Partie 2: La réponse de l’Islam aux problèmes du monde

L’Islam

Dans les débats précédents, nous avons donné notre opinion sur la civilisation occidentale. À présent, il est temps de discuter sur la civilisation islamique. Précisons que nous procéderons à une comparaison qui nous permettra de réaliser combien logique et solide est la voie universelle que l’Islam a tracée pour l’humanité. Nous espérons que par la grâce divine, ces discussions soient fructueuses et pleines d’enseignements pour ceux qui sont en quête de la vérité.

Nous avons essayé cependant de présenter et d’analyser les thèmes choisis, de façon que le lecteur n’en ressente aucune fatigue et qu’il dispose, ainsi, d’une clé qui le guidera plus ou moins vers les idées de l’Islam. L’Islam est, de par sa profondeur et son caractère universel, l’ordre incomparable, sans équivalent ; le meilleur qui n’est parvenu jusqu’à présent à l’humanité. Il présente toutes les voies qui guident vers le bien et mènent au bonheur. Il porte remède à tous les maux de l’humanité. La solidité de ses préceptes est évidente dans la totalité des règlements sociaux.

Les lois islamiques se rapportent à tout ce qui concerne l’homme, son esprit et sa vie. L’Islam n’a jamais été infecté par les systèmes corrompus actuels. Les mêmes systèmes qui, parfois, élèvent l’homme, jusqu’au rang de la divinité, pour qu’il ne s’appuie que sur son orgueil et son amour propre. Et qui en revanche, lui arrachent toutes force et volonté et le reconnaissent comme impuissant, face à la fatalité de la nature et de la matière. Par contre, l’islam fait trouver à l’être humain son véritable rang et lui fait connaître sa situation privilégiée et exceptionnelle face aux autres créatures. Dans le miroir de l’Islam, l’homme est un être supérieur, brillant, différent et sans équivalent parmi cette multitude de créatures.

L’Islam reconnaît l’homme comme un être éternel, doté d’une existence enchaînée que la mort ne pourrait rompre. L’ici-bas et l’au-delà vont de pair, et en raison de cette liaison absolue entre l’esprit et le corps, aucune faille ne peut être créée entre ces deux éléments. Cette religion envisage d’éduquer cet être éternel qu’est l’homme, en s’inspirant de tout l’ordre régnant sur l’immense système de la création.

Bien que l’éternité ait projeté les rayons de sa lumière, selon les principes universels et inchangeables du monde, sur l’ensemble des préceptes de la riche école de l’Islam, elle a en même temps laissé libre la voie du progrès et de la perfection, la pensée et le raisonnement sur les problèmes du jour, afin de pouvoir adapter la vie, dont le caractère évolue et varie en permanence, aux principes de la Char’at.

Du point de vue de l’Islam, malgré son côté matérialiste, l’homme a d’autres tendances et penchants. IL cherche à se libérer du joug de ce monde matériel pour s’élever au stade de la perfection. Le corps, la raison et l’esprit humain ont chacune des exigences qu’il faut examiner avec impartialité.

L’Islam abhorre l’absence d’équilibre. IL voit le bonheur de l’homme sous tous ses angles et tient compte de la totalité de ses tendances matérielles et spirituelles, sans réprimer le moindre de ses penchants innés et sans couper, pour l’élever spirituellement, les liens qui le reliant au monde matériel. C’est la pureté de la nature humaine qui compte avant tout.

Bref, l’homme se trouve entre deux pôles opposés: une série d’idéologies et de systèmes établis dans le but de réprimer les instincts humains et la Liberté animale, poussée à l’excès, absolue, telle que certains psychologues, dont Freud, la soutiennent. L’Islam qui n’est pas une théorie fictive propose à l’homme de rechercher un équilibre entre les deux.

Il ne cherche pas à réformer le mode de vie. IL est lui-même le stimulant d’une vie pleine de sens. Sa culture de vaste étendue a l’avantage d’être mobile et constructive. C’est le seul système vivant dont la philosophie de la vie a un aspect universel, bien au-dessus de la pensée matérialiste, beaucoup plus progressiste que cet ordre qui règne sur les deux camps de l’Est et de l’Ouest. Il peut même remplacer les autres principes et pensées par son idéologie puissante, globale et parfaite et les surpasser du point de vue de l’étendue du domaine.

L’Islam proscrit la pensée matérialiste absolue. Dans la nature de ses principes, sa philosophie de la vie diffère totalement des systèmes du monde actuel qui rejettent toute version métaphysique de la vie et tout objectif non matériel.

L’Islam ne limite pas l’homme à la matière et à l’argent, car le fond de son invitation est bien trop vaste pour être limite au cercle restreint des réformes économiques.

En ce qui concède son train de vie et sa voie, il se base sur les principes spirituels et moraux ainsi que sur des règlements qui peuvent s’adapter au système de la création générale, et tout en établissant la coopération sociale, il donne à la vie une valeur supérieure à celle de la matière. Il délivre l’individu et la société de l’étroitesse des idéaux misérables. Il les force à déployer leurs efforts dans le sens du sublime. IL fait évoluer les forces humaines vers la perfection à laquelle la création les a destinées. L’éducation islamique a pour principe d’épurer les sentiments humains et de les faire travailler dans le bon sens. Elle veille à satisfaire la nature de l’homme avec toutes ses exigences innées et ses besoins fondamentaux. Elle contrôle et dompte les passions excessives et empêche les instincts d’emprisonner la raison et de prendre en main le sort de l’existence humaine. Ainsi, il sauvegarde la dignité de l’homme, tout en réservant à chaque individu, une part raisonnable de prospérité.

Le musulman doit s’occuper de sa vie matérielle, tout comme il cherche à satisfaire ses besoins spirituels et ses penchants psychologiques.

Lorsqu’une telle harmonie s’établit dans le cœur de l’homme, l’individu et la société s’ordonnent. Ils retrouvent chacun leur équilibre au niveau de la pensée et du comportement. Alors, l’existence prend le chemin de la Vérité.

Et puisque le principe de cette éducation est fondé sur les bases de la raison, l’invitation religieuse vers une idéologie vide de toute souillure et conforme aux règlements pratiques, est perçue et comprise par la raison infuse de l’homme.

L’ensemble des enseignements et des devoirs islamiques est à la portée des capacités de tout individu. L’Islam n’impose pas à l’homme une conduite qui serait en dehors de ses capacités. Tout homme peut choisir la perfection ou le défaut, en se soumettant ou non aux devoirs en échange desquels il recevra sa récompense le jour du jugement.

La principale source des droits est aujourd’hui la volonté publique. L’appui de la loi dans le système démocratique du monde actuel est la volonté de la majorité (51 %) du peuple. Ainsi, le monde civilisé reconnaît comme le plus sacré des principes sociaux, « la souveraineté de la volonté humaine. » De façon que la minorité perde ses droits même si son avis est juste.

Mais en Islam, tout se rapporte à la volonté divine et non pas aux penchants et sentiments de la majorité. Dieu est le seul souverain. L’adoration Lui est réservée, la promulgation et le décret des ordres dans le monde des créatures relèvent de son autorité.

La constitution humaine est compliquée et mystérieuse, il en est de même pour les règlements de sa vie. Personne ne peut prétendre connaître parfaitement tous les secrets de l’existence humaine et de la nature compliquée de la société qui résultent de l’état caractéristique du corps et de l’âme des individus et des rapports qu’il y a entre eux. Personne ne peut non plus prétendre être à l’abri du péché et de l’erreur.

La science humaine est certes limitée, en dépit de tous les efforts déployés dans le sens de la découverte des mystères de l’existence.

Le Dr Alexis Carrel, célèbre savant, écrit:
« Il est vrai que l’espèce humaine a déployé de nombreux efforts dans le sens de sa propre connaissance, mais en dépit des connaissances, obtenues par le biais des savants, des philosophes, des grandes personnalités et même des poètes, nous n’avons pu découvrir que des aspects limités du monde qui est en notre intérieur. Nous n’avons pas encore pu connaître l’homme. À vrai dire, notre ignorance est grande quant à l’intérieur de l’homme. Combien de questions restent sans réponse, même pour les experts en la matière, qui ont étudié l’espèce humaine et ce, parce qu’il existe des dimensions infinies dans le monde intérieur de l’homme qui n’a pas encore été conquis. Les savants pourront à peine prétendre avoir franchi les premiers pas dans le domaine de notre propre connaissance. »1

Sans cette connaissance parfaite de soi, il est donc certain que l’homme ne puisse promulguer des lois qui s’adapteraient entièrement aux intérêts de son espèce et qu’il puisse trouver une solution équitable à la multitude de ses problèmes. La plus évidente preuve en est l’égarement et l’étonnement des savants et des légistes face aux nouveaux problèmes et aux impasses qu’ils rencontrent chaque jour.

En outre, les règlements rédigés ne cessent de subir des retouches. Les législateurs, eux, subissent les influences de leurs passions, de leur instinct égocentrique, du souci de leurs intérêts, de la mentalité de leurs milieux et de leur mode de vie. C’est donc pour cela que les lois qu’ils promulguent sont marquées de l’empreinte de leurs propres opinions et qu’ils s’en rendent compte ou non, l’axe de leurs pensées se retourne dans le sens de leur avis personnel. Montesquieu écrit à ce propos:

« Il n’existe aucun législateur qui ne mêle à la loi sa propre pensée. Cela vient du fait que chacun possède des sentiments et des idées qui lui sont propres et qu’il veut introduire ses propres opinions dans la loi qu’il promulgue. Aristote, en tant que législateur voulait parfois satisfaire sa jalousie vis-à-vis de Platon et manifestait son attrait à l’égard d’Alexandre. Platon haïssait la tyrannie des Athéniens ; haine que l’on ressentait dans ses lois. Ce qui signifie que les lois sont souvent liées aux sentiments des législateurs et que parfois même elles en sont entièrement influencées. »2

De même, dans le monde actuel, les slogans de liberté, d’égalité et de volonté du peuple ne sont que des mots creux et ne peuvent cacher la vérité. La volonté du peuple, dans la promulgation des lois, n’est qu’un masque pour la politique des temps modernes. En fait, c’est la volonté des dirigeants qui forme son véritable visage.

L’écrivain anglais Henri Ford nous parle de la situation de son pays considéré comme la mère de la « Démocratie », en ces termes:
« Nous avons toujours en mémoire l’incident provoqué par la grave générale de 1926, en Angleterre. Le gouvernement s’est efforcé de briser cette grève. La loi, édifiée par les capitalistes, a annoncé que cet acte était contraire aux principes du pays et les troupes de la police et les régiments de l’armée se sont acharnés sur les gens, avec leurs fusils et leurs tanks. Les mass médias ont fait passer le gouvernement comme serviteur des ouvriers, et les syndicats ouvriers ont été menacés de confiscation des biens et leurs leaders d’emprisonnement. »

Les déclarations de Khrouchtchev au 22e congrès du comité central du p.c. soviétique révèlent pour leur part la nature du système ouvrier dictatorial. Il avait dit:
« Dans le passé, à l’époque où l’individu était encore l’objet d’adoration (il parlait de l’époque de Staline) la corruption est apparue dans le leadership du parti, dans le gouvernement et parmi les responsables de l’économie, car ils foulaient au pied des réalités en décrétant certains ordres. Tout se faisait avec prudence. Personne n’était sûr de son lendemain. L’avenir était angoissant. C’est sur un tel terrain qu’ont vu le jour les flatteurs, les menteurs et les injustes. »

Voilà la vraie forme de ce type de système dirigeant à l’Est aussi bien qu’à l’Ouest, alors qu’en apparence, c’est de volonté nationale, de système parlementaire, de comité national, des exigences du peuple et autre que l’on parle. Et comme dans ces systèmes, capitalistes ou communistes, les lois n’ont pas été édifiées sur les préceptes célestes, elles sont dans tous les cas promulguées obligatoirement selon les penchants et les intérêts des dirigeants.

Jean-Jacques Rousseau écrit:
« Pour découvrir les meilleures règles de société qui conviennent aux nations, il faudrait une intelligence supérieure qui vît toutes les passions des hommes, et qui n’en éprouvât aucune ; qui n’est aucun rapport avec notre nature, et qui la connût à fond, dont le bonheur fût indépendant de nous, et qui pourtant voulût bien s’occuper du nôtre. »3

Compte tenu de ces réalités, le meilleur législateur digne de ce titre et qui en possède les moyens suprêmes est Dieu, le Créateur qui connaît tous les secrets de l’existence et qui est hors de tout besoin. Il faut donc apprendre les véritables principes des lois sociales de quelqu’un qui s’inspire directement de cette source, dont les connaissances jaillissent des rayons de la révélation et qui s’appuie sur la science divine.

La grande différence entre les lois humaines et les lois divines, c’est que le principe des premières n’est que l’ordre social et leur domaine ne dépasse pas cette limite. Elles ne se préoccupent pas de l’état d’âme de l’individu, de son état d’esprit et de tout ce qui ne se rattache pas à la société. Elles ne s’intéressent pas à réformer les souillures du for intérieur, avant qu’elles ne deviennent l’origine d’un désordre social. Même si un individu est impur, souillé et plein d’autres défauts, les lois qui règnent actuellement dans le monde occidental ne visent que l’acte de l’homme et ne se préoccupent pas de son cœur et de ses intentions.

