Chapitre 7

« Lors, sermonnant son fils, Luqmân disait: ‘‘Mon petit, n’associe à Dieu personne. Lui associer quiconque est iniquité’’ » (Coran, 31:13)

« وُ اِذ قال لُقمُانُ لاِبًنِهِ وُ هوُ يُعِظُه يُا بنيُ لا تشًرِكً بِالله اِنّ الشِّرًكُ لظُلمّ عُظِيمّ » لقمان: الاية (13)

Le système des devoirs régit l’ensemble de la vie humaine. Le devoir commence dès les premiers instants de la vie et accompagne l’homme jusqu’à la fin de son séjour terrestre. Il est impossible de concevoir une ligne séparant l’homme de ses devoirs globaux, ne serait-ce qu’un instant. A chaque fois qu’il y a une force, une capacité, il y a forcément un devoir, et la relation entre les deux est nécessaire. Le dossier des devoirs de l’homme ne se ferme ainsi qu’au moment où il quitte ce monde avec la mort.

De façon générale, les lois de la raison constituent l’axe des devoirs, et la conformité aux ordres religieux relève aussi des exigences rationnelles, car les questions sociales, les affaires de la vie et les préceptes de la religion constituent toutes des réponses rationnelles universelles.

Plus la capacité intellectuelle sera développée, plus la vision sera perspicace, plus le sentiment du devoir se fera plus intense.

Quand l’homme veut jouer un rôle dans l’éducation morale et spirituelle des autres, il lui incombe encore plus de se conformer aux valeurs et fondements moraux afin d’accomplir son devoir d’éducateur et de maître, et pour que son enseignement atteigne son objectif et laisse une empreinte. Autrement, quand le maître néglige ses devoirs moraux, cela jette de l’ombre sur son rôle d’éducateur, et ses efforts seront infructueux, d’autant plus que les élèves ne manqueront pas de relever les écarts dans la conduite de leur maître, et de rapporter constamment ses paroles à ses actes.

Le Coran nous fournit une série de recommandations morales pleines de sagesse. Luqmân conseille son fils et le sermonne. Il lui donne les leçons d’une importance cruciale, lui expliquant son devoir principal envers le Créateur en le mettant en garde de Lui associer un autre dieu:

« Lors, sermonnant son fils, Luqmân disait: ‘‘Mon petit, n’associe à Dieu personne. Lui associer quiconque est iniquité’’… Nous-même avons recommandé à l’homme ses père et mère: sa mère ne l’a-t-elle pas porté, malaise sur malaise, et mis deux ans à le sevrer? Sois-M’en reconnaissant, comme à tes père et mère. Je suis la destination de tout. » (Coran, 31:13-14)

Ce verset nous donne à connaître un fragment du discours que tint Luqmân à son fils, tout en rappelant les recommandations divines à l’homme envers ses parents.

On peut se poser ici la question de savoir pourquoi Luqmân a interrompu son discours à son fils, et gardé le silence.

Ce silence peut s’expliquer peut-être par le souci de mettre en exergue le rang du père, et le devoir de l’enfant de respecter son père, et de rendre grâce à ses parents.

Or une telle approche ne saurait être celle de Luqmân lui-même, car il ne convient pas de lui attribuer une telle attitude où il demanderait à son fils de suivre aveuglément ses opinions et ses conseils, comme si l’enfant n’avait pas d’autre alternative en toute chose que de suivre son père.

Une telle attitude ne peut pas être compatible avec le rang et la position de Luqmân, ses qualités et sa personnalité éminente, car elle sous-entendrait une concession indigne de la noblesse du père et de son haut rang.

Après ce silence, Luqmân reprend son sermon à son fils en évoquant sa vie individuelle et sociale.

« Mon enfant, accomplis la prière, prescris le convenable et proscris le blâmable, sois patient aux vicissitudes »… Ce sont des préceptes de rigueur.

« Ne te rengorge pas sur les autres. Ne marche pas sur terre avec pétulance »… Dieu déteste l’outrecuidant, le fanfaron » (Coran, 31:17-18)

Enfin il recommande à son fils de suivre un comportement droit dans sa vie, y compris dans sa façon de marcher et de parler:

« …mesure ta démarche, mets une sourdine à ta voix » — la plus infecte des voix est bien celles des ânes ! » (Coran, 31:19)