La prière
Les prières obligatoires et les prières surérogatoires
La prière est un ensemble de formules et de gestes bien précis. Elle commence avec at-takbira (la prononciation de la formule « Allahou akbar ») et se termine avec at-taslim (la prononciation de la formule «as-salamou alaykoum »). Pour pouvoir accomplir la prière il faut être en état de pureté.
Dieu a cité la prière dans plusieurs versets coraniques parmi lesquels on peut citer le verset
« Qu’est-ce qui vous a acheminés à Saqar ? Ils diront : « Nous n’étions pas de ceux qui pratiquent la prière » (74:42-43),
le verset
« Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils vont rencontrer malheur et perdition. » (19:59),
le verset
« Pratiquez la prière. » (2:43),
le verset
« Les croyants sont heureux, ils sont humbles dans leurs prières. » (23:1-2)
et le verset
« La prière est une prescription destinée aux croyants. » (4:103)
Les conséquences du délaissement de la prière
La prière est l’un des cinq piliers de l’islam. Le Prophète (saww) a dit : « L’islam a pour base cinq choses : la prononciation de la chahada, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat, l’observation du jeûne pendant le mois de Ramadhan et le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont les moyens. »1
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « La limite entre la croyance et l’incroyance est le délaissement de la prière. »2
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Celui qui délaissera volontairement [la prière] sera renié par la communauté musulmane. »3
Il a dit aussi : « Ce qui pousse l’individu à commettre l’adultère ou consommer du vin est la passion ; mais ce qui le pousse à délaisser la prière c’est le mépris de celle-ci. »4
Si un musulman n’admet pas que l’accomplissement de la prière est obligatoire, il sera considéré comme un apostat, et il devra être exécuté par les musulmans. Et s’il la délaisse par négligence, il devra être puni par le gouverneur jusqu'à ce qu’il la reprenne ; et à chaque fois qu’il recommence, le gouverneur devra aggraver la peine. Et s’il la délaisse une quatrième fois, le gouverneur devra lui infliger la peine capitale.
Les prières obligatoires
Les prières obligatoires sont : les cinq prières quotidiennes, la prière des Signes divins, la prière du tawaf obligatoire, les prières manquées par les deux parents (celles-ci doivent être compensées par le fils aîné).
Les cinq prières quotidiennes sont : la prière de l’aube (deux raka‘at), la prière du dhohr (quatre raka‘at), la prière d’al ‘asr (quatre raka‘at), la prière d’al-Maghrib (trois raka‘at) et la prière d’al ‘icha’ (quatre raka‘at).
Les prières surérogatoires
Il est recommandé aux croyants d’accomplir certaines prières surérogatoires. Celles-ci sont réparties de la façon suivante : huit raka‘at juste avant la prière du dhohr, huit raka‘at juste avant la prière d’al ‘asr, quatre raka‘at après la prière d’al-Maghrib, al-watira (deux raka‘at qui se font en position assise juste après la prière d’al ‘icha’), la prière de la nuit (huit raka‘at), ach-chaf‘ (deux raka‘at), al-watr (une seul rak‘a) et al-fajr (deux raka‘at).
Ces prières sont citées dans plusieurs hadiths qu’on peut retrouver dans l’ouvrage intitulé al-wasa’il. As-Sayyid al-Hakim a dit dans al-moustamsak : « [ces prières] ont été citées dans ce même ordre dans un très grand nombre de hadiths. » Donc, celui qui veut faire toutes les prières quotidiennes (c’est-à-dire les prières obligatoires et les prières surérogatoires), il devra faire cinquante et une rak‘a par jour.
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le nombre total de raka‘at [prescrites] s’élève à cinquante et un, dix-sept sont obligatoires et trente-quatre sont surérogatoires. Deux de ces raka‘at se font en position assise juste après la prière d’al ‘icha’ ; elles sont considérées comme une seule rak‘a faite debout. »5
Les prières surérogatoires se font de la même façon que la prière de l’aube (c’est-à-dire, après la deuxième rak‘a, on doit faire at-tachahhoud et at-taslim), sauf al-watr, celle-ci se fait en une seule rak‘a.
Si quelqu’un est en voyage, il ne devra pas accomplir les prières surérogatoires, sauf celle d’al-Maghrib. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Pendant le voyage toutes les prières [obligatoires] se font en deux raka‘at qui ne doivent être précédées ou suives d'aucune [rak‘a], sauf la prière d’al-Maghrib ; celle-ci se fait en trois raka‘at. »6
Les moments des prières
Dieu a dit dans le Coran :
« Pratique la prière lors de deux extrémités du jour, et au cours des premières heures de la nuit. » (11:114)
Ce verset veut dire que la prière de l’aube doit être faite lors de la première extrémité du jour, et que la prière du dhohr et celle d'al ‘asr doivent être faites lors de la deuxième extrémité du jour, et que la prière d'al-Maghrib et celle d'al ‘icha’ doivent être faites au cours des premières heures de la nuit.
Dieu a dit aussi :
« Célèbre les louanges de ton Seigneur avant le lever et le coucher du soleil, glorifie [-le] pendant [certaine fraction de] la nuit et [aux] deux bords du jour. » (20:130)
Dieu a dit aussi :
« Pratique la prière quand le soleil décline jusqu’à l’obscurité de la nuit. Et [récite] le Coran à l’aurore, car [la récitation] du Coran à l’aurore a des témoins. » (17:78)
Ce verset veut dire que le moment de la prière du dhohr et celle d'al ‘asr débute lorsque le soleil commence à décliner vers l’ouest, et que la prière d'al-Maghrib et celle d'al ‘icha’ doivent être faites lorsque la nuit devient sombre. Dans ce même verset, l’expression « [la récitation] du Coran à l’aurore » veut dire la prière de l'aube. Et d'après un hadith, l'expression « l’obscurité de la nuit » veut dire le milieu de la nuit.
Il est clair que, dans ces versets, les moments des prières quotidiennes n’ont pas été indiqués avec précision. Donc, on devra recourir aux hadiths qui les expliquent.
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un fait la prière en dehors de son temps, sa prière ne sera pas acceptée. »7
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le Prophète (saww) a dit : « Si quelqu’un fait la prière en dehors de son temps, sa prière sera élevée [vers le ciel] noire et obscure ; [et au moment où on l’élève], elle lui dira : « Que Dieu te néglige comme tu m'as négligée. »
La première chose sur laquelle sera interrogé l’homme lorsqu’il se dressera devant Dieu est la prière ; si elle est acceptée, ses autres actions seront acceptées, et si elle est rejetée, ses autres actions le seront aussi. »8
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Tant que le croyant respectera les cinq moments de la prière, le Satan aura peur de lui. Mais dès qu’il commencera à négliger [ses prières], le Satan se montrera audacieux et lui fera commettre des énormités. »9
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Éprouvez nos partisans au moment de la prière ; [voyez] s’il le respecte ou pas. »10
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Quand vient le moment de la prière, les portes du ciel s’ouvrent afin que les actions [des hommes] montent. Je n’aime pas qu’une action monte avant la mienne ; [et je n’aime pas non plus] qu’un nom soit inscrit dans le Registre avant le mien. »11
L’Imam Ar-Ridha (as) a dit : « Quand vient le moment de la prière, fais-la, car tu ne sais pas ce qui se produira dans l’avenir. »12
Il y a plusieurs autres hadiths dans ce sens.
Le moment de la prière du dhohr et celle d’al ‘asr
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le moment de la prière du dhohr et celui de la prière d’al ‘asr débute lorsque le soleil commence à décliner vers l’ouest et se prolonge jusqu’au coucher du soleil. Mais la première doit être faite avant la deuxième. »13
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le moment de la prière du dhohr débute à l’instant où le soleil commence à décliner [vers l’ouest] ; et après un intervalle de temps juste suffisant pour faire quatre raka‘at, vient le moment concernant à la fois la prière du dhohr et celle d’al ‘asr.
Celui-ci se prolonge jusqu’à l’instant où commence le moment concernant uniquement la prière d’al ‘asr, [c’est-à-dire] lorsqu’on n’est séparé du coucher du soleil que par un laps de temps pendant lequel on ne peut faire que quatre raka‘at. »14
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Chaque prière a un premier et un dernier moment, le meilleur [de ces deux moments] est le premier. »15
Il a aussi dit : « Si [la longueur] de ton ombre est égale à ta taille, fais la prière du dhohr ; et si elle fait le double de ta taille, fais la prière d’al ‘asr. »16
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le moment concernant uniquement la prière du dhohr et celui qui concerne uniquement la prière d’al ‘asr ont chacun une durée juste suffisante pour faire quatre raka‘at, et que le premier débute lorsque le soleil commence à décliner vers l’ouest et le second commence à l’approche du coucher du soleil, et que l’intervalle de temps compris entre ces deux moments est le moment commun à ces deux prières.
Les jurisconsultes sont également unanimes à dire que chaque prière a un premier moment et un dernier moment, et qu’il est préférable de faire la prière à son premier moment.
Les jurisconsultes ont déterminé différemment le moment de la prière du dhohr et celui de la prière d’al ‘asr, mais la plupart d’entre eux ont opté pour un avis conforme au hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si [la longueur] de ton ombre est égale à ta taille, fais la prière du dhohr ; et si elle fait le double de ta taille, fais la prière d’al ‘asr. »
Il convient de signaler que les jurisconsultes ont cité en premier lieu la prière du dhohr, parce que Dieu a d’abord prescrit aux croyants la prière du dhohr, ensuite il leur a prescrit respectivement la prière d’al ‘asr, la prière d’al-Maghrib, la prière d'al ‘icha’ et la prière de l’aube.
Le moment de la prière d’al-Maghrib et celle d’al ‘icha’
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le moment de la prière d’al-Maghrib commence juste après la disparition de la rougeur du levant. »17
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le moment de la prière d’al-Maghrib commence [juste après] la disparition de la rougeur [du levant] et se termine au milieu de la nuit. »18
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le moment concernant uniquement la prière d’al-Maghrib commence juste après le coucher du soleil et se prolonge sur un laps de temps pendant lequel on ne peut faire que quatre raka‘at. Ensuite, vient le moment commun à la prière d'al-Maghrib et celle d'al ‘icha’.
Celui-ci se prolonge jusqu'à l’instant où commence le moment concernant uniquement la prière d'al ‘icha’, [c’est-à-dire] lorsqu’on n’est séparé du milieu de la nuit que par un intervalle de temps pendant lequel on ne peut faire que quatre raka‘at. »19
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Si quelqu’un se réveille avant l’aube et voit qu’il a assez de temps pour faire la prière d’al-Maghrib et celle d'al ‘icha’ qu’il a manquées à cause de l’oubli ou du sommeil, il devra les faire toutes les deux [avant l’aube]. Et s’il voit qu’il est impossible de les faire toutes les deux avant l’aube, il devra commencer par la prière d'al ‘icha’.
Et s’il se réveille après l’aube, il devra d’abord faire la prière de l’aube, ensuite il devra faire celle d’al-Maghrib puis celle d'al ‘icha’. »20
Le moment concernant uniquement la prière d’al-Maghrib commence juste après la disparition de la rougeur du levant et se prolonge sur un intervalle de temps juste suffisant pour faire trois raka‘at. Le moment concernant uniquement la prière d'al ‘icha’ commence à l’instant où l’on n’est séparé du milieu de la nuit que par un intervalle de temps pendant lequel on ne peut faire que quatre raka‘at.
Quant au moment commun à ces deux prières, il se prolonge sur l’intervalle de temps compris entre les deux moments précédents. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
La prière d’al-Maghrib et celle d'al ‘icha’ ont chacune deux moments. Le meilleur moment pour faire la première s’étend jusqu'à l’instant où disparaît la rougeur du couchant, et le meilleur moment pour faire la deuxième commence juste après la disparition de la rougeur du couchant, et se prolonge jusqu’à l’instant où se termine le premier tiers de la nuit. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
Si quelqu’un se réveille au milieu de la nuit et se rend compte qu’il n'a pas fait la prière d’al-Maghrib et celle d'al ‘icha’, il devra les faire avec niyyat al-ada’ (l’intention d’accomplir la prière en son temps) car, dans ce cas-là, le moment des deux prières se prolonge jusqu’à l’aube.
Toutefois, il est préférable de les accomplir avec l’intention de se rapprocher de Dieu, c’est-à-dire on ne doit les accomplir ni avec niyyat al-ada’, ni avec niyyat al-qadha’ (l’intention de compenser la prière qu’on n’a pas faite en son temps).
Le moment de la prière de l’aube
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « Le moment de la prière de l’aube est [l’intervalle de temps] compris entre l’aube et le lever du soleil. »21
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Chaque prière a deux moments, et le meilleur des deux est le premier moment. Le moment de la prière de l’aube commence dès les premières lueurs de l’aurore et se termine aux premières lueurs du matin. »22
Le moment de la prière de l’aube commence dès les premières lueurs de l’aurore et se termine juste avant le lever du soleil. Mais, il est préférable de la faire au premier moment.
Les moments des prières surérogatoires
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le moment de la prière surérogatoire du dhohr débute lorsque le soleil commence à décliner vers l’ouest, et celui de la prière surérogatoire d’al ‘asr commence juste après la prière du dhohr. Mais ils ont déterminé différemment les instants où se terminent ces deux moments.
L’auteur d’al-jawahir a dit : « La fatwa qui dit que le moment de la prière surérogatoire du dhohr se prolonge jusqu’à ce que la longueur de l’ombre soit égale à deux pieds et que celui de la prière surérogatoire d’al ‘asr se prolonge jusqu’à ce que la longueur de l’ombre soit égale à quatre pieds est adoptée par la plupart des jurisconsultes (si ce n’est pas par tous). Elle s’appuie sur des hadiths rapportés par un grand nombre de personnes.
Parmi ces hadiths, on peut citer le hadith authentique rapporté par Ibn Meskan. D’après lui, Zourara a dit : « L’Imam al-Baqir (as) a dit : « Tu pourras accomplir la prière surérogatoire à partir du moment où le soleil commence à décliner jusqu’à ce que la longueur de ton ombre soit égale à une coudée (environ deux pieds).
Lorsque la longueur de ton ombre sera égale à une coudée, tu devras laisser la prière surérogatoire pour faire la prière obligatoire. Et lorsque la longueur de ton ombre sera égale à deux coudées, tu devras laisser [l’autre] prière surérogatoire pour faire [l’autre] prière obligatoire. »23
Le moment de la prière surérogatoire d’al-Maghrib commence juste après la prière d’al-Maghrib et se prolonge jusqu’au moment de la disparition de rougeur du couchant. Le moment de la prière surérogatoire d’al ‘icha’ se prolonge jusqu’à la fin du moment de la prière d’al ‘icha’. Le moment de la prière surérogatoire de l’aube (la prière d’al-fajr) commence à l’aube et se prolonge jusqu’à l’apparition de la rougeur du levant.
Le moment de la prière surérogatoire de la nuit commence au milieu de la nuit et se prolonge jusqu’à l’aube, mais il est préférable de la faire à l’approche de l’aube. À ce propos l’auteur d’al-jawahir a dit : « Il n’y a aucun avis considérable différent de celui-ci. »24
D’après les hadiths, le verset
« Avant l’aube, ils imploraient le pardon » (51:18)
et le verset
« …Ils implorent le pardon avant l’aube » (3:17)
font allusion à la prière surérogatoire de la nuit.
Quelques préceptes
1- Nous avons dit que la prière du dhohr et celle d’al ‘asr ont chacune un moment particulier pendant lequel on ne peut faire que quatre raka‘at. Cela veut dire qu’on ne peut pas faire la prière d’al ‘asr pendant le moment qui concerne uniquement celle du dhohr, et on ne peut pas faire la prière du dhohr pendant le moment qui concerne uniquement celle d’al ‘asr.
Mais on peut accomplir les autres prières (par exemple, compenser une prière manquée) pendant ces moments-là. Cet avis s’applique aussi à la prière d’al-Maghrib et celle d’al ‘icha’.
2- Si quelqu’un entame la prière d’al ‘asr et, au milieu de la prière, il se rend compte qu’il n’a pas fait la prière du dhohr, il devra changer d’intention (c’est-à-dire il devra faire le reste de sa prière avec l’intention d’accomplir la prière du dhohr). Et s’il se rend compte de cela à la fin de la prière, sa prière sera correcte, mais à condition que le moment où il l’a faite ne soit pas le moment concernant uniquement la prière du dhohr. Pour la prière du dhohr, il devra l'accomplir après la prière d’al ‘asr.
3- Lorsque quelqu’un entame une prière, il n’a pas le droit de changer d’intention et la considérer comme la prière suivante. Mais l’inverse est permis.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si, au moment où tu fais la prière d’al ‘asr où après l’avoir faite, tu te rends compte que tu n’as pas encore fait la prière du dhohr, considère celle que tu as faite comme la prière du dhohr, car [tu as fait] quatre raka‘at à la place de quatre autres. Ensuite fais la prière d’al ‘asr. »25
4- Si quelqu’un reporte la prière du dhohr et celle d’al ‘asr jusqu’à l’instant où commence le moment concernant uniquement la prière d’al ‘asr (c'est-à-dire juste avant le coucher du soleil), il devra d'abord faire la prière d’al ‘asr, ensuite il devra compenser celle du dhohr.
Mais si l’intervalle de temps qui le sépare du coucher du soleil suffit pour faire au moins cinq raka‘at, il devra d’abord faire la prière du dhohr, ensuite il fera celle d’al ‘asr. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un arrive à faire une seule raka‘a en son temps, sa prière sera considérée comme une prière qui a été entièrement faite en son temps. » 26
Cet avis s’applique aussi à la prière d’al-Maghrib et celle d’al ‘icha’.
5- Si quelqu’un manque plusieurs prières obligatoires, il devra les compenser par ordre (c’est-à-dire il devra commencer par la première prière manquée, puis la deuxième...). La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il devra compenser [les prières] manquées comme il les a manquées. »27
Question : Si quelqu’un se rend compte après avoir fait une prière qu’il a commencée de la faire avant son temps, que devra-t-il faire ?