Tandis que l’idéologie islamique fondant ses règlements dans le sens de la perfection et de l’épanouissement individuel et communautaire s’étend largement sur la vie. Tout en observant l’ordre social, l’Islam réforme, éduque et perfectionne l’individu. Reconnaissant comme essentiel le côté spirituel de l’individu il accorde principalement l’attention à sa promotion.

L’objectif de l’Islam est d’établir l’ordre et la morale dans la société. Ses lois recouvrent donc les moindres sujets. Car, tout comme il y a un ordre et une harmonie entre les lois de la nature et un rapport entre les grands phénomènes de la création, l’islam veut qu’il en soit de même entre la vie matérielle et spirituelle, entre l’individu et la société. Que l’homme n’entrave point ces règlements conformes à l’ordre de la création, car toute désobéissance aboutirait au bouleversement de l’ensemble des étapes humaines.

Dans la législation humaine, le respect et l’exécution des lois sont assurés par les services de l’ordre et les organismes exécutifs qui sont chargés d’appliquer la loi. Tandis qu’en Islam, seule la profonde croyance enracinée assure l’application de la loi. C’est la force de la foi qui pousse un musulman à accomplir de la meilleure façon ses devoirs, là où personne ne le voit, hormis Dieu. L’Islam porte son attention à la fois sur la pureté du cœur et sur la bonne action, qui sera récompensée par Dieu. Dans l’introduction du livre Droits islamiques, le procureur général des États-Unis écrit:

« La loi, en Amérique, n’a qu’un rapport limité avec l’application des devoirs moraux. En fait un citoyen américain peut parfaitement respecter la loi, mais être en même temps, corrompu et malsain sur le plan moral. Par contre, les lois islamiques prennent leur source de la volonté divine, volonté qui s’est révélée à son Messager Mahomet (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants.). Cette loi et cette volonté divine considèrent tous les musulmans comme une seule communauté bien qu’elle soit composée de diverses tribus et clans, éloignés et séparés les uns des autres. Dans le monde musulman, la religion est la force évolutive et motrice qui rapproche non pas les nationalités et les territoires, mais les peuples. Le gouvernement lui-même obéit au Coran et ne laisse aucune place pour les autres législations. Pour le croyant, ce monde est un corridor qui mène au meilleur des mondes. Le Coran définit les règlements et la conduite à adopter vis-à-vis des autres et à l’égard de la société, afin d’assurer cette évolution saine qui nous mène vers l’au-delà »

Bien que la conception occidentale de l’Islam soit superficielle, même parfois erronée et falsifiée, beaucoup de penseurs occidentaux sont parvenus cependant à la noblesse et à la valeur de ses instructions et ont fait l’éloge de son fondateur et de ses enseignements.

Le fait qu’un savant musulman fasse l’éloge des lois et des préceptes islamiques n’a rien de surprenant. Mais il est très important qu’une grande personnalité non musulmane nous parle de la grandeur de l’Islam et de son honorable Prophète, en dépit de son propre fanatisme religieux. La seule raison qui a suscité ce respect immuable à l’égard de cette doctrine sacrée, ce sont les lois progressistes et l’ordre étonnant que l’honorable guide de l’Islam, la plus haute personnalité de l’humanité ont offerts à l’homme.

Certes, nous n’avons pas l’intention, en citant les paroles des savants occidentaux, d’entendre les éloges de notre propre religion à travers d’autres langages. Mais notre but est de ne laisser aucun doute pour ceux qui sont à la recherche de la vérité.

Docteur Vaglieri, célèbre professeur à l’université de Naples, écrit à propos du Coran:
« Nous trouvons dans ce livre des réserves de science qui surpasse le talent et les capacités des plus intelligents et des plus puissants politiciens ainsi que des plus grands philosophes et cela parce que le Coran ne peut pas être l’œuvre d’un homme, quel que soit l’étendue de son savoir ; et surtout pas d’un homme qui aurait vécu toute sa vie dans une société profane et loin des hommes de science et de religion. Un homme qui proclamait constamment qu’il n’est qu’un individu comme les autres. »

En l’occurrence, il ne pouvait réaliser des miracles sans l’aide de Tout Puissant. La source du Coran ne peut venir que de Dieu qui recouvre de sa science ce qu’il y a dans les cieux et sur la terre.

Dans son livre, Mahomet, l’apôtre de Dieu, Bernard Shaw écrit:
« J’ai toujours éprouvé un immense respect envers la religion de Mohammad, ceci en raison de son étrange survie à travers les siècles. À mon avis l’Islam est la seule religion qui a le don de s’adapter à tous temps et de maîtriser les différents aspects de la vie et qui ne s’use pas par le temps. Je prévois pour ma part que la foi de Mahomet sera admise par l’Europe de demain et que les signes en sont déjà apparents. Les prêtres du moyen-âge, en raison de leur ignorance ou de leur fanatisme, donnaient une image obscure de la doctrine de Mahomet. La rancune et la colère le rendaient à leurs yeux comme un anti-Christ. J’ai étudié cet homme exceptionnel et j’ai conclu qu’il n’était non seulement pas un anti-Christ, mais que bien au contraire, il fallait le reconnaître comme Sauveur de l’humanité. Je pense que si un homme comme lui se chargeait de la souveraineté du nouveau monde, il parviendrait à en résoudre les problèmes et à assurer la paix et le bonheur. »

Voltaire, qui à l’origine était un ennemi de l’Islam et avait plein de préjugés à l’égard de la personne du Prophète (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) après quarante années d’études philosophiques, religieuses et historiques a annoncé fermement une fois qu’il a appris la vérité:
« La religion de Mahomet était sans aucun doute supérieure au Christianisme. Dans sa doctrine, personne n’a jamais tourné, comme dans celle des chrétiens. Personne n’a considéré un Dieu en trois et trois en un. La croyance en un Dieu unique fut le seul principe de sa religion ; religion qui doit son existence aux succès et aux courages de son fondateur alors que les chrétiens imposent leur doctrine par la force. Seigneur! Si seulement tous les peuples européens pouvaient suivre l’exemple des musulmans. »4

Voltaire déclare à propos de Martin Luther, qu’il estimait d’ailleurs beaucoup:
« Luther ne serait même pas digne d’ouvrir les lacets de Mahomet. Mahomet fut indubitablement un grand homme qui en forma d’autres au sein de sa sagesse. Ce fut un sage législateur, un souvenir juste et un prophète vertueux qui fut à l’origine de la plus grande évolution que la terre n’a jamais connus. »5

Tolstoï, le célèbre philosophe russe déclare pour sa part:
« Cette gloire suffit à Mahomet d’avoir libéré un peuple vil et sanglant du joug des diables des mauvaises habitudes et de lui avoir ouvert les portes du progrès. La voie de Mahomet, de par son accord avec la raison et la sagesse, envahira le monde. »6

Les Aveugles

Après tant de progrès scientifiques extraordinaires et tant d’efforts déployés par les savants pour découvrir les secrets de ce monde, beaucoup de problèmes élémentaires restent une énigme pour l’homme ; de sorte que le savoir humain reste infime, face au domaine de l’inconnu.

Aujourd’hui les grands penseurs restent encore stupéfaits et égarés devant les questions les plus élémentaires de la vie sociale, politique et économique. C’est pour cette raison que le monde est divisé en deux pôles tout à fait opposés. Les deux groupes des savants ont usé plus d’une plume à prouver qu’ils avaient raison et que les autres avaient tort. Ils pensent, chacun de son côté, que leur chemin est le meilleur et que celui des autres n’aboutirait qu’au malheur et au désordre. Il est certain que toutes ces opinions contradictoires ne peuvent être correctes, bien que les deux groupes aient cependant obtenu de grands succès dans les domaines scientifiques et industriels. Et ceux qui pensent que les Occidentaux ont obtenu autant de succès au niveau de leur « mode de vie » qu’au niveau scientifique sont certes dans l’erreur.

Qu’une communauté technologiquement grâce à sa science et qu’elle évolue dans un domaine, cela ne prouve pas que son mode de vie soit idéal.

Les progrès technologiques et industriels résultent de l’activité, des études et des efforts déployés. Mais la société peut voir dégénérer ses valeurs morales, ses mœurs sociales, son mode de vie et ses mérites humains en dépit de ses progrès. En observant toutes les formes de corruption, de désordre et de défaut dans les systèmes du monde occidental, nous nous rendons compte qu’ils n’ont pas évolué correctement dans la plupart des principes de la civilisation, à savoir la pensée, la science, la religion, le gouvernement, la morale et qu’ils sont bien loin de la perfection.

Docteur Carrel décrit ainsi les défauts de la civilisation contemporaine:
« La civilisation actuelle se trouve dans une grave situation, car elle n’est pas en harmonie avec notre nature. Elle n’est que le fruit de l’illusion telle que les découvertes scientifiques, les passions des hommes, leurs opinions et leurs observations. Bien que cette civilisation ait été édifiée par nos propres efforts, elle reste cependant disproportionnée par rapport à notre propre constitution et à notre condition. Les experts en la matière jettent les fondements des civilisations de façon que l’homme puisse en profiter. Elles ne conviennent cependant qu’à une image erronée et confuse de l’homme. Bien que l’homme lui-même se dise être le principal critère, ces experts agissent tous contrairement. L’homme à lui seul est incapable d’organiser son propre monde. C’est donc pour cela que l’avance considérable des sciences non vitales sur les sciences vitales peut être considérée comme un des plus grands crimes de l’humanité. Nous ne sommes qu’une bande malheureuse puisque notre morale et notre raison se sont détériorées. À présent, si nous observons les peuples et les communautés qui ont atteint le sommet des sciences non vitales et de l’industrie, nous nous apercevons qu’ils sont tombés dans une telle faiblesse qu’ils retourneront probablement plus tôt que les autres à l’état sauvage et primitif. »7

L’évolution et la perfection de l’homme dans ces diverses formes nécessitent une série d’enseignements justes, s’appuyant sur les réalités de la vie et exempt de toute erreur. Ce qui ne serait possible qu’en suivant les enseignements des prophètes de Dieu qui sont en rapport, par le biais de la révélation, avec l’origine du monde.

La morale doit s’appuyer sur une force métaphysique, supérieure à la matière pour être stable.
Depuis que l’homme a vu le jour et qu’il a fondé les civilisations, un appel clair s’élevait des profondeurs de son être, un appel que l’on nomme « religion ». Et c’est cette vérité qui, en permanence, a conservé les lois et l’ordre de la morale.

La montée des phénomènes anti humanitaires de l’injustice, des guerres, des massacres et de l’usurpation dans le monde actuel nous prouve que les gouvernements et leurs lois ne pourront jamais remplacer les sentiments et la foi humaine et instaurer dans l’ordre social, la justice, le bonheur, la paix et l’amitié. La science en dépit de tous ses progrès est incapable de résoudre les problèmes de la vie, d’empêcher les déviations et les catastrophes et de diriger correctement le système social, sans l’aide de la religion.

Will Durant, philosophe et sociologue américain écrit:
« Mais le gouvernement possède-t-il assez de pouvoir et de fondement économique et morale pour pouvoir conserver la totalité du patrimoine scientifique, morale et artistique d’une ethnie qui est le fruit et la substance de sa civilisation. Peut-il au moins y ajouter quoi que ce soit et le léguer aux générations à venir. Ou alors le gouvernement, avec la machine actuelle qu’il possède tombera automatiquement entre les mains d’une deuxième ou troisième classe qui considèrerait la science comme blasphème et l’art comme un étrange secret. Pourquoi les plus grandes cités américaines sont-elles gouvernées par les hommes les plus bas? Pourquoi la façon de gouverner dépend d’organisations qui manquent de bonne politique, de patriotisme et de pitié? Pourquoi la corruption, la tricherie aux élections et le détournement des biens publics sont-ils devenus si courants que leur révélation en public n’a plus aucun effet et qu’ils n’excitent même plus la colère et l’indignation des gens? Pourquoi donc l’acte principal du gouvernement se borne aujourd’hui à empêcher les délits et pourquoi le gouvernement s’apprête-t-il à la guerre alors qu’il conclut des traités de paix. Ce gouvernement est cette même institution à laquelle l’église et les familles doivent confier la charge de soutenir la civilisation. »8

Compte tenu du fait que ses forces sont limitées, la société occidentale ne peut supporter l’anarchie morale et sa pression. La civilisation ne peut tenir sur ses pieds que si l’équilibre est maintenu entre les moyens et le but. Quand le crime atteint son point culminant, le bien ne pourra absolument pas se manifester, sous quelque forme que ce soit. Enfin, cette décadence et ce désordre aboutiront à la destruction. On ne trouvera dans aucune période de la vie et de l’existence, aucune nation ni ethnie qui soit puissante et solide, alors qu’elle suit ses passions et qu’elle est moralement souillée.

L’empire romain a chuté à cause d’un tel désordre, la grandeur de la Grèce s’est écroulée, ayant subi le même sort. Et la nation française débauchée, a plié genoux, au premier coup de boutoir nazi, perdant ainsi tout son honneur et sa gloire. En effet, un célèbre général français écrit que la plus grande part de l’échec de cette ancienne nation civilisée était due à sa débauche excessive.

