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Question 20: Pourquoi les chiites, au moment de la ziyâra, embrassent-ils les portes et les murs du sanctuaire et y cherchent une bénédiction?

Réponse

Chercher la bénédiction dans les mausolées des Amis de Dieu (ou d'autres lieux saints) n’est pas le fait d'un groupe spécial de musulmans. Cette conduite existe et a été rapportée dans la biographie de l’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–, et de ses compagnons et de ses disciples.

Non seulement le Noble Prophète de l'islam –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– et ses compagnons, mais également les prophètes précédents pratiquaient cela. Nous mettons à votre disposition quelques exemples de ces pratiques dans les lieux saints:

1- Dans le Noble Coran, quand Yûsûf, le véridique –les bénédictions de Dieu soient sur lui– se fait connaître à ses frères et les pardonne, il leur dit:

﴿ إذْهَبُوا بِقَمِيْصِيْ هَذا فَأَلْقُوهُ على وَجْهِ أبِيْ يَأتِ بَصِيْراً ﴾

«Emportez ma tunique que voici et mettez-là sur le visage de mon père (Ya‘qûb –les bénédictions de Dieu soient sur lui– il recouvrera la vue». 1

Puis il dit:

﴿ فَلَمّا أَنْ جاءَ الْبَشِيْرُ ألْقاهُ على وَجْهِهِ فَارْتَدَّ بَصِيْراً ﴾

«Quand arriva le porteur de bonnes nouvelles, il appliqua la tunique sur le visage de Ya‘qûb qui recouvrit la vue». 2

Ce verset du Coran est une preuve évidente que le prophète de Dieu, Ya‘qûb –les bénédictions de Dieu soient sur lui– a trouvé la guérison grâce à la tunique d’un autre prophète Yûsûf –les bénédictions de Dieu soient sur lui–, et le Coran dit que c'est la chemise de Yûsûf qui fut à l'origine de la guérison de Ya‘qûb –les bénédictions de Dieu soient sur lui–.

Peut-on dire que la conduite de ces deux nobles prophètes –les bénédictions de Dieu soient sur eux– sorte du cadre du Monothéisme et de l’adoration de Dieu?!

2- Il n’y aucun doute que le Noble Prophète de l’islam –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–, lorsqu’il accomplissait les trajets circulaires autour de la Maison de Dieu, touchait la Pierre noire "Hadjar ol’Aswad" ou l’embrassait.

Bokhârî dans son Sahîh rapporte: «Un homme a interrogé Abdollâh ibn ‘Omar sur le fait de toucher la Pierre noire, il répondit:

»رأيت رسول الله (صلّى الله عليه (وآله) وسلّم) يستلمه ويقبّله «

«J’ai observé le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– qui touchait la Pierre noire et l’embrassait». 3

Si le fait de toucher ou d’embrasser une pierre avait été une manifestation d'associationnisme, le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– qui est le plus grand défenseur du Monothéisme, n’aurait jamais accompli cette pratique.

3- Dans les livres de Sahîh et de les Mosnad transmission, ainsi que dans les livres d’Histoire et de Hadith, il existe une multitude de Hadith au sujet d'une grâce accordée aux compagnons du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– par ses vêtements, l’eau de ses ablutions, sa cruche d’eau, qui éffacent le moindre doute sur la légitimité de cet acte.

L’énumération de tous les Hadith à ce sujet, est impossible dans ce livre, nous nous contenterons d'en citer quelques-uns à titre d’exemple:

a) Bokhârî, dans son Sahîh, dans un long Hadith sur les qualités du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– et de ses compagnons, écrit:

»وإذا توضّأ كادوا يقتتِلون على وضوئه«

«Chaque fois que le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– accomplissait ses ablutions, les musulmans se disputaient les gouttes d’eau qui tombaient». 4

b) Ibn Hadjar dit:

»إنَّ النّبيّ صلّى اللّه عليه وعلى آلِه وسلّم كان يؤتي بالصّبيان فيبرك عليهم«

«Ils amenaient les enfants auprès du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– et le Prophète (a.s.s) priait pour eux afin de les bénir».5

c) Mohammad Tâhir Makkî dit:

«Il a été rapporté de Omm Thâbit: «l’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– est venu me voir et a bu l’eau de l’outre qui était suspendue, je me suis alors levée et j’ai tranché l’outre».

