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Leçon 10: Les termes techniques

Dans cette leçon nous abordons quelques-uns des nombreux termes techniques qu’utilisent les ‘urafâ’ et dont on ne pourrait pas comprendre les significations sans les avoir préalablement élucidés ou dont le sens apparent est même parfois le contraire du sens dans lequel ils sont utilisés en réalité. Et c’est là une pratique propre aux ‘urafâ’.

Notons que souvent le sens courant des mots de la norme générale ne suffit pas à exprimer les concepts scientifiques. Aussi, les tenants de chaque science –dont les ‘urafâ’- sont obligés de recourir à des termes spécifiques pour exprimer des concepts spécifiques.

En outre, les ‘urafâ’ ont un autre motif qui les amène à utiliser des termes techniques propres à eux. Ils prennent un soin particulier à dissimuler leurs réelles intentions aux profanes et aux non-initiés qui n’arrivent pas à comprendre les concepts ‘irfânites (gnostiques). En effet, Abû-l-Qâcim al-Quchayrî, l’un des imâms des ‘urafâ’ a déclaré dans son al-Risâlah al-Quchayriyyah que les ‘urafâ’ s’ingénient à utiliser des mots équivoques et ambigus pour barrer la route aux non-‘urafâ’ et les empêcher d’être au fait de leurs conditions, leurs états et leurs destinations1.

En plus de ces deux raisons, il y a un troisième motif qui complique les choses (la compréhension de leurs dires) et qui pousse certains ‘urafâ’ à avoir recours à «l’hypocrisie positive » dans leur cheminement et leur conduite (leur voyage spirituel) pour réformer leur fond aux dépens de leur réputation auprès des gens. Ainsi, contrairement à un vrai hypocrite qui présente l’orge qu’il vend comme du bon blé, ils s’efforcent de présenter leur blé comme de l’orge afin de combattre leur égoïsme et leur moi. Et lorsqu’ils mettent en avant leur indifférence et leur insouciance, c’est vis-à-vis des créatures qu’ils le font et non du Créateur.

On attribue cette attitude à la plupart des ‘urafâ’ de Khorâsân (une province d’Iran), et on dit que le grandissime poète iranien Hâfidh faisait lui aussi partie de ce courant, car dans ses poèmes il a dit beaucoup de choses qui dénotent dans leur apparence ce qui est répréhensible, alors qu’elles expriment dans son for intérieur des concepts positifs. Néanmoins, Hâfidh a reconnu ailleurs que feindre la débauche est le frère jumeau de feindre la piété, car l’une comme l’autre feinte sous-tendent une hypocrisie détestable.

En fait, cette pratique que des ‘urafâ’ ont adoptée, est condamnée par les faqîh (jurisconsultes, uléma). En effet, la jurisprudence musulmane (fiqh) de même qu’elle interdit l’hypocrisie et la considère comme une sorte de polythéisme, de même elle prohibe la feinte de la débauche et énonce: un croyant n’a pas le droit de s’exposer et d’exposer son honneur et sa position sociale au soupçon. Ce que beaucoup de ‘urafâ’ approuvent aussi.

En un mot, certains ‘urafâ’ ont expressément feint le contraire de la bonne foi qu’ils ont au fond d’eux-mêmes, ce qui a compliqué encore plus la compréhension de leurs intentions.

* * * * * *

Les termes techniques utilisés par les ‘urafâ’ sont nombreux. Certains d’entre eux appartiennent à la gnose théorique c’est-à-dire la vision cosmique de la gnose et l’interprétation de l’existence par les ‘urafâ’. Tels termes techniques ressemblent à ceux des philosophes et sont des néologismes extrêmement difficiles à comprendre2, et forgés, du moins pour la plupart, sinon dans leur totalité, par Ibn ‘Arabî.