L’Allemand Shepgler croit à la décadence de la civilisation occidentale et annonce catégoriquement que d’autres territoires verront à l’avenir briller leur civilisation. Qu’en sait-on? Peut-être que cette civilisation retournera là où elle a vu son peuple le jour, en Orient. La chute d’une civilisation égarée est pour son peuple, une occasion de trouver le chemin de Dieu, de se tourner vers cette vérité suprême et de fonder sa vie sur le bien. Mais au cas où un peuple ne pourrait profiter de cette opportunité, et qu’il laisse échapper la chance d’accueillir la direction divine et le credo qui convient à l’homme, il ne pourra pas bénéficier de la lumière du bien dans sa vie, et ne cessera d’errer, d’égarement en égarement.

Malheureusement, de nos jours, on peut ressentir que les nations de l’Orient ont un complexe d’infériorité face au succès industriel de l’Occident ; complexe dont les influences néfastes se manifestent à tous les niveaux de la vie des Orientaux. Un sentiment d’infériorité règne chez nous. Beaucoup d’entre nous sont si influencés par la pensée et les principes de la civilisation occidentale qu’ils pensent que pour progresser, il faut en suivre pas à pas les principes, les coutumes, les mœurs, les lois, le droit et toute autre chose et qu’il faut se soumettre les yeux fermés à l’ordre des occidentaux. La puissance scientifique de l’Ouest les a éblouis à tel point qu’ils en sont venus à leur céder, facilement et non sans certaines fiertés, leur volonté, et leurs richesses matérielles et spirituelles, ainsi que leurs coutumes et traditions religieuses et nationales. Ils en sont même à reconnaître comme le devoir de toute personne progressiste l’imitation aveugle de toutes les apparences des civilisations occidentales. C’est le principal facteur d’enchaînement, de malheur, et d’humiliation et qui rend futile toutes forces matérielles et spirituelles des musulmans. Ils sont inconscients de ce que la science occidentale soit incapable de résoudre les problèmes de l’homme. Les plus graves problèmes qui se trouvent en face de l’homme ne sont pas du genre à être résolus dans les laboratoires. Manifestement, ces « aveugles » sont incapables d’avoir une conception islamique du monde, alors qu’ils font partie de la communauté musulmane. C’est que la religion a été défigurée entre leurs mains. Ils sont étrangers aux enseignements, à la culture et à la civilisation islamique et cherchent constamment à évaluer les préceptes et lois islamiques ainsi que les coutumes et traditions des musulmans avec les critères occidentaux.

Un grand penseur musulman déclare:
« Quelle est donc notre excuse, alors qu’il existe un système qui ne nous place pas au-dessous des prétendues civilisations, communiste ou capitaliste, mais qui établit à l’intérieur de notre pays une parfaite justice sociale et qui en même temps nous donne une dignité internationale, un système qui rétablit parmi les autres gouvernements notre ancien prestige et qui nous sauve, nous et la communauté humaine, du fléau infernal de la guerre?

Qu’avons-nous à dire, alors que dans cette même religion qui est la nôtre, abondent les lois et les règlements qui résolurent nos problèmes intérieurs et qui en outre ne nous laissent tomber au stade de la mendicité? Cette religion qui nous rend possesseurs d’une partie de la civilisation et nous permet d’y apporter notre soutien, et dont les ressources sont considérables.

Le fait qu’un homme puisse se rabaisser de son rang de noblesse à l’état d’un misérable m’étonne. Comment un homme peut-il changer sa main de miséricorde en une main de mendiant. Je ne puis comprendre qu’il soit prêt à troquer le commandement contre l’obéissance, alors qu’il peut choisir la bonne voie en luttant contre la bassesse qu’il ressent en lui.

Certes, nous possédons des richesses que l’on pourrait apporter à la civilisation humaine. Nous ne sommes pas arriérés et misérables, comme les blocs de l’Est et de l’Ouest tendent de nous en persuader. Ils veulent nous le faire croire, pour remplacer notre confiance en soi par l’angoisse et notre espoir par le désespoir et pour nous transformer en gibiers égarés, tantôt pris dans les griffes de l’un et tantôt dans le piège de l’autre.

Nous en avons d’autre part assez fait l’expérience pour en être lassés. Ces symboles des civilisations aux apparences trompeuses que nous avons, comme des mendiants, pris à droite et à gauche, nous les avons introduits à tous les niveaux de notre vie sociale, de notre pensée et de nos lois, à tel point que notre situation actuelle ressemble à un « carnaval » comique, que ce soit au niveau de notre mentalité et de notre apparence sociale ou au niveau de notre nourriture et de notre habillement.

On peut citer en exemple les lois que l’on a copiées au début, sur la France ou sur les autres pays européens ; et depuis, à chaque fois que nous avons eu besoin de fixer des lois pour notre société, nous les avons constamment empruntées à la législation étrangère. IL y a là une contradiction permanente entre l’esprit des lois que nous avons empruntées à l’étranger et l’esprit de la nation à laquelle nous les avons destinées. Le peuple remet à quiconque entrave la loi, la médaille d’honneur, le reconnaît comme héro, et ne lui refuse aucun encouragement ni aide. Il est encouragé autant qu’il hait les gouvernements qui exécutent les lois, qu’il manque de confiance dans le système au pouvoir ou qu’il s’abstient d’aider dans l’ensemble des arguments, des analogies et des témoignages.

Pourquoi en est-il ainsi? On dit que la raison en est l’ignorance des gens? Mais non! Car même les personnes instruites ne réagissent pas selon les lois. La véritable raison de la discordance entre la nation et l’esprit des lois est que ces dernières sont empruntées. Elles ne sont aucunement le fruit des besoins sociaux, de l’histoire, de la conscience nationale et de la conscience populaire. Elles viennent d’un milieu dont l’esprit est tout à fait étranger à celui de cette nation. Elles appartiennent à une communauté qui a une histoire, une religion, une situation et des besoins qui lui sont propres. Tant que la loi ne vise pas à satisfaire l’esprit et les besoins d’une nation, cette dernière n’y obéira jamais. »9

Hakendj, célèbre savant américain et professeur à l’université d’Harvard, écrit dans son livre l’Esprit de la Politique mondiale:
« Ce n’est pas en imitant les systèmes et les valeurs de l’Occident que les pays islamiques progresseront. Certains se demandent s’il existe en Islam une force qui puisse créer de nouvelles pensées et qui puisse offrir à l’humanité des lois et des prescriptions éminentes et indépendantes qui s’adapteraient intégralement aux besoins de la vie moderne. La réponse islamique est non seulement apte au progrès et à la perfection, mais en plus, il l’est bien davantage que les autres systèmes. Le problème des pays islamiques n’est pas l’absence de moyen de progression dans les préceptes de l’Islam ; ce qui y manque, ce sont les tendances et la volonté nécessaire pour exploiter ces moyens. J’ai compris pour ma part avec un maximum de réalisme que la Chariat islamique contenait la totalité des principes nécessaires à l’évolution et à la perfection. »

Respecter pendant une journée les prescriptions de l’Islam et s’abstenir de toute sorte de pêchés et des choses illicites, apporte paix et la sérénité dans la société. Le récit suivant en est un exemple typique.

Voici ce qu’a apporté un jour de respect des règlements religieux, à l’occasion de la commémoration à Téhéran, de la mort en martyr du guide des pieux Ali (que le salut de Dieu soit sur lui). La presse en avait parlé ainsi:
« Téhéran était hier tout calme, sans que rien ne s’y passe. Le médecin légiste n’avait rien à faire. Rien ne se passait non plus dans les commissariats ; ni dossier ni accusé. On peut dire qu’aucun évènement particulier ne s’est déroulé. Le médecin légiste n’avait pas même un seul cadavre à disséquer. Le médecin de garde disait: « Nous n’avons même pas reçu un seul cadavre de toute la journée. »10

Selon les statistiques de la morgue, 2525 cadavres sont autopsiés chaque année à Téhéran. Ce qui fait en moyenne six à huit par jour, dont le permis d’enterrement est ensuite délivré. Mais pendant les jours de deuil religieux, ce nombre diminue de façon considérable. La semaine dernière, au cours de la journée anniversaire de la mort en martyr du guide des pieux (13 Day 1345), pas un seul cadavre n’a été amené dans les locaux de la médecine légale, ce qui prouve que les croyances religieuses sont toujours assez intenses et que lorsque les cabarets, les lieux de débauche et les bistrots sont fermés, la société s’en porte mieux.11

Quelle est la force qui a pu apporter une telle sérénité à la société? Les gouvernements occidentaux peuvent-ils, à l’aide de leur argent et de leur pouvoir, établir pour une heure seulement un tel calme dans la société? Dans tout le monde occidental, il n’existe pas même une seule ville, petite ou grande, ou s’écroulerait seulement une heure, sans qu’il ne s’y produise un accident, un crime, un cambriolage ou un meurtre.

C’est là qu’il faut évoquer, non sans regret le vers du grand poète Hafez qui dit:
Des années durant, le cœur me demandait la coupe du roi djamchid.
Il demandait en fait à l’étranger ce qu’il possédait lui-même.

L’Islam et les problèmes économiques

Le problème de l’économie et de l’exploitation des ressources naturelles est l’un des plus importants qui soit lié en permanence à la vie et à l’existence de l’espèce humaine. Les besoins primaires de l’homme ont toujours existé dans sa vie. Ils ont simplement changé et évolué au long des siècles, selon les conditions de l’époque. Jadis, l’utilisation des ressources naturelles et le mode de subsistance avaient une forme primitive. Mais peu à peu, parallèlement à la solidarité des gens entre eux et au progrès des nations, ils ont pris la forme de lois et de systèmes spéciaux et voilà environ quatre siècles, c’est-à-dire depuis le début de l’ère capitaliste, que les sciences économiques ont été rédigées en se basant sur l’analyse de la vie économique.

L’évolution étonnante de la civilisation durant le siècle dernier, la révolution industrielle et technologique, le progrès et le perfectionnement des moyens de communication et le développement des nations ont fait que les sciences économiques sont devenues le principal facteur des évolutions et des changements sociaux et que les systèmes capitalistes et communistes ont été fondés dans les deux blocs de l’Ouest et de l’Est. Tous les conflits et les tensions entre les deux blocs tournent autour de ces axes. Comment l’énigme de l’économie humaine sera-t-elle résolue? Quel système économique pourra donc résoudre le problème de l’économie mécanisée du monde actuel? Et enfin, quelle est la façon la plus équitable de distribuer la richesse entre les facteurs de production?

La principale méthode que les penseurs du monde ont employée pour effacer la différence entre les classes sociales fut en premier lieu l’abolition du capitalisme et en second lieu, la garantie d’un minimum de moyens de subsistance pour tous. La seconde méthode est de nos jours la plus courante, sous quelque forme que ce soit, dans les pays occidentaux. Le communisme prétend pouvoir empêcher l’exploitation de l’homme par l’homme. Aussi, il prétend pouvoir résoudre les problèmes économiques du monde par la suppression de la propriété privée et grâce à l’égale répartition de l’ensemble des moyens de production. Pour le communisme, la propriété privée a été toujours accompagnée d’injustice et d’oppression ; par conséquent, il est partisan de l’abolition du grand capital et cherche à retirer des mains de la classe bourgeoise les moyens de production pour les nationaliser, afin d’améliorer la situation économique. Il pense qu’en unifiant les classes sociales, les injustices provoquées par le capitalisme disparaîtront d’elles-mêmes pour céder la place à l’harmonie et l’égalité.

Mais que faut-il faire pour former cette classe unique, alors que de multiples éléments sont intervenus dans la formation des différentes classes sociales. Dans les pays socialistes, bien qu’il n’existe aucune classe bourgeoise « capitaliste ». Il y a cependant diverses couches (ouvrière, agricole, employée, fonctionnaire) dont les niveaux de vie sont entièrement différents.

Le médecin et l’infirmière ont-ils en Union soviétique le même salaire? Un simple ouvrier est-il payé autant qu’un ingénieur? En outre, la mentalité, les idées, les penchants, les sentiments et la force physique des individus seront toujours différents, suivant ce que chacun aurait hérité. Un célèbre communiste déclare à ce propos:
« Il nous est pratiquement impossible de mettre en application l’égalité absolue et de réduire à l’état d’un simple travail, celui des savants, des penseurs, des politiciens et des inventeurs. »12

Le capitalisme prétend pour sa part être le seul système à pouvoir résoudre le problème compliqué de l’économie mécanisée. Il ne supprime donc pas la propriété privée, mais bien au contraire, en vue d’équilibrer le niveau du travail et du salaire, et dans le but de limiter la dissemblance des classes sociales, il accorde un minimum de moyen de subsistance aux classes défavorisées.13

Mais cet écart entre les classes sociales a-t-il vraiment disparu après ces réformes? Ce luxe dont bénéficient les riches ne soulève-t-il plus la haine et le mécontentement des couches défavorisées? Doivent-elles rester à jamais dans leurs misérables conditions? Les problèmes sociaux seront-ils résolus tant que cet écart démesuré ne cessera d’accroître?

Dans les régimes socialistes et capitalistes, les critères de base ne sont que des critères matériels. Les problèmes économiques et sociaux sont étudiés indépendamment des valeurs spirituelles et du comportement humain. Dans ces systèmes, l’augmentation des richesses est le but principal. En dehors de cela, il n’existe aucune vérité.

Mais l’islam, de par sa puissante philosophie, examine l’homme sous tous ses divers aspects. Outre l’amélioration qu’il apporte à la situation matérielle de la société, il consacre les richesses à la réalisation de l’ensemble des désirs et des idéaux de l’homme, tout en tenant compte dans tous ses préceptes, de la perfection spirituelle de celui-ci.

