poser les fondations d’un nouvel ordre social. Il introduisit tout d’abord le concept de fraternité dans la foi, au sens le plus profond du terme, comme une politique générale :

« O vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons constitués en peuples et tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux d’entre vous. » (Sourate al-Hujurât ; 49:13)

Le Prophète abolit la coutume préislamique de vanter les mérites de l’ascendance et fit du savoir et de la piété le critère de la valeur de chacun dans la vie islamique. Il conféra une forme concrète à son idée en établissant la fraternité entre les Muhâjirine et les Ançâr. Il ordonna à chacun des Ançâr d’adopter un Muhâjir (sing. de Muhâjirine) comme frère. Cette loi resta en vigueur jusqu’à ce qu’elle fût abrogée après la Bataille de Badr.

Grâce à cette loi, il était tout à fait normal que beaucoup d’Ançâr cèdent la moitié de leurs biens aux frères Muhâjirine. Ce système n’établit pas seulement de grands liens fraternels entre les Muhâjirine et les Ançâr, mais il résolut également, d’une manière naturelle, le problème économique auquel les Muhâjirine furent confrontés.

Il est à rappeler que les Muhâjirine, pour leur part, n’exploitèrent pas indûment les sentiments généreux des Ançâr. Ils firent tout ce qu’ils purent pour être indépendants aussi tôt que possible.

2. Les Juifs

La deuxième composante des habitants de la ville de Médine était constituée des Juifs qui vivaient à l’intérieur et à l’extérieur de Médine, et qui étaient très différents des autres Médinois, d’autant plus qu’ils avaient une religion et des coutumes différentes.

Le Saint Prophète prit des mesures spéciales pour pacifier les Juifs. La majeure partie de la constitution de l’État de Médine, connue sous le nom de « La Convention de Médine », et par laquelle le Prophète se révéla être un esprit supérieur de son époque, concernait les Juifs. Ci-après quelques-unes des plus importantes clauses de cette convention :

a. Tous les Musulmans, qu’ils soient de Quraych ou de Médine, et tous ceux qui ont fait cause commune avec eux constitue une seule nation.

b. Chacun jouira de la sécurité de vie et de propriété, indépendamment de sa position sociale. Les musulmans sentent attacher les uns aux autres par un lien commun.

c. Les Juifs appartenant aux différentes branches de Bani `Awf formeront avec les musulmans une seule nation composée. Ils auront la même liberté de pratiquer leur religion que les musulmans. Ceux qui auront été coupables d’injustice et de crime seront punis.

d. Les Juifs et les musulmans supporteront leurs dépenses respectives, mais ils doivent se joindre pour combattre les ennemis de ceux qui ont accepté la constitution.

e. Toutes disputes entre ceux qui ont accepté cette constitution devront être soumises au Prophète d’Allah, Mohammad, pour arbitrage1.

3. Les hypocrites

La troisième composante importante de la population de Médine était constituée des hypocrites qui, poussés par l’enthousiasme populaire, professaient l’Islam du bout des lèvres, mais tout en restant toujours prête à trahir les musulmans.

Les hypocrites avaient des motifs divers pour être hostiles à l’Islam. Une partie d’entre eux pensaient que l’Islam avait porté atteinte à leur intérêt, d’autres le considéraient comme une menace pour leurs croyances et rites païens. D’autres encore, manifestant leur chauvinisme, regardaient les Muhâjirine comme des intrus. Le Prophète fit montre d’une grande tolérance envers les hypocrites.

L’importance de la Hijrah

La Hijrah eut un impact profond sur le cours des événements. Elle s’avéra être de bon augure pour la mission divine et ce fut à partir de ce moment que l’Islam commença à progresser. Le premier but de cet événement fut l’instauration du premier État islamique sous la direction du Saint Prophète.

La politique militaire

L’établissement de l’État islamique comportait l’élaboration d’une politique militaire. Comme son but principal était de transmettre le Message divin à l’humanité, l’État islamique œuvra en vue d’enlever toutes les barrières qui empêchaient la lumière d’éclairer les gens.

Pour des raisons pratiques, la politique militaire de l’État islamique revêtait deux formes : offensive et défensive. Toutefois, dans les deux cas le but stratégique était le même, à savoir, la suppression des obstacles qui se dressaient devant la Mission islamique.

Le traité de paix de Hudaybiyyah

La Bataille du Fossé fut la dernière tentative des Quraych de vaincre les musulmans. Ensuite, ils restèrent sans ressort, et frappés de terreur. Un jour des rumeurs parvinrent à leurs oreilles, faisant état de négociations secrètes engagées par les musulmans avec les Juifs de Khaybar, en vue d’entrer en alliance avec eux. Le Saint Prophète décida de devancer cette action et de se réconcilier avec les Quraych. Il choisit pour exécuter ce dessein la saison sacrée du Hajj.

Accompagné de 1500 adeptes, le Prophète partit pour la Mecque. Tous les musulmans étaient en état d’Ihrâm2, et leurs épées étaient dans leurs fourreaux. Le Saint Prophète avait, en effet, annoncé qu’il voulait accomplir le Hajj et non faire la guerre.

En tout cas, les Quraych considérèrent son mouvement avec suspicion et postèrent une grande armée sous le commandement de Khalid Ibn al-Walid, pour lui barrer la route de la Mecque.

Quelques jours après, le Saint Prophète campa à al-Hudaybiyyah, à quelques kilomètres de la Mecque. Les Quraych envoyèrent une délégation pour sonder ses intentions. La délégation fut assurée que les musulmans n’avaient aucune autre intention que l’accomplissement du Hajj. Bien que les membres de la délégation fussent convaincus de la bonne volonté du Prophète, les Quraych restèrent inflexibles.

Plus tard, le Saint Prophète envoya `Othman Ibn `Affân, comme émissaire, à la Mecque. Les Quraych le détinrent pendant trois jours. Entre-temps, des rumeurs firent état de l’assassinat d’Othman.

Là-dessus, le Saint Prophète demanda à ses compagnons de prêter serment d’allégeance en vue de combattre, si le cas l’exigeait. Cette prestation de serment d’allégeance s’appela, Bayt`at al-Ridhwân (L’Allégeance du plaisir), ou « L’allégeance sous l’Arbre ». Allah exalta ceux qui y avaient prêté ce serment d’allégeance. En effet le Saint Coran dit :

« Allah est satisfait des croyants qui t’ont prêté serment d’allégeance, sous l’arbre. IL connaissait ce qu’ils avaient dans leurs cœurs ; aussi leur a-t-IL accordé la confiance et les a-t-IL récompensés par une victoire immédiate. » (Sourate al-Fat-h, 48:18)

Après beaucoup de difficultés, un traité de paix fut conclu grâce auquel les Quraych purent sauver la face, et le Prophète obtint tout ce qu’il voulait vraiment. Ce fut le fruit de sa superbe stature d’homme d’État. Les principales clauses de ce traité furent :

a. Les hostilités doivent cesser durant une période de dix.

b. Toute personne des Quraych se joignant au Saint Prophète sans la permission de sa tribu doit être renvoyée aux Quraych, mais si quelqu’un parmi les musulmans rejoint les Quraych, il ne sera pas extradé.

c. Toute tribu manifestant le désir de contracter une alliance avec Mohammad ou avec les Quraych doit avoir toute liberté de le faire.

d. Mohammad et ses compagnons doivent rebrousser chemin cette année, mais ils auront la permission de se rendre à la Mecque l’année prochaine et d’y rester pendant trois jours avec leurs épées rengainées.

Certains musulmans, dont Omar Ibn al-Khattâb, qui étaient à la tête de ceux qui ne purent comprendre la signification de ce traité, émirent de sérieux doutes sur son utilité. Ils maintinrent obstinément leur position jusqu’à ce qu’Allah eût décrit ledit traité comme « Une Victoire Évidente ».

Le traité eut des effets de longue portée. Il mit pratiquement fin aux hostilités entre les musulmans et les Mecquois, et par voie de conséquence, il prépara le terrain à la propagation de l’Islam. Il offrit aux adversaires l’occasion de réfléchir aux mérites de la religion contre laquelle ils avaient lutté jusqu’ici inutilement. Il donna aux musulmans un répit leur permettant de consolider leur société et leur État.

Les nouveaux horizons

L’Islam, depuis ses débuts à la Mecque, était très exigeant quant à sa revendication d’être une religion universelle visant à guider l’humanité tout entière.

Le Message de l’Islam offre à l’homme toute la possibilité de se développer et de s’épanouir. L’Islam est la religion qui se conforme à la nature humaine et qui pourvoit à tous les besoins humains. De là son universalité.

Beaucoup de versets révèlent sa nature universelle ; en voici un exemple :

« Nous t’avons seulement envoyé (Mohammad) comme source de bénédiction pour le monde entier. » (Sourate al-Anbiyâ', 21:107)

Les premiers adeptes de l’Islam appartenaient à des races variées. Ils comprenaient à la fois des Arabes et des non arabes, tels Hamzah Ibn ` Abdu1 Muttalib, « AmmârIbn Yâcir, Salman al-Faricî (le Persan), Bilâl al-Habachî (l’Africain), Suhayb (le Grec), etc.

Conformément à cette politique, le Saint Prophète approcha les tribus arabes à l’exclusion des Quraych, et ensuite, il écrivit des lettres aux dirigeants du monde, y compris les empereurs de Byzance et de la Perse, les plus grandes puissances de l’époque.

La conquête de la Mecque

Deux ans après la conclusion du traité de paix de Hudaybiyyah, la conquête de la Mecque fut achevée. Le Saint Prophète détruisit les idoles se trouvant dans la Ka`bah, s’écriant avec des mots du Saint Coran :

« La Vérité est venue, l’erreur a disparu. » (Sourate Banî-Isrâë1 ; 17:81)

Ali Ibn Abi Tâlib l’aida dans sa tâche. Le Saint Prophète traita l’ennemi vaincu avec beaucoup de générosité et décréta une amnistie générale.

Le Pèlerinage d’Adieu

En l’an 10 de l’hégire, le Saint Prophète annonça qu’il allait à la Mecque pour accomplir le pèlerinage. À cette annonce, des gens de tous les coins de l’Arabie se joignirent à lui pour le Hajj. Leur nombre dépassa les l00.000 pèlerins. À `Arafat, le Saint Prophète prononça un sermon remarquable et bien connu dans les annales de l’Islam.