L’autre partie de ces termes techniques s’apparente au ‘irfân pratique, c’est-à-dire aux étapes (ou stades) du voyage spirituel3 et concerne obligatoirement à un haut degré l’homme. Ils ressemblent donc aux concepts de la psychologie et de l’éthique, et elle constitue en réalité une sorte particulière de la psychologie expérimentale. Aussi les ‘urafâ’ estiment-ils que même les philosophes, les psychologues, les sociologues ou les uléma – et a fortiori les profanes ou les non-initiés- qui n’ont pas emprunté tels sentiers (les étapes du voyage spirituel) ni vécu de près les états de l’âme, ni étudié leurs phénomènes n’ont le droit d’y porter des jugements!

Toutefois, ces termes techniques du ‘irfân pratique, contrairement à ceux du ‘irfân théorique- sont anciens et remontent au 3éme siècle de l’hégire, c’est-à-dire à l’époque de Thû-l-Nûn, Bâyazîd et al-Junayd.

Voici quelques-uns de ces termes mentionnés par al-Quchayrî et d’autres:

1- al-waqt الوقت (le temps)

Nous avons abordé ce terme d’après Avicenne dans la leçon précédente et maintenant nous allons voir comment les ‘urafâ’ eux-mêmes le définissent. Le résumé de ce qu’al-Quchayri a dit à ce propos est que le concept du temps est un concept relatif additionnel, car chaque état où se trouve le gnostique requiert de lui une attitude spécifique et étant donné que le dit état spécifique de ce gnostique requiert une attitude particulière, on appelle cet état le temps du dit gnostique. Il est possible qu’un autre gnostique se trouvant dans le même état ait un autre temps ou que le premier gnostique cité ait un autre temps dans d’autres circonstances et que ce temps requière une autre attitude et une autre fonction (devoir).

Le gnostique doit être donc conscient du temps et connaitre l’état auquel l’Au-delà le soumet, et la fonction qu’il doit y assumer. Il doit toujours saisir le temps et c’est la raison pour laquelle on dit que « le gnostique est le fils du temps ».

Dans les poèmes iraniens, on utilise le terme de « dam » ou « ‘aych naqd » pour désigner le « temps ». C’est ce qu’on voit souvent dans les poèmes de Hâfidh, et c’est ce qui a encouragé certains esprits malveillants et débauchés –qui essayaient de justifier leur débauche et leur libertinage- de peindre Hâfidh comme un incitateur à une vie plongée dans les plaisirs terrestres et à l’oubli d’Allâh et du jour de la Résurrection, ou à ce que les Occidentaux appellent l’épicurisme4.

Dans ces poèmes, Hâfidh a beaucoup recouru à ces termes en pensant à leur valeur symbolique, alors que les gens y voient –à tort- une incitation à la débauche et à la licence. Pourtant, d’autres vers du poète projettent la lumière sur ces poèmes et écartent leur apparence trompeuse.

Al-Quchayrî dit: « Lorsqu’on dit que le soufi est le fils de son temps, on entend qu’il fait toujours ce qui est le mieux pendant ce temps. On dit aussi «Le temps est une épée tranchante », le rater expose l’homme à l’anéantissement.

2 & 3-: Al-hâl الحال (état) et al-maqâm المقام (station)

Ils font partie des termes techniques courants du ‘irfân; hâl désigne ce qui entre dans le cœur du gnostique involontairement, alors que maqâm indique ce qu’il acquiert et obtient volontairement. Le hâl est, contrairement au maqâm, très fugace, au point qu’on dit que les «états» sont comme l’éclair qui étincelle mais disparait promptement.

On rapporte de l’Imâm ‘Alî (p) décrivant le gnostique: « Il a ravivé son ‘aql (esprit), fait mourir ses désirs, jusqu’à ce qu’il devînt décharné et son âme limpide, et qu’une brillance très éclairante l’éclairât. »5

Les ‘urafâ’ appellent aussi ces éclats brillants « lawâ’ih لوائح », « lawâmi‘ لوامع », «tawâli‘ طوالِع » selon le cas ou selon la différence de leurs degrés et de leurs positions, de leur intensité et de leur durée.