Dans le monde occidental, la loi soutient le système capitaliste. Elle défend les intérêts des détenteurs des capitaux, face aux travailleurs. En Union soviétique, ont-ils dit officiellement, la loi vise abolir le capitalisme et la propriété, en faveur du prolétariat.

Mais la source des lois islamiques n’est autre que la révélation divine. Ce système n’a pas été engendré par la raison des législateurs humains, qui préférant une classe à une autre, s’en prendrait aux intérêts de cette dernière.

Ce sont des lois qui n’ont pas été promulguées dans l’intérêt d’une classe particulière ni inspirée des passions humaines. Des lois que Dieu, le Seigneur des hommes, a établies pour tous et dans l’intérêt de tous. Aucune injustice ne peut donc exister. En Islam, celui qui est digne de gouverner n’est le candidat d’aucune catégorie sociale particulière. Il est considéré comme un simple membre de la nation, et ne peut en aucun cas promulguer des lois en faveur d’une certaine classe au détriment des autres. Le pouvoir qu’il détient sert à l’application des préceptes divine et il ne peut aucunement en abuser. Un tel législateur n’est que l’exécuteur des lois divines, et c’est lui qui pourrait faire régner l’indépendance et la liberté de ses semblables dans la société.

Compte tenu des défauts que l’on trouve dans les doctrines précisées, il faut en comparaison prendre en considération les méthodes de l’Islam. Bien que l’Islam s’oppose à la propriété privée inconditionnée qui apporte aux capitalistes une liberté absolue et une propriété illimitée et illégitime, et accorde une valeur fondamentale à la société, il rejette cependant la suppression de la propriété privée, qui ôte à l’individu sa liberté et son indépendance. Contrairement au système économique, qui remet entre les mains du gouvernement la subsistance du peuple et dans lequel l’individu n’a aucune valeur. L’islam ne permet jamais que l’individu soit sacrifié pour la communauté, parce qu’il n’est qu’un individu, et que le peuple soit réduit à être esclave du gouvernement, pour se nourrir.

Les communistes pensent sans en avoir la preuve, que la propriété privée n’est pas un phénomène inné. Ils disent qu’elle n’existait pas dans les communautés primitives ou les gens, pensent-ils, vivaient tous fraternellement, et en coopérant. D’après eux, la tendance de l’homme à la propriété privée, comme on en est témoin dans le monde actuel n’est apparue que progressivement.

Mais en vérité, la propriété privée est apparue en même temps que l’être humain. Elle a un rapport direct avec sa nature. Tout comme les autres besoins innés, on ne peut lutter contre elle.

Félicien Chalet écrit à ce propos:
« Si le domaine de la propriété privée a pris des proportions vastes et illimitées, c’est qu’il y a une grande relation entre la propriété et les instincts de l’homme. L’être humain, de par sa nature, cherche à posséder ce qui satisfait ses besoins, car il ne se considère pas comme entièrement libre tant que son confort n’est pas assuré.
La troisième raison de la propriété privée est une raison morale. De ce point de vue, la propriété est fondée sur le travail et l’économie. Le produit du travail de l’homme, est le prolongement de sa personnalité, donc digne de respect. »

Chalet reconnaît la propriété individuelle, comme le principal facteur du progrès économique et de la production. Il écrit:
« Mais la principale raison d’être de la propriété est l’intérêt collectif. La société a besoin du travail de l’individu. Pour que ce travail soit fourni, il faudrait un stimulant. La propriété est le meilleur encouragement à l’expansion de l’activité. L’intérêt de la société est que les gens aident à augmenter le capital collectif. La société doit donc permettre aux gens de posséder leurs épargnes. La propriété est le seul facteur qui sans avoir recours à la force oblige les gens à travailler et à épargner. »14

L’Islam aussi dans sa législation tient compte de ce besoin naturel et inné, qui est un facteur efficace du progrès et de la propriété. Cette religion traite la nature de l’homme tel qu’elle est. Les biens légitimement obtenus sont considérés comme propriété individuelle ; ce qui est produit appartient à celui qui produit.

L’Islam rejette cette théorie qui prétend que l’injustice et l’oppression découlent de la propriété privée. Le fait que la propriété individuelle soit accompagnée, en Europe, d’injustice et d’oppression, c’est que la législation y est entre les mains de la classe capitaliste. Il est donc évident que dans de telles conditions, la totalité des lois serait promulguée dans le sens des intérêts de cette classe. Nous avons rappelé précédemment qu’en Islam, le législateur absolu est Dieu. Ses lois ne favorisent aucune classe particulière ; les riches n’en bénéficient pas au mépris des déshérités.

L’Islam ne permet pas de déposséder les fondateurs et les propriétaires des usines de leurs biens. Car ceci va à l’encontre de la sécurité publique et des droits de l’homme et décourage toute créativité. Mais le gouvernement peut très bien prendre en charge la direction des grandes industries et la fondation des usines, en vue de consolider les bases de la justice sociale et de respecter les intérêts nationaux et économiques.

Enfin, l’Islam dans son système économique, reconnaît à la fois, l’individu et la société et afin de résoudre les problèmes économiques selon les principes de la justice sociale, il a fondé une doctrine particulière sur les bases d’une économie libre et une propriété relative et dans le cadre de l’indépendance individuelle et des intérêts collectifs. Il reconnaît comme un droit naturel la propriété individuelle, tant que celle-ci n’entrave pas les intérêts collectifs. Il l’admet dans la mesure où elle satisfait le besoin naturel de possession afin que tous les hommes déploient leurs activités pour une exploitation et une production accrues. Mais il a fixé des conditions à cette forme de propriété, afin qu’elle n’aboutisse pas à l’injustice et que l’individu ne puisse, en abusant de sa liberté, fouler au pied les intérêts collectifs. Certes, cette restriction de la liberté n’est aucunement nuisible, et même qu’elle est nécessaire, afin d’empêcher toute décadence et d’assurer la survie de la société.

Dans le domaine de la propriété privée, l’Islam a complètement restreint les abus et ne tolère que la propriété légitimement acquise, sans aucune transgression aux droits d’autrui, sans usure, sans accaparement, etc.

Avec ces conditions et ces restrictions imposées par l’Islam, les richesses ne peuvent certainement pas être amassées de façon nuisible, comme il en est dans les systèmes capitalistes. La communauté musulmane est donc à l’abri des conséquences néfastes du capitalisme, qui aboutissent toutes, inévitablement à de sérieuses crises.

Les économistes affirment que le capitalisme, qui à ses débuts, était simple et bénéfique, est parvenu progressivement à son état nuisible actuel, par les prêts inférieurs, basés sur l’usure. De même la dure concurrence capitaliste qui entraîne la faillite des petites entreprises et leur coalition en vue de créer des grandes entreprises, est un système qui aboutit à l’accaparement.

Un autre moyen de créer un équilibre économique entre les diverses classes et empêcher l’accumulation des richesses serait la mise en vigueur des impôts tels que le Zakat et le Khoms, ce qui réduirait chaque année une partie des capitaux et des bénéfices des riches.

La promulgation des lois qui accordent la propriété d’une partie des ressources au gouvernement islamique, en d’autres termes la nationalisation, est une autre méthode pour empêcher la concentration des capitaux et aboutir à une distribution équitable des richesses. Par exemple, les forêts, les marais, les pâturages, les terres incultes, les montagnes avec tous les arbres et les mines qu’elles contiennent, les domaines publics, les biens dont le propriétaire est inconnu, les terres remises aux musulmans (autre que le butin de guerre), les biens sans héritiers, etc. Bien qu’une partie d’entre eux soit réservée au commandeur des musulmans, ce dernier les consacrera aux travaux publics. La loi sur l’héritage est aussi un autre facteur de la distribution des richesses aux générations à venir.

L’Islam respecte la propriété privée tant que la communauté n’est pas menacée. Mais dans les conditions exceptionnelles et afin d’éviter la crise, le gouvernement islamique, de par l’autorité qui lui est accordée, pourra modérer la propriété privée, au profit de la communauté musulmane. C’est un droit que lui donne la loi islamique. Le dirigeant ne peut tolérer la concentration des richesses entre les mains d’une minorité, alors que la majorité souffre de la faim et de privation ; l’Islam désapprouve ce capitalisme ignoble qui règne en Occident et il ne permet pas aux détenteurs des capitaux de répandre la guerre, le colonialisme et l’esclavage en vue de satisfaire leur propre cupidité.

Le Coran déclare:

« Nous avons établi un ordre de partage et de distribution des biens afin que cela ne se concentre pas dans les cercles des riches d’entre vous. »15

Et comme ce qui nuit à la société nuit à l’individu, aucune opposition n’apparaît entre les droits de l’individu et ceux de la société. Ainsi, l’Islam, bien qu’il respecte les propriétés privées. Qu’il cherche à satisfaire les désirs innés de l’homme et qu’il instaure tous les avantages de la propriété privée comme le capitalisme le veut, il utilise cependant, en cas de nécessité les biens de l’individu dans l’intérêt de la communauté.

Bien que l’islam empêche par ses lois toute transgression de la part du capitalisme, sa législation ne se limite cependant pas à ce domaine. Au niveau de la morale, il oblige les gens à faire l’aumône. Il harmonise son invitation morale avec la loi. Les obligations fermes et solides de sa morale sont si instructives et réveillent tant les sentiments humains les plus purs, que le musulman ne peut rester indifférent face au malheur de ses confrères

L’Islam lutte sérieusement contre le gaspillage et la débauche, qui sont le fruit de la contradiction excessive des richesses entre les mains d’une classe particulière. Il condamne de même l’avarice des riches et leur refus de faire l’aumône.

Il empêche les patrons d’être injustes envers les ouvriers. Cet appel spirituel établit un lien entre l’homme et Dieu et anime les purs sentiments humains qui se trouvent dans le for intérieur de l’homme, en sorte que, cherchant la récompense de l’au-delà et le contentement de Dieu. Tous les plaisirs et richesses perdent leurs valeurs. Car la cupidité, l’avidité, la convoitise, l’injustice et l’oppression résultent de l’incrédulité en la résurrection.

L’histoire nous apprend que toute déviation de la croyance en Dieu a été accompagnée de déviation dans la pensée des hommes et dans leurs relations avec leurs semblables. IL est impossible qu’un homme proche de Dieu soit disposé à l’injustice et à la violation des droits d’autrui, pour accumuler richesses et biens.

En Islam, c’est le gouvernement qui est chargé de contrôler les intérêts de l’individu et de la société. Il a le devoir de prohiber fermement les libertés nuisibles et de mettre en vigueur les lois. En outre c’est un devoir public que de répandre dans la société les bonnes mœurs et de la nettoyer de toute déviation et souillure. Enfin l’islam reconnaît la personnalité de l’individu comme un élément actif et positif dans la vie.

Cet ordre islamique, qui n’a pas les défauts du bloc capitaliste, est d’autre part bien plus équitable que le système communiste. Il ne contient aucun excès, ni à droite ni à gauche. Il est bien au-dessus du capitalisme et du communisme et peut, avec l’équilibre et l’harmonie qui lui sont propres, briller entre les deux blocs de l’Est et de l’Ouest, avec son caractère social exceptionnel.

Ce qui capte l’attention, c’est que le système minutieux et progressiste islamique est une innovation qui date d’une période où le monde n’avait aucune connaissance de la justice sociale et n’attachait aucune valeur au facteur économique.

Du point de vue islamique, l’homme n’est aucunement soumis à la fatalité économique ni de toute autre forme de prédétermination. IL est au contraire la seule force active et positive de ce monde et sans qu’il ne soit un esclave impuissant face aux évolutions de la fatalité économique, il fonde lui-même, par sa propre volonté, son économie. Le plus grand avantage de l’Islam par rapport aux autres méthodes économiques est qu’il ne contient aucune évolution fatale qui donnerait une forme particulière à la vie des gens, aboutissant ainsi à ce qu’une classe cherche à en exploiter une autre.

Nombre de philosophes et de penseurs contemporains tel que William James, philosophe américain, Harold Laski, John Strashy, et Bertrand Russel, philosophes britanniques, ainsi que Walter Lipnan, célèbre écrivain américain, critiquent eux aussi les systèmes capitalistes et communiste et se sont lancés à la recherche d’une vie équilibrée. Ils se sont fait chacun une opinion ; ils déclarent que le système communiste prive l’individu de sa liberté naturelle et de sa volonté et qu’il livre le sort de l’individu et de la société entre les mains du gouvernement, à qui il accorde l’autorité absolue. Par conséquent, la personnalité de l’individu et son esprit d’innovation disparaissent dans ce climat obscur de répression et l’individu cesse d’évoluer.
En ce qui concerne la démocratie capitaliste, dans laquelle la liberté individuelle dépasse les bornes, elle entrave l’harmonie sociale. Un groupe de puissants capitalistes monopolise toutes les ressources et les facteurs de production, qu’il met à son service. Ils soumettent ainsi le peuple à leur volonté économique et influencent les systèmes politiques et gouvernementaux.