Il mit hors la loi l’usure et déclara les musulmans frères les uns des autres, indépendamment de leurs races et de leurs couleurs. Il affirma qu’un Arabe n’était, d’aucune façon, supérieur à un non-Arabe. Il dit que les hommes avaient des droits sur les femmes, de même que les femmes en ont sur les hommes. Ce sermon a été décrit justement comme une « Charte des droits de l’Homme. »

L’allégeance de Ghadîr

Sur le chemin du retour à Médine, le Saint Prophète fit halte avec tous ceux qui l’accompagnaient, à un endroit nommé Ghadîr Khom. Là, il reçut l’ordre d’Allah de désigner Ali Ibn Abi Tâlib comme son successeur et comme Commandeur des croyants. Ce jour-là il faisait très chaud et l’événement se produisit vers midi.

Ce n’était pas un hasard que le Prophète ait choisi ce moment précis et cet endroit particulier pour cette proclamation historique de la plus grande importance. Beaucoup de musulmans n’auraient plus l’occasion de rencontrer le Saint Prophète une seconde fois. Pour eux, c’était le moment de la séparation. Le Prophète demanda à tous les musulmans de se rassembler autour de lui, pour prononcer à leur intention un sermon.

Celui-ci sera rapporté par trente compagnons du Saint Prophète, dont Zayd Ibn Arqam. D’autres le rapporteront de 110 compagnons et de 84 suivants (Tâbi`îne). Ce sermon constitue le plus authentique hadith relaté consécutivement par des savants et des « traditionnistes » éminents. Il est rapporté comme suit :

Le Saint Prophète a dit : « Allah est mon Maître et je suis le Maître des croyants. Ceux-ci doivent me considérer comme étant plus responsable d’eux qu’eux-mêmes. Quiconque me considère comme étant son maître, doit considérer Ali aussi comme tel. O Allah ! Secours celui qui le soutient, et sois l’ennemi de celui qui devient son ennemi. »3

Une fois le sermon terminé, le Saint Prophète accomplit la prière de midi, et puis il demanda aux musulmans de prêter serment d’allégeance à leur Imam, Ali. Tous les musulmans présents à cette occasion suivirent son ordre.

La dernière volonté du Saint Prophète

Peu après son retour à Médine, le Prophète tomba malade. Un jour où sa maladie s’aggrava, il dit : « Apportez-moi un encrier, une plume et un morceau de papier. Je voudrais écrire quelque chose qui vous guidera après ma disparition. » Ayant prononcé ces mots, le Saint Prophète perdit connaissance. Quelqu’un qui était présent à ce moment-là fit remarquer que le Saint Prophète parlait d’une façon incohérente.

Lorsqu’il reprit connaissance, ceux qui étaient présents lui demandèrent s’ils devaient apporter l’encrier, la plume et le morceau de papier, le Saint Prophète dit : « Non ! Pas après ce que vous avez dit. En tout cas, je vous ordonne d’être bons envers les Gens de Ma Maison (Ahl Bayti) après moi. » Le Saint Coran dit : « Dis (O Mohammad) : je ne vous demande aucune récompense (pour ma Prophétie) excepté votre affection envers mes parents. »4

Lorsque la fin approcha, il donna les instructions nécessaires à l’Imam Ali pour qu’il s’exécutât sa volonté après sa mort. Enfin il expira, la tête dans le giron de l’Imam.

La personnalité du Saint Prophète

Le Prophète était l’incarnation de toutes les vertus et qualités d’un croyant, qui sont décrites dans le Saint Coran. Il était à la fois et en même temps le plus grand penseur, l’adorateur le plus dévot, et la personne la plus juste dans ses rapports avec sa famille et les gens en général. Personne ne peut le décrire mieux qu’Allah qui a dit que Son Messager possédait le plus noble caractère. L’une de ses femmes a dit que son caractère était le Coran. Allah a dit :

« Vous avez, dans le Messager d’Allah, un excellent modèle. » (Sourate al-Ahzâb, 33:21)

Le Saint Coran dit aussi :

« (Mohammad) Dis-leur : “Suivez-moi si vous aimez Allah ; Allah vous aimera...” » (Sourate Âle `Imrân, 3:31)

Comme le Prophète Mohammad était sous la protection d’Allah, il se distinguait des membres de la société dans laquelle il avait été élevé. Dès le début, il était connu et respecté pour son noble caractère. Même les païens qui le connurent l’appelèrent « le véridique » et « le digne de foi. »

L’aspect social de sa vie

L’Imam al-Hussayn, citant son père, dit que le Saint Prophète était toujours agréable et courtois. Il n’a jamais crié au visage de quelqu’un ni n’a jamais été fautif envers quelqu’un. Il n’a jamais employé un mot grossier. Anas Ibn Malik dit : « Je l’ai servi pendant dix ans. Même lorsque je faisais quelque chose qu’il n’aimait pas, il ne me demandait jamais pourquoi je l’avais fait. »

En tant que dirigeant

Toute personne équitable qui étudie les différents aspects de la personnalité du Saint Prophète, en tant qu’homme, en tant que chef de famille, en tant que membre de la société, en tant que juge, en tant qu’administrateur, instituteur, commandant de l’armée, etc., conclura que sa perfection en tout est la preuve catégorique de sa qualité de Messager divin. L’histoire de l’humanité n’a été témoin d’aucune autre personne atteignant un tel degré de perfection.

Comme commandant de l’armée, audacieux, courageux et clairvoyant, il avait une étonnante connaissance des questions stratégiques et des manœuvres planifiées à l’avance. Il a pu livrer et gagner la Bataille de Badr avec une petite force mal équipée. Il a su rester ferme après avoir subi des revers à Uhud.

C’est grâce à son courage personnel que le flot de l’ennemi fut arrêté lors de la Bataille de Hunayn, et que la défaite initiale fut transformée en victoire finale. Dans la Bataille de Khaybar et à la veille de la Conquête de la Mecque, il a exploité pleinement l’élément de surprise. Dans beaucoup d’occasions, il a pris des mesures spéciales en vue de démoraliser l’ennemi et de semer le trouble dans ses rangs.

Outre ses qualités de commandant militaire, le Saint Prophète a contribué beaucoup au bien-être de l’humanité en général. Il prenait tout d’abord l’initiative de faire une chose, et il demandait ensuite aux autres de le suivre. Il a établi les « droits » des gens alors que la tyrannie sévissait partout. Il a introduit « l’égalité » quand la discrimination indue était monnaie courante. Il a donné aux gens la liberté, alors qu’ils gémissaient sous le joug des tyrans.

C’est là une brève esquisse de la vie et du caractère du Prophète de l’Islam. Il a fondé une religion qui a enseigné aux gens à adorer et craindre seulement Allah, à Lui obéir et à demander, à Lui seul, le secours. La Chari`ah islamique, un code compréhensible couvre tous les aspects de la vie humaine, y compris les « droits », la « justice », « l’égalité » et la « liberté ».

La connaissance de la Chari`ah a été transmise par le Saint Prophète aux Membres de sa Famille (Ahl-Elbayt), lesquels sont les guides et les gardiens de la Ummah après lui.

Les descendants du Saint Prophète

Les Ahl-Elbayt ont été purifiés et honorés par Allah. Ce fait a été expliqué et corroboré par la célèbre déclaration du Saint Prophète, rapportée par un grand nombre de ses compagnons, et selon laquelle il laissait deux précieuses entités inséparables parmi Ses adeptes : Le Livre d’Allah et ses Ahl-Elbayt ; et quiconque s’attache à toutes les deux est préservé de l’égarement5.

Dans une autre occasion, le Prophète a dit : « Les Membres de ma Famille sont comme l’Arche de Noé ; quiconque y était monté a eu la vie sauve, et quiconque s’en était éloigné a été perdu. »

Les Hadiths et les récits historiques affirment unanimement que le terme « Ahl al-Bayt » s’applique uniquement à : Fâtimah al-Zahrâ', Ali al-Murtadhâ (Ibn Abi Tâlib), al-Hassan (ibn Ali) al-Mujtabâ et al-Hussayn (Ibn Ali) al-Chahîd.

Les Ahl-Elbayt mentionnés dans le trente-troisième verset de la Sourate Al-Ahzâb ne comprennent personne d’autre que : Ali, Fâtimah, al-Hassan, al-Hussayn6, et les neuf autres Imams descendant de l’Imam al-Hussayn, dont chacun possède la qualité d’infaillible.

Fâtimah al-Zahrâ

Nous avons déjà présenté un résumé de la vie du Saint Prophète et nous allons exposer plus loin la biographie des Douze Imams Infaillibles. Il nous semble donc convenable de dire quelques mots ici sur la fille illustre du Saint Prophète, Fâtimah al-Zahrâ', la femme du Commandeur des croyants, et la mère d’al-Hassan et d’al-Hussayn.

La Dame Fâtimah est une figure centrale parmi les Ahl-Elbayt, puisqu’elle est la fille du Prophète, la femme d’Ali, la mère d’al-Hassan et d’al-Hussayn, et l’aïeule des neuf autres Imams infaillibles.

Elle est née à la Mecque, le Vendredi, 20 Jumadi-II, huit ans avant la Hijrah (l’hégire — l’Émigration). C’est à propos d’elle que le Saint Prophète a dit : « Quiconque fait du mal à Fâtimah, me fait du mal à moi-même, et quiconque me fait du mal, fera du mal à Allah. »

Fâtimah a hérité de son illustre père l’esprit de sagesse, la détermination, la force de volonté, la piété, la sainteté, la générosité, la bienveillance, la dévotion envers Allah, le sacrifice de soi, l’hospitalité, l’endurance, la patience, le savoir, la noble disposition.

« J’ai souvent vu ma mère, dit l’Imam al-Hussayn, absorbée dans la prière du crépuscule jusqu’à l’aube. » Sa générosité et sa compassion pour les pauvres étaient telles, que pas un indigent n’a quitté sa porte sans avoir été servi.

Les successeurs du Saint Prophète

Lorsqu’on sème des graines, on désire voir les plants grandir et fleurir. De son vivant, le Saint Prophète nommait toujours un administrateur pour chaque ville ou village dès qu’il était conquis. Chaque fois qu’il envoyait des troupes pour livrer un combat, il désignait un commandant, et parfois, même plusieurs commandants alternatifs.

Chaque fois qu’il partait en voyage ou s’éloignait pour participer à une bataille, il nommait systématiquement un successeur pour prendre la charge de Médine.

Le Saint Prophète n’ignorait pas le fait que la société musulmane aurait besoin, après sa disparition, d’un chef infaillible pour mettre en exécution les Lois divines et promouvoir les objectifs islamiques. Il savait également que sans un chef infaillible, la Communauté musulmane ne pourrait rester comme une nation vivante et vigoureuse.