Réponse : S’il a fini de la faire avant le début de son moment, elle sera incorrecte, et il devra la refaire. La preuve pour cela est al-ijma‘ et un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il se rend compte après avoir fait la prière de l’aube qu’il l’a faite avant son moment, et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire sa prière. »28
Et s’il a fini de la faire pendant son moment, elle sera correcte, même s’il n’a fait qu’at-taslim en ce moment-là. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu commences à faire une prière avant son moment en croyant qu'il était temps de la faire, puis tu te rends compte [par la suite] que son moment a commencé lorsque tu étais en train de la faire, tu n’auras pas besoin de la refaire. »29
Al-qibla (la direction vers la Mecque)
Dieu a dit dans le Coran :
« Oriente ta face du côté de la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, orientez [lors de la prière] vos faces du côté [de la Mosquée sacrée]. » (4:206)
Il a dit aussi :
« Et d’où que tu partes, oriente ta face du côté de la Mosquée sacrée. » (2:149)
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Dieu considère trois choses comme les plus sacrées : son Livre qui est Sagesse et Lumière ; Sa Maison dont il a fait al-qibla, le lieu unique vers lequel on doit se tourner [pendant la prière] et la famille de votre Prophète (saww). »30
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « La prière ne peut être correcte que si elle est faite en direction d’al-qibla. » Alors, quelqu’un lui a dit : « Quelle est la limite d’al-qibla ? » et l’Imam (as) lui a dit : « Al-qibla est [l’horizon] qui s’étend de l’est à l’ouest. »31-32
L’auteur d’al-madarik a dit : « La Kaaba est le lieu où est bâtie la maison de Dieu. Elle s’étend du fond de la terre jusqu’au ciel. Si, à Dieu ne plaise, elle s’effondre un jour, on devra faire la prière dans sa direction, comme la fait celui qui habite dans un endroit plus élevé que la Mecque (comme la montagne d’Abi Qobays) ou dans un endroit moins élevé qu’elle (par exemple, le sous-sol de la Kaaba).
Cet avis fait l’unanimité chez les jurisconsultes ; il s’appuie sur un verset coranique et sur un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « J’ai fait la prière d’al ‘asr sur la montagne d’Abi Qobays qui est plus élevée que la Mecque ; ma prière est-elle correcte ? » et l’Imam as-Sadiq (as) lui a dit : « Oui, [car] al-qibla s’étend de la [Kaaba] jusqu’au ciel. »33
Si quelqu’un se retrouve à l’intérieur de la Kaaba ou tout près d’elle, il pourra s’orienter vers l’un de ses quatre murs. Mais s'il se retrouve dans un endroit éloigné de la Kaaba, il devra faire la prière dans sa direction. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. L’auteur d’al-madarik a dit : « Si quelqu’un se retrouve dans un endroit éloigné de la Kaaba, il devra seulement s’orienter vers le côté où se situe celle-ci.
La preuve pour cela est le verset « Orientez vos faces du côté [de la Mosquée sacrée]. » et le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Al-qibla est [l’horizon] qui s’étend de l’est à l’ouest. » »34 Ensuite, le même auteur a dit : « Sache que les jurisconsultes ont défini différemment la direction de la Kaaba » et que la plupart de leurs définitions sont fausses. En outre, toutes leurs définitions ne s’appuient ni sur un hadith et ni sur une autre preuve.
Et puisque les versets coraniques et les hadiths n’ont pas indiqué avec précision al-qibla, donc on doit seulement s’orienter vers le côté où se situe la Kaaba, car la connaissance de la direction exacte de celle-ci nécessite le recours à l’astronomie, et la loi islamique ne peut pas obliger les gens du commun à recourir à une telle science.
Comment faire pour connaître la direction de la Mecque ?
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « [La seule chose qu’on est obligé de faire] lorsqu’on ignore la direction de la Mecque c’est faire de son mieux pour la trouver. »35
Ce hadith veut dire ceci : si quelqu’un ignore la direction de la Mecque et fait de son mieux pour la trouver, il pourra faire la prière dans la direction qu’il croit être celle de la Mecque.
À propos du verset :
« Oriente ta face du côté de la Mosquée sacrée. » (2:149)
l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « [Ce verset] veut dire ceci : Si quelqu’un se retrouve [dans un endroit] d’où il peut voir [la Kaaba], il devra s’orienter directement vers elle. [Et s’il se retrouve dans un endroit] d'où il ne peut pas la voir, il devra se tourner vers le côté où elle se situe.
Et s’il n’arrive pas à trouver un signe permettant de savoir le côté où elle se situe, il pourra faire la prière vers le côté de son choix, et cela jusqu’à ce qu’il trouve un signe [permettant de connaître la direction de la Mecque]. Et s’il n’agit pas de cette façon et prend l’est pour l’ouest et l’ouest pour l’est, il ne sera pas considéré comme quelqu’un qui a fait de son mieux [pour connaître al-qibla] et sa croyance s’affaiblira. »36
Les jurisconsultes ont établi une règle logique selon laquelle chaque moukallaf (l’individu responsable) est tenu de connaître les obligations qu’il devra accomplir. S’il ne cherche pas à les connaître, il sera considéré comme un désobéissant. Et s’il n’arrive pas à connaître avec certitude ces obligations, il devra recourir aux règles établies par les jurisconsultes pour déduire lui-même les préceptes de la loi islamique.
Et s’il est incapable de recourir à de telles règles, il devra imiter quelqu’un. Et s’il ne trouve pas quelqu’un à imiter, il devra agir conformément au principe d'al-ihtiyat (la précaution). Et s’il est incapable d’agir selon ce principe, il devra suivre l’avis qu’il croit être le plus juste.
En s'appuyant sur ce principe, les jurisconsultes ont dit ceci : si un individu veut faire un acte qui ne peut être fait qu’en direction de la Mecque (comme la prière, l’égorgement d’une bête, l’enterrement d’un mort…), il devra d’abord essayer par tous les moyens de connaître avec certitude la direction de la Mecque.
Et s’il n’arrive pas à la trouver, il devra s’orienter vers où sont orientées les mosquées et les tombes des musulmans, sauf s’il sait avec certitude que celles-ci ne sont pas orientées vers la Mecque. Et s’il se retrouve dans un pays non musulman, il devra faire de son mieux pour trouver al-qibla. Après avoir cherché al-qibla, il pourra prier dans la direction qu’il croit être celle de la Mecque.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « [La seule chose qu’on est obligé de faire] lorsqu’on ignore la direction de la Mecque c’est faire de son mieux pour la trouver. » Et s'il ne trouve aucun signe permettant de connaître la direction de la Mecque, il devra prier dans toutes les directions qu'il croit être al-qibla pour qu'il soit sûr d'avoir prié en direction d'al-qibla. Et s'il est incapable de refaire plusieurs fois la prière, ou s'il n'a pas assez de temps pour la refaire, il devra se limiter au nombre de prières qu'il est capable de faire.
À ce propos, l'auteur d'al-jawahir a dit : « Cet avis jouit d'une grande réputation tant chez les anciens jurisconsultes que chez ceux de l'époque récente. Certains jurisconsultes ont cité comme preuve al-ijma‘. »37 Pour soutenir cet avis, l'auteur d'al-jawahir a cité plusieurs hadiths.
Si le propriétaire d'une maison montre à quelqu'un une direction qu'il croit être celle de la Mecque, celui-ci ne sera pas obligé considérer cette direction-là comme al-qibla. Sauf s'il est convaincu qu'elle est vraiment la direction de la Mecque.
Question : Pourquoi on n'est pas obligé de le croire alors que les hadiths disent qu'il faut tenir compte de l'information que nous donne une personne sur une chose qui est en sa possession ?
Réponse : Certes, on doit croire toute personne si elle nous donne une information sur une chose qui est en sa possession, mais al-qibla n'appartient à personne.
Quelques préceptes
1- Si quelqu'un ne fait aucun effort pour trouver al-qibla, et se rend compte après avoir fait la prière qu'il ne le pas fait en direction de la Mecque, il devra la refaire, sauf si la direction vers laquelle il s'est tourné pendant la prière est proche de celle de la Mecque.
2- Et s'il oublie de s'orienter vers al-qibla et se rappelle pendant la prière, il devra se tourner vers al-qibla et continuer sa prière. Et s'il se rend compte de cela après avoir fini de faire la prière, sa prière sera correcte et il n'aura pas besoin de la refaire.
Cet avis s'appuie sur deux hadiths de l'Imam as-Sadiq (as). En effet, quelqu'un a demandé à l'Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s'il se rend compte après avoir fait la prière qu'il ne l'a pas faite tout droit vers al-qibla, et l'Imam (as) lui a dit: «Sa prière est correcte, [car] al-qibla est [l'horizon] qui s'étend de l'est à l'ouest.»38
Quelqu'un lui a demandé aussi ce que devra faire un homme s'il se rend compte au moment où il fait la prière qu'il ne s'est pas orienté vers al-qibla, et l'Imam (as) lui a dit: « Si la direction vers laquelle il s'est orienté est [l'horizon] qui s'étend de l'est à l'ouest, il devra se tourner vers al-qibla dès qu'il se rendra compte [de son erreur]. Et si elle est opposée à la direction de la Mecque, il devra interrompre sa prière. »39
Si, après avoir fait la prière, quelqu'un se rend compte qu'il a prié dans une direction opposée à celle de la Mecque ou très éloignée de celle-ci, et voit qu'il reste assez de temps pour faire au moins une rak‘a en son temps, il devra refaire sa prière. Et s'il ne reste pas assez de temps pour faire au moins une rak‘a en son temps sa prière sera correcte, et il n'aura pas besoin de la refaire.
Cet avis s'appuie sur le hadith où l'Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si, après avoir fait la prière dans une direction autre que al-qibla, tu vois que tu as assez de temps pour la refaire, refais-la. Et si tu vois qu'il est trop tard pour la refaire, ne la refais pas. »40
Ce hadith concerne celui qui a oublié de s'orienter vers la Mecque, celui qui s'est trompé de direction et celui qui ignore al-qibla. Mais il ne concerne pas celui qui n'a fait aucun effort pour trouver al-qibla.
3- Il est obligatoire de s'orienter vers al-qibla pendant toutes les prières (les prières quotidiennes, la prière des morts…) ou lorsqu'on veut compléter une prière qui n'a pas été faite d'une manière correcte. Il est également obligatoire d'orienter vers al-qibla l'animal qu'on veut égorger, le mort et l'agonisant.
L'auteur d'al-madarik a dit : « Lorsqu’on est incapable de s'orienter vers al-qibla, on pourra faire la prière et tout ce qui doit être fait en direction de la Mecque dans une autre direction. La preuve pour cela est al-ijma‘ et des hadiths rapportés par un grand nombre de personnes. »41
Il a dit aussi : « Lorsqu’on est dans une position stable, on ne doit pas faire la prière surérogatoire vers une direction autre qu’al-qibla, car la prière surérogatoire est une ‘ibada, et toute ‘ibada doit être faite exactement comme la faisait le Prophète (saww). Or on sait bien qu'aucun transmetteur de hadiths n'a dit que le Prophète (saww) ou les Imams (as) faisaient la prière surérogatoire vers une direction autre qu’al-qibla lorsqu'ils étaient dans une position stable.
Donc, celui qui fera une telle chose aura professé une hérésie. »42
Cela ne veut pas dire qu'on est obligé d'être en position stable lorsqu'on veut accomplir une prière surérogatoire. En effet, quelqu'un a demandé à l'Imam as-Sadiq (as) si on peut faire la prière surérogatoire lorsqu'on est assis sur le dos d'une monture, et l'Imam (as) lui a dit : « Oui, [mais il faudra la faire] dans la même direction vers laquelle on se dirige. »43
4- Si quelqu'un fait de son mieux pour trouver al-qibla, il pourra faire toutes les prières vers la direction qu'il croit être celle de la Mecque ; c'est-à-dire il ne sera pas obligé de chercher al-qibla avant chaque prière. Toutefois, s'il pense qu'il pourra trouver al-qibla en faisant plus d'efforts, il devra chercher une nouvelle fois.
5- Si deux hommes dignes de confiance disent à quelqu'un que la Mecque se situe dans telle direction, il ne sera pas obligé de les croire. C'est-à-dire, s'il n'est pas convaincu de ce qu'ils lui ont dit, il devra chercher lui-même al-qibla.
Certains diront peut-être : il devra tenir compte de leur parole, car la loi islamique considère al-bayyina (le témoignage apporté par deux hommes dignes de confiance) comme une preuve.
À ceux-là, nous dirons ceci : al-bayyina ne peut être considérée comme une preuve que lorsqu'elle porte sur une chose pouvant être perçue par un sens (par exemple lorsque deux personnes attestent que telle maison appartient à telle personne). Mais si elle porte sur une chose qui n'est pas sensible (comme al-qibla), elle ne pourra pas être considérée comme une preuve.
6- Si, après avoir fait beaucoup d'efforts pour trouver al-qibla, deux personnes aboutissent à deux résultats différents, aucun des deux ne pourra imiter l'autre dans sa prière. Mais il est permis à chacun d'entre eux de consommer la chaire d'une bête égorgée par l'autre, car la chair d'une bête égorgée par une personne qui ignore ou qui a oublié que l'égorgement des bêtes doit se faire en direction de la Mecque est considérée par la loi islamique comme une chair licite.
Il est également permis à chacun d'entre eux de faire la prière sur un mort.
Les vêtements de prière
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Ne fais pas la prière avec un vêtement transparent. »44
Quelqu'un a demandé à l'Imam as-Sadiq (as) si l'homme peut faire la prière avec une seule tunique, et l'Imam (as) lui a dit : « Il n'y a aucun mal [à ce qu'il fasse la prière avec une seule tunique], mais à condition qu'elle soit opaque. »45
Quelqu'un a dit à l'Imam as-Sadiq (as) : « Peut-on faire la prière avec un vêtement fait avec la peau d'un animal qui n'a pas été égorgé conformément à la loi islamique lorsqu'on sait qu'elle est tannée ? », et l'Imam (as) lui a dit : « Non [on ne peut pas faire la prière avec un vêtement fait avec une peau pareille] même si elle a été tannée soixante-dix fois. »46
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu'un fait la prière avec [un vêtement fait avec] les poils ou la peau d'un animal dont la chair est illicite ou avec un [vêtement] souillé d'urine ou d'excréments d'un tel animal, sa prière sera incorrecte.
Ô Zourara ! Le Prophète (saww) a dit qu'il est permis de faire la prière avec [un vêtement fait avec] les poils ou la peau d'un animal dont la chair est licite ou avec [un vêtement] souillé d'urine et d'excréments d'un tel animal, et [il a dit] qu'il est interdit de faire la prière [avec un vêtement] fait avec une matière provenant d'un animal dont la chair est illicite, même si celui-ci a été égorgé conformément à la loi islamique. »47
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Ne fais pas la prière avec [un vêtement fait avec] un tissu de soie pure »48
Il a dit aussi : « Il n’est pas permis à l’homme de porter [un vêtement fait avec] un tissu de soie, sauf pendant la guerre. »49
Il a dit aussi : « Il est permis à la femme de porter [un vêtement fait avec] un tissu de soie, sauf lorsqu’elle est en état d’al-ihram. »50
Il a dit aussi : « La femme peut porter une bague d’or et faire la prière avec. »51
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « L’homme ne doit pas porter [un objet] en or, et ne doit pas faire la prière avec. »52
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Quelles sont les parties du corps que la femme n’est pas obligée de couvrir ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Le visage et les mains. »53
Quelqu’un lui a dit aussi : « Quelles sont les parties du corps d’une femme qu’un homme étranger peut voir ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Le visage, les mains et les pieds. »54
Quelqu’un lui a dit aussi : « La femme peut-elle faire la prière tout en ayant le visage couvert ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il n’y a pas de mal à cela, mais à condition qu’elle découvre la partie qui doit être appuyée contre le sol pendant as-soujoud. »55
D’après un hadith56, Salman al-Farsi a vu la main de Fatima az-Zahra’ (as) saigner ; et d’après un autre hadith57, Jaber Ibn Abdallah al-Ansari a vu une fois son visage pâlir, et il l’a vu une autre fois rougir.
L’Imam Ali (as) a dit à Koumeyl : « Ô Koumeyl ! Réfléchis bien à ce que tu mets [comme vêtements] pendant la prière et sur quoi tu la fais car s’ils sont illicites, ta prière ne sera pas acceptée. »58
Il y a plusieurs hadiths qui se rapportent à ce sujet ; ils occupent environ deux cent pages de l’ouvrage intitulé al-wasa’il.
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
• Lorsqu’un homme veut faire la prière, il devra couvrir ses parties intimes (c’est-à-dire son membre et son anus), et cela même s’il est à l’abri des yeux, car si elles ne sont pas couvertes, sa prière sera incorrecte. Quant à la femme, elle est obligée de couvrir tout son corps, sauf son visage, ses mains et ses pieds.
Mais en dehors du moment de la prière, la femme peut découvrir tout son corps devant une autre femme ou un mahram, sauf ses parties intimes, et à condition qu’elle soit sûre de ne pas commettre un péché. Toutefois, lorsqu’un homme est en présence d’un autre homme, il est préférable qu’il couvre la partie comprise entre son nombril et ses genoux.
De même, il est préférable à la femme de couvrir cette même partie lorsqu’elle est en présence d’une autre femme ou d’un mahram.
Il convient de rappeler qu’il existe une règle selon laquelle tout ce qu’on peut toucher on peut le regarder, et tout ce qu’on ne peut pas toucher on ne peut pas le regarder. Mais bien que cette règle soit admise par toutes les écoles islamiques, on ne peut pas en tenir compte, car aucun jurisconsulte ne la prise en considération.
En effet, tous les jurisconsultes ont dit que l’homme peut voir le visage et les mains d’une femme étrangère, mais ils ont tous dit qu’il n’a pas le droit de la toucher, sauf s’il veut la soigner ou lui sauver la vie.
Cette fatwa ne concerne pas les vielles femmes. En effet, l’auteur d’al-jawahir a dit : « La vielle femme peut découvrir les parties du corps que les vielles femmes ont l’habitude de découvrir (comme le visage, quelques cheveux, les bras…), mais à condition qu’elle ne le fasse pas pour étaler ses charmes. Toutefois, il est préférable qu’elle se couvre. Cet avis s’appuie sur plusieurs hadiths. »
C'est ce que dit le verset
« Il n'y a pas de mal à ce que les femmes qui ne peuvent plus enfanter et qui n'espèrent plus se marier enlèvent leurs voiles, à condition de ne pas se montrer dans tous leurs atours, mais il est préférable pour elle de s'en abstenir. » (24:60)
• Il est interdit de faire la prière avec un vêtement contenant une partie quelconque du corps d’un animal dont la chair est illicite. Donc, si quelqu’un voit par exemple un poil d’un chat sur son corps ou sur son vêtement, il devra l’enlever avant de commencer la prière.
• Il est permis de faire la prière avec un vêtement tâché d'un sang provenant des insectes (comme les poux, les puces…) ou un vêtement sur lequel sont collés des poils d’un être humain.
• Il n’est pas permis de faire la prière avec un vêtement fait avec la peau d’un animal qui n’a pas été égorgé conformément à la loi islamique, et cela même si elle est tannée.