C’est donc pour cela que l’humanité doit choisir une troisième solution qui ne contiendrait aucun des excès des deux autres et qui assurerait les intérêts de l’individu et de la société de façon équitable. Mais les philosophes et les penseurs qui ont si bien découvert les défauts des systèmes du monde actuel, qu’ont-ils à proposer de mieux que l’Islam et ce qu’il a apporté, voilà déjà quatorze siècles? Cette voie équilibrée qui donne d’une part à l’individu une liberté raisonnable, et qui d’autre part dompte totalement la fureur du capitalisme et qui enfin est capable de sauver l’humanité de cet égarement et de cette misère.

Les lois et les ordres islamiques ont satisfait durant les siècles derniers les besoins des communautés musulmanes et ont réglé la vie sociale des grandes masses musulmanes de races et nationalités différentes dans de vastes territoires. Jamais la communauté islamique n’a eu besoin, dans le passé, de la législation étrangère. Et à l’époque actuelle, en dépit de toutes les évolutions et des changements qui ont bouleversé le monde, ces mêmes systèmes, pleins de valeurs, peuvent diriger la communauté islamique et répondre correctement à tous les vœux.

Des préceptes qui tiennent comptent de l’ensemble des aspects de l’existence et des besoins matériels et spirituels et qui, à tous les niveaux, instaurent un ordre équilibré, tout en étant en harmonie avec les traditions et les lois de la vie, ne vieillissent et ne se détériorent jamais.

Les principes fermes et purs de l’Islam sont bien plus progressistes que tous les concepts humains. Ils sont supérieurs aux autres lois et enseignements, au niveau du caractère humain et de la souplesse ; et lorsque les principes sociaux de l’Islam sont comparés à ceux des autres doctrines qui appellent vers elles les gens, la noblesse et la suprématie des enseignements islamiques ainsi que la distance entre le système divin et les régimes humains nous apparaît.

En 1951, l’université de Droit de Paris a consacré une semaine à l’étude du Fiqh islamique. Les responsables ont proposé aux savants du monde de l’Islam de débattre de quelque sujet du point de vue du Fiqh islamique et d’exposer, s’ils le veulent, d’autres aspects du Fiqh. Les sujets traités étaient les suivants:

1. La justification de la propriété.

2. Les cas et les conditions de la saisie des propriétés privées en faveur de la collectivité.

3- La responsabilité criminelle.

4. L’influence des différentes branches du Fiqh islamique, les unes sur les autres.

Le président du bureau parisien qui présidait cette conférence avait déclaré au cours de la dernière séance:
Je ne sais pas comment établir la liaison entre l’idée que nous faisions de la rigidité du droit islamique et de son inadaptation aux problèmes et aux lois d’aujourd’hui et de ce que nous venons d’entendre et de comprendre ici.
Au cours de cette conférence, il nous a été prouvé que le droit islamique dispose d’une profondeur et d’une précision particulière. Son étendue est très vaste. Il peut répondre affirmativement à tous les besoins et les évènements de notre temps.

La semaine islamique de Fiqh a pris fin par la publication du décret suivant: « Sans aucun doute, le Fiqh islamique a assez de valeur pour être une source de la législation du monde actuel. Il existe, dans les différents propos et thèses du Fiqh islamique d’importantes ressources juridiques, assez étonnantes. Le Fiqh islamique, à la lumière de ces thèses, peut satisfaire tous les besoins de la vie actuelle. »

Le rôle de L’Islam dans la civilisation occidentale

Ceux qui ont perdu leur confiance en soi face aux récents progrès industriels de l’Europe, ont certainement négligé les réserves techniques, culturelles et les recherches scientifiques des musulmans ou oublié leur influence évidente sur le récent progrès de l’occident.

L’essor qu’a donné l’Islam à l’humanité a été si puissant et constructif que les nations les plus arriérées ont atteint le stade le plus évolué en un rien de temps. Son courant a pour longtemps donné au monde, une clarté manifeste.

Le plus grand miracle de l’islam a été son apparition dans un milieu plein d’ignorance et de faire de cette nation exclue jusqu’alors du rang de l’humanité, une nation qui édifia ses bases sur un style nouveau qui ne s’inspirait pas du déterminisme, créant ainsi le plus grand mouvement de l’histoire. Et sans qu’aucun facteur matériel ni d’environnement ne soit responsable de cette évolution, l’humanité a été libérée de tous les juges. Aucun facteur hormis l’islam ne pouvait si bien orienter un peuple vers la vérité.

Le jour où l’islam est entré dans la vie des gens, il a tout bouleversé: les sentiments, la compréhension, la pensée ainsi que tous les autres aspects de la vie et les relations entre les individus et la société.

L’Islam a très vite ouvert sa voie jusqu’aux plus vastes et puissants empires de l’époque. Au nord, les guerriers musulmans franchissaient les Pyrénées après avoir conquis l’Andalousie, et parvenaient aux villes frontalières de la France, alors qu’à l’Est, après la conquête de Sand et du Pendjab, ils progressaient vers la Chine.

Ces victoires et ces conquêtes, accompagnées d’un strict respect des principes humains, étaient sans précédent. La nation musulmane répandait le message vivifiant de l’islam et les principes de la justice et de l’égalité, voire hors de la péninsule arabique. L’Islam a renversé les pouvoirs tyranniques, a éclairé la pensée des peuples, et les a initiés à la vérité. Grâce à sa logique et à la profondeur de ses enseignements, il a influencé les religions des territoires conquis et les croyances des nations de l’époque, de sorte que les autres religions lui ont peu à peu cédé la place. Les idolâtres arabes, les Zoroastre iraniens et les chrétiens de l’Égypte et de la Syrie se convertissaient à l’islam.
Aucun signe ne laissait prévoir une telle civilisation pour la nation arabe préislamique, ni un terrain propice à la fondation d’une civilisation si solennelle, ni un milieu favorable à l’épanouissement des sciences. En outre, la situation géographique n’était pas des meilleurs.

L’histoire de la civilisation islamique laisse voir en évidence les meilleures et les plus efficaces périodes de la civilisation humaine, qui font toute preuve de la profonde pensée et des efforts indéterminables déployés par les musulmans à la recherche de la science. Ils ont innové la science expérimentale, et les résultats de leurs efforts sont apparus nettement en Andalousie nouvellement convertie à l’Islam. Les ennemis de l’Islam ne pourront jamais renier cette évolution des nations sur les plans moral et matériel, sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

L’Islam, n’a jamais ressenti le besoin d’accorder libre cours au désordre moral et à la débauche pour obtenir la force matérielle. Au contraire, par son mouvement révolutionnaire exceptionnel, il a renversé l’ignorance, le fanatisme et la superstition pour les remplacer par les qualités morales.

Dans l’obscure période du Moyen-Age, lorsque l’Europe était si soumise à la pression de l’ordre imposé par l’église et qu’elle était engloutie dans les ténèbres, le désordre, la sauvagerie, l’Islam apportait une civilisation multilatérale, qui projetait le plan du progrès industriel et scientifique de l’après-renaissance.

C’est en ce temps-là que Galilée passait devant le tribunal, accusé de s’être rallié au système du monde proposé par Copernic, système déclaré hérétique. Il dut abjurer à genoux devant le tribunal de l’Inquisition sa prétendue hérésie en ces termes:
« Moi, Galilée, dans la 70e année de ma vie, je m’agenouille devant vous (le pape et les curés) et alors que j’ai devant moi le Saint Évangile et que je le touche de mes mains, je me repentis et rejette cette prétention, vide de vérité, du mouvement de la terre et la déclare haïssable et hérétique. »16

Le célèbre philosophe, Bacon, s’est vu interdire par le roi d’Angleterre Édouard Ier, toute discussion portant sur la Chimie. On l’a de même empêché de prononcer son discours à l’université d’Oxford, à propos de cette science. Il fut ensuite exilé à Paris, pour rester sous la surveillance de l’église. À l’époque de Bacon, l’intérêt pour la science passait pour absurdité. Les entretiens et les débats sur la compréhension et l’identification des objets étant considérés comme sataniques, on criait à Bacon: « Coupez les mains à ce sorcier, renvoyez ce musulman ».

Historiquement parlant, le rôle de l’Islam dans la fondation du mouvement scientifique européen est indéniable. Les chroniqueurs et les savants occidentaux rapportent avec précision cette réalité. Nous allons à présent vous faire part de certains progrès scientifiques et techniques des musulmans cités par les occidentaux.

La révolution culturelle

Dès son apparition, l’Islam a soutenu la science, et en a reconnu l’acquisition, comme nécessaire pour tout individu. Il a interdit la monopolisation de la science, et a encouragé les savants à enseigner des élèves, l’expansion de la culture et de la science, comptant plus que tout.
L’honorable guide de l’Islam, outre ses encouragements, au niveau de la morale et des devoirs de l’individu, nécessaires à la propagation de la science et de la culture profitait de toutes occasions pour augmenter le niveau des connaissances du savoir des musulmans. L’exemple historique qui suit nous montre très bien à quel point il insistait sur le développement de la science.

Après la victoire des musulmans à la guerre de Badr, il y avait, parmi les idolâtres capturés, certains qui n’avaient pas de quoi racheter leur liberté, mais ils étaient lettrés. Le généreux Prophète (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) donna l’ordre à chacun d’eux d’enseigner, en échange de sa liberté, à dix musulmans la lecture et l’écriture. C’est ainsi que nombre des compagnons du messager apprirent à lire et à écrire.

Ali (que le salut de Dieu soit sur lui), dans ses nobles paroles, reconnaît comme le devoir du gouvernement islamique, le développement de la science et de la culture. Il déclare à l’adresse du peuple:
« J’ai un devoir envers vous, et vous avez un devoir envers moi. Mon devoir est de vous conseiller et de vouloir votre bien, d’augmenter vos richesses nationales et vos droits et d’entreprendre votre éducation afin que vous ne restiez pas dans l’ignorance et que vous vous efforciez à bien agir et que vous soyez instruits. »17

« Le calife abbasside Maamoun fonda à Bagdad en 215 de l’hégire le Beytol Hekmat qui était une société scientifique dotée d’un observatoire et d’une bibliothèque publique. Il y avait consacré une somme de deux cent mille dinars (qui équivaudrait aujourd’hui à 70 millions de Rials). Il y préposa plusieurs traducteurs de renommé qui connaissaient diverses langues étrangères et différentes sciences, tel Hanein, Bakhtisho, Ibn Tarigh, Ibn Moghafah, Hodjadj Ibn Motar, Sergisse Rassi... à qui il payait un salaire prélevé sur le trésor public.'18

“Maamoun envoya des savants comme Ibn Tarigh et Hodjadj Ibn Motar, qui connaissaient plusieurs langues, à l’étranger pour qu’ils ramassent et envoient à Bagdad toutes sortes de livres scientifiques, médicaux, philosophiques, mathématiques et littéraires, écrits en Sanscrit, en Pehlevi, en Choldéen, en Grec ou en Latin. Ils s’acquittèrent si bien de leur tâche qu’on rapporte que le nombre des livres expédiés dépassait les 100 charges de chameaux.”19

À l’époque où, dans l’Europe entière, on ne trouvait pas même un centre culturel, les territoires islamiques en abondaient. IL y avait de nombreux experts et spécialistes dans chaque branche scientifiques. C’est par les croisades que la pensée et la civilisation islamique se sont propagées au-delà des frontières islamiques et que l’Europe a étanché sa soif de science aux sources de la science des musulmans.

Le docteur Gustave Lebon écrit:
“Dans le temps où les livres et les bibliothèques n’avaient aucune valeur pour les Européens et que l’on trouvait à peine cinq cents manuscrits, tous religieux, dans l’ensemble des monastères de l’Europe, les pays musulmans possédaient assez de bibliothèques. Celle de Bagdad, le Beytol Hekmat possédait quatre millions de livres. La bibliothèque royale du Caire en possédait un million. Celle de Tripoli en avait trois millions. En Espagne seulement, entre 70 à 80 mille livres étaient publiées chaque année.”20

J. Loo. Strange écrit pour sa part:
“L’université de Mostansarich avait un édifice somptueux, avec un mobilier de luxe et un terrain très vaste, unique dans le monde de l’Islam. Cette université comprenait quatre écoles de Droits. 75 élèves participaient au cours de chacune. Un professeur les enseignait gratuitement. Ces quatre maîtres avaient un salaire mensuel. Chacun des trois cents élèves recevait un dinar d’or par mois. Ils avaient tous une ration déterminée de pain et de viande par jour. Selon lbn-al-Forat, il y avait là-bas une bibliothèque qui contenait des livres précieux et rares, traitant de diverses sciences et qui étaient à la portée de tous les élèves. C’est l’université qui distribuait le papier et les plumes ; tout le monde pouvait prendre des notes sur les livres. Il y avait même un bain et un hôpital. Le médecin visitait chaque matin l’université, soignait les malades et leur écrivait des ordonnances. Les entrepôts étaient pleins de nourriture, de boissons et de médicaments. Tout cela date du début du treizième siècle de l’ère chrétienne.”21

Le docteur Max Mirhov écrit: “À Istamboul, il y a plus de 80 bibliothèques dans les mosquées ou l’on trouve des dizaines de milliers de livres et de manuscrits anciens. Au Caire, à Damas, à Mousel, à Bagdad, en Iran et en Inde, il y a de grandes bibliothèques qui contiennent de célèbres œuvres et de précieux livres dont aucune liste n’a encore été établie. Le nombre de ceux qui ont été commentés ou imprimés est très peu. Même la liste de la bibliothèque d’Escorpal en Espagne qui contient une grande part des livres et des essais scientifiques de l’Islam en occident n’est pas encore complète. Certes, ce qui a été découvert durant ces quelques dernières années a éclairé plus ou moins l’histoire de la science de l’Ancien Monde de l’Islam, mais ces découvertes sont encore insuffisantes. Le monde se rendra compte à l’avenir de l’importance de la science des musulmans.”22

Le docteur Gustave Lebon écrit:
“La persévérance des musulmans dans l’apprentissage de la science est vraiment étonnante. À chaque fois qu’ils s’emparaient d’une ville, ils y édifiaient avant tout des mosquées et des écoles. Il existait dans les grandes villes de nombreuses écoles, Benjamin Twol décédé en 1173 de l’ère chrétienne, rapporte qu’i1 avait vu à Alexandrie une vingtaine d’écoles.