Dès lors, comment peut-on prétendre que le Saint Prophète qui chérissait l’Islam plus que toute autre chose aurait pu le laisser sans garde ni escorte !

En même temps, il n’était pas possible, non plus, qu’il ait laissé aux gens le soin de choisir son successeur, car celui-ci devait avoir des qualités spéciales de connaissances, de piété et d’infaillibilité. Il va de soi que le meilleur juge est Allah, et non pas les gens. Dès lors comment peut-on laisser les gens déterminer les mérites du plus haut ordre par consultation ou élection ?

Tout comme les prophéties concernant la venue du Saint Prophète, les prophéties concernant les Douze Imams se trouvent également dans les livres saints.

L’Ancien Testament corrobore cette affirmation lorsqu’il relate la Promesse divine faite au Prophète Ibrâhîm, concernant ses deux fils, Is-hâq et Ismâ`îl :

Selon ces propos d’Allah, tels qu’ils sont rapportés dans l’Ancien Testament, les douze principes sont les douze Imams qui furent de la descendance d’Ismâ îl, fils d’Abraham (Ibrâhîm). D’après le pacte qu’Allah établit avec Abraham, celui-ci fut pourvu d’une lumière divine de guidance. La descendance d’Abraham fut dédoublée et divisée en deux branches, celle d’Ismâ'îl et celle d’Isaac, (Is-hâq).

À travers Isaac, la descendance est passée par Jésus Christ, et à travers Ismâ'îl, par Abdul Muttalib. De nouveau, elle s’est dédoublée en deux branches et elle est passée à travers Abdullah par le Prophète Mohammad, et à travers Abou Tâlib par l’Imam Ali.

Un hadith authentique et unanimement accepté rapporte que le Saint Prophète dit à de nombreuses occasions qu’il serait suivi de douze commandeurs7, et selon une autre version, de douze califes8 dont le premier serait Ali et le dernier al-Mahdi.

Ainsi, il est évident que les successeurs du Saint Prophète ne doivent être nommés que par Allah. C’est pourquoi le Saint Prophète présenta Ali Ibn Abi Tâlib comme son successeur à diverses occasions. Nous avons tous entendu parler de l’événement de Ghadir. C’était l’une de ces occasions.

Cet événement eut lieu vers la fin de la vie du Saint Prophète, lorsqu’il revenait du Pèlerinage d’Adieu. Dans un lieu appelé Ghadir Khum, le Saint Prophète proclama formellement Ali son successeur et Commandeur des croyants en présence de dix mille personnes.

Malheureusement, certaines personnes ne permirent pas, pour diverses raisons, que cette volonté du Saint Prophète fût mise à exécution, et elle devint par conséquent une source de division entre les musulmans.

Chacun des onze autres membres de la Maison du Prophète (Ahl-Elbayt), qui lui succédèrent, fut aussi nommé par l’Imam précédent. La chaîne de transmetteurs et les récits de ces nominations sont enregistrés dans des livres authentiques de Hadith.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, les Imams ont été exclusivement choisis à travers une nomination faite par le Saint Prophète ou le précédent Imam. En fait ils avaient été désignés par Allah qui peut seul déterminer leur aptitude à occuper ce poste d’Imam.

En outre, l’histoire atteste le fait que l’Imam Ali et les autres Imams possédaient les qualités saillantes qui firent d’eux les dirigeants compétents de l’Ummah musulmane. Une étude de l’histoire et des sources de Hadith montrerait qu’aucun des compagnons du Saint Prophète n’était l’égal de l’Imam Ali quant à son savoir, sa piété, sa vaillance et ses autres vertus.

Les fonctions et les qualifications

L’Islam a prescrit de très hautes qualifications pour un Dirigeant divin. Celui-ci doit être, en effet, le plus sage, le plus vertueux et le plus aimable de tous. Il doit être aussi immunisé contre toutes sortes de péchés, de transgressions, d’erreurs, de fautes.

Le Saint Prophète et les Imams, outre leur qualité de dirigeants religieux, sont, dans leur exercice de la direction de la société, responsables de toutes les fonctions gouvernementales, et ils doivent, en tant que tels, posséder les qualifications requises pour assurer cette responsabilité.

Le Saint Prophète est le fondateur de la religion, les Imams en sont les protecteurs. L’un et les autres sont désignés par Allah. Le Prophète seul reçoit la révélation, l’Imam est l’héritier de tout le savoir prophétique. L’Imam ne reçoit pas de révélation, mais concernant sa proximité du Tout-Puissant Allah, il est seulement celui qui vient après le Prophète.

Le Prophète et l’Imam ont tous deux un rôle constructif à jouer et ne manquent pas de se sacrifier dans l’intérêt de la Ummah.

Le rôle accompli par l’Imam al-Hassan dans le combat contre les hypocrites et le soulèvement contre l’appareil tyrannique est indéniable. L’Imam al-Bâqir et l’Imam al-Çâdiq ont contribué d’une façon évidente à la propagation des connaissances islamiques et d’autres sciences. L’Imam al-Redhâ a défendu les dogmes islamiques et a prémuni la guidance idéologique contre l’invasion des idées étrangères à une époque où l’Islam se répandait dans de vastes territoires du monde.

Il en va de même pour le rôle joué par les autres Imams à leurs époques respectives. Donc, outre l’exercice de leur fonction commune de dirigeants religieux, chacun de ces Imams avait une mission spéciale en relation avec les circonstances spécifiques de son temps et de son époque. L’histoire nous informe que chaque Imam a accompli ses devoirs de la façon la plus majestueuse en se sacrifiant sur le chemin d’Allah.

Il a été déjà démontré qu’un Imam doit être nommé par Allah et Son prophète, car personne d’autre ne sait qui est infaillible.

De là, le Saint Prophète avait le devoir impérieux de présenter son successeur aux gens. S’il ne l’avait pas fait, il aurait failli à sa mission prophétique. Ce qui est impensable et inconcevable pour tout musulman. C’est pourquoi les chiites croient que le Prophète de l’Islam a désigné son successeur, lequel n’était autre qu’Ali Ibn Abi Tâlib, croyance corroborée et confirmée par des faits historiques.

Non seulement le Prophète a nommé son successeur immédiat, mais il a également désigné tous les Imams qui lui succéderaient. Il a dit qu’il y aurait douze califes après lui, qu’ils appartiendraient tous à la tribu de Quraych, que le premier d’entre eux serait Ali, et le dernier le Mahdi promis. Dans un autre Hadith, il a mentionné expressément les noms de tous les douze Imams.

L’Imam Ali Al-Murtadhâ

L’Imam Ali (que la paix soit sur lui), le premier Imam, était le cousin du Saint Prophète. Il est né dans la Maison sacrée (la Ka`bah), à la Mecque, le Vendredi 13 du mois de Rajab, trente ans après l’Année de l’Éléphant (soit 570 après Jésus-Christ). Personne d’autre, ni avant lui ni après, n’est jamais né dans la Maison d’Allah le Très-Haut. Son père Abou Tâlib était le seul frère vrai du père du Prophète, Abdullah Ibn Abdul Muttalib.

Sa mère était Fâtimah, la fille d’Asad Ibn Hâchim Ibn Abd Manaf. Elle était comme une mère pour le Prophète d’Allah. L’Imam Ali a grandi sous la tutelle du Saint Prophète. Comme l’a dit l’Imam lui-même : « Le Saint Prophète m’a élevé dans ses propres bras et m’a nourri de sa propre bouchée. Je l’ai suivi partout où il est allé, comme un petit chameau suivant sa mère. Chaque jour un nouvel aspect de son caractère rayonnait de sa personne, que j’acceptais et suivais comme un ordre. »

Sa proche et inséparable présence aux côtés du Saint Prophète pendant dix ans lui a fait assimiler toutes ses caractéristiques, tout son savoir, toute sa sagesse, tout son esprit de sacrifice, toute son endurance, toute sa bravoure, toute sa générosité, toute sa faculté oratoire et toute son éloquence. Dès sa première enfance, il se prosternait devant Allah avec le Saint Prophète. Il a dit lui-même : « Je fus le premier à prier Allah avec le Saint Prophète. »9

Le célèbre historien, al-Allâmah al-Mas’oudi dit :

« Ali a suivi les pas du Prophète, tout au long de son enfance. Allah l’a créé pur et saint, et l’a maintenu ferme dans le droit chemin. »10

Bien que Ali fût indiscutablement le premier à embrasser l’Islam lorsque le Saint Prophète a demandé à son auditoire de le faire, et du fait même que depuis son enfance il avait été élevé par le Prophète et qu’il l’a suivi dans chacune de ses actions, y compris la prosternation devant Allah, on peut dire qu’il est né musulman.

L’Imam Ali accompagnait toujours le Saint Prophète pour le protéger des ennemis. Il avait l’habitude de copier les versets du Saint Coran dès qu’ils étaient révélés par l’Ange Gabriel. Il était si étroitement associé au Prophète d’Allah qu’aussitôt qu’un verset lui était révélé, le jour où la nuit', l’Imam Ali se trouvait le premier à l’entendre.