4 & 5 -: Al-qabdh قبض (contraction) et al-bast بسط (décontraction)

Ces deux mots revêtent une signification particulière chez les ‘urafâ’. Qabdh dénote la crispation, la contraction de l’âme du gnostique, et bast, sa décontraction et sa décrispation. Les ‘urafâ’ ont beaucoup traité de la question de la contraction et de la décontraction de l’âme, de leurs causes et de leur pourquoi.

6 & 7-: jam‘ جمع (rassemblement, rencontre) et farq فرق (séparation)

Les ‘urafâ’ ont beaucoup utilisé ces deux mots. Al-Quchayrî dit à ce propos: « Ce que le gnostique obtient par lui-même et grâce à ses propres efforts pour mériter «le maqâm » de l’adoration, est « farq », et ce qu’Allâh lui offre est « jam». En d’autres termes, celui qu’Allâh rapproche de Lui à cause de ses actes d’adoration et d’obéissance est dans un état de « farq » et celui qu’Allâh couvre de Sa Grâce et de sa Mansuétude il est dans un état de «jam‘».

8 & 9 -: ghaybah غيبه (absence) et dhuhûr ظهور (apparition)

«Ghaybah » signifie ne pas voir les créatures et ne pas les sentir, et c’est là un état que connait parfois le gnostique dans lequel il devient inconscient de ce qui se passe autour de lui, en raison de son absorption dans sa présence auprès de son Seigneur. Il se peut même que de graves évènements surviennent autour de lui ou à lui-même sans qu’il s’en rende compte. Les ‘urafâ’ rapportent à cet égard des récits quasi mythiques.

Ainsi al-Quchayrî relate qu’un jour alors qu’Abû Hafç, un forgeron de Nishâpour, travaillait, quelqu’un est passé le voir et lui récita un verset coranique qui le mit dans un état d’inconscience (ghaybah). Aussi introduisit-il machinalement sa main nue dans le fourneau pour en sortir le fer fondu, mais son apprenti eut la présence d’esprit de crier pour le prévenir, cri qui le sortit de son inconscience et sauva sa main.

Ailleurs, al-Quchayrî rapporte qu’un jour al-Chiblî entra chez al-Junayd dont l’épouse était assise à côté de lui et qui, voyant ce visiteur, voulait quitter le lieu. Mais son mari lui dit de rester à sa place en lui expliquant qu’al-Chiblî se trouve dans un état d’«absence » (ghaybah) et que par conséquent il n’est pas conscient de sa présence. Elle s’exécuta donc et restait sur place. Al-Junayd se mit à parler un peu avec al-Chiblî, lequel peu après commença à pleurer. Al-Junayd se tourna alors vers son épouse et lui demanda de se couvrir, car «al-Chiblî est sur le point de reprendre conscience » lui expliqua-t-il.

C’est ainsi que les ‘urafâ’ expliquent l’état dans lequel se plongent « les amis proches d’Allâh »6 lors de leurs prières au point de ne plus être conscients de ce qui se passe autour d’eux.

Plus loin nous expliquerons que les «amis proches d’Allâh » connaissent un état encore plus sublime que celui de «ghaybah» (absence).

10 - 13)-: Thawq ذوق le goût), chirb شرب (le boire), sukr سكر (l’ivresse), rayy ري (l’arrosage):

Thawq et tathawwuq ont la même signification. Les ‘urafâ’ estiment que les connaissances scientifiques ne peuvent ni attirer ni susciter le désir, car l’attirance et le désir sont le fait ou la conséquence de la gustation. Avicenne a abordé ce sujet dans le Huitième Modèle de ses « Ishârât » où il a comparé ce fait à l’impuissant dépourvu de désir sexuel à qui on a beau décrire le plaisir ressenti lors de l’acte sexuel, ce désir ne sera pas éveillé en lui.

Ainsi, le tathawwuq تذوّق (gustation) c’est le talath-thuth تلذّذ (le plaisir goûté ou dégusté) et le thawq gnostique signifie la perception présentielle du plaisir procuré par les théophanies (manifestations) et les dévoilements. On appelle le plaisir primaire « thawq » (goût ou gustation), sa continuation « chirb » (le boire), l’ivresse ou la réanimation qui s’ensuit « sukr » et le fait de s’en rassasier « rayy ».