Outre les écoles publiques de Bagdad, du Caire, de Cordoue et autres, des universités avaient été fondées qui possédaient des laboratoires, des observatoires, de grandes bibliothèques et d’autres moyens de recherche. L’Andalousie possédait 70 bibliothèques publiques. La bibliothèque Alhakem II de Cordoue possédait six cent mille livres dont 44 en étaient les index, alors que quatre cents ans plus Lard, Charles le Sage ne réussissait qu’à ramasser 900 livres pour la bibliothèque Nationale de Paris qu’il avait fondée, dont le tiers était composé de livres religieux.”23

Les musulmans n’ont pas seulement fait évoluer la science par leurs recherches ; ce sont eux qui l’ont propagée dans le monde grâce à leurs livres et leurs écoles. Ce qu’ils ont apporté à l’Europe, au niveau de la science, de la technique et des connaissances a été considérable. Comme nous en parlerons plus tard dans le chapitre des œuvres scientifiques et littéraires des musulmans, ils furent les maîtres de l’Europe et c’est seulement grâce à eux que le savoir de l’antiquité grecque et romaine s’y est répandu. »24

« Vers la fin du Moyen-Age, lorsque l’Europe était plongée dans l’ignorance et que les gens souffraient de la misère, ses souverains se rendaient en terre islamique pour se faire soigner. Les étudiants accouraient vers les universités islamiques, qui faisaient la gloire des musulmans ; des universités telles que celle du Caire, de Bagdad, de Cordoue, de Constantinople et d’Alexandrie qui possédaient les plus modernes instruments de recherche et d’expérience de l’époque. »25

Joseph Mac Cap écrit à propos du progrès culturel des premiers musulmans:
« Même les classes sociales les plus basses étaient avides de lecture. Les ouvriers se contentaient de peu de nourriture et de vieux vêtements pour pouvoir acheter des livres jusqu’au dernier de leurs sous. Un ouvrier possédait une bibliothèque ou les savants se rendaient avec empressement et enthousiasme. Les esclaves libérés ou les enfants d’esclaves faisaient partie des grands savants de l’époque, comme l’indique le livre d’Ibn Khalakan, le Wafiyat al-A’yan. »26

Nehru écrit à propos de l’éblouissante civilisation, des progrès scientifiques et du mouvement culturel des musulmans de l’Andalousie:
« Cordoue était une très grande ville, avec un million d’habitants. Elle ressemblait plutôt à un grand jardin de vingt kilomètres de long avec un faubourg de quarante kilomètres. On rapporte qu’elle contenait 60 mille palais et résidences ainsi que 200 mille maisons, 80 mille magasins, 3800 mosquées et 700 bains publics. Même si ces chiffres sont exagérés, ils nous donnent quand même une notion de la grandeur de cette ville.

On y trouvait de même de nombreuses bibliothèques dont la plus importante était la bibliothèque royale de l’Émir qui contenait 400 mille livres. Outre l’université de Cordoue qui jouissait d’une grande renommée dans l’Europe entière et même dans l’Asie occidentale, il y avait de nombreuses écoles gratuites pour les pauvres.

Un chroniqueur rapporte qu’en Espagne, presque tout le monde savait lire et écrire, alors que dans l’Europe chrétienne, à part les religieux, même les plus hautes classes étaient analphabètes. »27

La Médecine

Le docteur Mirhov écrit à propos du progrès des musulmans en médecine:
« Pendant les croisades, les musulmans se riaient des médecins, européens, et de leur savoir minable.
Les chrétiens avaient traduit en latin les œuvres d’Avicenne, de Djaber, d’Hassan Ibn Héissam et de Rhazès. Ces traductions sont actuellement disponibles bien que les traducteurs en soient inconnus. Les livres d’Averroès et d’Avicenne furent traduits en Italien, au 16e siècle, et enseignés dans les universités de France et d’Italie. »28

Peu après la mort de Rhazès, c’est Avicenne (370-429 de l’Hégire) qui brilla dans le monde de la science. Bien qu’il fût plutôt considéré comme philosophe et physicien, son influence médicale a été fort considérable en Europe.

« Certes, il y avait autre que ces deux savants, de grands médecins en territoire islamique, tel que Abol Ghaiss d’Andalousie, Ibn Zahr d’Andalousie, Abass Irani, Ali Ibn Rezvan l’Égyptien, Ibn Batlan dr Bagdad, abou Mansour Movafag Harati, Ibn Valid l’Espagnol, Massouyé de Bagdad, Ali Ibn Issa de Bagdad, Amar Moussali et Averroès, dont les essais et livres de valeur nous sont parvenus, traduits plusieurs fois en latin et en plusieurs autres langues et qui ont été utilisés par les savants européens. »29

« Les musulmans ont ébloui l’Europe en devançant dans beaucoup de domaines scientifiques, leurs contemporains. Les européens n’avaient pas encore découvert le microbe du Choléra, et les espagnoles qualifiaient cette maladie de fléau céleste apparu pour punir les pécheurs, lorsque les médecins musulmans sont venus en Europe, et ont prouvé que même la peste n’était rien d’autre qu’une maladie contagieuse. »30

Le docteur Mirhov écrit à propos du livre d’Avicenne, La Loi:
« Ce livre est un des chefs-d’œuvre de la médecine islamique. Il a été vers la fin du XVe siècle, publié seize fois en Europe, dont quinze fois en latin et une fois en hébreux. Il a été publié plus de vingt fois au XVIe siècle, ce qui prouve son importance.

Les commentaires latins et hébreux en sont nombreux. Cette œuvre fut publiée de nombreuses fois jusqu’à la deuxième moitié du XVII siècle et faisait partie pendant longtemps des livres enseignés. Peut-être même qu’aucun livre n’a été autant utilisé dans les centres culturels. En dépit de tous les progrès de la médecine, les savants s’y réfèrent encore »31

Will Durant écrit à propos de Rhazès:
« Le plus célèbre et le plus ancien médecin musulman est Mohammad ibn Zakaria-e-Râzi. IL a composé plus de deux cents livres et essais dont la plupart traitaient de la médecine. Les plus importantes de ses œuvres sont les deux suivantes:

1- La petite variole et la rougeole: cette encyclopédie fut d’abord traduite en Latin puis en d’autres langues européennes. Il fut publié quarante fois en diverses langues entre 1498-1866.

2- Al Haas-of- kahir: ce livre est le fruit des années d’étude et d’expérience médicale de ce savant. IL traite de tous les problèmes médicaux. Sur les vingt volumes de l’Al Hawi dont dix seulement nous sont parvenus, cinq volumes concernent les maladies oculaires. Cette encyclopédie fut traduite en Latin en 1279 et imprimé cinq fois en 1542. Elle était considérée comme la principale référence médicale et faisait partie des neuf livres qui formaient la bibliothèque de l’université de médecine de Paris en 1394. »32

« Ce sont aussi les musulmans qui sont à l’origine du progrès de la chirurgie. Les écoles européennes basaient leur enseignement sur leurs écrits. Même l’anesthésie considérée comme une récente découverte n’étaient pas inconnue des chirurgiens musulmans, qui anesthésiaient leurs malades avec de la jusquiame noire »

« Rhazès avait découvert de nouvelles méthodes telles que l’utilisation d’eau froide contre la fièvre continue, l’application de ventouse en cas d’infarctus, l’onguent de mercure, l’utilisation de boyaux d’animaux pour la suture.... »

Les livres d’Avicenne ont été traduits en toutes les langues et reconnus comme la base de la médecine pendant six siècles, spécialement par les écoles polytechniques de France et d’Italie, ou seul ces livres étaient les bases de l’enseignement médical. Cela fait à peine 50 ans qu’ils ont été retirés du programme d’enseignement. »33

Les savants musulmans ont beaucoup apporté à la médecine et à la chirurgie ; nous en avons des rapports détaillés dans certains livres. On peut citer en exemple le diagnostic de la tuberculose par l’observation des ongles, le traitement de la jaunisse, l’hémostase par l’eau froide, l’extraction des calculs rénaux et biliaires, l’opération de la hernie… »34

« Le plus grand chirurgien musulman fut Abol Ghassem d’Andalousie connu sous le nom d’Abol Gheiss qui vivait au même siècle de l’ère chrétienne. Il avait inventé lui-même plusieurs instruments chirurgicaux, dont les représentations se trouvent dans ses livres. Haler écrit à ce propos: “Les œuvres d’Abol Gheiss ont été la principale référence de tous les chirurgiens depuis le XIVe siècle. Ses livres ont été traduits plusieurs fois en Latin. Sa dernière publication date de 1816.”35

La Pharmacie

Le docteur Gustave Lebon écrit:
“Les musulmans avaient fait d’importantes découvertes dans le domaine du traitement des maladies, dont l’utilisation de l’eau froide contre la typhoïde, méthode qui, après avoir abandonné, a été reprise par l’Europe. Les musulmans paraissent être les pionniers des formules chimiques. La plupart de leurs composés sont encore utilisés.

En ce qui concerne l’usage des médicaments, les méthodes pratiquées par les musulmans sont toujours courantes, depuis longtemps, mais elles ont été présentées comme nouvelles découvertes.

Ils avaient, comme de nos jours, des infirmeries gratuites ou les gens se faisaient soigner, des jours particuliers. Pour ce qui est des régions où il était impossible de construire des hôpitaux, les médecins y étaient envoyés, avec le matériel nécessaire, à des moments déterminés”36

Georges Zeydan écrit:
“Ayant fait d’importantes recherches pharmaceutiques depuis leur nouvel essor scientifique, les savants européens ont appris que les fondateurs de cette science n’étaient autres que les musulmans. C’est eux qui pour la première fois ont créé des pharmacies. Selon Mac Cap, Bagdad comptait à elle seule 60 pharmacies établies sur les frais du Calife.”37

La preuve en est que l’appellation de certains médicaments et herbes des européens est celle déterminée par les Arabes. »38

Les hôpitaux

Georges Zeydan rapporte:
« Le troisième siècle n’avait pas encore touché à sa fin lorsqu’à la Mecque, à Médine et dans la plupart des provinces, des hôpitaux ont été édifiés. Mogtader Abassi faisait concurrence à ses ministres dans la construction d’hôpitaux. À Bagdad, quatre hôpitaux ont été construits dans une courte période. Plus tard, en 368 de l’hégire, dans le secteur Ouest de la ville Azdodoleh Deylami construisait l’hôpital Azodi qui comptait 24 médecins, chacun ayant sa spécialité propre.
Parmi tous les hôpitaux islamiques, celui-ci jouissait de la plus grande renommée, compte tenu de ses prérogatives. »39
Les hôpitaux islamiques de l’époque étaient dirigés avec ordre et discipline. Les malades y étaient soignés avec attention, sans qu’il ne soit tenu compte de leur nationalité, de leur religion ni de leur occupation. Chaque maladie était soignée dans un compartiment spécial. La médecine et la pharmacie y étaient enseignées. Les étudiants pratiquaient en même temps qu’ils étudiaient. Les musulmans possédaient de même des hôpitaux ambulants trainés par des chameaux ou des mulets. Dans le camp du Sultan Mahmoud Seldjoukide, il y avait un hôpital traîné par 40 chameaux'40

Le docteur Gustave Lebon écrit:
« Les hôpitaux des musulmans étaient fondés suivant les principes de l’hygiène. Ils étaient bien meilleurs que les hôpitaux européens d’aujourd’hui. Ils étaient très grands et pleins de courants d’air et d’eau. Lorsque Rhazès a reçu l’ordre de choisir le meilleur emplacement de Bagdad, au niveau du climat, pour y construire un hôpital, il fit ce que les spécialistes des maladies contagieuses approuvent aujourd’hui. Il a placé un morceau de viande dans chaque coin de la ville. L’hôpital fut construit là où le morceau de viande avait pourri plus tard. Les hôpitaux des musulmans avaient comme ceux d’aujourd’hui de grandes salles, pour les malades et en outre des pièces réservées aux étudiants en médecine dans le but de les perfectionner par la pratique et l’observation directe des maladies.
Les musulmans avaient même créé des asiles pour les fous, et des pharmacies gratuites. »41

Mac Cap écrit à ce sujet:
« Il y avait au Caire, un très grand hôpital qui avait quatre jardins pleins de fleurs et des jets d’eau. Les malades indigents y étaient reçus gratuitement et recevaient même cinq pièces d’or après avoir été guéris. »42
« Cordoue comptait à l’époque soixante mosquées, neuf cents bains publics et cinquante hôpitaux »43

La Chimie

Djaber Ibn Mayan, élève de l’Imam Sadegh (que le salut soit sur lui) était une des grandes personnalités les plus douées en chimie.