À l’occasion de « l’établissement du lien de la fraternité » (Mu'âkhât) entre les Muhâjirine et les Ançâr, le Saint Prophète a dit : « O Ali ! Tu es mon frère aussi bien dans ce monde que dans l’autre. »11

Le Saint Prophète a dit aussi : « Je suis la Cité du Savoir ; Ali en est la Porte. »12

Selon Omar Ibn al-Khattâb, le Prophète a dit à Ali : « Tu es à moi ce que Hârûn fut à Moise (Mûsâ). »13

Le Saint Prophète a dit également : « Ali est avec la vérité, et la vérité est avec Ali ; ils ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils parviennent (à moi) au Bassin de Kawthar. »14 et : « Chaque Prophète a un successeur et héritier, or Ali est mon successeur et héritier. »15

Le caractère et l’envergure de l’Imam Ali sont décrits par al `Allâmah al-Mas`oudi dans ces termes :

« Si être le premier musulman, le compagnon du Prophète dans l’exil, son compagnon de lutte pour la foi, son associé intime dans la vie, son proche parent, si être le vrai connaisseur de l’esprit des enseignements du Prophète et du Livre, si son abnégation et son sens de la justice, si sa connaissance de la loi et des sciences constitue un droit à la prééminence, alors tout le monde doit considérer Ali comme le meilleur musulman. Nous aurons beau rechercher parmi ses prédécesseurs et ses successeurs, nous ne trouverons jamais ces attributs chez tout autre que lui. »16

La dernière année de sa vie, le Saint Prophète était allé à la Mecque pour accomplir le pèlerinage. Au cours de son voyage de retour, lorsqu’il est arrivé à Ghadir Khum, le verset suivant lui a été révélé :

« O Messager ! Fais connaître ce qui « a été révélé par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas fait connaître Mon Message. Allah te protégera contre les hommes. II ne dirige pas les incroyants. (Sourate al-Mâ’idah, 5:67)

Conformément au commandement d’Allah, le Messager d’Allah s’est arrêté à l’endroit précité et a ordonné aux autres musulmans de s’arrêter aussi. Il y avait environ 70 000 personnes rassemblées autour de lui. Il a ordonné qu’on dresse la chaire. Une fois la chaire dressée, il y est monté et il a levé les mains d’Ali Ibn Abi Tâlib afin que les gens puissent le voir. Puis il a dit :

“Celui qui me considère comme son maître doit considérer Ali aussi comme son maître. O Allah ! Sois l’ami de celui qui est l’ami d’Ali, et l’ennemi de quiconque est l’ennemi d’Ali.”17

Gibbon18 dit : “La naissance, l’alliance et le caractère d’Ali, qui l’ont rehaussé au-dessus de ses compatriotes, pouvaient justifier sa revendication du trône vacant d’Arabie. Le fils d’Abou Tâlib était parfaitement en droit d’être le Chef des Bani Hâchim et le prince héréditaire ou le gardien de la cité temple de la Mecque.”19

Outre les nombreux mérites supérieurs qu’il possédait, l’Imam Ali était un poète éminent, un soldat courageux et un vénérable saint. Sa sagesse émerge encore dans une collection de dires moraux et religieux, et chaque antagoniste dans les combats livrés avec la langue ou le sabre était subjugué par son éloquence et sa valeur.20

Depuis la première heure de sa mission jusqu’aux derniers rites de ses funérailles, le Saint Prophète ne fut jamais délaissé par son ami généreux qu’il se plaisait à appeler son frère, son lieutenant, et le fidèle, le Aaron d’un autre Moïse, et à qui il avait marié sa fille la plus aimée, Fâtimah al-Zahrâ ».

En l’an 40 de l’Hégire, au petit matin du 19 Ramadan, l’Imam Ali a été frappé d’un coup d’épée empoisonnée, porté par un Kharijite, Abdul Rahmân Ibn Muljim, alors qu’il accomplissait ses prières dans le Masjid de Kufa. Il est mort le 21 Ramadan des suites de ses blessures, et a été enterré à Al-Najaf al-Achraf (Irak).

Il était né dans la maison d’Allah et il est mort aussi dans une autre maison d’Allah, le Masjid de Kufa. Le Lion d’Allah, le plus brave et le plus gentil musulman, avait commencé sa vie glorieuse dans la dévotion à Allah et à Son Prophète, et l’a terminée de la même façon.

Et comme le dit le noble Coran :

« Ne considérez pas ceux qui sont tués pour la Cause d’Allah comme morts. Ils sont vivants, mais vous n’en avez pas conscience. » (Sourate al-Baqarah, 2:154)

L’Imam al-Hassan al-Mujtabâ

Le fils aîné de l’Imam Ali est né à Médine, le 15 Ramadan de l’an 3 de l’Hégire. Ayant appris l’heureuse nouvelle de la naissance de son petit-fils, le Saint Prophète est venu à la maison de sa fille chérie, Fâtimah, a pris le nouveau-né dans ses bras et l’a nommé « Hassan ».

La première période de sept ans de l’enfance de l’Imam fut bénie par le bienveillant patronage du Saint Prophète qui lui a transmis ses plus hautes qualités et l’a pourvu du Savoir divin, au point qu’il est devenu rayonnant de savoir, de tolérance, d’intelligence, de bonté et de valeur. Il était infaillible de naissance et doué de savoir céleste.

Jâbir Ibn Abdullah al-Ançâri rapporte ces propos du Prophète : « Quiconque désire voir le maître de la jeunesse du Paradis, doit regarder le visage d’al-Hassan Ibn Ali. »

Al-Ghazali a rapporté dans son livre « Ihyâ' al-`Ulûm » que le Saint Prophète a dit : « Al-Hassan me ressemble dans la création et dans la figure ».

Le Prophète a dit également : « Al-Hassan et al-Hussayn sont mes fils. Celui qui les aime m’aime et celui qui m’aime aime Allah, et celui qui aime Allah entre au Paradis. Celui qui déteste al-Hassan et al-Hussayn me déteste, et celui qui me déteste Allah, et celui qui déteste Allah ira en Enfer »21

Le décès du Saint Prophète a été suivi d’une période riche d’événements, lorsque le monde musulman s’est trouvé en proie à l’expansionnisme et à la conquête. Mais même dans cette phase révolutionnaire, l’Imam al-Hassan s’est dévoué à la mission sacrée de la propagation pacifique de l’Islam et des enseignements du Saint Prophète, avec son illustre père, l’Imam Ali.

La majorité des musulmans lui ont prêté serment d’allégeance après le décès de l’Imam Ali. À peine avait-il pris les rênes du califat, qu’il s’est heurté à la rivalité de Mu`âwiyah, le Gouverneur de Syrie, qui lui a déclaré la guerre. Conformément à la Volonté d’Allah, et afin d’éviter l’effusion de sang chez les musulmans, il a conclu un traité de paix avec Mu`âwiyeh, aux termes duquel il a pu sauver l’Islam et prévenir une guerre civile.

Mais ce traité de paix ne signifiait pas la cession de la direction de la Ummah à Mu`âwiyah. Il signifiait seulement un transfert intérimaire de l’administration. S’étant dégagé des responsabilités administratives, l’Imam al-Hassan s’est consacré à la propagation de l’Islam et des enseignements du Saint Prophète à Médine.

L’Imam al-Hussayn al-Chahîd

Le Saint Prophète a dit : « Al-Hussayn est de moi et je suis d’al-Hussayn. Allah aime celui qui aime al-Hussayn. »22

Ya`lâ Ibn Murrah a rapporté les traditions suivantes de Çahih al-Termithî : « L’Imam al-Hussayn, le troisième Imam, est né à Médine, le 3 Cha'bân de l’an 4 de l’Hégire. À sa naissance le Messager a prophétisé que l’Islam serait secouru et rajeuni par son second petit-fils, al-Hussayn.

Yazid, fils de Mu`âwiyah, était connu pour son caractère maudit et sa conduite brutale. Il avait la mauvaise réputation d’être le plus débauché des hommes. Les gens, ayant connu et compris le caractère de Yazid se sont mis d’accord pour que Mu`âwiyeh ne désigne pas Yazid comme son successeur.

Connu de peu de gens, un accord entre l’Imam al-Hassan et Mu`âwiyah existait aussi, qui stipulait que ce dernier avait juré de ne pas nommer Yazid comme son successeur. Mais Mu`âwiyeh a violé son engagement et a désigné Yazid à sa succession.

Yazid a demandé à l’Imam al-Hussayn de lui prêter serment d’allégeance. Mais ce dernier ne pouvait en aucun cas accéder à cette requête inadmissible. Les gens craignant la mort et la destruction dont les menaçait le tyran Yazid se sont soumis à lui, mais l’esprit indomptable d’al-Hussayn n’accepta jamais de se plier devant le mal. Donc, il n’a pas admis la destruction de ce que son grand-père, le Saint Prophète, avait établi.

Le refus du Saint Imam de faire allégeance à ce démon a marqué le début de sa persécution. Il a donc fini par se réfugier à Médine pour mener une vie retirée. Mais même là-bas, on ne l’a pas laissé vivre en paix et il a été forcé de chercher refuge à la Mecque où il sera également harcelé et où Yazid complota son assassinat dans le pourtour même du grand sanctuaire de la Ka'bah.

Pour sauvegarder le grand sanctuaire, al-Hussayn décida de quitter la Mecque pour Kufa, juste un jour avant le pèlerinage. Lorsqu’on lui demanda quelle était la raison de son mystérieux départ de la Mecque à la veille du pèlerinage, il répondit qu’il accomplirait le pèlerinage à Karbala', offrant comme sacrifice, non pas un animal, mais des parents, des proches et certains amis.

Lorsque le Saint Imam est arrivé, avec son entourage, à Karbala', il a déclaré : « C’est là la terre du destin, c’est la terre de la souffrance et de la torture. » Il est descendu de son cheval et a demandé à ses partisans de camper là, disant : « C’est là que nous tomberons en martyrs nous et nos enfants. C’est la terre à propos de laquelle mon grand-père, le Prophète, avait fait une prédiction et où sa prophétie sera certainement réalisée. »

À l’aube du 10 Muharram de l’an 61 de l’Hégire l’Imam fut totalement encerclé par une grande armée de Yazid et il vit Ibn Sa'ad ordonner à ses troupes de l’attaquer. Alors, al-Hussayn rassembla ses partisans et s’adressa à eux dans les termes suivants :

« Allah nous a permis aujourd’hui de nous engager dans une guerre sainte, IL nous récompensera de notre martyre. Préparez-vous donc à combattre l’ennemi de l’Islam avec patience et persévérance. O Fils des gens nobles et respectables, soyez patients ! La mort n’est rien qu’un pont que vous devez traverser après avoir fait face aux épreuves et afflictions, pour atteindre le Paradis et ses joies. Qui d’entre vous n’aimerait pas quitter cette prison (ce monde) pour des palaces élevés (le Paradis) ? »

Ayant entendu le discours de l’Imam, tous ses compagnons furent transportés et s’écrièrent : « O maître ! Nous sommes prêts à te défendre ainsi que les Gens de la Famille, et de nous sacrifier pour la cause de l’Islam. »

Al-Hussayn envoya ses compagnons l’un après l’autre pour se battre et se sacrifier dans le chemin d’Allah. Finalement, lorsque ses hommes et ses enfants eurent offert leur vie, l’Imam amena son fils de six mois, Ali al-Açghar, et le tenant dans ses mains, il demanda un peu d’eau pour le nourrisson qui mourait de soif. L’enfant assoiffé reçut une flèche empoisonnée mortelle, lancée par Harmalah, l’un des assaillants de l’armée brutale de Yazid.