Puis il dit: «Ce Hadith a été rapporté de Tirmidhî» et ajoute: «C’est un Hadith sûr et fiable et le commentateur de ce Hadith dans le livre Riâdh os-Sâlehîn dit: «Omm Thâbit a tranché l’outre pour garder l’endroit où le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– avait posé les lèvres. Les compagnons s’efforçaient de boire au même endroit que l’Envoyé de Dieu»6.

»كان رسُول اللهِ صلَّى الله عليه (و آله) وسلّم إذا صلّى الغداة جاء خدم المدينة بِآنيتهم فيها الماء فما يؤتى بإناءٍ إلاّ غمس يده فيها فربّما جاؤوه في الغداة الباردة فيغمس يده فيها«

«Les serviteurs de Médine, au moment de la prière de l’aube, s'approchaient du Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) avec chacun une cruche d’eau. Le Noble Prophète plongeait ses mains bénies dans chacune de ces cruches, quel que soit le nombre de fois ou le froid matinal, le Prophète plongeait chaque fois les mains dans leurs cruches7».8

Les preuves du caractère légitime de la recherche de la bénédiction dans Amis de Dieu sont ainsi établies et il est clair que ceux qui accusent les chiites d'associationnisme n’ont pas correctement assimilé la différence entre le Monothéisme et le chirk (associationnisme), car le chirk et l’adoration d’autre que Dieu, dans le sens où, à côté de l’adoration de Dieu, une autre créature est considérée comme dieu et où des actes divins lui sont attribués de façon indépendante.

Alors que les chiites considèrent ce qui touche aux Amis de Dieu, comme les Amis de Dieu eux-mêmes, comme des créatures de Dieu, dépendants dans leur essence et leur existence tout comme dans leurs effets de Dieu, l’Unique.

Les chiites, uniquement par respect de leurs Imams et des précurseurs de la Religion divine, et pour manifester leur amour envers eux, cherchent la grâce dans les objets qui les touchent.

Si les chiites, au moment de la «Ziyâra», visite pieuse au mausolée du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– ou des Gens de sa Demeure, embrassent le mausolée ou caressent les portes et les murs, ce n’est que pour manifester leur amour pour le Noble Prophète et sa famille –les bénédictions de Dieu soient sur eux.

C'est un comportement sentimental et humain qui se manifeste chez toute personne qui éprouve de l'amour.

Un poête eloquent dit:

أمُرُّ عَلَى الدِّيار ِ دِيار سّلْمى

أقَبِّلُ ذَا الْجِدار َ وَذَا الْجِدارا

وَما حُبُّ الدِّيارِ شَغَفْنَ قَلْبِي

وَلَكِنْ حُبُّ مَنْ سَكَنَ الدِّيارا

«Je passe par la cité, la cité de Salma. J’embrasse ce mur-ci, j’embrasse ce mur-là. Non que l’amour des murs ait enflammé mon cœur, mais par amour pour celle qui habite en leur cœur».

  • 1. Sourate «Yûsûf». 12:93
  • 2. Sourate «Yûsûf». 12:96.
  • 3. Sahîh Bokhârî, 2ème partie, Livre du Pèlerinage, chap. «Taqbîl al-Hadjar», p.151-152. Edition du Caire.
  • 4. Sahîh Bokârî, Vol.3, p.195.
  • 5. Al-Asâbah, Vol.1, Introduction, p.7. Edition du Caire.
  • 6. Tabarrok as-Sahâba (Mohammad Tâhir Makkî), 1ère partie, p.29, traduction Ansârî.
  • 7. Sahîh de Moslim, 7ème partie, «Kitâb al-Fadhâ’il», chap. «Des conditions du Djihâd et des traités de paix», p.79.
  • 8. Pour plus d’informations, référez-vous au:
    Sahîh Bokhârî, «Kitâb Achribah».
    Mowattâ’a de Mâlik, Vol.1, p.138, chap. des Salutations sur le Prophète.
    Asad al-Ghâbah, Vol.5, p.90.
    Mosnad d’ Ahmad, Vol.4, p.32.
    Al-Isti‘âb, en marge d’«Al-Asâbah», Vol.3, p.631.
    Fath al-Bârî, Vol.1, p.281 et 282.