Chapitre 11

« N’avons-Nous pas fait de la terre un rassemblement pour les morts et pour les vivants?» (Coran, 77:25-26)

« أَلَم نُجًعُلِ الأرًضُ كِفاتاً * أحيُاءً و أمًوُاتاً » المرسلات: الايتان (25 ـ 26)

La méthode d’utilisation des ressources naturelles fait partie des préoccupations fondamentales des disciplines scientifiques modernes.

La question de l’exploitation abusive et déraisonnée de ces ressources est devenue un casse-tête pour les savants en raison des risques et des soucis qu’elle occasionne à l’humanité. C’est ce qui explique que tant d’efforts soient déployés pour que les vastes projets d’investissements soient réalisés de façon positive. Cela peut se constater dans les forums et symposiums qui se tiennent ça et là dans le monde.

La sagesse divine, dont la science humaine reflète une partie infime, a instauré à ce sujet un ordre extrêmement précis. De telle sorte que si les humains employaient à bon escient et rationnellement ces ressources qui sont des dons de Dieu, elles ne connaîtraient jamais l’épuisement.

Dans le passé, quand la population mondiale ne représentait même pas le tiers de ce qu’elle est aujourd’hui, la famine et la pauvreté s’abattaient sur les sociétés humaines dans leur ensemble de façon plus inquiétante qu’aujourd’hui.

De nos jours, en tenant compte du fait que les niveaux de vie se sont élevés de façon remarquable, la pauvreté a reculé en dépit de l’accroissement notable de la population mondiale. La consommation des ménages a atteint des niveaux incomparables avec ceux du passé.

Par conséquent, il est clair que les phénomène de paupérisation et de pénurie des ressources naturelles relève en réalité de la mauvaise qualité de l’exploitation de ces ressources, et de l’inégalité qui se manifeste dans la distribution des richesses, et non dans une quelconque insuffisance de ces dernières.

Le gaspillage, la surconsommation, l’égoïsme de certaines puissances, la convoitise des hommes, sont à l’origine de cette crise.

Jetons un regard sur les sociétés passées.

Les données dont nous disposons concernant l’apparition des premiers êtres vivants sur la Terre ne sont pas précises. On peut même dire que dans ce domaine, c’est la confusion qui règne. On ne s’appuie en fait que sur de simples hypothèses sans fondement scientifique sérieux.

Par conséquent nous n’avons pas de données avérées sur l’époque de l’apparition de notre planète, ni sur celle de l’apparition des êtres vivants, et par conséquent sur celle de l’apparition de l’homme.

Dieu y a déployé toutes ses créatures, hommes, animaux et végétaux pour qu’elles y vivent, qu’elles s’en nourrissent.

Notre propos porte sur le paradoxe que présente la limitation des ressources disponibles sur la terre, et d’autre part, le fait qu’en dépit de cela un système étonnant par sa précision, assure les besoins des êtres vivants y compris les végétaux.

Depuis l’apparition des créatures, qui remonte à la nuit des temps et dont nous ignorons totalement les détails, jusqu’à un futur dont Dieu seul connaît le terme final, aucune matière terrestre n’a manqué. Ceci est quelque chose de stupéfiant. Le Coran l’exprime ainsi: « N’avons-Nous pas fait de la terre un rassemblement pour les morts et pour les vivants? »(77:25-26)

Dans le passé lointain, l’homme avait éprouvé le besoin de s’abriter dans une habitation. Il trouva les pierres et les troncs d’arbres, l’argile dont il avait besoin, et s’en servit pour se confectionner les premiers abris où il organisa sa vie de sédentaire.

A notre époque, les hommes construisent de beaux immeubles et des gratte-ciel qui demandent de grandes quantités de ciment et d’acier obtenues à partir de matières enfouies dans la terre depuis des milliards d’années, ces matières qu’ils vont chercher dans des mines et des carrières.

Elles sont mises à leur disposition. Il leur est seulement demandé de concevoir, de déployer l’effort et d’innover. Comment tirer le meilleur de ce qui existe et de ce que recèle la terre?

Nous venons de voir que la terre répond aux besoins des vivants. Mais le Coran nous dit aussi dans la deuxième partie du verset que la terre répond aussi aux besoins des morts.

En effet, quand un homme meurt, la terre lui donne aussi un espace pour le recevoir dans son sommeil en paix. Il en va de même pour toutes les créatures vivantes ou végétales. Au bout d’une période plus ou moins longue, elle finit par les dissoudre et les recycler en tant que matière première, comme à l’origine.

Les animaux meurent, se décomposent et retournent à l’état de poussière. Les végétaux perdent leurs feuilles qui connaissent le même destin, de même pour les branches et les troncs. La terre devient un tombeau pour toutes les créatures vivantes.

Ainsi la terre répond aux besoins des vivants aussi bien que des morts.

Les êtres vivants, dans leur ensemble, se nourrissent des choses bénies que Dieu a créées. Et quand ils meurent, ils retournent à la terre et se mélangent de nouveau aux atomes de la poussière.

Les transformations et interactions qui se produisent entre les différents éléments de la terre et les résultats auxquels ils aboutissent sont extrêmement remarquables.

Il n’y a par conséquent aucune faille ni imperfection dans la création de Dieu…

L’ordre qui régit l’existence reflète la sagesse du Créateur; c’est à cela que fait allusion le verset coranique qui appelle à la méditation sur la création divine:

« Lui qui a créé sept cieux par niveaux: tu ne saurais percevoir de discordance dans la création du Tout miséricorde. Reportes-y le regard: y vois-tu la moindre faille? » (Coran, 67:3)