La flèche traversa la nuque de l’enfant et s’immobilisa dans les bras du père désarmé. À la fin lorsque l’enfant de six mois fut mort, al-Hussayn s’adressa à Allah dans les termes suivants : « O Allah ! Ton Hussayn a offert dans Ton chemin tout ce dont tu l’avais béni. Bénis donc Ton Hussayn, O Seigneur, par l’acceptation de ce sacrifice. Tout ce qu’a pu faire al-Hussayn jusqu’à maintenant, c’était grâce à Ton secours et Ta Miséricorde. »

L’Imam est descendu finalement dans le champ de bataille et est tombé en martyr. Les détails de son assassinat impitoyable sont déchirants. Les forces de Yazid, après avoir assassiné l’Imam al-Hussayn, ont coupé sa tête et l’ont placée sur une lance. La tête coupée du Saint Imam s’est mise à glorifier Allah depuis le bout de la lance en disant : « Allahu Akbar » (Allah est le plus Grand !)

Après que la tête eut été tranchée, on a piétiné le corps d’al-Hussayn, saccagé ses tentes et pris en captivité les membres de sa famille. Les parents et les proches d’al-Hussayn furent dépêchés d’une façon très expéditive, à Damas, où les attendaient des épreuves encore plus difficiles.

L’Imam Ali Zayn al `Âbidine

Le quatrième Imam, Ali Ibn al-Hussayn est né à Médine, le 15 Jumâdi-I de l’an 37 de l’Hégire (685) apr. J.-C.). Il était populairement appelé « Zayn al-`Âbidine. »

L’Imam Zayn al `Âbidine a survécu environ 34 ans à son père et a passé sa vie en priant et en suppliant Allah, ainsi que dans la commémoration du martyre de son père. C’est en raison de ses prières et prosternations perpétuelles qu’on l’a surnommé « al-Sajjâd » (le Prosternant).

Le Saint Imam n’a pas eu la possibilité d’accomplir ses prières en paix ni de prononcer des sermons. Le Lieutenant d’Allah sur terre a adopté, donc, trois directions qui se sont avérées bénéfiques pour ses adeptes. Il a d’abord continué à compiler des invocations et des supplications pour l’usage quotidien l’homme, s’efforçant de s’approcher du Tout-Puissant Allah. La collection inestimable de ses invocations éditées est connue sous le titre de « Al-Çahîfah al-Sajjâdiyyah ».

Cette collection est un trésor inappréciable d’étonnantes invocations d’Allah, très touchantes, rédigées dans un style beau et inimitable. Même si l’on se contentait de feuilleter seulement ces invocations, on constaterait leur excellence et leur béatitude. À travers lesdites invocations, l’Imam a présenté la guidance nécessaire pour le fidèle dans la solitude23.

L’Imam Mohammad al-Bâqir

Le cinquième Imam Mohammad al-Bâqir est né à Médine, le 1 Rajab de l’an 57 de l’Hégire (677 apr. J.-C.). Il a acquis populairement le titre d’« al-Bâqir. » L’Imam al-Bâqir a été élevé dans le saint giron de son grand-père, l’Imam al-Hussayn. Pendant 34 ans, il a vécu sous le patronage de son père, l’Imam Zayn al `Âbidine.

Un célèbre savant musulman, Ibn Hajar al-'Açqalâni dit : « L’Imam Mohammad al-Bâqir a percé les secrets du savoir et de la sagesse, et déplié les principes de la guidance spirituelle et religieuse. Personne ne peut nier son caractère sublime, sa science infuse, sa sagesse accordée par Allah, son rôle louable dans la diffusion du savoir. Il était un haut dirigeant spirituel talentueux, et pour cette raison, il a eu droit au titre populaire d’« al-Bâqir » qui signifie « le Perceur du Savoir. »

Bon cœur, de caractère irréprochable, l’âme sacrée, la nature noble, l’Imam a consacré tout son temps à faire preuve de sa soumission à Allah et à préconiser les enseignements du Saint Prophète et de ses descendants. Il est hors du pouvoir d’un homme de décrire la profonde impression de savoir et de guidance laissée par l’Imam sur les cœurs des fidèles.

Ses dires sur la dévotion et l’abstinence, le savoir et la sagesse, les exercices religieux, la soumission à Allah, sont si nombreux que le volume de ce livre est tout à fait insuffisant à les couvrir tous. »24

L’Imam Ja` far al-Çâdiq

Le sixième Imam, Ja'far al-Çâdiq est né le vendredi 17 Rabi » al-Awwal de l’an 83 de 1'Hégire. Son célèbre titre était « al-Çâdiq » (Le Véridique). Il a été élevé par son grand-père, l’Imam Zayn al-'Abidine pendant 12 ans, et ensuite sous le patronage de son père, I'Imam Muhammad al-Bâqir pendant 19 ans.

La période de son Imamat a coïncidé avec la période la plus révolutionnaire et la plus fertile en événements de l’histoire musulmane, la période où l’on a assisté à la chute de l’Empire omeyyade et à la montée de la dynastie abbasside. Les guerres intestines et les bouleversements politiques apportaient des changements rapides dans le gouvernement.

Donc le Saint Imam a assisté aux règnes de différents rois, depuis la chute d’Abdul Malik jusqu’au souverain omeyyade, Marwân Ibn al-Hakam. Il a survécu jusqu’à l’époque de Abul Abbâs al-Saffâh et d’al-Mançour, tous deux de la dynastie abbasside. C’est grâce au conflit qui opposait Omeyyades et Abbassides que l’Imam a été laissé tranquille et il a pu accomplir ses devoirs de dévotion en paix.

L’Imam s’est acquitté de sa mission en propageant l’Islam et en diffusant les enseignements du Saint Prophète.

La chute des Omeyyades et la montée des Abbassides ont constitué les deux importants événements de l’histoire musulmane. C’était la période la plus chaotique et la plus anarchique, pendant laquelle les musulmans ont été corrompus et les enseignements du Saint Prophète négligés. L’état d’anarchie était en progression.

On se trouvait au milieu d’une telle obscurité mortelle que le personnage de l’Imam Ja'far al-Çâdiq se dressait comme un phare déversant continuellement sa lumière pour éclairer les vastes étendues des ténèbres pécheresses qui l’entouraient. Le monde s’inclinait devant sa personnalité vertueuse et admirable.

Abou Salma Khallâl lui a offert le trône du califat, mais l’Imam perpétuant la tradition caractéristique de ses ancêtres a décliné fermement cette offre en raison des conditions critiques qui prévalaient à l’époque. Grâce à sa large connaissance, il triomphait toujours, dans ses débats avec le clergé des ordres rivaux, tels les chrétiens et les Juifs.

L’esprit souple et érudit de l’Imam al-Çâdiq dans les différentes branches du savoir a été salué dans tout le monde musulman. Il a attiré vers lui tellement d’étudiants de tous les coins du monde que le nombre de ses disciples a dépassé quatre milles. Les savants et les experts en Loi divine ont rapporté de lui de nombreux hadiths. Ses disciples ont compilé des centaines de livres relatifs aux différentes branches de la science et de l’art.

Outre le « Fiqh » (la Jurisprudence), le « Hadith » (la Tradition) et le « Tafsîr » (l’exégèse), l’Imam dispensait également des cours de mathématiques et de chimie à certains de ses disciples. Jâbir Ibn Hayyân al-Tartûcî, le célèbre savant en mathématiques était l’un des disciples de l’Imam, et a beaucoup appris des connaissances et de la guidance de ce dernier, ce qui lui a permis d’écrire 400 livres sur des sujets divers.

C’est une vérité historique indéniable que d’affirmer que tous les grands savants de l’Islam étaient redevables, pour ce qui concerne leur instruction, aux Ahl-Elbayt qui constituaient la fontaine des connaissances et de l’instruction pour tout le monde.

Al-’Allamah al-Chiblî écrit dans son livre « Sirat al-Nu`mân » : « Abou Hanifah a fréquenté pendant une très longue période l’Imam al-Çâdiq, acquérant auprès de lui des connaissances étendues et précieuses en matière de Fiqh et de Hadith.

« Tous les deux math-hab (rites) islamiques - le sunnisme et le chiisme - croient que la source des connaissances d’Abou Hanifah provenait principalement de son association avec l’Imam al-Câdiq. »

L’Imam a consacré toute sa vie au prêche des enseignements du Saint Prophète. En raison de ses immenses connaissances et de ses nobles enseignements, les gens se sont rassemblés autour de lui avec toute la dévotion et toute la révérence qui lui étaient dues. Cette haute position n’a pas manqué de susciter la jalousie du gouvernant abbasside, Mançour al-Dawânîqî qui, craignant la popularité de l’Imam, a décidé de le supprimer.

L’Imam mourra effectivement des suites d’un empoisonnement, le 15 Rajab de l’an 148 de l’Hégire.

L’Imam Moussâ al-Kâdhim

L’Imam Moussâ, le septième Imam, est né le dimanche 17 Çafar de l’an 128 de l’hégire, à Abwa (Médine).

« Kâdhim » était son célèbre surnom. Sa dévotion et ses actes d’adoration inégalables envers Allah lui ont valu l’épithète d’« al-`Abd al-Çâlih » (le serviteur vertueux d’Allah). Sa générosité était synonyme de son nom, et aucun nécessiteux n’a jamais quitté sa porte, les mains vides. Même après sa mort, il a continué à être obligeant. Il était généreux envers les fidèles qui venaient prier sur sa Tombe sacrée, puisque les prières et les vœux de ceux-ci étaient toujours exaucés par Allah.

Après le décès de l’Imam al-Çâdiq, l’Imam al-Kâdhim lui a succédé comme septième Imam. La période de son Imamat a duré 35 ans. Pendant la première décade de son Imamat, l’Imam Moussâ al-Kâdhim a pu s’acquitter paisiblement des responsabilités de sa mission et accomplir la tâche de la diffusion des enseignements du Saint Prophète.

Mais, plus tard, il a été victime de la tyrannie du pouvoir régnant. Toutefois, il a réussi à passer la plus grande partie de sa vie à aider les pauvres et les nécessiteux. Sa générosité était telle, qu’il avait l’habitude de prendre en charge les pauvres et les indigents de Médine en leur fournissant, sans se faire connaître, de l’argent, de la nourriture, des vêtements et d’autres moyens de subsistance.

Il est resté une énigme pour ceux qui en recevaient des dons durant sa vie, car ils ne savaient pas qui était leur bienfaiteur. Cette énigme n’a été résolue qu’après sa mort.