• Il est permis de faire la prière avec un vêtement fait avec des poils, des plumes, ou de la laine, mais à condition qu’ils soient ceux des animaux dont la chair est licite. Toutefois, il est permis de faire la prière avec un vêtement fait avec une laine provenant d’un animal qui n’a pas été égorgé conformément à la loi islamique.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit: «Il n’y a aucun mal à ce que quelqu’un fasse la prière avec un vêtement fait avec la laine d’un animal qui n’a pas été égorgé conformément à la loi islamique, car la laine n’a pas d’âme.»59 En s’appuyant sur ce hadith, on peut dire qu’il est permis de faire la prière avec un vêtement fait avec n’importe quelle partie insensible du corps d’un animal qui n’a pas été égorgé conformément à la loi islamique.
• Il est interdit à l'homme de porter un vêtement ou une autre chose (comme le chapeau, le lacet du pantalon…) faits avec un tissu de soie pure, que ce soit pendant l'accomplissement de la prière ou en dehors du moment de la prière, sauf pendant la guerre ou en cas de nécessité.
Mais s’ils sont faits avec un tissu de laine mélangée, il pourra les porter à n’importe quel moment. Quant aux femmes, elles peuvent porter les vêtements faits avec un tissu de laine pure à tout moment.
• Il est interdit à l’homme de porter un objet en or (qu’il soit en or pur ou en or mélangé), que ce soit pendant la prière ou en dehors du moment de la prière. Toutefois, il lui est permis de dorer ses dents et de porter des pièces en or dans sa poche. Quant à la femme, il lui est permis de porter des objets en or à tout moment.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il est permis à la femme de porter une bague d’or et de prier avec, et il est interdit à l’homme de le faire. »60
• Le vêtement de prière doit être licite (c’est-à-dire il ne doit pas être un objet volé), parce qu’il est interdit d’utiliser une chose sans la permission de son propriétaire. Mais si quelqu’un fait la prière avec un vêtement volé en oubliant qu’il est un objet volé, sa prière sera correcte.
La preuve pour cela, est le hadith où le Prophète (saww) a dit : « [Les gens de] ma communauté ne seront pas jugés pour les actes commis par oubli »61
• Si quelqu’un fait la prière avec un vêtement volé en ignorant qu’il est un vêtement volé, et en sachant qu’il est interdit d’utiliser un objet volé, sa prière sera correcte.
Et si quelqu’un fait la prière avec un vêtement volé en sachant qu’il est un vêtement volé, mais en ignorant qu’il est interdit d’utiliser un objet volé, sa prière sera incorrecte, sauf si son ignorance n’est pas le résultat de la négligence, car la raison n'admet pas l’excuse d’une personne responsable qui ne fait aucun effort pour connaître les préceptes de la loi islamique.
Et si quelqu’un sait que tel vêtement est un vêtement volé, et sait qu’il est interdit de faire la prière avec, mais il est obligé de le porter pendant la prière, sa prière sera correcte.
Il convient de signaler que les textes islamiques ne disent pas qu’il est interdit de faire la prière avec un vêtement volé, ils disent seulement qu’il est interdit de voler. C’est en recourant à la raison que les jurisconsultes ont déduit l’avis qui dit qu’on ne peut pas accomplir la prière avec un vêtement volé, parce qu’il est impossible de se rapprocher de Dieu en faisant une chose qu’Il déteste.
Mais il va sans dire qu’un acte ne peut être détestable que s’il est commis consciemment et délibérément. Donc, si quelqu’un fait la prière avec un vêtement volé par ignorance, par oubli ou par contrainte, sa prière sera correcte.
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il se retrouve dans un endroit où il n’y a aucun vêtement, et l’Imam (as) lui a dit : « Si personne ne le voit, il devra faire la prière debout ; et s’il n’est pas à l’abri des yeux, il devra la faire en position assise. »62
En s’appuyant sur ce hadith, les jurisconsultes ont dit ceci : dans les deux cas, il devra faire ar-roukou‘ et as-soujoud en inclinant légèrement sa tête ; et s’il ne peut pas les faire avec sa tête, il devra les faire avec ses yeux.
• Si quelqu’un fait la prière avec un vêtement fait avec la peau d’un animal qui n’a pas été égorgé conformément à la loi islamique en ignorant qu’il a été fait avec une telle peau, sa prière sera correcte car, selon la loi islamique, si quelqu’un fait la prière avec un vêtement impur en croyant qu’il est pur, sa prière sera correcte.
Et s’il fait la prière avec un tel vêtement par oubli, il devra refaire sa prière, car, dans un cas pareil, l’oubli ne peut pas être considéré comme une excuse valable.
Question : Si quelqu’un doute de la pureté de son vêtement (parce qu’il ignore si la matière avec laquelle il est fait provient d’un animal dont la chair est licite ou bien d’un animal dont la chair est illicite), pourra-t-il faire la prière avec ?
Réponse : Si on adopte l’avis selon lequel la pureté du vêtement est une condition nécessaire pour que la prière soit correcte, on devra dire qu’il ne pourra pas faire la prière avec un vêtement pareil car, conformément à cet avis, avant de commencer la prière, on doit s’assurer que le vêtement qu’on porte est pur.
Et si on adopte l’avis qui dit que l’impureté du vêtement rend impossible l’accomplissement de la prière, on devra dire qu’il pourra faire la prière avec un vêtement pareil car, conformément à cet avis, tant qu’on n’est pas sûr qu’un vêtement est impur, on pourra faire la prière avec, parce que, généralement, les vêtements qu’on porte sont purs.
Cheikh al-Hamedani a dit dans son ouvrage intitulé misbah al faqih : « On ne doit pas hésiter à dire que les hadiths ayant trait à ce sujet veulent seulement dire que le port du vêtement fait avec une matière provenant d’un animal dont la chair est illicite63 rend impossible l’accomplissement de la prière, et qu’ils ne veulent pas dire que la pureté des vêtements de prière est une condition nécessaire pour que la prière soit correcte. »64
Ce qui confirme cet avis, c’est le hadith où le Prophète (saww) a dit : « Tant que les gens ne savent pas [qu’une chose est interdite], ils pourront la faire. »65
À ce propos, l’auteur d’al-madarik a dit ceci : « La condition c’est le port de vêtements pendant la prière, et ce qui est interdit c’est faire la prière avec un vêtement fait avec une matière provenant d’un animal dont la chair est illicite. Donc, si on n’est pas sûr que le vêtement qu’on porte est fait avec une matière provenant d’un animal dont la chair est illicite, on pourra faire la prière avec.
Ce qui renforce cet avis, c’est le hadith ou l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Considère tout ce qui comporte [une chose] licite et [une autre] illicite comme étant licite, et cela jusqu’à ce que tu saches laquelle des deux est illicites. »»66
Donc, si quelqu’un n’est pas sûr que le port de tel vêtement rende impossible l’accomplissement de la prière, il pourra faire la prière avec car, généralement, les vêtements qu’on porte ne rendent pas impossible l’accomplissement de la prière.
Question : Si quelqu’un ne dispose que d’un vêtement avec lequel on ne peut pas accomplir la prière (par exemple un vêtement volé, ou un vêtement fait avec un tissu de soie ou avec une matière provenant d’un animal dont la chair est illicite), pourra-t-il faire la prière avec ?
Réponse : S’il est obligé de le porter pour une cause quelconque (par exemple, s’il a peur du froid ou s’il est malade), sa prière sera correcte, car la nécessité rend licite tout ce qui est illicite. Et s’il n’est pas obligé de le porter, il devra faire la prière nue.
Le lieu de prière
Le Prophète (saww) a dit : « La terre a été rendue pour moi un lieu de prière et un purificateur. »67
Dans un autre hadith, le Prophète (saww) a dit : « La terre a été rendu pour moi un lieu de prière, et le sol un purificateur ; où que je sois, je pourrai faire la prière. »68
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Toute la terre est un lieu de prière, sauf [les lieux suivants] : la fosse d’aisances, le cimetière et la salle de bain. »69 Ce hadith ne veut pas dire qu’il est interdit de faire la prière dans ces trois lieux ; il veut seulement dire qu’il est déconseillé de la faire dans ces lieux-là.
Les jurisconsultes désignent par l’expression « lieu de prière », l’espace qu’occupe un individu lorsqu’il fait la prière.
Pour que la prière soit correcte, il faut que le lieu où on la fait réunisse les conditions suivantes :
1- Il doit être un lieu licite (c’est-à-dire il ne doit pas être une terre usurpée).
Tout ce que nous avons cité dans le chapitre « les vêtements de prière » concerne aussi le lieu de prière.
2- S'il est souillé, il ne devra pas être humide, sinon, au premier contact, les vêtements ou le corps deviendront impurs et, par conséquent, la prière sera incorrecte. Cela veut dire qu’il est permis de faire la prière dans un endroit ou sur une chose souillée, mais à condition qu’ils ne soient pas humides. Toutefois, il n’est permis de faire as-soujoud que sur une chose pure.
3- Il doit être immobile. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « L’homme ne doit pas accomplir la prière obligatoire lorsqu’il est sur le dos d’une monture, sauf s’il est obligé de le faire. »70 Les jurisconsultes se sont appuyés sur ce hadith car, pour eux, il veut seulement dire qu’il faut être stable pendant la prière.
Question : L’homme et la femme peuvent-ils faire la prière lorsqu’ils sont l’un à côté de l’autre ou lorsque la distance qui les sépare est inférieure à dix coudées ?
Réponse : La plupart des anciens jurisconsultes ont dit ceci : si l’un est à côté de l’autre, ou si la femme est devant l’homme, et commencent au même moment la prière, ils devront la refaire. Et si l’un d’entre eux commence la prière avant l’autre, sa prière sera correcte et celle de l’autre sera incorrecte.
Toutefois, s’ils sont séparés par quelque chose (par exemple un rideau), ou s’il y a entre eux une distance supérieure ou égale à dix coudées, ils pourront faire la prière au même moment.
La plupart des jurisconsultes de l’époque récente, ont dit ceci : Dans un cas pareil, il leur est déconseillé de faire la prière. Mais s’ils sont séparés par quelque chose, ou s’il y a entre eux une distance supérieure ou égale à dix coudées, ils pourront la faire.
À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « La fatwa qui dit qu’il leur est déconseillé de faire la prière est plus conforme aux principes de l’école d’Ahl-ul-bayt (as). En outre, il y a deux hadiths qui la confirment. En effet, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il n’y a aucun mal à ce qu’une femme fasse la prière à côté d’un homme au moment où lui-même fait la prière. »
Et lorsque quelqu’un l’a interrogé à propos d’une femme qui a fait la prière collective au milieu de plusieurs rangées d’hommes, l’Imam as-Sadiq (as) lui a dit : « Sa prière est correcte, et elle n’a rendu incorrecte la prière de personne. » Quant aux hadiths qui disent qu’ils doivent être séparés par quelque chose ou éloignés l’un de l’autre, ils veulent seulement dire qu’il est déconseillé de faire la prière dans une situation pareille » 71
4- Il est permis de faire la prière dans une synagogue ou une église. En effet quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Peut-on faire la prière dans une synagogue ou une église ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Tu pourras faire la prière [dans ces lieux-là] ; je les ai déjà visités et je les ai trouvés très propres…Ne lis-tu pas le verset : « Dis : « Chacun agit à sa guise… » ?»72
Les choses sur lesquelles on peut faire as-soujoud
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Quelles sont les choses sur lesquelles on peut faire as-soujoud ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il n’est permis de faire as-soujoud que sur la terre ou sur une chose qui pousse sur elle mais qui n’est ni [une chose] comestible et ni une matière dont on peut se servir pour faire des habits. » Alors la même personne lui a dit : « Puisses-tu vivre au prix de ma vie !
Pourquoi on ne peut faire as-soujoud que sur ces choses-là ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Puisque as-soujoud est une soumission à Dieu, donc on ne doit pas le faire sur une chose comestible ou sur une chose dont on peut se servir pour faire des habits, car les gens de ce bas monde sont les esclaves de ce qu’ils portent et ce qu’ils mangent. Et puisque as-soujoud est une forme d’adoration de Dieu, donc le croyant ne doit pas le faire sur l’idole de ceux qui se sont laissés tromper par ce bas monde. »73
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un ne peut pas supporter la chaleur du sol, pourra-t-il faire as-soujoud sur un vêtement fait avec du lin ou du coton ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « S’il est contraint [de faire as-soujoud sur un vêtement pareil], qu’il le fasse. »74
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « As-soujoud fait sur une terre provenant de la tombe de [l’Imam] al-Hussein illumine les sept terres. Et si quelqu’un prend avec lui un chapelet fait avec cette même terre, il sera considéré comme quelqu’un qui a fait at-tasbih, même s’il ne l’a pas égrené. »75
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
• Il n’est permis de faire as-soujoud que sur la terre ou sur une chose qui pousse sur elle mais qui n’est ni une chose comestible et ni une matière dont on peut se servir pour faire des habits.
• Si une chose sur laquelle on peut faire as-soujoud se transforme en une chose sur laquelle on ne peut pas le faire (comme la cendre, le gypse, le verre…), on ne devra pas faire as-soujoud dessus.
• Il n’est pas permis de faire as-soujoud sur un métal, car les métaux ne sont pas considérés comme une terre, et cela à cause de leur rareté.
• Il n’est pas permis de faire as-soujoud sur une chose impure, même si elle n’est pas humide.
• Il n’est pas permis de faire as-soujoud sur une chose usurpée.
• Il est permis de faire as-soujoud sur une feuille de papier. En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) si on peut faire as-soujoud sur un papier, et l’Imam (as) lui a dit: «Il est permis de le faire.»76 À ce propos, ach-Chahid ath-Thani a dit dans l’ouvrage où il a commenté al-loum‘a ad-dimachqiya: «Il est permis de faire as-soujoud sur un papier, même s’il est fait avec des choses sur lesquelles on ne peut pas le faire, comme le corymbe, le coton, le lin…La preuve pour cela est al-‘ijma‘ et un hadith authentique.»77
Question : Peut-on faire as-soujoud sur une chose qui a été faite avec de la terre cuite ?
Réponse : Il n’y a aucun hadith à ce propos, mais l’auteur de l’ouvrage intitulé miftah al-karama a cité dans ce même ouvrage78 les noms de plusieurs jurisconsultes qui ont dit qu’il est permis de faire as-soujoud sur une telle chose. Certains ont même dit : « Nous n’avons trouvé aucun avis diffèrent de celui-ci. »79
• Si, après avoir fini de faire la prière, quelqu’un se rend compte qu’il a fait as-soujoud sur une chose sur laquelle il n'est pas permis de le faire, sa prière sera correcte. La preuve pour cela est le hadith qui dit : « Il n’est obligatoire de refaire la prière que dans les cinq cas suivants : [lorsqu’on la fait] sans woudho’ et sans at-tayammoum, [lorsqu’on la fait] en dehors de son temps, [lorsqu’on la fait] dans une direction autre que al-qibla, [lorsqu’on oublie] de faire ar-roukou’ ou [lorsqu’on oublie] de faire as-soujoud. »80
Question : Si, au moment de l'accomplissement de la prière, quelqu’un perd la chose sur laquelle il fait as-soujoud, que devra-t-il faire ?
Réponse : S’il reste assez de temps pour faire la prière en son temps, il devra interrompre sa prière pour chercher une chose sur laquelle il pourra faire as-soujoud, ensuite il devra refaire la prière. Et s’il ne reste pas suffisamment de temps pour refaire la prière, il devra continuer de prier en faisant as-soujoud sur une partie de son vêtement, mais à condition que celui-ci soit fait avec du lin ou du coton.
Et si son vêtement est fait avec une autre matière, il devra faire as-soujoud sur un métal. Et s’il ne trouve pas un métal, il devra faire as-soujoud sur la paume de sa main. La preuve pour cela est un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet, quelqu’un lui a dit : « Si, pendant un voyage, je n’arrive pas à faire as-soujoud sur la terre parce qu’elle est embrasée par la chaleur, que devrai-je faire ?”
Et l’Imam (as) lui a dit : « Tu pourras faire as-soujoud sur une partie de ton vêtement. » Alors, la même personne lui a dit : « Et si mon vêtement n’est pas assez long pour que je puisse faire as-soujoud dessus, que devrai-je faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Fais-le sur la paume de ta main, car elle est l’une des parties concernées par as-soujoud. »81
Al-adhan et al-iqama (l’appel à la prière)
Al-adhan est un ensemble de formules bien précises que les musulmans récitent avant chacune des cinq prières quotidiennes afin que les gens sachent que le moment de la prière est venu. Al-iqama est un appel à la prière qui ne diffère pas beaucoup d’al-adhan et qui se fait juste avant d’entamer la prière.
Al-adhan et al-iqama ont été prescrits à la première année de l’Hégire. Les sunnites disent que c’est Abdallah Ibn Zeyd qui a appris au Prophète (saww) comment faire al-adhan, et cela après l’avoir entendu pendant un rêve.82 Mais les chiites désapprouvent cet avis et disent que al-adhan a été révélé au Prophète (saww) de la même façon que la prière et les autres ‘ibadat.
En s’adressant aux sunnites, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « [Puisque vous croyez que] le Prophète (saww) agit sous l’influence de la révélation divine, pourquoi vous dites que c’est Abdallah Ibn Zeyd qui lui a appris comment faire al-adhan ?»83
La façon dont se fait al-adhan
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que l’Imam as-Sadiq (as) appelait à la prière de la façon suivante :
• Allahou akbar (quatre fois), ce qui veut dire : Dieu est plus grand.
• Ach-hadou anna la illaha ill-Allah (deux fois), ce qui veut dire : j’atteste qu’il n’y a point d’autre divinité qu’Allah.
• Ach-hadou anna Mohammadan rassoul-Allah (deux fois), ce qui veut dire : j’atteste que Mohammed est un messager de Dieu.
• Hayya ‘al- as-salat (deux fois), ce qui veut dire : accourez à la prière.
• Hayya ‘al-al-falah (deux fois), ce qui veut dire : accourez au salut.
• Hayya ‘ala khayr-il-‘amal (deux fois), ce qui veut dire : accourez à la meilleure action.
• Allahou akbar (deux fois), ce qui veut dire : Dieu et plus grand.
• La ilaha ill-Allah (deux fois), ce qui veut dire : il n’y a point d’autre divinité qu’Allah.
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que la formule Ach-hadou anna ‘aliyyan waliyyou-llah, qui veut dire : j’atteste que Ali (as) est un ami de Dieu, ne fait pas partie d’al-adhan. Donc, si quelqu’un prétend que cette formule fait partie d’al-adhan, il sera considéré comme un hérétique. Pour plus de détails, le lecteur pourra consulter le cinquième volume de l’ouvrage intitulé al-moustamsak.