Les ‘urafâ’ considèrent que ce qui se produit par le thawq (dégustation) c’est le semblant de l’ivresse (tasâkur تساكر) et non pas l’ivresse elle-même, alors que la conséquence du boire « chirb » est l’ivresse (sukr), tandis que ce qui suit le « rayy » (arrosage) et le rassasiement (imtilâ’ اِمتلاء) ce sont le « çahw صحو » (éveil) et le « ifâqah اِفاقه» (réveil).

Et c’est pour cette raison que les ‘urafâ’ ont utilisé très souvent le mot vin par métonymie, pour exprimer leur intention.

14-16 -: Mahw محو (effacement), mahq محق (anéantissement), çahw صحو (éveil)

De même les mots « mahw » (effacement) et «çahw» (éveil) reviennent très souvent dans le langage des gnostiques (‘urafâ’). Ils entendent par «mahw» le fait que le gnostique atteint un stade où il s’anéantit dans l’Essence divine et que dès lors il ne se considère pas comme les autres. Et si cet état d’anéantissement atteint un degré où toutes les traces du « moi » disparaissent, il est dénommé alors «mahq». Tous ces deux états de «mahw» et de « mahq » sont plus avancés que la position de «ghayb » précité. Car le «mahw» et le «mahq» sont certes un anéantissement, mais c’est un anéantissement dont le gnostique peut sortir pour retourner à l’état de «baqâ’» (permanence), mais pas dans le sens de rechute ou de descente, mais au sens de rester en permanence en Allâh. Cet état qui dépasse celui de «mahw» est justement dénommé « çahw» (éveil)

17- Khawâtir خواطر (les idées)

Les ‘urafâ’ désignent ce qui est jeté dans le cœur du gnostique sous le vocable « wâridât واردات» (importations, entrées) lesquelles se présentent tantôt sous forme de «qabdh قبض » (contraction) ou «bast » (détente), « surûr » (gaieté) ou « huzn حزن » (tristesse), tantôt sous forme de parole « kalâm » ou « khitâb خطاب» (discours), comme si le gnostique entendait quelqu’un l’appeler de l’intérieur, auquel cas on dénomme les «wâridât واردات»: « khawâtir خواطر » (idées).

Les ‘urafâ’ ont beaucoup dit à propos des khawâtir ». Par exemple, ils disent que les « khawâtir » sont parfois rahmaniyyah رحمانيّة (émanant du Miséricordieux) parfois « shaytâniyyah شيطانية» (émanant du satan) et parfois « nafsâniyyah نفسانية» (personnelles ou émanant du soi-même). C’est pourquoi ce sont des choses très sensibles, car satan pourrait contrôler à travers elles l’homme dans les situations de faute et de déviation. En effet Allâh dit: « Les diables inspirent à leurs alliés de.. » (Coran: 6: 121).

Ils disent aussi que l’homme parfait doit être toujours capable de distinguer les idées miséricordieuses des idées sataniques. Le critère de cette distinction est de voir ce à quoi appellent ces idées et ce qu’elles interdisent. Si elles incitent à ce qui est contraire aux enseignements du Législateur (Allâh ou la Charî‘ah), elles sont certainement de Satan. En effet, Allâh dit: « Vous apprendrai-Je sur qui les diables descendent? Ils descendent sur tout calomniateur, pécheur. » (Coran: 26: 221-222)

18-20-: Qalb قلب (cœur), rûh روح (âme), sirr سِر (le for intérieur)

Les ‘urafâ’ dénomment le for intérieur de l’homme tantôt « nafs » (soi), tantôt « qalb » (cœur), tantôt « h » (âme), tantôt «sirr » (for intérieur). Ainsi, tant que le sarîrah est le prisonnier de ses désirs, il est denommé «nafs »; si les connaissances divines y entrent, il est désigné par le mot «qalb»; lorsque le soleil de l’amour divin y brille, on l’appelle «h », et lorsqu’il atteint le stade de «chuhûd» (présence), il est appelé «sirr» (for intérieur).