Le temps et les circonstances ne lui ont pas permis d’établir des institutions en vue de dispenser des connaissances religieuses à ses partisans, à l’instar de son père, l’Imam al-Çâdiq, lequel, lui non plus, n’avait jamais été autorisé à organiser des rassemblements. Il a poursuivi sa mission de prêcher parmi les gens et de les guider discrètement. Il a également écrit quelques livres dont le plus célèbre est « Musnad al-Imam al-Kâdhim. »

L’Imam Ali al-Redhâ

L’Imam Ali al-Redhâ est né le 11 Thil-Qa’dah de l’an 148 H., à Médine. Al-Redhâ était son surnom.

Il a été élevé sous la guidance de son père pendant 35 ans. Sa propre perspicacité et l’éclat de sa science en matière de religion, combinés avec l’entraînement et l’éducation dispensés par son père, ont fait de lui un dirigeant spirituel inégalable. L’Imam al-Redhâ était un exemple vivant de la piété du Saint Prophète, et de la courtoisie et de la générosité de l’Imam Ali.

L’Imam al-Redhâ avait hérité de grande qualité de cœur et d’esprit de ses ancêtres. Il était un esprit érudit et il maîtrisait même plusieurs langues. Ibn al-Athîr al-Jazeri a écrit très justement que l’Imam al-Redhâ avait été indubitablement le plus grand sage, le plus grand saint et le plus grand savant du deuxième siècle de l’Hégire.

Al-Ma’moun ne pouvait pas s’empêcher de le tenir en grande estime, en raison de sa grande piété, sa sagesse, son savoir, sa modestie, sa bienséance et sa personnalité. Aussi a-t-il décidé de le nommer héritier présomptif du trône. En l’an 200 de l’Hégire, il a convoqué les Abbassides à sa cour. Trente-trois mille Abbassides ont répondu à l’invitation et ont été reçus comme convives royaux.

Durant leur séjour dans la capitale, al-Ma’moun observait de très près et notait leurs capacités et il est enfin parvenu à la conclusion qu’aucun d’entre eux ne méritait de lui succéder. C’est pour cela qu’il les a réunis en l’an 201 H. en assemblée pour leur dire en termes catégoriques que personne parmi les Abbassides n’était digne de prendre sa succession.

Aussi leur a-t-il demandé de prêter serment d’allégeance au cours de cette même assemblée, à l’Imam al-Redhâ, et a-t-il déclaré qu’à l’avenir les robes royales seraient vertes une couleur dont la seule distinction était le fait d’être celle des vêtements de l’Imam. Un décret royal fut publié qui stipulait que l’Imam al-Redhâ succéderait à al-Ma’moun et que son titre serait : « Ali al-Redhâ min Ale Mohammad » (Ali al-Redhâ, de la Famille du Prophète Mohammad).

Même après la déclaration de succession où l’Imam avait toute possibilité de mener une splendide vie royale mondaine, il n’accorda aucune attention au confort matériel, et se consacra totalement à la diffusion de l’idéologie islamique à partir du Saint Coran et des enseignements du Saint Prophète.

Il passa l’essentiel de son temps à prier Allah et à servir les gens. Al-Ma’moun a fini par lui faire administrer un poison mortel, à la suite de quoi il rendit l’âme, le 23 Thil Qa`dah de l’an 203H.

L’Imam Mohammad al-Taqî

L’Imam Mohammad al-Taqî est né le vendredi 10 Rajab en l’an 195 H., à Médine (811 apr. J.-C.). Son surnom était « al-Taqî » (le Pieux).

L’Imam al-Taqî a été élevé par son père, l’Imam al-Redhâ, pendant quatre ans. Son père ayant été obligé d’émigrer de Médine à Khurâsân (Iran) a laissé son jeune fils derrière lui à Médine. L’Imam était tout à fait conscient de la duplicité du gouvernant et avait presque la certitude qu’il ne reviendrait pas à Médine. Il désigna son fils Mohammad al-Taqî comme son successeur, et lui transmit tous ses trésors de connaissances divines et tout son génie spirituel.

La durée de la vie de l’Imam al-Taqî fut plus courte que celle de ses prédécesseurs et de ses successeurs. Il est devenu Imam à l’âge de huit ans et il est mort empoisonné à l’âge de vingt-cinq ans. Néanmoins, son savoir n’avait pas de limites et il commandait le respect et l’estime de tous. Le Saint Imam incarnait l’affabilité du Prophète et les connaissances de l’Imam Ali. Ses qualités héritées comprenaient la vaillance, la piété, la charité, l’instruction, la clémence et la tolérance.

Les aspects les plus brillants et les plus saillants de sa nature et de son caractère étaient l’hospitalité et la courtoisie envers tout le monde sans aucune discrimination, l’aide aux nécessiteux, la reconnaissance de l’égalité dans toutes les circonstances, la vie dans la simplicité, l’aide aux orphelins, aux pauvres et aux sans-logis, la disposition à dispenser des cours pour ceux qui s’intéressaient à l’acquisition de la connaissance, et à guider les gens dans le droit chemin.

Pour consolider son empire, l’empereur abbasside, al-Ma’moun a pensé qu’il était nécessaire de gagner la sympathie et le soutien des Iraniens qui s’étaient montrés toujours amicaux envers les Ahl-Elbayt. Par conséquent, al-Ma’moun était obligé, du point de vue politique, d’établir des contacts avec la tribu des Bani Fâtimah aux dépens de ses liens avec les Bani Abbas (Abbassides), afin de s’attirer le soutien des chiites.

Conformément à cet objectif, il a déclaré l’Imam al-Redhâ son héritier, même contre la volonté de l’Imam lui-même, auquel il a en outre marié sa sœur, Om Habibah. Al-Ma’moun attendait de l’Imam al-Redhâ, après avoir pris ces mesures, qu’il lui prêtât son soutien dans les affaires politiques de l’État.

Mais lorsqu’il comprit que l’Imam s’intéressait peu aux affaires politiques et que les masses se soumettaient de plus en plus à lui en raison de son éminence spirituelle, il l’empoisonna. Cependant les raisons qui l’avaient conduit à nommer l’Imam Al-Redhâ héritier présomptif étaient encore valables. C’est pourquoi il a manifesté son désir de marier sa fille Om Al-Fadhl à l’Imam Al-Taqî, et c’est dans ce dessein qu’il a invité l’Imam à quitter Médine pour venir en Irak.

Les Bani Abbas furent déconcertés lorsqu’ils apprirent qu’Al-Ma’moun avait projeté de marier sa fille à l’Imam Al-Taqî. Une délégation de quelques notables se rendit auprès de lui pour le dissuader de poursuivre son objectif. Mais Al-Ma’moun continua à admirer l’instruction et les qualités de l’Imam.

Il se serait dit que bien que l’Imam fût encore jeune, il était le vrai successeur de son père à tous les égards et que les plus érudits des savants du monde musulman ne pouvaient rivaliser avec lui. Lorsque les Abbassides ont constaté qu’Al-Ma’moun attribuait la supériorité de l’Imam à son instruction, ils ont choisi Yahyâ Ibn Aktham, le plus grand savant et juriste de Bagdad, pour le lui opposer.

Al-Ma’moun a publié une proclamation et a organisé une réunion pour ce face-à-face qui a attiré des gens de toutes les régions du royaume. À part la noblesse et les hauts dignitaires, environ neuf cents places avaient été réservées uniquement pour les savants et l’intelligentsia.

Tout le monde était étonné de voir un petit enfant s’opposer au vétéran juge (Qâdhi Al-Qudhât) et au plus grand savant irakien en matière de lois religieuses.

L’Imam Al-Taqî s’est assis à côté d’Al-Ma’moun, sur son trône, en face de Yahiyâ Ibn Aktham qui s’est adressé à l’Imam : « Permets-tu que je te pose une question ? »

« Demande ce que tu desserrés » répondit l’Imam sur le même ton confiant que ses ancêtres.

Yahiyâ lui demanda : « Quel est ton verdict à propos d’un homme qui s’autorise la chasse pendant qu’il est en état d’Ihrâm ? » (Selon la loi religieuse, la chasse est interdite aux pèlerins en état d’Ihrâm). L’Imam répondit sans hésitation : « Ta question est vague et fallacieuse.

Tu dois préciser s’il a chassé à l’intérieur des limites du Territoire Sacré ou à l’extérieur, s’il était lettré ou illettré, s’il était esclave ou un citoyen libre, s’il était mineur ou majeur, s’il l’a fait pour la première fois ou s’il l’avait déjà fait, si son gibier était un oiseau ou une autre créature, si le chasseur s’est repenti de son action ou s’il y a persisté, s’il a chassé secrètement ou ouvertement, si l’Ihrâm était pour la `Omrah ou pour le Hajj ?

Tant que tous ces points ne seront pas explicités, aucune réponse appropriée ne pourra être donnée à cette question. »

Le Qâdhi Yahyâ est resté bouche bée pendant qu’il écoutait ces propos de l’Imam, et toute l’assemblée en était abasourdie. Al-Ma’moun a éprouvé un plaisir sans limite. Il exprima ses sentiments de joie et d’admiration par des « "Ahsanta, Ahsanta Yâ Abâ Ja`far » (BRAVO ! Bien dit !) O Abou Ja`far ! Ton instruction et tes connaissances sont au-dessus de toutes louanges ».

Comme Al-Ma’moun voulait que l’adversaire de l’Imam fût totalement mis à nu, il dit à l’Imam : « Tu pourrais, toi aussi, poser quelques questions à Yahyâ Ibn Aktham. »

Alors, Yahyâ dit lui aussi à l’Imam, mais à contrecœur : « Oui, tu peux me poser quelques questions. Si j’en connais la réponse, je répondrais, autrement, je te prierais d’y répondre toi-même. »

Sur ce, l’Imam a posé une question à laquelle Yahyâ n’a pu répondre. Finalement, c’est l’Imam qui a répondu à sa propre question.

Al-Ma’moun s’est alors adressé à l’auditoire : « N’ai-je pas dit que l’Imam vient d’une famille qui a été choisie par Allah comme un répertoire de la connaissance et de l’instruction ? Y a-t-il quelqu’un dans le monde, qui puisse se mesurer même avec les enfants de cette famille ? »

Tout le monde s’est écrié : « Sans aucun doute, il n’y a pas d’égal à Mohammad Al-Taqi. »

Devant cette même assemblée, Al-Ma’moun a marié sa fille, Om Al-Fadhl, à l’Imam, et il a distribué généreusement charité et cadeaux parmi ses sujets en signe de réjouissances. Un an après son mariage, l’Imam a quitté Bagdad pour retourner avec sa femme à Médine où il s’est mis à prêcher les commandements d’Allah.