Dans l’ouvrage intitulé ar-rawdha, on peut lire ceci: «On ne doit pas croire que la formule «j’atteste que Ali (as) est un ami de Dieu» et la formule «j’atteste que Mohammed (saww) et les membres infaillibles de sa famille sont les meilleures créatures» font partie d’al-adhan ou d’al-iqama, même si, réellement, l’Imam Ali (as) est un ami de Dieu et le Prophète(saww) et les membres infaillibles de sa famille sont les meilleures créatures, car al’ ibada doit être faite comme elle a été prescrite par Dieu.
Donc, si quelqu’un prétend que ces formules-là font partie d’al-adhan, il sera pareil à celui qui fera une rak‘a en plus pendant la prière. En un mot, les formules précédentes font partie des croyances et ne font pas partie d’al-adhan. Cheikh as-Sadouq a dit : « C’est la secte appelée al-moufawwidha qui a introduit ces formules dans al-adhan. Cette secte fait partie d’al-ghoulat (ceux qui exagèrent en leur foi). »»84
Remarque
Les jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé de prononcer la formule « j’atteste que Ali (as) est un ami de Dieu » pendant al-adhan.
La façon dont se fait al-iqama
Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’al-iqama se fait de la façon suivante :
• Allahou akbar (deux fois).
• Ach-hadou anna la ilaha ill-Allah (deux fois).
• Ach-hadou anna Mohammadan rasoul-Allah (deux fois).
• Hayya ‘al- as-salat (deux fois).
• Hayya ‘al- al-falah (deux fois).
• Hayya ‘ala khayr-il-‘amal (deux fois).
• Qad qamat-is-salat (deux fois).
• Allahou akbar (deux fois).
• La ilaha ill-Allah (une fois).
Les jurisconsultes sont unanimes à dire ceci :
• Al-adhan et al-iqama concernent uniquement les cinq prières quotidiennes. C’est-à-dire on n’a pas le droit de les faire lorsqu’on veut accomplir une autre prière, qu’elle soit obligatoire (comme la prière des Signes divins) ou recommandée.
• Il est très recommandé de faire al-adhan et al-iqama avant chacune des cinq prières quotidiennes (que la prière soit faite en son temps ou en dehors de son temps, qu’elle soit faite individuellement ou collectivement), sauf si on veut accomplir individuellement ou collectivement une prière au moment où d’autres croyants font la prière collective ; dans ce cas-là, on ne doit faire ni al-adhan ni al-iqama.
• Il n’est pas permis de faire al-adhan avant le moment de la prière, sauf celui de l’aube. En effet, d’après certains hadiths, il est permis de faire al-adhan de l’aube avant son temps, que ce soit au mois de Ramadhan ou pendant un autre mois. Toutefois, si quelqu’un fait al-adhan de l’aube avant son temps, il est recommandé qu’il le refasse à l’aube.
• On peut tenir compte d’al-adhan fait par un muezzin chiite ou sunnite. En effet, quelqu’un a interrogé l’Imam as-Sadiq (as) à propos d’al-adhan que font les sunnites, et l’Imam (as) lui a dit : « Si tu entends leur adhan, tu pourras faire la prière, car ils respectent beaucoup les moments [de la prière]. »85 L’Imam Ali (as) a dit : « Le muezzin et l’imam [de la mosquée] sont dignes de confiance. »86
• Contrairement à al-adhan, al-iqama ne pourra être correcte que si elle est faite avec an-niya (l’intention de se rapprocher de Dieu).
• Al-adhan et al-iqama doivent être faits en arabe et par un musulman sain d’esprit, et ils doivent être faits d’une façon continue.
• On peut faire al-adhan même si on est en état d’impureté. Mais on ne peut faire al-iqama qu’avec al-woudho’ ou at-tayammoum. La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il n’y a pas de mal à ce que quelqu’un fasse al-adhan sans woudho’ ; mais al-iqama ne doit être faite qu’avec al-woudho’. »87
Les actes de la prière
Qui doit accomplir la prière ?
Dans la loi islamique, il y a deux types de conditions : les conditions que l’individu doit remplir pour qu’il soit concerné par les préceptes de la loi islamique (être pubère, être sain d’esprit, avoir les moyens pour faire le pèlerinage…) et les conditions que l’individu doit remplir pour qu’il puisse accomplir un acte obligatoire ou recommandé (être en état de pureté, s’orienter vers la Mecque…).
On n’est pas obligé de chercher à remplir les premières conditions (par exemple, on n’est pas obligé de faire des économies afin de pouvoir faire le pèlerinage). Par contre, il est obligatoire de chercher à remplir les deuxièmes conditions, car on ne peut accomplir une obligation qu’après avoir rempli toutes les conditions dont dépend son accomplissement (par exemple, on ne peut faire la prière qu’après avoir fait al-woudho’).
Pour qu’un individu soit obligé d'accomplir la prière, il doit être pubère et sain d’esprit. Et s’il s’agit d’une femme, elle doit être en état de pureté, c'est-à-dire elle ne doit pas être en période de règles ou de lochies. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. En effet, aucun jurisconsulte n’a dit qu’il est permis à une femme qui n’est pas en état de pureté de faire la prière.
Quant aux enfants et aux personnes qui ont perdu la raison, ils ne sont concernés par aucun précepte. La preuve pour cela est le hadith où le Prophète (saww) a dit: «Tant que l’enfant n’a pas atteint l’âge de puberté, et tant que le fou n’est pas revenu à la raison, ils ne seront pas concerné par les obligations de la loi islamique.»88
Toutefois, l’Imam as-Sadiq (as) a dit dans un hadith: «Ordonnez à vos enfants de faire la prière dès l’âge de sept ans.»89, et il a dit dans un autre hadith: «Ordonnez à vos enfants de faire la prière dès l’âge de huit ans.»90 Et c’est en s’appuyant sur ces deux hadiths que certains jurisconsultes ont dit que la prière faite par un enfant qui a atteint l’âge de raison est correcte, même s’il n’est pas concerné par les préceptes de la loi islamique.
C’est-à-dire s’il fait la prière, Dieu l’acceptera, et récompensera ses parents.
Pour pouvoir accomplir la prière, il faut remplir les conditions suivantes :
5- 1-Il faut être musulman, car Dieu a dit dans le Coran :
« Quelqu’un qui cherche une autre religion que l’islam, ce ne sera point accepté de lui. Et dans l’autre vie il sera du nombre des perdants. » (3:85)
3- Il faut être en état de pureté.
4- S’il s’agit d’un homme, il devra couvrir au moins ses parties intimes ; et s’il s’agit d’une femme, elle devra couvrir tout son corps, sauf son visage, ses mains et ses pieds.
5- Il faut s’orienter vers al-qibla pendant la prière.
Les actes de la prière
1-Avoir an-niya (l’intention de se rapprocher de Dieu)
Dieu a dit dans le Coran :
« On ne leur ordonnait que d’adorer Dieu, lui vouer le culte en pur monothéisme. » (98:5)
Le Prophète (saww) a dit : « C’est l’intention qui détermine la valeur de l’action, et chacun sera rétribué en fonction de son intention. »91
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Ô serviteur de Dieu ! Si tu veux faire une prière obligatoire, fais-la en son temps et de la même manière que celui qui craint de ne plus pouvoir accomplir une autre prière…Et sache que tu es devant celui qui te voit mais que tu ne vois pas. »92
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Jamais un croyant ne tourne ses pensées vers Dieu pendant la prière sans que Dieu ne se tourne vers lui. »93
Les jurisconsultes ont dit qu’an-niya (l’intention de se rapprocher de Dieu) est l’un des piliers de la prière, c’est-à-dire si quelqu’un fait la prière sans an-niya (que ce soit volontairement ou par oubli), sa prière sera incorrecte. Et puisque an-niya est une chose qui se présente à l’esprit, donc on n’a pas besoin de la formuler.
À ce propos, l’auteur d’al-madarik a dit : « Il est vain de formuler an-niya. Et vraisemblablement, si quelqu’un prétend qu’elle doit être formulée, il sera considéré comme un hérétique. »94
• Si quelqu’un a plusieurs prières à accomplir, il devra, à chaque prière, désigner au fond de lui-même celle qu’il veut accomplir.
Toutefois, il ne sera pas obligé de désigner le type de la prière (la prière faite en son temps ou la prière faite en compensation d'une prière manquée, la prière complète ou la prière écourtée, la prière obligatoire ou la prière recommandée…), car il n’y a aucune preuve permettant de dire qu’il est obligatoire de désigner le type de la prière.
Mais si quelqu’un le fait sans prétendre qu’il est obligatoire de le faire, sa prière sera correcte.
• Si quelqu’un fait la prière pour se montrer pieux, sa prière sera incorrecte, car an-niya (l’intention de se rapprocher de Dieu) ne va pas de pair avec la fausse piété. Si quelqu’un commence à faire la prière, il devra avoir an-niya jusqu’à la fin, sinon sa prière sera incorrecte.
• Si, au moment où quelqu’un accomplit une prière, il se rend compte qu’il n’a pas fait la prière précédente, il pourra changer d’intention. C’est-à-dire il pourra considérer la prière qu’il fait comme étant la prière précédente. Par exemple si quelqu’un se rend compte au moment où il fait la prière d’al ‘asr qu’il n’a pas encore fait celle du dhohr, il pourra considérer la prière qu’il fait comme celle du dhohr.
Par contre, s’il se rend compte au moment où il fait la prière du dhohr qu’il l’a déjà faite, il ne pourra pas considérer la prière qu’il fait comme celle d’al ‘asr.
• Il est permis d’interrompre la prière individuelle afin de pouvoir participer à la prière collective, sauf si on a déjà fait le troisième roukou’. Toutefois, avant de l’interrompre, il faudra la compléter d’une façon à ce qu’elle puisse être considérée comme une prière surérogatoire (c’est-à-dire, il faudra faire deux raka’at). De même, il est permis d’interrompre la prière collective pour faire la prière individuelle.
Si quelqu’un fait la prière du dhohr au lieu d’al ‘asr, sa prière sera considérée comme celle d’al ‘asr. Et s’il fait la prière d’al ‘asr en croyant qu’il a déjà fait celle du dhohr, puis se rend compte qu’il ne l’a pas encore faite, sa prière sera considérée comme celle du dhohr. Les jurisconsultes appellent ce genre d’erreur une « erreur d’application » ; ils disent qu’elle ne peut pas changer la réalité.
2- Takbirat-ul-ihram (dire : Allahou-akbar)
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Lorsqu’on veut proclamer la grandeur de Dieu, on doit au moins dire : Allahou akbar. »95
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « La clé de la prière est [la prononciation de] la formule Allahou akbar. »96
D’après l’Imam as-Sadiq (as) le Prophète (saww) a dit : « La prière s’ouvre avec al-woudho’, elle devient sacrée en prononçant la formule « Allahou akbar », et se termine en prononçant la formule «as-salamou ‘alaykoum. »»97
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un oublie de prononcer la formule Allahou akbar, que devra-t-il faire ? », et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire [la prière]. »98
Les jurisconsultes ont dit que takbirat-ul-ihram est l’un des piliers de la prière. C’est-à-dire si quelqu’un ne la fait pas (que ce soit volontairement ou par oubli), ou la fait plus d'une fois, sa prière sera incorrecte. De même, si quelqu’un ne la prononce pas correctement, sa prière sera incorrecte.
Il est recommandé de prononcer sept fois la formule « Allahou akbar » au début de la prière. Mais si quelqu’un la prononce sept fois, il devra désigner au fond de lui-même laquelle d’entre elle est takbirat-ul-ihram.
Il est obligatoire de se tenir debout lorsqu’on veut prononcer takbirat-ul-ihram, et il est recommandé de lever les mains jusqu’au visage ou jusqu’aux oreilles.
3- Se tenir debout
L’Imam al-Baqir (as) a interprété le verset :
« [ceux] qui, debout, assis ou couchés [sur leurs côtés], invoquent Dieu… » (3:191)
de la façon suivante : « Celui qui est en bonne santé doit se lever et s’asseoir pendant la prière, celui qui est malade doit faire la prière en position assise, et celui qui est très malade doit la faire en se couchant sur l’un de ses côtés. »99
D’après l’Imam as-Sadiq (as), le Prophète (saww) a dit : « Si quelqu’un ne se met pas debout pendant la prière, sa prière sera incorrecte. »100
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le malade doit faire la prière debout. Et s’il ne peut pas se tenir debout, il devra la faire en position assise. Et s’il ne peut pas s’asseoir, il devra s’allonger sur son dos et faire la prière de la façon suivante : après avoir prononcé takbirat-ul-ihram et récité [le Coran], il devra fermer les yeux puis réciter at-tasbih ; ceci remplace ar-roukou‘.
Et en guise du redressement à la suite du roukou‘, il devra ouvrir ses yeux. Après cela, il devra fermer les yeux et réciter at-tasbih ; ceci tient lieu du soujoud. Et en guise du redressement à la suite du soujoud, il devra ouvrir ses yeux. Et pour finir la prière, il devra réciter at-tachahhoud. »101
Il est obligatoire de se tenir debout au moment où on prononce takbirat-ul-ihram et juste avant de s’incliner pour faire ar-roukou‘. Et si quelqu’un ne se tient pas debout pendant ces deux moments (que ce soit volontairement ou par oubli), sa prière sera incorrecte. - Il est obligatoire de se tenir debout lors de la récitation des deux sourates.
Et si quelqu’un s’incline volontairement en ce moment-là, sa prière sera incorrecte. Mais s’il s’incline par oubli, sa prière sera correcte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
Il est recommandé de se tenir debout au moment où on fait al-qounout102 et au moment où on fait at-takbira qui précède ar-roukou‘.
Il est permis de faire la prière surérogatoire en position assise, mais il est préférable de la faire debout. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
Il est interdit de s’appuyer sur quelque chose pendant la prière. Toutefois, si quelqu’un ne peut pas se tenir debout, il pourra s’appuyer sur un mur ou sur un bâton. Et s’il ne peut pas s’appuyer sur quelque chose, il devra faire la prière en position assise. Et s’il ne peut pas s’asseoir, il pourra la faire en se couchant sur son côté droit et en s’orientant vers al-qibla.
Et s’il ne peut pas se coucher sur son côté droit, il pourra la faire en s’allongeant sur son dos et en s’orientant vers al-qibla de la même manière que l’agonisant. Dans ces deux derniers cas, et dans le cas où on ne peut pas s’incliner, on doit faire ar-roukou‘ et as-soujoud avec des signes de tête.
4- La récitation des sourates
La récitation103 des sourates
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un néglige de réciter [les sourates], sa prière sera incorrecte. Mais s’il oublie de les réciter, sa prière sera correcte. »104
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il oublie de réciter la Fatiha (la première sourate du Coran) pendant la prière, et l’Imam (as) lui a dit : « S’il n’a pas encore fait ar-roukou‘, il devra la réciter. »105
L’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un ne récite pas la première sourate du Coran [pendant la prière], sa prière sera incorrecte. »106
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que doit-on réciter pendant les deux dernières raka‘at ? » Et l’Imam as-Sadiq (as) lui a dit : « Il faut [au moins] dire : soubhan-Allah, wa-lhamdou-lillah, wa la ilaha ill-Allah, wa-llahou akbar » ; Ensuite, tu devras prononcer la formule « Allahou akbar » puis faire ar-roukou‘. »107
Quelqu’un lui a dit aussi : « Que dois-je faire pendant les deux dernières raka‘at ? » Et l’Imam as-Sadiq (as) lui a dit : « Tu peux soit réciter la première sourate du Coran ou bien invoquer Dieu. » Alors la même personne lui a dit : « Laquelle des deux choses est la meilleure ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Par Dieu, aucune n’est meilleure que l’autre ; tu peux glorifier Dieu, comme tu peux réciter [la première sourate du Coran]. »108
En s’appuyant sur ces hadiths et sur plusieurs autres, notamment celui où le Prophète (saww) a dit : « Faites la prière comme je la fais. »109, les jurisconsultes ont dit ceci :
• La récitation du Coran pendant la prière est un acte obligatoire, mais elle n’est pas un pilier de la prière. C’est-à-dire si quelqu’un néglige de le réciter, sa prière sera incorrecte ; mais s’il oublie de le réciter, sa prière sera correcte.
• Il est obligatoire de réciter la première sourate du Coran et une autre sourate pendant les deux premières raka‘at de chaque prière.
• Pendant la prière, les deux sourates ad-Dhuha (sourate 93) et ach-Charh (sourate94) doivent être considérées comme une seule sourate, c’est-à-dire elles doivent être récitées ensemble. Il est de même pour les deux sourates al-Fil (sourate 105) et Quraych (sourate106).
• Il est obligatoire de réciter al-basmala (la formule « Au nom de Dieu, le clément et le miséricordieux »), car elle fait partie de toutes les sourates, sauf sourate at-Tawba (la neuvième sourate).
• La Fatiha (la première sourate du Coran) doit être récitée avant la deuxième sourate. Et si quelqu’un la récite volontairement après la deuxième sourate, sa prière sera incorrecte. Et si quelqu’un se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’il a récité la deuxième sourate avant la Fatiha, il devra réciter une nouvelle fois la Fatiha et la deuxième sourate.
• Si quelqu’un est malade ou très pressé, ou s’il n’a pas assez de temps pour réciter la Fatiha et une autre sourate, il pourra réciter uniquement la Fatiha.
• Pendant la prière surérogatoire, on peut se limiter à la Fatiha, comme on peut réciter plusieurs sourates après celle-ci.
• Pendant la prière, il est obligatoire de réciter correctement les sourates.
• Pendant la prière de l’aube et les deux premières raka‘at d’al-Maghrib et celles d’al ‘icha’, l’homme doit dire les sourates à haute voix. Mais pendant les autres prières, il devra les dire à voix basse, sinon sa prière sera incorrecte. Toutefois, s’il les prononce à haute voix par oubli ou par ignorance, sa prière sera correcte.
• Pendant la prière du dhohr et celle d’al ‘asr, il est recommandé à l’homme de prononcer al-basmala à haute voix.
• La femme n’est pas obligée de dire à haute voix ce que l’homme doit dire à haute voix. Mais si elle veut faire comme l’homme, elle devra faire en sorte qu’elle ne soit pas entendue par un homme étranger.
• Pendant les deux dernières raka‘at de la prière du dhohr et celles d’al ‘asr, on peut dire soit la Fatiha, soit la formule « Soubhan-Allah, wa-lhamdou lillah, wa la ilaha ill-Allah, wa-llahou akbar. » Il est de même pour les deux dernières raka‘at de la prière d’al ‘icha’ et la troisième rak‘a de la prière d’al-Maghrib. Toutefois, si on choisit de prononcer cette dernière formule, on pourra se limiter à une seule fois, mais il est recommandé de la prononcer trois fois.