Max Mincov le décrit ainsi:
« Djaber était reconnu dans le monde entier comme le père de la célèbre Alchimie arabe. Nous possédons actuellement une centaine de ses ouvrages dont l’influence sur l’histoire de l’Alchimie européenne est évidente. »44

Feu Allameh Seyed Hebteddine Shahrestani écrit:
« J’ai vu cinquante anciens manuscrits de Djaber ou à chaque fois qu’il traite d’un sujet scientifique il l’attribue à l’Imam Sadegh. » L’allamah Shahrestani ajoute:
« Cinq cents livres de Djaber ont été jusqu’à présent publiés, dont la plupart se trouvent dans les bibliothèques de Paris et de Berlin. Les savants européens font surnommer le maître de la sagesse et ne cessent d’en faire l’éloge. Ils déclarent unanimement que dix-neuf des éléments découverts jusqu’à présent l’ont été par lui. Djaber avait déclaré: » tous les éléments se rapportent à un seul élément qui est celui de l’électricité et du feu, qui se trouve caché dans la plus petite particule de la matière. Définition qui concorde parfaitement à celle de l’électron dans l’atome. »45

Le docteur Gustave Lebon écrit pour sa part:
« Les musulmans ont découvert une série de produits qui sont utilisés fréquemment en chimie et dans l’industrie. Bien que les savants musulmans possédaient cette science, il faut regretter cependant que beaucoup de leurs écrits aient été perdus. On peut voir dans les formules chimiques citées dans leurs livres qui nous sont parvenus, à quel point leur savoir été grand. Leur adresse dans la fabrication de couleur, dans l’extraction des métaux, dans l’aciérie ou dans la corroierie nous prouve qu’ils employaient la chimie même dans l’art et les métiers.

Il n’est pas juste, comme on nous l’apprend dans les livres de chimie, que Lavoisier est le fondateur de cette science, car aucune science n’est apparue subitement. Si les importantes découvertes et les laboratoires des musulmans n’avaient pas existé mille ans auparavant, Lavoisier n’aurait jamais pu faire un seul pas en avant. »46

Georges Zeydan écrit:
« Sans aucun doute, ce sont les musulmans qui, grâce à leurs expériences et leurs opérations, ont fondé la nouvelle science de la chimie. C’est eux qui ont découvert beaucoup des composés chimiques ; découvertes sur lesquelles se base la nouvelle chimie. Les savants sont tous d’accord pour dire que ce sont les musulmans qui ont découvert l’acide nitrique, l’acide sulfurique, l’acide nitro, l’hydrochloride de potasse, le nitrate d’argent, le chloride sulfurique, la nitrate de potasse, l’alcool, la soude, l’acide borique et l’ammoniaque.
En outre les chimistes musulmans ont découvert des choses qui nous sont parvenues succinctement et dont nous ne connaissons pas encore le comment. »47

Sir Edward écrit dans L’Histoie de la Chimie:
« À l’époque des Califes Abbassides, l’Alchimie a fait des progrès considérables. Ils se servaient de la distillation, la vaporisation, et de la sublimation. Ils ont été les premiers à connaître le Sodium, le Carbone, le Carbonate de Potasse, le chloride d’ammonium, le sulfate de potassium, l’aluminium ; le sulfate ferrique, le borate de sodium, le sulfite de mercure, qu’ils utilisaient fréquemment. »48

Le docteur Mirhov écrit à propos de Rhazès, cette brillante personnalité de la chimie:
« Son célèbre livre le Manuel de l’Alchimie a été retrouvé récemment dans la bibliothèque d’un prince indien. Rhazès y a classifié les divers produits en indiquant les propriétés chimiques de chacun. »49

Will Durant écrit:
« On peut dire que la chimie, en tant que science, est une des innovations des musulmans ; car ces derniers ont ajouté aux travaux des Grecs, qui consistaient, comme nous le savons, à des expériences et des théories plutôt vagues, l’observation minutieuse, l’analyse scientifique et l’attention accordée à l’enregistrement des résultats.

Ils ont analysé beaucoup de produits, notamment les pierres. Ils ont fait la distinction entre les bases et les acides. Ils ont procédé à des recherches sur des centaines de médicaments et en ont fabriqué des centaines d’autres. Ils sont parvenus de la théorie de la pierre philosophale à la chimie véritable. C’est grâce aux nombreux livres des savants musulmans, dont certains restent inconnus, qui ont été traduits en latin, que la chimie a évolué en Europe. »50

L’industrie

La clepsydre, première invention industrielle des musulmans, fut offerte par le Calife Abbasside Haroun à l’empereur Charlemagne.

Le docteur Gustave Lebon écrit à ce propos:
« Haroun Al-Rashid avait envoyé de nombreux cadeaux à Charlemagne, roi des Frances et empereur d’occident, dont le plus important était une clepsydre qui sonnait à chaque heure. Charlemagne et son entourage étaient ébahis. Il n’y avait personne, dans toute la cour, qui puisse en comprendre le fonctionnement!

Lorsque les musulmans d’Andalousie furent massacrés ou expulsés par les chrétiens qui occupèrent ce territoire, ce fut la chute de l’industrie. Le déclin de l’Andalousie après l’expulsion des Arabes fut si rapide que l’on ne pourrait peut-être pas trouver, comme exemple une nation qui aurait eu un sort aussi rude. La science, la technologie, l’agriculture et enfin tout ce qui faisait la grandeur de ce territoire avaient disparu.

Les grandes fabriques furent fermées, l’agriculture régressait, les terres fertiles restèrent incultivées. Les villes, privées d’agriculture et de travail, tombaient en ruine, l’une après l’autre. Sur ces quatre cent mille habitants, Madrid n’en comptait plus que la moitié. Sur les mille six cents manufactures de Séville créées par les musulmans et qui comptaient cent trente mille ouvriers, il n’en restait plus que trois cents. D’après le rapport qu’avait reçu Phillip IV du corps législatif, elle comptait quatre fois moins d’habitants. »51

Ce même savant Français reconnaît les musulmans comme les inventeurs du papier de coton. Il écrit à ce propos:
« Au Moyen-Age, les européens écrivaient sur la peau. Ce procédé étant assez coûteux, il était difficile d’écrire et de propager les livres, qui étaient si rares que les moines grecs et romains ramassaient les anciens manuscrits, en effaçaient les écrits, pour y écrire à leur tour, leurs textes religieux. Si les musulmans n’avaient pas inventé le papier, ces mêmes moines auraient causé la perte de tous les manuscrits qui étaient en leur possession. Cette invention des musulmans fut vraiment un grand service rendu à la science.

Casirie a retrouvé dans la bibliothèque de l’Escorial un livre écrit en 1009 de l’ère chrétienne qui se trouve être des plus anciennes de l’Europe. Ce manuscrit prouve que les musulmans utilisaient les premiers le papier à la place de la peau. »

En ce qui concerne l’attribution du papier de soie aux Chinois, le docteur Lebon ajoute:
« À l’époque, le papier de soie ne pouvait servir aux européens car ils n’avaient pas de soie. Mais ils avaient du coton. L’Europe est donc redevable aux musulmans pour l’invention du papier du coton. Les papiers des anciens livres des musulmans nous prouvent qu’ils avaient atteint la perfection dans cette technique et qu’aucun papier n’a été encore produit qui soit meilleure.
Il a été de même prouvé que la fabrication de papier à partir de chiffon était une spécialité des musulmans, travail très compliqué qui demandait beaucoup de maniement. »52

Les mathématiques

Le baron Carol Dow écrit:
« Les musulmans avaient obtenu de grands succès dans diverses sciences. Ils ont appris aux gens l’utilisation des chiffres. Ils ont fait de l’Algèbre une science propre et l’ont développée. Ils ont ensuite fondé la géométrie analytique et sans aucun doute la trigonométrie de surface et sphérique, qui en fait n’existait pas en Grèce.

À une époque où le monde chrétien d’occident était aux prises avec les barbares, les Arabes musulmans poursuivaient leurs études scientifiques et cherchaient à conserver leur spiritualité. »53

« Les musulmans ont très rapidement progressé en mathématique. Ils ont fait d’importantes découvertes en géométrie, en algèbre, en trigonométrie et autres. Il est indubitable que la plus grande partie des mathématiques d’aujourd’hui est parvenue en Europe grâce aux musulmans. La preuve en est que les expressions techniques arabes sont toujours utilisées. On peut citer en exemple le terme algèbre qui vient de l’arabe al-djabr. De même les chiffres, que l’on appelle en français les chiffres arabes. Les grands mathématiciens musulmans avaient fait d’importantes découvertes qui n’ont pas perdu de leur intérêt. C’est eux qui avaient découvert l’astrolabe. La trigonométrie et ses expressions ont été découvertes par les savants arabes ou iraniens. Parmi les musulmans iraniens, on peut citer de grandes personnalités telles qu’Abou Reyhan Birouni et Khayyâm, desquels nous sont parvenues d’importantes œuvres. L’Anglais Wells écrit dans son livre Essais sur l’Histoire universelle: « C’est des musulmans que nous tenons toutes les sciences mathématiques. »54

La géographie

Le célèbre chroniqueur Français, le docteur Gustave Lebon écrit:
« Les musulmans ont toujours été des navigateurs intrépides. Ils n’avaient aucunement peur d’entreprendre de longs voyages. Dès le début de la souveraineté islamique, ils avaient établi des relations commerciales avec des contrées lointaines telles que la Chine, l’Afrique et certaines parties de l’Union soviétique actuelle. Ce que les européen ne savaient pas à l’époque.

Lorsque Soleiman publia son journal de voyage, ce fut le premier qui, en Europe, parlait de la Chine. Il a encore été publié en français au début de notre siècle.

Ibn H guel, l’un des plus grands géographes musulmans a écrit:
« J’ai décrit dans mon livre le long et le large de la terre et indiqué la totalité des pays et des frontières de l’Islam. Pour chaque pays j’ai adressé une carte topographique. J’y ai fait la description des villes, des villages, des rivières, des lacs, des productions, de l’agriculture, des chemins, des marchandises, de la distance des pays entre eux, du commerce et enfin de tout ce qui pouvait intéresser les rois, les ministres et autres. »

Citant ensuite le nom de plusieurs géographes musulmans tel que Abou Reyhan Birouni, Ibn Batouta et Abol Hassan, Gustave Lebon ajoute: « Les musulmans ont fait de grands progrès en géographie, et la première raison en était leurs pérégrinations et la seconde leur connaissance de l’astronomie. »55

L’Art

Gustave Lebon écrit:
« Rien qu’à voir les mosquées les écoles ou les hôtels des musulmans, on aperçoit qu’en Islam, la religion et la civilisation sont indissociables. Le goût technique de chaque nation se reconnaît au fait qu’ils adaptent rapidement, à leurs besoins, ce qu’ils empruntent pour lui donner la couleur de leur propre spiritualité, et ainsi une toute autre forme.

De nombreux témoignages indiquent que personne n’a pu devancer les musulmans dans ce domaine. Il suffit d’observer leurs anciens édifices et constructions pour se rendre compte de leur génie. Le meilleur exemple en est la mosquée de Cordoue, dont l’architecture locale, expose de nouveaux procédés.

La ciselure sur bois, ivoire ou coquillage fait partie des travaux que les musulmans ont beaucoup développés. Les anciennes mosquées, les belles portes, les chaises marquetées, les plafonds sculptés, les fenêtres en forme de tulle, etc. ; sont tous des souvenirs qui nous sont restés des musulmans, que l’on ne peut fabriquer aujourd’hui sans dépenser des sommes considérables. Ils ciselaient l’ivoire avec adresse, c’est eux qui ont fabriqué la table de l’église de Sainte Isidore de Léon et le coffre d’ivoire du roi de Séville, qui date du onzième siècle, ainsi que le coffret d’ivoire de l’église de Beaux, fabriqué au douzième siècle et probablement rapporté d’Égypte par les européens, lors des croisades. Ce coffret d’ivoire est incrusté d’argent et d’or.

Ce qui est étonnant et qui fait preuve de leur perspicacité et de leur goût technique, c’est qu’ils faisaient tous ces minutieux travaux avec des outils très simples, et en même temps très doux. Les bijoux et la joaillerie que l’on trouve actuellement à Damas ou au Caire, ne sont pas comparables à ceux de l’époque des Califes, on peut dire cependant qu’il n’y a aucun artisan européen contemporain qui puisse, à l’aide des anciens outils, ciseler le bois ou incruster un vase ou sertir un bracelet, comme le faisaient les artisans de l’orient.

Les musulmans avaient de même atteint la perfection dans la fabrication et l’emploi des céramiques, de sorte que personne n’a encore pu les égaler.