Néanmoins, les ‘urafâ’ croient qu’il y a un stade plus sublime que le « sirr » qu’ils dénomment «khafiyy » (caché) ou « akhfâ » (le plus caché)

Questions (Leçon 10)

1- Pourquoi les gnostiques s'évertuent-ils à utiliser des termes techniques dont le sens apparent diffère du sens dans lequel ils l'emploient?

2- Qu'est-ce que "l'hypocrisie positive" chez les gnostiques?

3- Dans quel dessein les gnostiques recourent-ils parfois à l' "hypocrisie positive" dans leurs écrits?

4- Quel est le plus célèbre poète qui faisait large usage de l' "hypocrisie positive" dans ses poèmes?

5- Comment les jurisconsultes musulmans jugent-ils la pratique par certains gnostiques de l' "hypocrisie positive"?

6- À quoi (à quelle discipline) s'apparentent les termes techniques auxquels recourent les ‘urafâ’ dans la gnose théorique?

7- À quoi (à quelle discipline) s'apparentent les termes techniques auxquels recourent les ‘urafâ’ dans la gnose pratique?

8- Pourquoi les ‘urafâ’ estiment-ils que personne en dehors d'eux-mêmes n'a le droit de porter jugement aux termes techniques qu'ils utilisent dans le 'ifrân pratique?

9- Comment les gnostiques définissent-ils le concept al-waqt (le temps) ?

10- Pourquoi dit-on que « le gnostique est le fils du temps » ?

11- Qu'est-ce que les poèmes iraniens utilisent comme termes pour désigner le "temps"? Et quelle conséquence négative a eu cette utilisation pour les gnostiques (notamment Hâfidh) qui y recourent?

12- Qu'est-ce que le hâl et le maqâm?

13- Qu'est-ce que «lawâ’ih», «lawâmi‘», «tawâli‘» ?

14- Qu'est-ce que le qabdh (contraction) et le bast (décontraction) pour les gnostiques?

15- Qu'est-ce que le farq et le jam' pour les gnostiques?

16- Décrivez l'état de dhuhûr et celui de ghaybah chez le gnostique.

17- Citez quelques exemples vécus de l'état de ghaybah et de celui de dhuhûr.

18- Définissez les termes gnostiques suivants thawq (le gout), chirb (le boire), sukr (l’ivresse), rayy (l’arrosage) et expliquez à quels états respectifs du gnostique ils correspondent?

19- Expliquez en 10 lignes ce que sont les « khawâtir ».

20- Définissez les termes gnostiques suivants: mahw (effacement), mahq (anéantissement), çahw (éveil) et expliquez à quels états respectifs du gnostique ils correspondent?

21- Expliquez en dix lignes les termes gnostiques suivants: qalb (cœur), h (âme), sirr (le for intérieur).

  • 1. Al-Risâlah al-Quchayriyyah, p. 33.
  • 2. Comme: « al-faydh al-aqdas » (الفيض الاقدس), «al-faydh al-muqaddas » (الفيض المقدّس), «al-wujûd al-munbaset li-l-haqq-il-makhlûq bihi” (الوجود المنبسط للحق المخلوق بِهِ), “al-hadharât al-khams” (الحضرات الخمس), “maqâm al-ahadiyyah” (مقام الاحدية), “maqâm al-wâhidiyyah” (مقام الواحديّة), “maqâm ghayb al-ghuyûb” (مقام غيب الغيوب) etc.
  • 3. « al-Sayr wa-l-Sulûk al-‘irfânî”. (السير والسلوك العرفاني).
  • 4. Épicurisme: Doctrine d'Épicure qui comporte une cosmologie matérialiste fondée sur la notion d'atome (physique), une théorie des sensations et une morale (reposant en partie sur une recherche raisonnée du plaisir). (Le Petit Robert)
  • 5. Nahj-ul-Balâghah, prône 217: " قد احيا قلبه وامات نفسه، حتى دقَّ جليله ولطف غليظه، وبرق له لامعُ كثير البرق"
  • 6. Awliyâ’-ullâh. اولياء الله