5- Ar-roukou‘
Dieu a dit dans le Coran :
« Inclinez-vous [devant Dieu], et prosternez-vous [devant lui]. » (22:77)
Dieu a dit aussi :
« Si on leur disait : inclinez-vous [devant Dieu], ils ne s’inclinaient pas. » (77:48)
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Dieu a prescrit ar-roukou‘ et as-soujoud. »110 L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « La prière se divise en trois parties égales : la pureté, ar-roukou‘ et as-soujoud. »111
L’imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu veux faire ar-roukou‘, écarte tes jambes d’une façon à ce que la distance entre elles soit égale à un empan. Ainsi tu pourras tenir tes genoux avec tes mains. Ouvre ensuite bien tes mains et pose-les sur tes genoux en commençant par la main droite.
Il suffit que le bout de tes doigts atteigne tes genoux pour que ton roukou‘ soit correcte. Mais je préfère que tes doigts entourent tes genoux. Étends bien ton cou, et garde en position horizontale ton tronc, et regarde entre tes pieds. »112
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) de lui apprendre comment faire ar-roukou‘ et, en réponse, l’Imam (as) a ouvert ses deux mains puis il a entouré ses genoux avec elles. Ensuite, il a étendu son tronc au point où celui-ci formait un angle droit avec ses pieds. Ensuite, il a étendu son cou, puis il a fermé ses yeux. Ensuite, il a prononcé trois fois la formule « Soubhana rabi-yal-adhim wa bihamdih. »113-114
L’auteur d’al-madarik a dit : « Parmi les hadiths relatifs au roukou‘, ces deux hadiths sont les plus précis. »115
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Pendant ar-roukou‘, dis : « Soubhana rabbi-yal-adhim wa bihamdih », et pendant as-soujoud, dis : « Soubhana rabbi-yal-a‘la wa bihamdih. »116 Il est obligatoire de prononcer au moins une seule fois ces deux formules, et il est recommandé de les prononcer trois fois, mais il est préférable de les prononcer sept fois. »117
Quelqu’un a demandé à l’Imam al-Baqir ce que devra faire un homme s’il oublie de faire ar-roukou‘, et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire [la prière]. »118
L’Imam al-Baqir (as) a dit aussi : « Il n’est obligatoire de refaire la prière que dans les cinq cas suivants : [lorsqu’on la fait] sans woudho’ et sans at-tayammoum, [lorsqu’on la fait] en dehors de son temps, [lorsqu’on la fait] dans une direction autre que al-qibla, [lorsqu’on oublie] de faire ar-roukou‘ et [lorsqu’on oublie] de faire as-soujoud. »119
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Ar-roukou‘ est l’un des piliers de la prière. C’est-à-dire si quelqu’un ne le fait pas (que ce soit volontairement ou par oubli), ou s’il fait un roukou‘ en plus, sa prière sera incorrecte.
• Pour faire ar-roukou‘, il faut s’incliner d’une façon à ce que les paumes des deux mains touchent les genoux.
• Pendant ar-roukou‘, il faut être en position stable, et il faut prononcer une seule fois la formule « Soubhana rabi-yal-adhim wa bihamdih », ou bien trois fois la formule « Soubhan-Allah. »
• Il est recommandé de prononcer la formule « Allahou akbar » avant de s’incliner pour faire ar-roukou‘, et il est recommandé de prononcer la formule « Sami‘-Allahou liman hamidah »120 après le redressement du corps. Il est également recommandé de prononcer la formule « Allahou akbar » avant de s’incliner pour faire as-soujoud.
6- As-Soujoud
L’Imam as-Sadiq (as) : « Pendant as-soujoud, l’homme doit appuyer sept choses [sur le sol] : ses deux mains, ses deux pieds, ses deux genoux et son front. »121
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) si on peut poser son front pendant as-soujoud sur un endroit plus élevé que l’endroit où on pose ses pieds et ses genoux, et l’Imam (as) lui a dit : « Il n’y a aucun mal à ce que quelqu’un fasse as-soujoud sur un endroit plus élevé que l’endroit où il pose ses genoux et ses pieds, mais à condition qu’il ne soit pas plus élevé qu’une brique. »122
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Comment doit faire as-soujoud quelqu’un qui a une plaie dans son front ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra poser le côté de son front sur le sol. Et s’il ne peut pas le faire, il devra poser son sourcil droit. Et s’il ne peut pas le faire, il devra poser son sourcil gauche. Et s’il ne peut pas le faire, il devra poser son menton. »
Alors la même personne lui a dit : « Est-il possible de faire as-soujoud avec son menton ?!» Et l’Imam (as) lui a dit : « Oui ! Ne lis-tu pas le verset : «il tombent prosternés sur leurs mentons » ?»123
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il se rend compte après avoir fait as-soujoud qu’il n’a pas fait la deuxième sajda, et l’Imam (as) lui a dit : « S’il n’a pas encore fait ar-roukou‘, il devra faire la deuxième sajda. Et s’il l’a déjà fait, il devra d’abord terminer sa prière, ensuite il compensera as-sajda qu’il a manquée. »124
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si, après avoir redressé son corps, quelqu’un doute d’avoir fait as-soujoud, il devra continuer sa prière. Si quelqu’un doute d’avoir fait une chose après avoir entamé une autre, il ne devra pas tenir compte de son doute. »125
Quelqu’un lui a dit aussi : « Si, au moment où quelqu’un se lève du soujoud, il doute de l’avoir fait correctement, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra faire as-soujoud. »
Les jurisconsultes ont dit qu’il est obligatoire de faire deux sajadat pendant chaque rak‘a. Ils ont dit aussi que les deux sajadat forment ensemble un des piliers de la prière. C’est-à-dire si quelqu’un ne les fait pas toutes les deux (que ce soit volontairement ou par oubli), sa prière sera incorrecte. Toutefois, s’il fait une sajda et oublie de faire l’autre, sa prière sera correcte.
• Si quelqu’un ne pose pas son front sur le sol pendant as-soujoud (que ce soit volontairement ou par oubli), sa prière sera incorrecte. Mais s’il oublie de poser l’une des autres parties (c’est-à-dire ses deux mains, ses genoux et le bout de ses orteils) sur le sol, sa prière ne sera pas incorrecte.
• As-soujoud doit être fait soit sur la terre, ou bien sur une chose qui pousse sur la terre et qui n’est ni une chose comestible, et ni une matière dont on peut se servir pour faire des vêtements.
• L’endroit où on veut poser son front pendant as-soujoud doit être d’un même niveau que celui où pose ses pieds et ses genoux. Toutefois, s’il est un peu plus élevé, la prière ne sera pas incorrecte.
• Si quelqu’un a une blessure sur une partie de son front et n’arrive pas à faire as-soujoud à cause d’elle, il devra essayer de le faire en posant la partie saine sur le sol. Dans ce cas, il devra faire en sorte que la partie blessée n’entre pas en contact avec le sol. Par exemple, il pourra creuser un trou à l’endroit où il veut poser la partie blessée ou faire as-soujoud sur un objet creux.
Et s’il ne peut pas faire cela, il devra faire as-soujoud en posant l’un de ses sourcils sur le sol. Et s’il ne peut pas faire cela, il devra faire as-soujoud en posant son menton sur le sol. Et s’il ne peut pas faire cela, il devra faire un signe avec sa tête en guise de soujoud.
• Si, après avoir fini de faire la prière ou après avoir fait ar-roukou‘, quelqu’un se rend compte qu’il a fait une seule sajda (pendant la dernière rak‘a), il devra faire l’autre sajda après la prière. Et s’il se rend compte de cela avant de faire ar-roukou‘, il devra d’abord faire as-sajda qu’il a manquée, ensuite il continuera sa prière.
• Si quelqu’un se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’il n’a pas fait as-soujoud de la rak‘a précédente, il devra d’abord faire celui-ci, ensuite il continuera sa prière. Et s’il se rend compte de cela après avoir fait ar-roukou‘ ou après avoir fini de faire la prière, il devra refaire la prière.
• Si quelqu’un doute d’avoir fait as-soujoud ou de l’avoir fait correctement, il devra le faire ou le compléter. Et s’il doute de cela après avoir entamé l'acte, sa prière sera correcte, et il ne devra pas tenir compte de son doute.
Arkan as-salat (les cinq piliers de la prière)
Nous venons de voir jusque-là les cinq piliers de la prière, à savoir : an-niya, takbirat-ul-ihram, se tenir debout, ar-roukou‘ et les deux sajadat.
À propos de ces piliers l’auteur de l’ouvrage intitulé miftah al-karama a dit : « Normalement, tous les actes de la prière sont des piliers. C’est-à-dire si quelqu’un ne fait pas l’un de ces actes ou fait un en plus, que ce soit volontairement ou par oubli, sa prière sera incorrecte, car al’ ibada doit être faite exactement comme Dieu a ordonné de la faire.
Donc, on doit considérer tout acte faisant partie de la prière comme l’un de ses piliers, et cela jusqu’à preuve du contraire. Pour savoir quels sont les piliers de la prière, les jurisconsultes ont passé en revue tous les hadiths ayant trait à la prière, et ils ont trouvé qu’ils sont en nombre de cinq. »126
7- At-tachahhoud
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Pour que at-tachahhoud soit correcte, il faut au moins dire : « Ach-hadou anna la-ilaha ill-Allah wahdahou la charika-lah, wa ach-hadou anna Mohammadan ‘abdouhou wa rasoulouh. »»127-128
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Pour que l’observation du jeûne [pendant le mois de Ramadhan] soit parfaite, il faut acquitter la zakat [à la fin du mois]. Et pour que la prière soit parfaite, il faut prier sur le Prophète. »129
Les jurisconsultes ont dit qu’il est obligatoire de faire at-tachahhoud une seule fois pendant la prière qui se fait en deux raka‘at, et qu’il est obligatoire de le faire deux fois pendant la prière qui se fait en trois raka‘at et celle qui se fait en quatre raka‘at. Ils ont dit aussi que celui qui négligera de le faire, sa prière sera incorrecte.
At-tachahhoud consiste en la prononciation de la formule « Ach-hadou anna la-ilaha ill-Allah, wa ach-hadou anna Mohammadan rasoul-Allah, Allahoumma salli ‘la Mohammed wa ‘ala ‘Ali Mohammed. » L’auteur d’al-madarik a dit : « La plupart des jurisconsultes ont cité cette formule. Ils ont dit que at-tachahhoud ne peut pas être correcte si on ne prononce pas celle-ci, et qu’il n’est pas obligatoire de prononcer quelque chose en plus. »130
8- At-taslim (les salutations)
D'après l’Imam as-Sadiq (as) le Prophète (saww) a dit : « La prière s’ouvre avec al-woudho’, elle devient sacrée en prononçant la formule « Allahou akbar », et se termine en prononçant la formule «as-salamou ‘alaykoum. »»131
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « [La prière] se termine en prononçant la formule «as-salamou ‘alayna wa ‘ala ‘ibad-Allah as-salihin. »»132
Les jurisconsultes ont dit que, après at-taslim, on peut faire tout ce qui est devenu interdit après la prononciation de takbirat-ul-ihram.
At-taslim consiste en la prononciation de la formule «as-salamou ‘alayna wa ‘ala ‘bad-Allah as-salihin » et la formule «as-salamou ‘alaykoum wa rahmatou-llah wa barakatouh. » Toutefois, plusieurs jurisconsultes ont dit qu’on peut se contenter de prononcer l'une d'entre elles.
Certains jurisconsultes ont dit : « Si quelqu’un commence par la formule «as-salamou ‘alaykoum wa rahmatou-llah wa barakatouh », il ne devra pas prononcer après elle la formule «as-salamou ‘alayna wa ‘ala ‘ibad-Allah as-salihin. »
Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est recommandé de prononcer la formule «as-salamou ‘alayka ayyouha an-nabi wa rahmatou-llahi wa barakatouh » et que celle-ci fait partie de tachahhoud et ne fait pas partie de taslim.
Certains jurisconsultes ont dit qu’at-taslim est un acte recommandé, c’est-à-dire il est permis de ne pas le prononcer pendant la prière. Mais l’auteur d’al-jawahir a réfuté cet avis en disant que le Prophète, les compagnons du Prophète et leurs adeptes ont toujours prononcé at-taslim pendant la prière.133
Les actes de la prière doivent être accomplis dans l’ordre, c’est-à-dire il faut d’abord commencer par takbirat-ul-ihram, ensuite il faudra réciter les sourates puis faire ar-roukou‘ et ainsi de suite. Ils doivent aussi être accomplis d’une façon continue, c’est-à-dire après avoir fini de faire un des actes de la prière, il faudra immédiatement entamer l’acte suivant.
Les actes recommandés pendant la prière
• Il est recommandé de prononcer une seule fois la formule « Allahou akbar » dans les moments suivants : juste avant de s’incliner pour faire ar-roukou‘, juste avant de s’incliner pour faire as-soujoud, après chaque sajda et juste avant de faire al-qounout. Il est également recommandé de prononcer cette formule après avoir fait at-taslim. Il est recommandé aussi de lever les mains jusqu’aux oreilles avant de la prononcer.
• Il est recommandé de faire al-qounout après la récitation des sourates de la deuxième rak‘a et juste avant de faire le deuxième roukou‘ (que ce soit pendant la prière obligatoire ou pendant la prière surérogatoire).
• Lorsqu’on récite les sourates, il est recommandé de regarder vers l’endroit où on veut poser son front pendant as-soujoud. Et lorsqu’on fait ar-roukou‘, il est recommandé de regarder vers l’espace qui sépare les deux pieds. Et lorsqu’on fait as-soujoud, il est recommandé de regarder le bout de son nez. Et lorsqu’on fait at-tachahhoud et at-taslim, il est recommandé de regarder vers son giron.
• Lorsqu’on récite les sourates, il est recommandé de poser ses mains sur ses cuisses tout en joignant les doigts de chaque main.
• Au moment où on fait ar-roukou‘, il est recommandé d’entourer les genoux avec les mains, et il est recommandé de poser celles-ci près des oreilles pendant as-soujoud, et il est recommandé de les poser sur les cuisses pendant at-tachahhoud.
Les choses interdites pendant la prière
Les choses interdites pendant la prière sont :
1-Être en état d'al-hadath.
En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si, au moment où quelqu'un fait la prière, il se rend compte qu’il a dégagé des gaz intestinaux, mais il n’a pas senti leur odeur et n’a pas entendu leur bruit, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire al-woudho’, et la prière »134.
Quelqu'un lui a dit aussi : « Si, au moment où quelqu'un fait la prière, il se rend compte qu’il a dégagé un grain de potiron, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Si [ce grain-là] est couvert d’excréments, il devra d’abord interrompre sa prière, ensuite il devra refaire al-woudho’ et la prière »135.
2- Le fait de poser l’une des deux mains sur l’autre.
Les jurisconsultes des quatre écoles sunnites disent qu’il est recommandé de poser l’une des deux mains sur l’autre pendant la prière, et qu’il est permis de ne pas le faire. Quant aux jurisconsultes de l’école chiite, ils ont trois fatwas différentes : la première dit qu’il est interdit de poser l’une des deux mains sur l'autre pendant la prière, et que si quelqu'un fait cela, sa prière sera incorrecte.
La deuxième fatwa dit qu’il est interdit de faire un tel acte, mais si quelqu’un le fait, sa prière ne sera pas incorrecte. La troisième fatwa dit qu’un tel acte ne rend pas la prière incorrecte, sauf si on prétend qu’il fait partie des actes de la prière. Parmi les jurisconsultes qui ont adopté cette fatwa, on peut citer as-sayyid al-Hakim.
En effet, dans l’ouvrage intitulé al-moustamsak, as-sayyid al-Hakim a dit : « L’avis selon lequel un tel acte rend la prière incorrecte est mal fondé, car la majorité des hadiths ayant trait à ce sujet veulent seulement dire qu’il est interdit de poser l’une des deux mains sur l'autre tout en prétendant qu’un tel acte fait partie des actes de la prière, ou bien en prétendant que si on ne le fait pas la prière sera incorrecte …
Ceci est valable pour la fatwa qui dit qu’un tel acte est interdit mais ne rend pas la prière incorrecte. »136
Quoi qu’il en soit, la plupart des jurisconsultes ont dit qu’un tel acte est interdit et rend la prière incorrecte. Ceux qui ont adopté cet avis se sont appuyés sur un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) s’il est permis de poser la main droite sur la main gauche pendant la prière, et l’Imam (as) lui a dit : « Ne fais pas [une telle chose]. »137
3- Le fait de se tourner vers le côté gauche ou le côté droit ou bien vers le côté opposé à al-qibla.
Toutefois, si quelqu’un tourne légèrement sa tête tout en gardant le corps orienté vers al-qibla, sa prière sera correcte.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit: «Si tu parles [pendant la prière] ou tu détournes ton visage d’al-qibla, tu devras refaire la prière»138 et le hadith où l’Imam al-Baqir (as) a dit: «Si ton visage est orienté vers al-qibla, ne la détourne pas, sinon ta prière sera incorrecte, car Dieu a dit dans le Coran, «Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée; et où que vous soyez, tournez votre visage dans sa direction..»»139
L’auteur d’al-madarik a dit : « Ceci est valable uniquement lorsqu’on se détourne volontairement d’al-qibla. C’est-à-dire si, par inadvertance, quelqu’un tourne légèrement sa tête à droite ou à gauche, sa prière sera correcte. Mais s’il la tourne complètement à droite ou à gauche, il devra refaire la prière, sauf s’il est trop tard pour la faire en son temps, dans ce cas-là, il n’aura pas besoin de la refaire. »140
4- Le fait de parler volontairement ou de prononcer même une seule syllabe.
C’est-à-dire si quelqu’un fait cela par inadvertance, sa prière ne sera pas incorrecte, mais il devra faire un soujoud supplémentaire juste après at-taslim. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam al-Baqir (as) a dit : « Si tu parles volontairement [pendant la prière], ta prière sera incorrecte, mais si tu parles par inadvertance, tu n’auras pas besoin de refaire la prière. »141
Si, au moment où quelqu’un fait la prière, il entend une personne lui dire «as-salamou ‘alaykoum », il devra lui rendre la même salutation et il ne devra rien ajouter. La preuve pour cela est un hadith rapporté par Mohammed ibn Mouslim. En effet, celui-ci a dit : « Une fois, j’ai rendu visite à l’Imam al-Baqir (as) ; je l’ai trouvé en pleine prière et je lui ai dit «as-salamou ‘alayka », et il m’a dit : «as-salamou ‘alayka. »
Alors, je lui ai dit : « Comment vas-tu ? » Et il ne m’a pas répondu. Et lorsqu’il a terminé sa prière, je lui ai dit : « Si, pendant l'accomplissement de la prière, quelqu’un entend une personne le saluer, devra-t-il lui rendre la salutation ? » Et l’Imam (as) m’a dit : « Oui, mais il devra lui rendre la même salutation. »142
5- Le fait de rire à haute voix.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le sourire ne rompt pas la prière, par contre le gros rire la rompt. »143
6- Le fait de pleurer avec des sanglots pour une cause autre que la crainte de Dieu.