Sa femme, la fille d’Al-Ma’moun, Om Al-Fadhl, finit par l’empoisonner, et il est mort le 29 ou le 30 Thil Qa'dah de l’an 220 de l’Hégire.

L’Imam Ali Al-Naqî

L’Imam Ali Al-Naqi est né à Surba, aux environs de Médine, le vendredi 15 Thil — Hajj de l’an 212 H. ou selon une autre version, le 5 Rajab, en l’an 214 H.

L’Imam Ali Al-Naqi a été, comme son père, élevé au rang d’Imam dans son enfance. Il avait six ans lorsque son père, l’Imam Al-Taqî est tombé en martyr. Après la mort d’Al-Ma’moun, Al-Mu`taçim lui succéda, et c’est le calife Al-Wâthiq Billâh qui lui succédera bientôt. Pendant les premières années du règne d’Al-Wâthiq, l’Imam Al-Naqî vécut en paix.

Après Al-Wâthiq Billâh, Al-Mutawakkil accéda au pouvoir. Étant très occupé aux affaires de l’État, il n’eut guère le temps de harceler l’Imam et ses partisans pendant quatre ans. Mais, une fois libéré de ses affaires étatiques, il commença à s’attaquer à l’Imam. Le Saint Imam se consacrait à la mission de prêcher à Médine, et avait gagné en conséquence la gratitude des gens, leur allégeance, et leur reconnaissance de son grand savoir et de ses attributs.

Cette réputation de l’Imam suscita la jalousie et la malice d’Al-Mutawakkil contre lui. Le Gouverneur de Médine écrivit à Al-Mutawakkil pour l’informer que l’Imam al-Naqi préparait un coup contre le gouvernement et qu’une foule de musulmans étaient engagés à le soutenir. Bien qu’enragé par cette nouvelle,

Al-Mutawakkil préféra encore observer la politique de non-arrestation du Saint Imam, fondée sur l’invocation d’un prétendu respect et amour dû à la dignité d’Imam. Il le fit cependant emprisonner à vie après l’avoir invité à son palais. L’Imam finit par être empoisonné mortellement le 3 Rajab, en l’an 254 de l’Hégire.

L’Imam Al-Hassan Al-’Askari

L’Imam Al-Hassan Al-`Askari est né le lundi 8 Rabi`-II de l’an 232 de l’Hégire, à Médine. Il était connu particulièrement sous l’appellation d’« Al-`Askari. »

L’Imam Al-`Askari a passé vingt-deux ans de sa vie sous le patronage de son père, l’Imam Ali Al-Naqi. Et c’est après son martyre qu’il est devenu Imam, divinement commissionné.

À son époque, les gouvernants abbassides étaient empêtrés dans des luttes politiques. Ils craignaient cependant beaucoup l’existence de l’Imam Al-`Askari, l’Imam intègre, divinement ordonné et issu de la Famille du Saint Prophète, d’autant plus qu’ils avaient appris que le fils de ce Saint Imam serait le sauveur de l’humanité pour toutes les époques et jusqu’au Jour du Jugement.

Aussi infligèrent-ils à l’Imam toutes sortes de tourments, et il passa la plus grande partie de sa vie en prison, et beaucoup de restrictions furent imposées à sa liberté de mouvement. Malgré tout cela, il a toujours su s’acquitter des devoirs de l’Imamat avec sang-froid et dans la dignité.

Le Saint Imam était très occupé à la diffusion de la connaissance religieuse et à la guidance des gens vers le droit chemin. L’histoire montre que les exégètes du Saint Coran ont souvent cité les interprétations des versets coraniques faites par l’Imam Al-’Askari.

Al-Mo`tamad, le gouvernant abbasside, ayant constaté que le monde chantait les louanges de l’Imam, en fut rongé de jalousie, et craignant que les gens ne déclarent ouvertement leur allégeance à l’Imam, il le fit assassiner par empoisonnement le 8 Rabi`-I, de l’an 260 H.

L’Imam Mohammad Al-Mahdî

Il existe une bonne part d’harmonie et d’uniformité entre les aspects qui ont rapport à la naissance du Prophète Mohammad, le dernier Prophète d’Allah, et celle de l’Imam al-Mahdi, le dernier Imam. Tout comme la venue du Saint Prophète avait été annoncée bien à l’avance par les précédents Prophètes, la nouvelle de la naissance imminente et bénie de l’Imam al-Mahdi avait été prédite par le Saint Prophète.

D’innombrables traditions concernant ce sujet, rapportées directement du Saint Prophète se trouvent dans beaucoup d’ouvrages de Musnad, de Çahih, de Akhbâr, ainsi que dans les écrits des savants chiites.

Beaucoup de savants chiites ont réuni ces Hadiths dans des livres à part, comme « al-Bayân Fi Akhbâr Çâhib al-Zamân », d’Al-Hâfidh Mohammad Ibn Yusuf al-Çhâfi`i » "Çahih Abou Daoud", "Sunan Ibn Maja." Tous ces livres mentionnent les Hadiths témoignant de l’avènement d’al-Mahdi25.

L’Imam est né à Samarra le 15 Cha`bân, de l’an 255 H. Les aspects importants et singuliers de sa naissance ressemblent beaucoup à ceux de la naissance du Prophète Moïse. La naissance de Moise avait annoncé la chute et l’extinction de l’Empire de Pharaon qui ordonna l’assassinat de tous les nouveau-nés mâles des Bani Isrâ ‘îl.

Les rois abbassides, pour leur part, craignaient la réalisation des prédictions attribuées au Saint Prophète concernant la naissance d’al-Mahdi qui devait jeter l’anathème sur leur empire. Aussi ont-ils préparé une embuscade pour découvrir la naissance de l’Imam et mettre fin à sa vie. Mais l’avènement de la naissance de l’Imam fut enveloppé et entouré de la même protection divine et des mêmes phénomènes miraculeux qui avaient marqué la naissance historique du Prophète Moïse.

Sa naissance fut gardée secrète et sa chambre maintenue à l’abri de toute curiosité. Seuls quelques fidèles proches furent au courant de l’événement.

Lorsque la mère de l’Imam fut conduite devant al-Mo`tamad dans le cadre de l’enquête sur la naissance du douzième Imam, elle se permit d’affirmer, pour sauvegarder sa propre vie et protéger son fils, qu’elle n’avait jamais senti en elle les symptômes de la maternité ni aucun spasme. Le Calife abbasside s’abstint donc pour le moment de la harceler, mais la plaça sous la surveillance étroite du Qâdhî Abou Chorab, auquel il confia la sale besogne de tuer tout enfant qui naîtrait d’elle.

Peu après cet incident, le Royaume abbasside connut une période révolutionnaire qui dérouta al-Mo`tamad. C’est ainsi qu’il eut à faire face à l’invasion de Çâhib Zanj qui avait razzié le Hijâz et le Yémen, et lancé ses bandes de pillards et d’incendiaires à travers le Royaume abbasside, soumettant le gouvernement de Bagdad, la capitale, à un chaos complet.

Al-Mo’tamad était donc naturellement trop occupé par la guerre pour prêter attention à la mère de l’Imam qui fut relâchée après six mois de harcèlements, pour ne plus être interrogée sur la naissance du douzième Imam.

L’Imam al-Mahdi fut élevé par son père, l’Imam al `Askari, le onzième Imam, qui eut recours aux mêmes mesures de protection (pour élever son fils) qu’avait adoptées Abou Tâlib pour sauvegarder le Saint Prophète. Il avait l’habitude de prendre soin de son fils dans un coin de la maison pendant quelques jours avant de le transférer dans un autre coin, afin que personne ne sache où se trouvait exactement l’enfant.

Pendant que l’Imam al `Askari gardait dans le secret total la naissance de l’enfant et les affaires de son enfance, il permit à un nombre réduit de personnes dévouées et d’amis fidèles d’avoir accès à lui, afin qu’ils puissent se familiariser avec leur Imam présumé à qui ils devraient faire leur allégeance.

Ci-après les noms de quelques personnes - cités par des livres de Hadiths authentiques appartenant à la fois au Sunnisme et au Chiisme - qui ont eu l’honneur d’avoir vu personnellement l’Imam al-Mahdi.

En effet, lorsque le fils de l’Imam al `Askari est né, celui-ci lui a donné le nom de Mohammad, et au troisième jour de sa naissance, il l’a montré à quelques-uns de ses adeptes, en déclarant à leur adresse :

« Voici mon successeur et votre Imam présumé. Il est le vrai Qâ'im devant lequel vos têtes seront baissées par révérence pour lui. II réapparaîtra pour remplir la terre de bénédiction et de justice après avoir été pleine de péchés et de vices. »

Ali Ibn Bilâl, Ahmad Ibn Hilal, Mohammad Ibn Mu`âwiyeh Ibn al-Hakam et Hassan Ibn Ayoub Ibn Nûh ont mentionné qu’ils étaient venus auprès de l’Imam al `Askari avec une délégation de quarante personnes. L’Imam leur a montré l’enfant et leur a dit :

“C’est votre Imam après moi. Chacun de vous doit lui soumettre expressément son allégeance et s’abstenir de toute controverse sur ce sujet, pouvant vous conduire au péril. Rappelez-vous qu’il ne sera plus visible par vous.”

L’Imam al `Askari est mort le 8 Rabi’-I en l’an 260 H., jour marquant le début de l’Imamat de son fils, lequel constitue une source de guidance spirituelle pour tout l’univers. Comme, selon la Volonté d’Allah, toutes les affaires ayant rapport avec le Saint Imam devaient rester strictement derrière le rideau, il commissionna certains de ses délégués et ambassadeurs qui s’étaient occupés des affaires religieuses depuis l’époque de son père pour servir d’intermédiaires entre les gens et l’Imam occulte.

Ils communiquaient les problèmes et les questions religieuses des gens à l’Imam, et rapportaient aux gens les solutions et les réponses données par l’Imam. C’est par la Volonté Divine qu’il a disparu et c’est par la Volonté d’Allah qu’il réapparaîtra. Sa réapparition sera le prélude au Jour du Jugement.

Durant la période de la Ghaybah (l’occultation), il est de notre devoir d’attendre la réapparition de l’Imam. Nous devons mettre au point un système de développement social sain et judicieux, fondé sur le Saint Coran pour le présenter au monde.

Nous devons prouver l’excellence et l’efficacité des lois divines aux gens et attirer l’attention de ceux-ci sur le système divin. Nous devons lutter contre les superstitions et les fausses croyances, et préparer la voie à l’établissement d’un gouvernement mondial islamique, en nous inspirant de la lumière des enseignements du Saint Coran et des traditions du Saint Prophète.