C’était au début du Xème siècle chrétien qu’en Andalousie, les musulmans commencèrent à employer les céramiques émaillées. Ils avaient construit pour cela des ateliers qui exportaient dans le monde entier leurs céramiques. Les céramiques émaillées du treizième siècle qui ont été utilisées dans le palais d’Al-Hamra sont sans équivalent. Elles brillent comme des pierres précieuses. Elles ont été polies au fer. Elles brillent comme les céramiques italiennes, connues plus tard sous le nom de Majalka. En fait, c’est des musulmans que les italiens ont appris la fabrication de la céramique. Un des chefs-d’œuvre de la céramique musulmane est le célèbre vase du palais d’Al-Hamra qui mesure 1,50 m et dans lequel des merveilles ont été utilisées. »56

Conclusion de la partie 2

Le docteur Max Mincow écrit:
« A présent, les riches connaissances scientifiques se révèlent petit à petit et sont utilisées par tous. Certes, ce qui a été récemment découvert a beaucoup révélé sur l’histoire de la science du monde de l’islam, mais ces découvertes restent cependant insuffisantes. Le monde se rendra compte plus tard de l’importance de la science des musulmans. La science arabe a apporté de la lumière aux ténèbres de l’Europe du Moyen-Age, lumière qui a perdu de son éclat lorsque les sciences modernes sont apparues. Mais c’est cette lumière qui nous a guidés dans l’obscurité et dirigés jusque-là. On peut même dire qu’elle nous accompagne toujours. »57

Beaucoup de chroniqueurs et de savants européens et américains ont rapporté des propos intéressants sur l’influence profonde des diverses sciences islamiques sur l’essor scientifique de l’occident.

Un professeur de l’université de Cambridge, John Brendtrend écrit:
« Lorsque la plus grande partie de l’Europe était plongée matériellement et spirituellement dans la misère, les musulmans de l’Espagne avaient déjà fondé une grande civilisation, dotée d’une économie des plus ordonnées.

Les musulmans d’Espagne ont joué un rôle déterminant dans le progrès et le développement de l’industrie, de la science, de la philosophie et de la poésie, de sorte qu’au XIIe siècle, ils influençaient les plus grands savants et penseurs européens tels que Thomas Equinass et “Dante”. Il faut donc considérer l’Espagne comme le Porte-drapeau de la civilisation européenne. »58

Le savant Anglais Chamber écrit:
« On ne pourra jamais assez bien décrire à quel point les musulmans ont fait évoluer, chez nous les coutumes humaines et combien ils ont aidé au progrès et à l’éducation des Européens.

Si les musulmans commandés par Tarek Ibn Ziad ne venaient pas s’installer, en 711 de l’ère chrétienne aux côtés du détroit de Gibraltar, et qu’à partir de là-bas, ils ne se rendaient pas en Europe, nous autres européens, nous serions éloignés de notre progrès actuel. »59

Le savant anglais Bogold déclare:
« Les universités de Bagdad et d’Andalousie accueillaient aussi, avec beaucoup de respect, les étudiants étrangers juifs et chrétiens. Leurs frais étaient à la charge du gouvernement. Des centaines de jeunes européens bénéficiaient de cette liberté et de l’aide des musulmans et y poursuivaient leurs études. »

Le célèbre chroniqueur américain Drober écrit:
« Les savants musulmans connaissaient la plupart des sciences anciennes et nouvelles. Ils maitrisaient parfaitement la mécanique, l’hydrostatique et la dynamique. Ils résolvaient sans difficulté les problèmes de chimie, de physique et étaient très habiles dans les domaines de la distillation, de la raffinerie et de la sublimation.

Les universités islamiques enseignaient toutes les sciences, à savoir la physique, la chimie, l’astronomie aussi bien que l’agronomie, l’assistance sociale et les sciences morales. Aucune université n’a compté comme l’université islamique, six mille étudiants. »

Philippe Héti déclare:
« À Cordoue, il y avait des miles de chemins pavés, éclairés par les maisons situées des deux côtés, alors que Londres et Paris ne jouissaient pas, même sept siècles après, d’un tel privilège.

Quelques siècles plus tard, à Paris, si quelqu’un osait sortir de chez lui un jour de pluie, il s’enfonçait dans la boue jusqu’à la cheville. Lorsque l’université d’Oxford déclarait encore que le bain est une coutume idolâtre, des générations successives de savants Cordouans se baignaient dans des bains luxueux »60

Dans son livre La Structure de l’Homme, Brolth écrit:
« Ce que doit notre science à la science arabe, ce ne sont pas les soudaines découvertes et la nouvelle pensée. C’est bien plus qu’on ne peut l’imaginer. Car notre science doit son existence entière à la science arabe.

Ce que nous appelons science, en Europe, provient des nouvelles méthodes d’expérience, d’observation et de mesurage. Les mathématiques ont évolué à un degré que la Grèce n’a jamais connu. Oui, cette assiduité et ces méthodes scientifiques nous ont été offertes par les Arabes. »61

Comment se fait-il que nous autres les musulmans vivions dans de telles conditions, alors que nous sommes les héritiers de la brillante et glorieuse civilisation islamique? Pourquoi avons-nous été déchus de notre rang de dirigeant du monde? Comment notre civilisation, notre science et notre puissance politique ont-elles été affaiblies et notre évolution s’est-elle arrêtée? Pourquoi les occidentaux nous ont-ils remplacés en telle sorte que nous avons besoin de leur technologie et de leurs produits industriels?

Pourquoi les musulmans avec un passé si brillant, à l’Est aussi bien qu’à l’Ouest, doivent-ils vivre aujourd’hui dans une telle humiliation?

La communauté arabe, loin de tout ordre social et dont la totalité du potentiel était gaspillée en de vains conflits et querelles, est parvenue en un peu de temps, grâce à l’Islam, à une union et une grandeur exceptionnelle et est devenue rapidement, le souverain des plus grandes nations et des plus puissants gouvernements.

L’organisation d’une nation puissante exige des bases solides, des principes, des coutumes et une morale, tous parfaites, pour qu’elle puisse survivre et évoluer.

Ce n’est pas par les armes que l’islam a donné de la force au peuple. Il a commencé par renforcer sa pensée pour ensuite le diriger sur le droit chemin de la vérité et répandre dans la société l’esprit de la justice, la fraternité et l’amitié.

L’histoire montre très bien que les musulmans, à chaque fois qu’ils s’écartaient des enseignements célestes, tombaient dans la misère. Les musulmans, qui dans le passé, avaient fondé cette glorieuse civilisation, étaient sans aucun doute plus proches que nous de l’Islam. N’est-ce pas le déséquilibre entre la science et la pensée, la matière et l’esprit qui a provoqué le déclin de la civilisation islamique? L’étendard de l’activité, de l’assiduité et du djihad est tombé des mains des musulmans et c’est les occidentaux qui s’en sont emparés et qui ont par la suite évolué, jusqu’à ce que leur pensée, leur science et leur civilisation influencent de nos jours, le monde entier.

La situation des musulmans a été bouleversée même en ce qui concerne la vertu et la morale.

Si les musulmans ne s’étaient pas tellement éloignés de l’Islam pur et véritable, il n’y aurait pas eu cette fissure profonde dans leur rang. Ils auraient pu conquérir le monde entier, pour y faire régner leur noble religion.

Loquace, l’un des compagnons de Napoléon à Sainte-Hélène déclare:
« Lorsque Napoléon séjournait en Égypte, il se demandait avec étonnement, comment le Prophète de l’Islam et les hommes de l’histoire islamique sont-ils parvenus à pénétrer si facilement dans des territoires étrangers, qu’ils ont dominés ensuite.

C’est pour cela même que l’empereur adopta une optimiste de l’Islam et qu’il déclara: » je me convertirai à l’Islam. »

À présent, l’ordre islamique a été mis à l’écart de la scène sociopolitique, du cadre de la législation des gouvernements soi-disant islamiques et de la vie des musulmans.

Du point de vue des principes et des origines, la véritable communauté islamique est très différente de la société actuelle, car toute société soumise aux lois non islamiques ne peut-être musulmane.

La communauté des musulmans est actuellement dépourvue de la pensée et de la morale islamique. Aucune des branches de la civilisation n’a été fondée sur la méthode qui convient. Il ne reste plus aucun lien entre l’islam et la pratique. C’est donc les musulmans et non pas l’Islam, qui sont responsables de ce déclin et de cet échec.

Les musulmans de nos jours, afin de compenser leur retard et de procéder à des réformes fondamentales, doivent tenir compte des conditions de leur message spirituel et matériel pour parvenir à un résultat. Bref tant que les musulmans ne retourneront pas aux sources limpides de la civilisation islamique et à l’origine des précieux enseignements de cette religion, ils ne pourront atteindre leur puissance et leur grandeur d’autrefois et resteront loin derrière le convoi de l’humanité. Les musulmans doivent renforcer leur lien avec la pensée islamique et respecter le pacte qu’ils ont conclu avec Dieu et avec eux-mêmes, lors de leur conversion. C’est ainsi qu’ils pourront atteindre de nouveau cette grandeur et cette noblesse.

  • 1. L’homme, cet inconnu, p.4.
  • 2. L’esprit des lois, p.593.
  • 3. Le Contrat social, p336.
  • 4. L’Islam selon Voltaire, p.99.
  • 5. Voltaire Dictionnaire Philosophique, tome 24, p.255.
  • 6. Le livre des Héros.
  • 7. L’homme, cet inconnu.
  • 8. Les plaisirs de la philosophie, p.326-327.
  • 9. L’Islam et les Autres, p.41-42, 48-49.
  • 10. Keyhan, 14/10/1345 (1966).
  • 11. Khandaniha, N° 37, 27e année.
  • 12. Notre Économie, tome 2, p.216.
  • 13. Au cas où l’on admettrait entièrement cette prétention. Mais il faudrait quand même prêter attention au rapport suivant:
    Une délégation chargée de contrôler les produits alimentaires a rapporté après neuf mois d’études et de recherches que dix millions d’Américains souffraient de malnutrition.
    Le chef de cette délégation avait demandé au Président de la République américaine d’annoncer l’état d’exception, compte tenu de la gravité du problème, et d’expédier des aides urgentes et gratuites dans les 256 villes des 20 états américains les plus touchés. Cette délégation (25 membres) dont le rapport avait soulevé une vague d’enthousiasme dans les milieux américains a entrepris ces examens le mois de juin dernier. Elle a été formée sur une initiative du président de l’organisation de la lutte contre la malnutrition, Walter Reuter, qui était aussi le chef du syndicat des ouvriers d’usines de constructions américaines d’automobiles. Reuter avait à sa charge la totalité des frais de cette délégation ; cette dernière indiquée dans son rapport que la malnutrition des dix millions américains résultait de la guerre et d’autres conflits socio-économiques dans la société américaine. Elle a ajouté qu’en raison du désordre provoqué la guerre, ces gens sont incapables de se procurer leur nourriture au marché.
    Le rapport en question nous cite de même les déclarations du ministre américain de l’Agriculture, selon quoi, étant donné l’impossibilité de nourrir suffisamment ces 10 millions d’Américains, c’est le mouvement lui-même qui devait s’en charger. (United Press International 22/2/47).
  • 14. L’Histoire de la propriété (retraduit du persan) p.94.
  • 15. Coran, sourate Hashr, verset 7.
  • 16. L’Histoire des Sciences
  • 17. Sharh Nahj ul-Balagha, Ibn Abi al-Hadid, tome 2, p.189.
  • 18. Histoire de la Civilisation, Will Durant, tome 11, p.147.
  • 19. Encyclopédie du XXe siècle, tome 6, p.609.
  • 20. Civilisation Islamique et Arabe, tome 3, p.329.
  • 21. Le Patrimoine de l’Islam, p.230.
  • 22. Ibid.
  • 23. Civilisation Islamique et Arabe, p.557-558.
  • 24. Ibid, p.562.
  • 25. Encyclopédie du XXe siècle, tome 6.
  • 26. La Gloire des Musulmans en Espagne, p.170.
  • 27. Regard sur l’Histoire du Monde, p.413.
  • 28. Le Patrimoine de l’Islam, p.132.
  • 29. Ibid, p.116.
  • 30. Ibid, p.128.
  • 31. Ibid, p.116.
  • 32. Histoire de la Civilisation, Will Durant, tome 7, p.759.
  • 33. Civilisation Islamique et Arabe, p.637.
  • 34. L’Histoire de la Civilisation Islamique, tome 7, p.78.
  • 35. Civilisation Islamique et Arabe.
  • 36. Ibid, p.637.
  • 37. La Gloire des Musulmans en Espagne, p.183.
  • 38. L’Histoire de la Civilisation Islamique, tome 3, p.279.
  • 39. Ibid.
  • 40. Ibid, tome 3, p.282.
  • 41. Civilisation Islamique et Arabe, p.635.
  • 42. La Gloire des Musulmans en Espagne, p.183.
  • 43. Le Monde de l’Islam, p.82.
  • 44. Le Patrimoine de l’Islam, p.112.
  • 45. Al Dala'il waal-Masa'il.
  • 46. Civilisation Islamique et Arabe, p.612.
  • 47. L’Histoire de la Civilisation Islamique, tome 1, p.279.
  • 48. La Gloire des Musulmans en Espagne, p.181.
  • 49. Le Patrimoine de l’Islam, p.12.
  • 50. Histoire de la Civilisation, Will Durant, tome 11, p.155.
  • 51. Civilisation Islamique et Arabe.
  • 52. Ibid.
  • 53. Le Patrimoine de l’Islam, p.193.
  • 54. Collection des éditions de la propagande islamique.
  • 55. Civilisation Islamique et Arabe.
  • 56. Ibid.
  • 57. Le Patrimoine de l’Islam, p. 100,134.
  • 58. Ibid, p.152.
  • 59. Futuh'al-arab wa kunuz al-adab, p.26.
  • 60. L’Histoire Arabe, tome 1, p.673.
  • 61. Making of Humanity.