En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) s'il est permis de pleurer pendant la prière, et l’Imam (as) lui a dit : « Si quelqu’un pleure en pensant au paradis et à l’enfer, ses pleurs seront considérés comme le meilleur acte de sa prière. Mais s’il pleure un de ses proches qui a trouvé la mort, sa prière sera incorrecte. »144
À propos de ce hadith, l’auteur d’al-moustamsak a dit : « Bien que ce hadith ne soit pas authentique, on devra en tenir compte, car les jurisconsultes l’ont pris en considération »145
7- Tout acte de nature à altérer la forme de la prière146.
La preuve pour cela est al-’ijma‘ et le jugement de la raison. Certes, le Prophète (saww) et les Imams (as) ont fait certaines choses pendant la prière (par exemple tuer un scorpion ou une puce…) et ils ont autorisé aux croyants de la faire, mais ces choses-là n’altèrent pas la forme de la prière.
8- Le fait de manger ou de boire.
À ce propos, l’auteur d’al-madarik a dit : « Certains jurisconsultes ont prétendu que cet avis fait l’unanimité chez les jurisconsultes. Mais il y a d’autres jurisconsultes qui pensent que le fait de manger ou de boire ne fait pas partie des actes qui rendent la prière incorrecte. Toutefois, si quelqu’un mange ou boit pendant une durée considérable, sa prière sera incorrecte. Pour moi, ce dernier avis est admissible. »147
Nous, nous pensons que le seul avis admissible est le premier avis, car le Prophète (saww) et les Imams (as) n’ont jamais mangé ou bu pendant la prière, et leur façon de faire la prière laisse croire que de tels actes rendent la prière incorrecte.
9- La prononciation du mot amin après la récitation de la Fatiha.
En effet, en s’appuyant sur le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu participe à la prière collective, ne dis pas : « Amin » lorsque l’imam finira de réciter la première sourate du Coran, dis : « Alhamdou lillahi rabbi-l‘alamin »148, la plupart des jurisconsultes ont dit que la prononciation du mot amin après la récitation de la Fatiha rend la prière incorrecte.
10- Si on doute du nombre de raka‘at qu’on a faites au moment où on accomplit la prière de l’aube ou celle d’al-Maghrib ou bien pendant les deux premières raka‘at des autres prières quotidiennes.
Les préceptes concernant les erreurs d’inattention
La prière est un ensemble d’actions bien précises qui doivent être accomplies dans un ordre bien précis. Donc, en principe, si quelqu’un ne fait pas la prière comme elle a été prescrite (que ce soit volontairement, par ignorance ou par oubli), sa prière sera incorrecte, à moins qu’il n’y ait un texte islamique qui tolère l’erreur commise.
Les choses qui rendent la prière incorrecte
La prière devient incorrecte dans les cas suivants :
1-Lorsqu’on commet une erreur volontairement (par exemple, lorsqu’on fait volontairement as-Soujoud avant ar-roukou‘, ou lorsqu’on prononce volontairement les sourates à haute voix au moment où on doit les dire à voix basse…). La preuve pour cela est al-’ijma‘ et les hadiths.
2- Lorsqu’on commet une erreur par ignorance (par exemple, lorsque quelqu'un fait par ignorance un acte interdit, ou lorsqu’il s’abstient de faire un acte obligatoire…), car une erreur commise par ignorance est considérée comme une erreur commise volontairement.
Dans l’ouvrage intitulé misbah al-faqih, cheikh al-Hamedani a dit : « Apparemment, aucun jurisconsulte n’est contre cet avis, il y a même certains qui prétendent qu’il fait l’unanimité. En cela, les jurisconsultes ne font pas la différence entre l’ignorance qui est due à la négligence et celle qui n'est pas due à la négligence. »149
Donc, si, pendant l'accomplissement de la prière, quelqu’un commet une erreur par ignorance, sa prière sera incorrecte, quelle que soit la cause de son ignorance.
Toutefois, si, après avoir fait beaucoup d’efforts pour connaître comment se fait exactement la prière, quelqu’un commet une erreur par ignorance, il ne sera pas puni, mais sa prière sera incorrecte, sauf dans les cas suivants : s’il dit les sourates à haute voix au moment où il doit les dire à voix basse (et inversement), s’il fait al-woudho’ avec une eau usurpée ou impure, s’il fait la prière dans un lieu usurpé ou impur, et s'il n'écourte pas la prière pendant le voyage.
3- Dans certains cas de doute. Nous les citerons dans le chapitre suivant.
4- Lorsqu’on oublie de faire un acte faisant partie des cinq piliers de la prière150, ou lorsque, par inattention, on fait un de ces actes plus d’une fois. En effet, si quelqu’un oublie d'avoir an-niyya (l’intention de se rapprocher de Dieu), sa prière sera incorrecte, car la prière est une ‘ibada, et celle-ci ne peut être correcte que si elle est faite avec an-niyya.
De même, si quelqu’un oublie de faire takbirat-ul-ihram, sa prière sera incorrecte. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un oublie de prononcer takbirat-ul-ihram, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire la prière. »151. De même, si quelqu’un oublie de se tenir debout pendant la prière, il devra refaire la prière.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un sait qu’il doit faire la prière debout, mais, par oubli, il a fait takbirat-ul-ihram en position assise, il devra interrompre sa prière et se lever pour la refaire debout. »152
Si quelqu’un oublie de faire ar-roukou‘ ou as-soujoud, il devra refaire la prière. La preuve pour cela est le hadith qui dit : « Il n’est obligatoire de refaire la prière que dans les cinq cas suivants : [lorsqu’on la fait] sans woudho’ et sans at-tayammoum, [lorsqu’on la fait] en dehors de son temps, [lorsqu’on la fait] dans une direction autre que al-qibla, [lorsqu’on oublie] de faire ar-roukou’ ou [lorsqu’on oublie] de faire as-soujoud »153 et plusieurs autres hadiths.
De même, si, par inattention, quelqu’un fait ar-roukou‘ ou as-soujoud plus d’une fois, sa prière sera incorrecte. La preuve pour cela est al-’ijma‘.
La plupart des jurisconsultes ont dit : « Si quelqu'un fait takbirat-ul-ihram plus d’une fois, sa prière sera incorrecte. » Mais certains jurisconsultes ont dit le contraire. À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Tous les jurisconsultes anciens et ceux de l’époque récente ont dit que cela (c’est-à-dire le fait de faire takbirat-ul-ihram plus d’une fois) rend la prière incorrecte.
Toutefois, certains de leurs successeurs ont dit que la prière devient incorrecte lorsqu’on oublie de faire takbirat-ul-ihram, mais pas lorsqu’on la fait plus d’une fois. Pour moi, cet avis n’est pas sans fondement. »154
En ce qui concerne les deux autres piliers de la prière (c’est-à-dire an-niyya et le fait de se tenir debout juste avant de faire takbirat-ul-ihram et juste avant de faire ar-roukou‘), ce sont deux actes qui ne peuvent pas se faire plus d’une seule fois. En effet, on ne peut pas avoir an-niyya plus d’une fois, on peut seulement l’affermir ou la rendre faible.
De même, on ne peut pas se tenir debout plus d’une fois juste avant de faire takbirat-ul-ihram ou juste avant de faire ar-roukou‘, car ce qui est considéré comme un pilier de la prière est le fait de se tenir debout juste avant takbirat-ul-ihram ou juste avant de faire ar-roukou‘. C’est-à-dire le fait de se tenir debout ne peut être considéré comme un pilier de la prière que s’il est suivi de takbirat-ul-ihram ou du roukou‘.
Les erreurs d’inattention qui ne rendent pas la prière incorrecte
L’auteur d’al-jawahir a cité plusieurs cas, et nous, nous les résumons ici :
- Si quelqu’un fait ar-roukou‘ avant de réciter les deux sourates, sa prière sera correcte. C’est-à-dire il ne devra pas se lever pour les réciter, et il n’aura pas besoin de faire soujoud as-sahw155. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un s’abstient de réciter les deux sourates, il devra refaire la prière. Mais s’il oublie de les réciter, sa prière sera correcte, et il n’aura pas besoin de la refaire. »156
• Si, par oubli, quelqu’un prononce les sourates à haute voix au moment où il doit les dire à voix basse, ou s’il dit les sourates à voix basse au moment où il doit les dire à haute voix, sa prière sera correcte et il n’aura pas besoin de réciter les sourates une nouvelle fois, et cela, même s’il n’a pas encore fait ar-roukou‘. La preuve pour cela est al-’ijma‘ et un hadith.
• Si quelqu’un se rend compte au moment où il fait ar-roukou‘ qu’il n’a pas récité la Fatiha ou la deuxième sourate, sa prière sera correcte. En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il oublie de réciter la première sourate du Coran et, en réponse, l’Imam (as) lui a dit : « S’il se rend compte de cela avant de faire ar-roukou‘, il devra réciter la première sourate du Coran. »157 De même, si quelqu’un oublie de faire at-tasbih pendant ar-roukou‘, sa prière sera correcte. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Quelqu’un a demandé à [l’Imam] Ali (as) ce que devra faire un homme s’il oublie de faire at-tasbih pendant ar-roukou‘, et [l’Imam Ali (as)] lui a dit : « Sa prière est correcte. »»158
• Si, par inattention, quelqu’un se lève du roukou‘ avant de se mettre en position stable, ou fait as-soujoud immédiatement après ar-roukou‘ (c’est-à-dire avant de se redresser), sa prière sera correcte. De même, si quelqu’un oublie de faire at-tasbih pendant as-soujoud, ou se lève du soujoud avant de se mettre en position stable, ou oublie de poser sur le sol une des sept parties concernées par as-soujoud, sa prière sera correcte.
• Si quelqu’un se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’il a seulement récité la deuxième sourate, il devra réciter la Fatiha, et il n’aura pas besoin de faire soujoud as-sahw. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « S’il se rend compte de cela avant de faire ar-roukou‘, il devra réciter la première sourate du Coran. »
De même, si quelqu’un se rend compte avant de faire as-soujoud qu’il n’a pas fait ar-roukou‘, il devra se lever pour le faire. Et si quelqu’un se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’il n’a pas fait as-soujoud précédent, ou qu’il n’a pas fait la deuxième sajda, il devra d’abord s’asseoir pour faire as-soujoud (ou le compléter), ensuite il devra se lever pour réciter les deux sourates.
La preuve pour cela est un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un se rend compte après avoir redressé son corps qu’il n’a fait qu’une seule sajda, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « S’il n’a pas encore fait ar-roukou‘, il devra commencer par as-sajda qu’il a manquée ; et s’il a déjà fait ar-roukou‘, il devra d’abord terminer sa prière, ensuite il devra faire as-sajda qu’il a manquée. »159
• Si, après avoir fait ar-roukou‘, quelqu’un se rend compte qu’il a fait une seule sajda pendant la rak‘a précédente, on se rend compte qu’il n’a pas fait at-tachahhoud, il devra d’abord terminer sa prière, ensuite il devra faire l’acte qu’il a manqué et soujoud as-sahw.
• Si, par inattention, quelqu’un parle pendant la prière ou fait at-tachahhoud ou bien at-taslim au moment où il ne doit pas le faire, il devra seulement faire soujoud as-sahw. Cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes, et il s’appuie sur plusieurs hadiths, parmi lesquels on peut citer le hadith authentique rapporté par Ibn al-Hajjaj.
• En effet, celui-ci a dit : « J’ai dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si, pendant la prière quelqu’un dit : « Alignez-vous bien », que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) a dit : « Il devra d’abord terminer sa prière, ensuite il devra faire deux sajadat. »
La façon dont se fait soujoud as-sahw
Soujoud as-sahw se fait à la fin de la prière (c’est-à-dire immédiatement après avoir fait at-taslim) de la façon suivante : il faut d’abord prononcer la formule « Allahou akbar », ensuite il faudra faire deux sajadat puis at-tachahhoud et at-taslim. Pendant chaque sajda, il faut prononcer la formule « bismillah, wa billah, allahoumma salli ‘ala Mohammed wa Ali Mohammed. »
À ce propos, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Pendant chaque sajda du soujoud as-sahw, tu dois dire : « bismillah, wa billah, allahoumma salli ‘ala Mohammed wa Ali Mohammed » ou «as-salamou ‘alayka ayyouh-an-nabi wa rahmatou-llahi wa barakatouh. » »160
Résumé
Si, pendant la prière, quelqu’un s’abstient de faire un acte obligatoire ou fait volontairement un acte en plus, sa prière sera incorrecte, c’est-à-dire il devra la refaire. De même, si quelqu’un oublie de faire un des cinq actes considérés comme les piliers de la prière ou fait un de ces actes plus d’une fois, sa prière sera incorrecte.
Il y a quatre sortes d’erreurs d’inattention qui ne rendent pas la prière incorrecte: celles qu’on n’est pas obligé de réparer (par exemple, lorsqu’on se rend compte après avoir faire ar-roukou‘ qu’on n’a pas récité les deux sourates), celles qu’on est obligé de réparer, et cela en faisant l’acte qu’on a oublié de faire (par exemple, lorsqu’on se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’on n’a pas récité la première sourate du Coran), celles qu'on répare par un seul soujoud as-sahw (par exemple, lorsqu’on parle par inattention pendant la prière), et celles qu'on répare en faisant l’acte manqué et soujoud as-sahw (par exemple, lorsqu’on oublie de faire at-tachahhoud).
Quelques préceptes
• Si, avant de faire un des cinq actes considérés comme les piliers de la prière, quelqu’un se rend compte qu’il a oublié un acte, il devra d’abord faire l’acte qu’il a manqué, ensuite il continuera sa prière. Par exemple, si quelqu’un se rend compte avant de faire ar-roukou‘ qu’il n’a pas fait as-soujoud de la rak‘a précédente, il devra d’abord faire as-soujoud qu’il a manqué ensuite il fera les actes suivants (la récitation des sourates, puis ar-roukou‘…). Et s’il se rend compte de son erreur après avoir entamé un des cinq actes considérés comme les piliers de la prière, il ne devra pas faire l’acte qu’il a manqué, car s’il le fait, il devra refaire un des actes considérés comme les piliers de la prière et, par conséquent, sa prière sera incorrecte.
• Si quelqu’un se rend compte après avoir fait la première sajda qu’il n’a pas fait ar-roukou‘, sa prière sera incorrecte. Cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes.
Question : Si quelqu’un est sûr d’avoir oublié de faire deux sajadat mais il ignore si elles sont d’une même rak‘a (c’est-à-dire il devra refaire la prière) ou de deux raka‘at différentes (c’est-à-dire il devra seulement faire deux sajadat à la fin de la prière), que devra-t-il faire ?
Réponse : Par précaution, il devra refaire la prière, car il est sûr qu’il doit faire l’une des deux choses (c’est-à-dire refaire la prière ou faire uniquement deux sajadat à la fin de la prière) mais il ne sait pas laquelle et, dans un cas pareil, s’il refait la prière, il sera sûr d’avoir accompli son devoir (car les deux sajadat sont incluses dans la prière). Par contre, s’il fait seulement les deux sajadat, il restera dans le doute.
• Si quelqu’un se rend compte à la fin du soujoud qu’il ne s’est pas redressé après ar-roukou‘, sa prière sera correcte, mais il devra faire soujoud as-sahw. Et s’il se rend compte de cela juste après la première sajda, il ne devra pas se lever (c’est-à-dire il devra continuer sa prière). D’après cheikh al-Ansari, cet avis fait l’unanimité chez les jurisconsultes. Nous, nous pensons qu’il est préférable qu’il refasse la prière.
• Si, par oubli, quelqu’un fait la prière tout en étant impur (c’est-à-dire il n’a pas fait al-ghosl, al-woudho’, ou at-tayammoum), sa prière sera incorrecte.
• Si, par inattention, quelqu’un fait as-soujoud sur une chose sur laquelle il n’est pas permis de le faire (par exemple, sur une chose impure, sur un métal…), sa prière sera correcte.
• Dans certains cas, le fait de faire plus d’une fois un acte faisant partie des cinq piliers de la prière ne rend pas celle-ci incorrecte. L’auteur de miftah al-karama a cité dans ce même ouvrage161 cinq cas :
1- Lorsque quelqu’un fait ar-roukou‘ avant l’imam en croyant que celui-ci l’a déjà fait. Dans ce cas-là, il lui est permis de se lever pour refaire ar-roukou‘ avec l’imam.
2- Si, avant de faire as-soujoud, quelqu’un doute d’avoir fait ar-roukou‘ et se lève pour le faire et, au moment où il fait ar-roukou‘, il se rend compte qu’il l’a déjà fait, il devra immédiatement faire as-soujoud (c’est-à-dire il ne devra pas se redresser). S’il fait cela, sa prière sera correcte. Cet avis est adopté par ach-Chahid ath-Thani et par d’autres jurisconsultes.
3- Si, pendant la prière qui se fait en quatre raka‘at (c’est-à-dire la prière du dhohr, celle d’al ‘asr ou celle d’al ‘icha’), quelqu’un doute d’avoir fait quatre raka‘at et, par précaution, il fait une rak‘a à la fin de la prière (c’est-à-dire après at-taslim), puis se rend compte qu’il a effectivement manqué une rak‘a, sa prière sera correcte.
4- Si, pendant le voyage, quelqu’un n’écourte pas sa prière (que ce soit par oubli ou par ignorance) et se rend compte de son erreur en dehors du moment de la prière, sa prière sera correcte.
5- Si, pendant l’éclipse du soleil, quelqu’un fait la prière des Signes divins et, avant de l’achever, il se rend compte qu’il n’a pas assez de temps pour accomplir l’une des cinq prières quotidiennes qu’il n’a pas encore faites, il devra d’abord interrompre la prière des Signes divins pour accomplir la prière quotidienne, ensuite il devra reprendre la première prière de l’endroit où il l’a interrompue.
Les doutes concernant la prière
Les doutes qui surviennent pendant la prière ou à la fin de celle-ci concernent les choses suivantes : la prière elle-même, les conditions relatives à la prière, les actes de la prière et le nombre de raka‘at.