Nous devons mettre au point un programme visant à résoudre les problèmes du monde et le présenter à tous les réformateurs du monde. Nous devons éclairer la pensée des peuples du monde, et en même temps, nous préparer à la réapparition de l’Imam et à l’émergence d’un gouvernement mondial juste.

Les adeptes des descendants du Saint Prophète

Ceux qui croient que l’Imam Ali Ibn Abi Tâlib était le successeur immédiat du Saint Prophète sont appelés les Chi`ah de `Ali (les chiites-partisans d’Ali)26. Les Chi`ah de `Ali sont en fait, les Chi`ah du Saint Prophète, car les Ahl-Elbayt (Ali et ses successeurs) ont suivi la ligne du Prophète et n’ont professé que ce que le Prophète avait enseigné. Ils sont demeurés solidement attachés à la Mission du Prophète à travers leur vie.

Ils se sont occupés pendant plus de 250 ans de la protection du Message Divin et ont appelé les gens à faire de même.

Ils considéraient le Saint Coran et le Prophète comme les seules autorités à suivre. Les Chi`ah considèrent l’Imam Ali et ses onze descendants infaillibles comme Imams et les suivent en tant que tels. Le vrai chiite est celui qui suit l’exemple des Imams de la Maison du Prophète.

L’Imam al-Bâqir a dit à l’un de ses compagnons, Jâbir Ibn Abdullah al-Ançâri :

« O Jâbir ! Crois-tu qu’il suffise qu’un individu se dise être partisan des Ahl-Elbayt (les Descendants du Prophète) pour qu’il soit considéré comme étant chiite !? Par Allah, notre partisan est seulement celui qui est pieux et obéissant à Allah, celui qui jeûne, prie, sert ses parents, aide ses voisins, les nécessiteux, les gens endettés et les orphelins, et qui est connu pour sa véracité et son assiduité à lire le Saint Coran. Un chiite ne doit jamais parler dédaigneusement avec quiconque et doit faire l’objet de la confiance de tous. »

Jâbir dit alors :

« O fils du Prophète ! Je ne connais personne qui possède ces qualités de nos jours ! »

L’Imam lui répondit :

« O Jâbir ! Ne te laisse pas berner par les diverses croyances. Crois-tu qu’il suffise, pour avoir le salut, de prétendre être le partisan de `Ali sans souscrire aux commandements d’Allah ? Si quelqu’un dit qu’il est partisan du Saint Prophète, sans suivre ses enseignements, il ne sera pas pour autant sauvé, bien que le Prophète soit supérieur à l’Imam Ali. II est du devoir d’un chiite de craindre avant tout Allah. Celui qui obéit à Allah est notre ami, et celui qui lui désobéit est notre ennemi. Personne ne peut devenir notre ami, si ce n’est par sa piété et ses bonnes actions. »

L’Imam al-Çâdiq a dit lui aussi la même chose dans les termes suivants :

« Soyez pieux et dévots. Soyez véridiques, honnêtes et polis. Comportez-vous bien envers vos voisins. Attirez les gens vers le droit chemin par votre bonne conduite et votre bon comportement. Ne vous attirez pas la disgrâce par vos mauvaises actions. Prolongez vos inclinations et vos prosternations pendant la prière, car lorsqu’un homme prolonge ses inclinations (Rukû`) et ses prosternations (Sujûd), le Diable est contrarié et perturbé. » Il crie : « Quelle honte ! Ces gens obéissent à Allah, alors que je Lui désobéis. Ils se prosternent alors que je m’abstiens de la prosternation. »

À une autre occasion, l’Imam al-Çâdiq a dit :

« Les disciples du Prophète Jésus étaient ses chiites (c’est-à-dire ses adeptes, amis et partisans), mais ils n’étaient pas meilleurs que nos chiites. Ils lui avaient promis leur soutien, mais ils n’ont pas tenu leur promesse ni n’ont combattu dans le chemin d’Allah. En revanche, nos chiites, depuis le décès du Prophète jusqu’à présent, n’ont jamais hésité à nous soutenir. Ils ont consenti tous les sacrifices par amour pour nous. On les a brûlés, torturés et expulsés de leurs maisons, mais on n’a pas réussi à les faire renoncer à leur soutien pour nous. »

  • 1. Voir : Ibn Hichâm, ‘Sîrat al-Nabî’, vol. II, pp. 147-148
  • 2. Ihrâm : Lorsqu’on accomplit le Pèlerinage de la Mecque (hajj), le port d’un vêtement spécifique (ihrâm) est requis
  • 3. Voir : ‘Al-Cawâ'iq al-Muhriqah’ d’lbn Hajar al-Haythami al-Makki al-Châfi`î, p. 25. Éd. Matba`at al-Maymanah, Egypte; "Majma` al-Zawâ'id", d'al-Haythami al-Châfi`î p. 164, Ed. Maktabat al-Qudsi; "Tarikh Dimachq", d'Tbn 'Asâkir al-Châfi'î; AI-Ghadir", d’al - `Allâmah al-Aminî, vol. I, pp. 26-27, Éd. de Beyrouth ; ‘'Abeqât al-Anwâr’, de Hâmid Husayn, vol. XII, p. 312, Éd. d’Isphahân, etc
  • 4. Sourate al-Chourâ, 42:23
  • 5. Voir : ‘Çahih al-Tirmithî’, vol. V, p. 328 ; éd. Dâr al-Fikr. Beyrouth : ‘Jâmi` al-Uçûl’, d’lbn al-Athir, vol.I, p. 187, éd. d’Égypte ; ‘Yanâbî` al-Mawaddah’, d’al-Qandouri al-Hanafi, pp. 33, 40, 226, 355, éd. al-Haydariyyah ; ‘Kanz al-'Ummâl’, d’al-Muttaqi al-Hindi), vol III, p.154 ; Miftâh al-Najâ ». d’al-Badakhchi, p9 ; ‘Musnad Ahmad Ibn Hanbal’, vol. III, pp. 17, 26, éd. d’al-Maymaniyyah, Égypte ; ‘Al-Mu’jam al-Çaghir’, d’al-Tabarâni, vol. I, p. 131, éd. Dâr al-Naçr, Egypte; ‘Al-Mustadrak’, d’al Hâkim, vol III, p. 109 ; ‘al-Fat-h al-Kabir’, d’al-Nabahâni, vol. I, p. 252, éd. Dâr al-Ahyâ', Egypte; "Çahih Muslim, Kitâb al-Fadhâ ‘il, chap. Fadhâ ‘il Ali lbn Abi Tâlib. vol. II, p. 362, Éd. Isâ al-Halabi
  • 6. Voir : ‘Çahih Muslim’, vol. VII, p. 130 ‘Çahîh al-Tirmithî’, vol. XII, p. 85 ; ‘Musnad Ahmad Ibn Hanbal’, vol. IV, p. 170 ; ‘Tafsir al-Tabari’, vol. XX, p.5 ; ‘Tafsir Ibn Kathir’, vol. III, p. 485 ; ‘Mustadrak al-Hâkim’, vol. III, p.158
  • 7. Voir : ‘Çahih al-Bukhâri’, p.175, Égypte, 1335 hégire ; ‘Çhih al-Tirmithi’, vol.II, p.45, Delhi, 1342 hégire
  • 8. ‘Çahih Muslim’, vol. II, p.191, Égypte 1348 hégire ; "Sunan Abî Dâwoud", vol. II, p.207, Egypte; ‘Musnad Ahmad Ibn Hanbal’, vol.V, p.106, Égypte, 1313 hégire ; ‘Mustadrak al-Hâkim’, vol.II, p.618, éd.al-Haydariyyah ; "Taycîr al-Wuçûl `Alâ Jami` al-Uçûl ", vol, II, p.343, Egypte; ‘Târîkh Baghdâd’, vol. XIV, p.353 ; ‘Yanâbî` al-Mawaddah’, p.445 (Istanbul) ; Montakhab Kanz al-`Ummâl", vol.V, p.312
  • 9. Nahj-al-Balâghah
  • 10. Murûj al-Thahab
  • 11. Voir : ‘Çahîh al-Termithî’, vol.V, p. 300, Éd. Dâr al-Fikr, Beyrouth; ‘Mustadrak al-Hâkim’, vol. III p. 14 ; ‘Al-Fuçûl alMuhimmah’, d’Ibn al-Çabbâgh al-Mâliki, p. 21, éd. al-Haydariyyahé
  • 12. Voir : ‘Al-Termithî’, dans son Çahih, vol. II, p. 299, rapporté d’Abdullah Ibn ‘Omar, par Muhib al-Dîn al-Tabari, vol. II, p. 167
  • 13. « Thakhâ'ir al -`Oqbâ' », de Muhib al-Dîn al-Tabari, p. 58, éd. du Caire, 1356 h
  • 14. ‘Târikh al-Bagdâdi’, p. 321 ; Majma` al-Zawâ'id’, d’AI-Haytharni al-Châfi`î, vol.VII, p. 35 ; Kanz al-`Ummâl, vol.VI, p.157
  • 15. « Yanâbî` al-Mawaddah » ; ‘al-Fuçûl al-Muhimmah’ ; ‘Musnad Ahmad Ibn Hanbal
  • 16. Murûj al-Thahab
  • 17. ‘Al-Mustadrak’. d’al-Hâkim al-Nichâpourî ; ‘Manâgib al-Khawârizmi al-Hanafi’ ; ‘Yanâbi` al-Mawaddah’, d’al-Qandouzi al-Hanafi, etc.
  • 18. Edward GIBBON : Historien anglais, né à Putney (Londres) ‘1737-1794’, auteur d’une Histoire de la Décadence et de la Chute de l’Empire romain (1776-1788)
  • 19. ‘Gibbon abridged by W. Smith’, p. 466
  • 20. Voir : "Peak of Eloquence", Isp. 1977
  • 21. À`lâm al-Warâ (Chap.Fadhâ’il al-Sibtayn), d’al-Tabari
  • 22. Voir : ‘Fadhâ'il al-Khamsah’
  • 23. Voir : "Les Credos du Chiisme", Mohammad Redhâ al-Modhaffar, Ed. Abbas Ahmad al-Bostani, Paris 1990
  • 24. ‘Al-Çawâ`iq al-Muhriqah’
  • 25. Voir : "The Awaited Saviour", Isp. 1979
  • 26. Voir : al-`Allâmah Kâchif al-Ghitâ’, ‘Le Chiisme : Origines et Principes’, Arcs, 1995