Les cas principaux sont :
1- Lorsqu’on doute d’avoir accompli la prière.
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « Si tu es sûr que tu n’as pas accompli une prière obligatoire ou tu doutes de l’avoir accomplie, et [tu sais] qu’il n’est pas trop tard pour la faire en son temps, tu devras l’accomplir. Et si tu doutes de cela au moment où il est trop tard pour la faire en son temps, tu n’auras pas besoin de la faire. Mais si tu te rends compte par la suite que tu ne l’as pas faite, tu devras la faire quel que soit l’état dont tu es. »162
Question : Si quelqu’un doute d’avoir accompli l’une des cinq prières quotidiennes, que devra-t-il faire ?
Réponse : Si le doute survient avant qu’il ne soit trop tard pour la faire en son temps, il devra l’accomplir. Et s’il survient en dehors du moment de la prière, il n’aura pas besoin de la faire. Toutefois, s’il se rend compte par la suite qu’il ne l’a pas faite, il devra la faire.
Les jurisconsultes sont unanimes à dire ceci : « Si, après avoir accompli la prière, quelqu’un doute de l’avoir correctement faite, il ne devra pas tenir compte de son doute. »
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si, après avoir fait la prière, quelqu’un doute de l’avoir [correctement] faite, il n’aura pas besoin de la refaire »163 et le hadith où il a dit : « Si, après avoir fini de faire la prière, tu doutes de l’avoir correctement faite, ne tiens pas compte de ton doute et ne la refais pas. »164
2- Lorsqu’on doute d’avoir rempli toutes les conditions nécessaires pour pouvoir faire la prière.
Si, avant de commencer à faire la prière, quelqu’un doute d’avoir rempli toutes les conditions nécessaires pour pouvoir accomplir la prière (par exemple il doute de la pureté de ses vêtements, ou d’avoir couvert ses parties intimes), il devra d’abord s’assurer que toutes les conditions sont remplies.
Si le même doute survient pendant la prière, il devra interrompre sa prière pour s’assurer que toutes les conditions sont remplies car, selon la règle al-istishab, tant qu’on n’est pas sûr d’avoir rempli une condition, on ne devra pas la considérer comme étant remplie.
En outre, dans un cas pareil, on ne peut pas s’appuyer sur la règle al-faragh, car celle-ci concerne uniquement le cas où on est sûr d’avoir commencé à accomplir un acte mais, après avoir fini de le faire, on doute de l’avoir correctement fait.
Et si le même doute survient après avoir fini de faire la prière, il ne devra pas en tenir compte, c’est-à-dire il n’aura pas besoin de refaire la prière.
3- Lorsque le doute concerne l’un des actes de la prière.
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un ne sait pas s’il a fait une seule sajda ou bien deux, il devra faire une sajdat. »165
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme si, au moment où il se tient debout, il doute d’avoir fait ar-roukou‘ ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra faire ar-roukou‘ et as-soujoud. »166
Zourara a dit : « J’ai dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme s’il doute au moment où il fait al-iqama d’avoir fait al-adhan (l’appel à la prière) ? » Il a dit : « Il devra continuer [de faire al-iqama]. » J’ai dit : « Et si, après avoir fait takbirat-ul-ihram (dire : Dieu est plus grand), il doute d’avoir fait al-adhan et al-iqama, [que devra-t-il faire] ? » Il a dit : « Il devra continuer. »
J’ai dit : « Et si, après avoir récité [la sourate ou les sourates], il doute d’avoir fait takbirat-ul-ihram, [que devra-t-il faire] ? » il a dit : « Il devra continuer. » J’ai dit : « Et si, après avoir fait ar-roukou‘, il doute d’avoir récité [la sourate ou les sourates], [que devra-t-il faire] ? » Il a dit : « Il devra continuer. »
J’ai dit : « Et si, après avoir fait as-soujoud, il doute d’avoir fait ar-roukou‘, [que devra-t-il faire] ? » Il a dit : « Il devra continuer sa prière. Ô Zourara ! Si, au moment où tu fais une chose, tu doutes de celle que tu viens de terminer, alors tu ne devras pas tenir compte de ton doute. »167
Les jurisconsultes distinguent deux sortes de doute :
A- Le doute qui survient avant d’entamer l’acte qui vient après celui dont on doute (par exemple lorsqu’on doute d’avoir fait takbirat-ul-ihram avant de commencer à réciter les sourates, ou bien lorsqu’on doute d’avoir récité les sourates avant de faire ar-roukou‘…). Dans un cas pareil, on doit accomplir l’acte dont on doute avant de passer à l’acte suivant. Cet avis s’appuie sur les hadiths d’Ahl-ul-bayt (as).
B- Le doute qui survient après avoir commencé à accomplir l’acte qui vient après celui dont on doute (par exemple lorsqu’on doute d’avoir fait takbirat-ul-ihram au moment où on récite les sourates…). Dans un cas pareil, on ne doit pas tenir compte du doute, c’est-à-dire on doit continuer de faire la prière. À propos de cet avis, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes.
Certains ont même prétendu qu’il fait l’unanimité. En outre, il est conforme au hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit: «S’il doute d’avoir fait as-soujoud après avoir redressé son corps, il ne devra pas tenir compte de son doute.» et le hadith où il a dit: «Il a fait ar-roukou‘» en réponse à celui qui lui a demandé ce que devra faire un homme si, au moment où il s’assoit pour faire as-soujoud, il doute d’avoir fait ar-roukou‘.»168
4- Lorsqu’on ne sait pas combien de raka‘at on a faites.
• Si, pendant l'accomplissement de la prière de l’aube ou celle d’al-Maghrib ou bien pendant l'accomplissement de la prière écourtée (celle que fait le voyageur), quelqu’un n’arrive pas à savoir combien de raka‘at il a faites, sa prière sera incorrecte.
La preuve pour cela est al-ijma‘ et le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu doutes d’avoir fait correctement la prière d’al-Maghrib, refais-la. Et si tu doutes d’avoir fait correctement la prière de l’aube, refais-la. »169 et le hadith où il a dit : « Et si tu n’arrives pas à savoir si tu as fait seulement une seule rak‘a ou bien deux, refais la prière.
De même, si, pendant la prière du vendredi l’imam ne se souvient pas [du nombre de raka‘at qu’il a faites] il devra refaire la prière, car [celle-ci] se fait en deux raka‘at. »170 L’expression « car [celle-ci] se fait en deux raka‘at » veut dire ceci : Si, pendant la prière obligatoire qui se fait en deux reka‘at, quelqu’un n’arrive pas à savoir dans quelle rak‘a il est, sa prière sera incorrecte.
• Si quelqu’un ne sait pas s’il a fait seulement une seule rak‘a ou bien plus d’une seule, il devra refaire sa prière. La preuve pour cela est al-ijma‘ et des hadiths rapportés par plusieurs personnes.
Parmi ces hadiths, on peut citer celui où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu ne sais pas dans quelle rak‘a tu es : dans la première, ou la deuxième, ou la troisième ou la quatrième, tu devras tenir compte de ton doute, [c’est-à-dire] tu devras refaire ta prière. »171
• Si quelqu’un ne sait pas s’il a fait seulement deux raka‘at ou bien plus, et son doute survient avant qu’il termine as-soujoud, il devra refaire la prière car, dans un cas pareil, il ne peut pas être sûr d’avoir fait les deux premières raka‘at, or si quelqu’un n’est pas sûr d’avoir accompli les deux premières raka‘at, sa prière sera incorrecte.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un doute d’avoir fait les deux premières raka‘at, il devra refaire la prière, à moins qu’il ne sache avec certitude qu’il les a déjà faites. »172
• Si quelqu’un ne sait pas s’il a fait seulement deux raka‘at ou bien cinq, et son doute survient pendant une prière qui se fait en quatre raka‘at, sa prière sera incorrecte, car s’il n’a réellement fait que deux raka‘at, sa prière est incorrecte parce qu’elle est incomplète ; et si réellement il a fait cinq raka‘at, sa prière est incorrecte parce qu’il a fait une rak‘a en plus.
• Si, pendant une prière qui se fait en deux raka‘at (comme la première du vendredi, celle de l’Aïd ou celle des Signes divins), quelqu’un n’arrive pas à savoir dans quelle rak‘a il est, sa prière sera incorrecte.
• Si quelqu’un n’arrive pas à savoir combien de raka‘at il a faites, sa prière sera incorrecte. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu ne sais pas combien de raka‘at tu as faites, et rien ne se présente à ton esprit, tu devras refaire la prière. »173
Les doutes qui ne rendent pas la prière incorrecte
1- Si, après avoir fait correctement as-soujoud, quelqu’un n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement deux raka‘at ou bien trois, il devra considérer la dernière rak‘a qu’il a faite comme étant la troisième rak‘a, ensuite il devra faire la quatrième rak‘a. Et juste après avoir fait at-taslim, il devra faire une rak‘a debout ou bien deux raka‘at en position assise.
Toutefois, il est préférable qu’il fasse une rak‘a debout. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit à l’un de ses compagnons : « Veux-tu que je t’apprenne ce que tu dois faire lorsque tu n’arrives pas à savoir si tu as a fait [toutes les raka‘at] ou pas ? Si tu es dans le doute, considère le plus grand nombre [qui vient à ton esprit] comme étant le nombre de raka‘at que tu as faites.
Et après avoir fait at-taslim, lève-toi et fait ce que tu crois avoir manqué. Ainsi, si réellement tu n’as rien manqué, tu n’auras pas besoin [de refaire la prière]. Et si tu te rends compte par la suite que ta prière était incomplète, tu seras sûr de l’avoir complétée avec ce que tu as fait [après at-taslim]. »174
2- Si quelqu’un n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement trois raka‘at ou bien quatre, il devra considérer la rak‘a qu’il fait comme étant la quatrième rak‘a. Et après avoir fait at-taslim, il devra faire une rak‘a debout ou bien deux raka‘at en position assise.
Toutefois, il est préférable dans ce cas qu’il fasse deux raka‘at en position assise. En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement trois raka‘at ou bien quatre, et l’Imam (as) lui a dit : « S’il n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement trois raka‘at ou bien quatre, il devra faire une rak‘a debout ou bien deux raka‘at en position assise. »175
3- Si, après avoir fait correctement as-soujoud, quelqu’un n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement deux raka‘at ou bien quatre, il devra considérer la dernière rak‘a qu’il a faite comme étant la quatrième rak‘a. Et après avoir fait at-taslim, il devra faire deux raka‘at debout.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu n’arrives pas à savoir si tu as fait seulement deux raka‘at ou bien quatre, fais at-tachahhoud et at-taslim, ensuite fais deux raka‘at et quatre sajadat. Récite pendant chacune des deux raka‘at la première sourate du Coran. [À la fin], fais at-tachahhoud et at-taslim.
Ainsi, si réellement tu n’as fait que deux raka‘at, les deux dernières raka‘at complèteront ta prière. Et si réellement tu as fait quatre raka‘at, les deux dernières raka‘at seront considérées comme une prière surérogatoire. »176
4- Si, après avoir fait correctement as-soujoud, quelqu’un un n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement deux raka‘at, ou bien trois, ou bien quatre, il devra considérer la dernière rak‘a qu’il a accomplie comme étant la quatrième rak‘a. Et après avoir fait at-taslim, il devra faire deux raka‘at debout et deux autres en position assise.
En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement deux raka‘at, ou bien trois, ou bien quatre, et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra se lever pour faire deux raka‘at debout à la fin desquelles il devra faire at-tachahhoud et at-taslim.
[Et juste après at-taslim], il devra faire deux autres raka‘at en position assise à la fin desquelles il devra faire at-tachahhoud et at-taslim. Ainsi, si réellement il a fait quatre raka‘at pendant la première prière, les raka‘at qu’il a faites après seront considérées comme une prière surérogatoire. [Et s’il a fait moins de quatre raka‘at], les raka‘at qu’il a faites après complèteront sa prière. »177
5- Si, au moment où quelqu’un se tient debout pendant la prière, il n’arrive pas à savoir s’il a fait seulement quatre raka‘at ou bien cinq, il devra considérer la dernière rak‘a qu'il a accomplie comme étant la quatrième rak‘a ; il devra ensuite s’asseoir immédiatement pour terminer sa prière. Après avoir fait at-taslim, il devra faire une seule rak‘a debout ou bien deux raka‘at en position assise.
Et si le doute survient juste après la deuxième sajda, il devra considérer la dernière rak‘a qu’il a accomplie comme étant la quatrième rak‘a. Ensuite, il devra faire at-tachahhoud et at-taslim. Et juste après at-taslim, il devra faire soujoud as-sahw.
S’il fait cela et se rend compte par la suite que sa prière était incomplète, il n’aura pas besoin de la refaire, car l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si réellement sa prière est incomplète, elle sera complétée par les raka‘at [qu’il a faites] par précaution. » Ce hadith concerne les deux cas.
Lorsque le doute survient pendant la prière surérogatoire
Si, pendant la prière surérogatoire, quelqu’un n’arrive pas à savoir combien de raka‘at il a accomplies, sa prière ne sera pas incorrecte. En effet, quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce qu’il devra faire s’il doute d’avoir fait correctement la prière surérogatoire, et l’Imam (as) lui a dit: «Tu n’auras besoin de la refaire.»178
Si quelqu’un se retrouve dans une situation pareille, il devra considérer le premier nombre qui viendra à son esprit comme étant le nombre de raka‘at qu’il a faites, à condition qu’il ne soit pas supérieur à deux, car si quelqu’un fait plus de deux raka‘at pendant la prière surérogatoire, sa prière sera incorrecte.
Toutefois, il est préférable qu’il considère la dernière rak‘a qu’il a accomplie comme étant la première. Certains ont dit qu’il est permis de rompre la prière surérogatoire.
Celui qui doute beaucoup
Si quelqu’un a tendance à trop douter pendant la prière, il ne devra pas tenir compte de son doute. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme qui doute beaucoup pendant la prière, au point où il n’arrive à savoir ce qu’il a déjà fait et ce qui lui reste à faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire la prière. » Alors, on lui a dit : « [Et si] son doute s’accentue à chaque fois qu’il refait la prière, [que devra-t-il faire] ? »
l’Imam a dit : « [Dans ce cas-là], il ne devra pas tenir compte de son doute…Ne laissez pas le Vilain s’habituer à rompre votre prière, car le Satan s’habitude à tout ce qu’on l’habitude. Pour que le doute ne survienne plus, ne tenez pas comptes des doutes répétés et ne rompez pas fréquemment votre prière, car le Vilain veut qu’on se soumette à lui ; et si vous lui désobéissez, il ne reviendra plus chez vous. »179
La façon dont se fait salat al-ihtiyat (la prière de précaution)
Pour pouvoir accomplir la prière de précaution, il faut que toutes les conditions concernant la prière obligatoire soient réunies (il faut être en état de pureté, il faut que les vêtements soient purs et licites…).
La prière de précaution se fait de la façon suivante : il faut d’abord avoir an-niyya, ensuite il faudra faire takbirat-ul-ihram, puis dire à voix basse la première sourate du Coran, puis faire ar-roukou‘ et as-soujoud. Comme toutes les prières, la prière de précaution se termine avec at-tachahhoud et at-taslim. Pendant cette prière, il ne faut pas faire al-qounout ou dire la première sourate du Coran à haute voix.
La prière de précaution ne fait pas partie de la prière qu’elle complète. À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Pendant la prière de précaution il est obligatoire d’avoir an-niyya et de faire takbirat-ul-ihram, car, selon les hadiths et les fatwas, elle ne fait pas partie de la première prière… »180 On retrouve le même avis dans l’ouvrage intitulé misbah al-faqih.
Quelques préceptes
• Au moment où le doute survient, on devra faire un effort pour se rappeler ; c’est-à-dire on ne devra pas penser directement à compléter la prière qu’on fait.
• Si quelqu’un ne se souvient pas du nombre exact de raka‘at qu’il a faites mais pense que tel nombre est plus probable, il devra considérer ce nombre-là comme étant le nombre de raka‘at qu’il a accomplies. La preuve pour cela est le hadith où le Prophète (saww): «Si quelqu’un parmi vous doute [de quelque chose], il devra chercher [à enlever son doute].»181
Dans misbah al-faqih, cheikh al-Hamedani a dit: «Cet avis jouit d’une réputation.»182 Quant à l’auteur d’al-‘ourwa al-wouthqa, il a dit: «Si quelqu’un croit avoir fait tel nombre de raka‘at (que ce soit pendant les deux premières raka‘at ou bien pendant les deux dernières), il devra se considérer comme étant sûr de les avoir faites.»183
• Si, après avoir fait at-taslim et avant de commencer à faire la prière de précaution, quelqu’un fait un acte qui rend la prière incorrecte (par exemple il parle volontairement), il devra d’abord faire la prière de précaution, ensuite il devra refaire la première prière, car, en faisant cela, il sera sûr d’avoir accompli son devoir.
Par contre, s’il ne refait pas la première prière après la prière de précaution, ou s’il la refait juste après at-taslim (c’est-à-dire sans faire la prière de précaution), il restera dans le doute.
• Si, pendant l'accomplissement de la prière de précaution, quelqu’un oublie de faire un des actes considérés comme les piliers de la prière, ou fait un en plus, sa prière sera incorrecte. En cela, il n’y a aucune différence entre la prière de précaution et les autres prières.
• Si, pendant l'accomplissement de la prière de précaution, quelqu’un n’arrive pas à savoir combien de raka‘at il a accomplies, il devra considérer le plus grand nombre qui viendra à son esprit comme étant le nombre de raka‘at accomplies, mais à condition que ce nombre-là ne dépasse pas le nombre de raka‘at qu’il est obligé de faire. Et après avoir fini de faire la prière de précaution, il devra refaire la première prière.
À ce propos, l’auteur d’al-‘ourwa al-wouthqa a dit : « Par précaution, il devra d’abord terminer la prière de précaution, ensuite il devra refaire les deux prières (c’est-à-dire la première prière et la prière de précaution. »184 S’il fait cela, il sera sûr d’avoir accompli son devoir.
La compensation des prières manquées
Quelques principes fondamentaux
1- Il va sans dire qu’il n’est obligatoire de compenser un acte manqué que s’il était obligatoire au moment où on l’a manqué. Par exemple, si un fou revient à la raison, il ne sera pas obligé de compenser les actes qu’il a manqués au moment de la folie. De même, si une personne évanouie reprend connaissance, elle ne devra pas compenser les actes manqués au moment de l’évanouissement.
La preuve pour cela est le hadith qui dit : « Rien ne lui incombera. » et le hadith qui dit : « Il n’est obligé de compenser ni le jeûne, ni la prière. C’est à Dieu de pardonner à la personne qu’Il a Lui-même rendue incapable [d’accomplir ses obligations]. »185
Ce principe doit donc être considéré comme une référence, sauf s’il y a un hadith qui dit que, dans telle situation, il est obligatoire de compenser les actes manqués.
Certains hadiths sont conformes à ce principe. Par exemple, les hadiths selon lesquels le fou, l’enfant qui n’a pas atteint l’âge de puberté, celui qui ne dispose pas de quoi faire al-woudho’ ou at-tayammoum et la femme qui est en période de règles ou de lochies ne sont pas obligés de faire la prière en son temps, et ne sont pas obligés de la compenser en dehors de son temps. D’autres ne sont pas conformes à ce principe.
Par exemple, les hadiths qui disent que la femme doit compenser le jeûne qu’elle a manqué pendant la période de règles ou de lochies. Il y a d’autres hadiths qui concernent uniquement les non musulmans qui se sont convertis à l’islam et, selon lesquels, ceux-ci ne sont pas obligés de compenser les actes qu’ils ont manqués avant de se convertir à l’islam.
En fait, le non musulman est concerné aussi bien par les croyances islamiques que par les préceptes de la loi islamique. Mais s’il se convertit à l’islam, il ne sera pas obligé de compenser les actes qu’il a manqués avant de devenir musulman. La preuve pour cela, est le hadith où le Prophète (as) a dit : « La conversion à l’islam annule [les actes commis] avant elle. »186
2- L’ordre d’accomplir une obligation s’annule dans les trois cas suivants : lorsque l’obligation est accomplie, lorsqu’on désobéit à l’ordre, ou lorsque l’objet sur lequel porte l’ordre est inexistant ou bien inaccessible.
Par exemple, si quelqu’un ordonne à une personne de préparer un bon repas pour son invité, son ordre s’annule dans l’un des trois cas suivants : lorsque le bon repas est préparé au moment voulu, lorsque le repas n’est pas préparé au moment voulu (dans ce cas la personne qui a reçu l’ordre mérite une punition), ou bien lorsque l’invité ne vient pas.
3- Les obligations de la loi islamique concernent indistinctement celui qui les connaît, celui qui les ignore, celui qui les a oubliées, celui qui s’en souvient, le dormant et l’éveillé. Et si quelqu’un n’accomplit pas l’une de ces obligations au moment voulu, il sera puni, sauf si cela est dû à l’oubli, au sommeil ou à l’ignorance qui n’est pas le résultat de la négligence.
Toutefois, si quelqu’un n’accomplit pas un acte obligatoire pour l’une de ces trois raisons, il devra l'accomplir ultérieurement.
4- Si quelqu’un dont l’un des deux parents est musulman s’abstient d’accomplir une seule prière en prétendant que l’accomplissement de la prière n’est pas obligatoire, il sera considéré comme un apostat (car la prière est l’un des piliers de l’islam) et il méritera la peine capitale, à moins qu’il ne fournisse un alibi très solide (par exemple, le fait d’avoir grandi dans un lieu où il n’y a aucune trace de l’islam).
Si un enfant issu d’un homme et d’une femme athées se convertit à l’islam à l’âge de puberté, puis s’abstient de faire la prière tout en prétendant qu’il n’est pas obligatoire de l’accomplir, il sera considéré comme un apostat. S’il se repentit, il ne sera pas exécuté, et s’il persiste à désobéir à la loi islamique, le gouverneur devra lui infliger la peine capitale, à moins qu’il ne fournisse un alibi très solide (par exemple, s’il vient juste de se convertir à l’islam).
Et si quelqu’un néglige de faire la prière tout en croyant qu’il est obligatoire de l’accomplir, le gouverneur devra lui infliger un châtiment corporel. S’il recommence, il devra le punir une deuxième fois, et s’il recommence une deuxième fois, il devra le punir pour la troisième fois ; et s’il persiste dans sa désobéissance, il devra lui infliger la peine capitale.
Quand est-ce qu’on est obligé de compenser la prière manquée ?
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme s’il fait la prière tout en étant impur, ou s’il la rate à cause de l’oubli ou du sommeil ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Dès qu’il se rendra compte [qu’il ne l’a pas faite ou qu’il était impur au moment où il l’a faite], il devra la faire, qu’il se rende compte pendant le jour ou pendant la nuit.
Mais s’il a peur qu’en la faisant il sera trop tard pour faire la prière suivante en son temps, il devra d’abord commencer par celle-ci, ensuite il compensera celle qu’il a manquée, et il ne devra faire aucune prière surérogatoire avant de compenser la prière obligatoire. »187
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) ce que devra faire un homme s’il se rappelle dans son lieu de résidence qu’il a manqué une prière pendant le voyage, et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra compenser [la prière] qu’il a manquée [avec une prière pareille] à celle qu’il a manquée. »188
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Si quelqu’un manque une prière, que ce soit volontairement ou involontairement (par exemple, à cause de l’oubli ou du sommeil), il devra la compenser par une autre prière.
• Si quelqu’un consomme une matière qui fait perdre la conscience, et manque des prières à cause de cela, il devra les compenser dès qu’il reprendra conscience, car une telle personne n’est pas concernée par le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « C’est à Dieu pardonner à la personne qu’Il a Lui-même rendue incapable [d’accomplir ses obligations]. »
• Si quelqu’un rate la prière du vendredi (c’est-à-dire il n’a pas pu participer à la prière collective), il devra faire la prière du dhohr à sa place (c’est-à-dire il devra faire quatre raka‘at) La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un rate la prière du vendredi, il devra faire quatre raka‘at. »189
• Si quelqu’un rate la prière de l’Aïd (c’est-à-dire il n’a pas pu participer à la prière collective), il n’aura pas besoin de la compenser. La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un n’arrive pas à participer à la prière collective de l’Aïd [et fait la prière tout seul], sa prière ne sera pas acceptée, et il ne sera pas obligé de la compenser. »190
• Si quelqu’un manque une prière obligatoire pendant le voyage, il devra la compenser avec une prière écourtée, même s’il se retrouve dans son lieu de résidence au moment de la compensation. Et s’il manque une prière obligatoire dans son lieu de résidence, il devra la compenser avec une prière complète même s’il est en voyage.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit: «Si quelqu’un manque une prière, il devra la compenser [avec une prière] pareille à celle qu’il a manquée.»191 et le hadith où il a dit: «Compense ce que tu as manqué en faisant la même chose que ce que tu as manqué…
Si [quelqu’un] se retrouve dans son lieu de résidence, il devra compenser [la prière qu’il a manquée pendant le voyage] en faisant une prière pareille à celle qu’il devait faire pendant le voyage; et s’il est en voyage, il devra compenser [la prière qu’il a manquée dans son lieu de résidence], en faisant une prière pareille à celle qu’il devait faire chez lui.»192
Question : Si quelqu’un était en voyage au début du moment de la prière, et il est arrivé chez lui à la fin du moment de la prière, devra-t-il faire une prière complète ou bien une prière écourtée ? Et s’il était chez lui au début du moment de la prière, et il s’est retrouvé loin de son lieu de résidence (c’est-à-dire il était en voyage) à la fin du moment de la prière, devra-t-il faire une prière complète ou bien une prière écourtée ?
Réponse : Dans les deux cas, il devra compenser la prière manquée avec une prière pareille à celle qu’il devait faire au début du moment de la prière.
C’est-à-dire s’il devait faire une prière complète (c’est-à-dire quatre raka‘at) en ce moment-là, il devra compenser la prière manquée en faisant une prière complète ; et s’il devait faire une prière écourtée (c’est-à-dire deux raka‘at), il devra compenser la prière manquée en faisant une prière écourtée.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un oublie de faire [une prière qui se fait en] quatre raka‘at, il devra la compenser en faisant quatre raka‘at, qu’il soit en voyage ou dans son lieu de résidence. Et s'il oublie de faire [une prière qui se fait en] deux raka‘at, il devra la compenser en faisant deux raka‘at, qu’il soit en voyage ou dans son lieu de résidence. »193
• Si quelqu’un a assez de temps pour compenser la prière manquée et faire la prière du moment présent, il devra commencer par la prière manquée. Et s’il ne reste pas assez de temps pour les faire toutes les deux, il devra commencer par la prière du moment présent, ensuite il compensera la prière manquée. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
Question : Si quelqu’un manque une prière, devra-t-il la compenser au moment même où il se rendra compte qu’il l’a manquée ?
Réponse : La plupart des jurisconsultes ont dit qu’il ne sera pas obligé de la compenser dans l’immédiat, c’est-à-dire il pourra la compenser quand il voudra, car, selon eux, l’ordre ne sous-entend pas que son exécution doit être dans l’immédiat, et selon la règle al-bara’a, lorsqu'on n'est pas sûr qu’il soit obligatoire de compenser dans l’immédiat une prière manquée, on pourra la compenser quand on voudra.
À propos de cet avis, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Il jouit d’une réputation chez les jurisconsultes de l’époque récente. Et selon l’auteur de l’ouvrage intitulé adh-dhikra, il est également réputé chez les anciens jurisconsultes. Et selon l’auteur de l’ouvrage intitulé al-masabih, cet avis jouit d’une réputation tant chez les anciens jurisconsultes que chez ceux de l’époque récente. »194
Dans misbah al-faqih cheikh al-Hamedani a dit : « L’avis selon lequel il n’est pas obligatoire de compenser dans l’immédiat la prière manquée est plus juste.
Vraisemblablement, cet avis qui jouissait d’une réputation chez les jurisconsultes de l’époque récente était le plus célèbre chez les anciens jurisconsultes, même si certains ont prétendu que l’avis selon lequel la prière manquée doit être compensée dans l’immédiat était le plus célèbre chez eux.
Quoi qu’il en soit, on devra opter pour l’avis des jurisconsultes de l’époque récente, car l’avis dont la réputation est plus récente est plus convaincant. »195
Si cheikh al-Hamedani a dit que l’avis dont la réputation est plus récente est plus convaincant, c’est parce que les connaissances des jurisconsultes de l’époque récente sont plus vastes que celles de leurs illustres prédécesseurs. En effet, les premiers connaissent tous les avis des anciens jurisconsultes, et connaissent toutes les nouvelles fatwas et les nouvelles théories.
En ce qui concerne le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Dès qu’il se rendra compte [qu’il ne l’a pas faite, ou bien qu’il était impur au moment où il l’a faite], il devra la faire, qu’il se rende compte pendant la journée ou pendant la nuit. », il veut simplement dire qu’il est obligatoire de compenser la prière manquée ; il ne veut pas dire qu’il est obligatoire de la compenser immédiatement.
Certes, il est recommandé de compenser les prières manquées le plus tôt possible.
Doit-on respecter l’ordre chronologique des prières manquées ?
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme s’il se rend compte au moment de la prière d’al ‘icha’ qu’il a raté la première prière, la prière d’al ‘asr et celle d’al-Maghrib ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra d’abord commencer par la prière présente, car s’il meurt avant de l’accomplir, il aura manqué une prière qu’il pouvait accomplir en son temps, ensuite il devra compenser les prières manquées tout en respectant leur ordre chronologique. »196
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Si tu oublies de faire une prière, ou si tu la fais sans woudho’, et tu as d’autres prières à compenser, commence par la première prière [manquée]. »197
Si quelqu’un manque plusieurs prières, il devra les compenser selon leur ordre chronologique. Par exemple, si quelqu’un sait qu’il a manqué les cinq prières d’une même journée, il devra d’abord compenser la prière de l’aube, puis respectivement celle du dhohr, celle d’al ‘asr, celle d’al-Maghrib et celle d’al ‘icha’.
Et si, par exemple, il sait qu’il a manqué le dimanche de la semaine passée la prière d’al ‘asr, le lundi celle du dhohr, le mardi celle d’al ‘icha’ et le mercredi celle d’al-Maghrib, il devra compenser la prière d’al ‘asr avant celle du dhohr, et celle d’al ‘icha’ avant celle d’al-Maghrib. À propos de cet avis, l’auteur d’al-jawahir a dit : « En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. »
Et si quelqu’un ignore l’ordre chronologique des prières manquées, il devra les compenser dans les différents ordres possibles afin qu’il soit sûr d’avoir respecté leur ordre chronologique.
Par exemple, s’il sait qu’un jour il a manqué la prière du dhohr, et un autre jour il a manqué celle d’al ‘asr, mais il ignore laquelle des deux est la première prière manquée, il devra compenser celle du dhohr puis celle d’al ‘asr, ensuite il devra faire l’inverse, c’est-à-dire il compensera d’abord celle d’al ‘asr, puis celle du dhohr.
Le respect de l’ordre chronologique des prières manquées concerne uniquement les cinq prières quotidiennes. Donc, même si quelqu’un connaît l’ordre chronologique des autres prières manquées (les prières surérogatoires, les prières des Signes divins…), il ne sera pas obligé de le respecter.
Faire la prière pour le compte d’un défunt
Il est recommandé de dédier des prières pour les défunts. L’Imam as-Sadiq (as) dédiait chaque nuit deux raka‘at pour son fils, et dédiait pendant la journée deux raka‘at pour son père.198
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Qu’est-ce qui vous empêche de faire du bien à vos parents, qu’ils soient vivants ou morts. Faites pour leur compte la prière, l’aumône, le pèlerinage et le jeûne. Ainsi, ils seront récompensés pour vos actes et vous serez vous-mêmes récompensés, et Dieu vous comblera de biens pour avoir été bienfaisants envers vos parents. »199
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) si on peut faire la prière pour le compte d’un défunt, et l’Imam (as) lui a dit : « Oui [on peut faire la prière pour le compte d’un défunt], et s’il est en difficulté, il sera soulagé, et on viendra lui dire : « Dieu t’a soulagé grâce à la prière que ton frère a faite pour ton compte. »»200
Il est également recommandé de faire la prière pour le compte d’une personne vivante. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Qu’est-ce qui vous empêche de faire du bien à vos parents, qu’ils soient vivants ou morts… »
Quelqu’un a dit à l’Imam al-Kadhim (as) : « Puis-je faire la prière et l’aumône pour le compte d’un proche ou d’un ami qui est mort ou vivant ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Oui, tu peux faire l’aumône et la prière pour son compte, et tu seras récompensé pour avoir été bienfaisant envers lui. »201
La compensation des prières manquées par un défunt
• Il est permis de compenser les prières obligatoires manquées par un défunt ; et si quelqu’un fait cela, il sera rétribué. La preuve pour cela est les hadiths que nous venons de citer.
Questions : Peut-on charger quelqu’un de compenser les prières manquées par un défunt en échange d’une somme d’argent ?
Réponse : Il est permis de faire cela. À ce propos, as-sayyid al-Hakim a dit dans al-moustamsak : « Cet avis jouit d’une très grande réputation chez les jurisconsultes de l’époque récente. Dans l’ouvrage intitulé adh-dhikra ach-Chahid ath-Thani a dit que cet avis fait l’unanimité chez les anciens jurisconsultes.
L’auteur d’al-idhah (le maître de Chahid ath-Thani) et l’auteur de jami‘ al-maqasid (al-Mouhaqqih ath-Thani) ont dit la même chose dans ces deux ouvrages. »202
Cet avis est conforme au principe selon lequel il est permis de charger quelqu’un de faire un acte licite en échange d’une somme d’argent.
• Il faut que la personne chargée de compenser les prières manquées par un défunt remplisse les conditions suivantes : être digne de confiance, connaître les préceptes concernant la prière, et être capable d’accomplir tous les actes de la prière (être capable de se tenir debout, être capable de faire ar-roukou‘…)
• Si on charge quelqu’un de compenser les prières manquées par un défunt conformément aux fatwas de l’un des jurisconsultes, il devra se conformer aux fatwas de celui-ci. Et si on ne lui précise pas le nom du jurisconsulte qu’il devra imiter pendant la compensation des prières, il devra les compenser conformément aux fatwas du jurisconsulte qu’il imite lui-même.
• Il est permis de charger une femme de compenser les prières manquées par un homme, et vice versa.
• Pendant la compensation des prières manquées par un défunt, il est obligatoire d’avoir l’intention de les compenser à sa place, c’est-à-dire il ne suffit pas de lui dédier les prières qu'on fait à sa place.
Qui doit compenser les prières manquées par les parents ?
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le jeûne et les prières manqués par un défunt doivent être compensés par son plus proche parent. » Alors, quelqu’un lui a dit : « Et si son plus proche parent est une femme ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Non, [cela concerne] uniquement les hommes. »203
Cheikh at-Tossi et la plupart des jurisconsultes qui sont venus après lui ont dit que les prières obligatoires manquées par le père et la mère doivent être compensées par le fils aîné.
Question : Est-ce que le fils aîné est obligé de compenser toutes les prières manquées par ses parents ou bien seulement celles qu’ils ont manquées pendant leur maladie ?
Réponse : Dans les annexes de l’ouvrage intitulé al-makasib, cheikh al-Ansari a dit : « D’après certains, la plupart des jurisconsultes ont dit qu’il doit compenser toutes les prières qu’ils ont manquées. Pour moi, cet avis est plus juste, car les hadiths ayant trait à ce sujet concernent toutes les prières manquées. »
• Si les deux plus grands fils du défunt ont le même âge, chacun d’entre eux devra compenser la moitié des prières manquées par son père.
• Si quelqu’un se porte volontaire pour compenser les prières manquées par un défunt, le plus proche parent de celui-ci sera libéré de son obligation.
• Si le défunt a ordonné par testament qu’on charge quelqu’un de compenser les prières qu’il a manquées en échange d’une partie de son argent, le plus proche parent sera libéré de son obligation.
• Il est permis au plus proche parent du défunt de charger quelqu’un de compenser les prières manquées par celui-ci en échange d’une somme d’argent.
Quelques préceptes
• Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un sait qu’il a manqué une prière mais il a oublié laquelle, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra faire trois prières différentes : il devra faire trois raka‘at [pendant la première], quatre raka‘at [pendant la deuxième] et deux raka‘at [pendant la troisième]. Ainsi, il sera sûr d’avoir accompli la prière manquée. »204
Cet avis est adopté par tous les jurisconsultes.
Question : Si quelqu’un manque une prière au moment où il est incapable d’accomplir normalement une prière (par exemple il ne peut pas faire al-woudho’, ou se tenir debout…), comment devra-t-il la compenser ?
Réponse : Il devra la compenser en faisant une prière pareille à celle qu’il fait en temps normal, car les préceptes concernant les circonstances anormales ne s’appliquent pas en temps normal. Par exemple, si quelqu’un ne pouvait pas faire al-woudho’ au moment où il a manqué la prière et peut le faire au moment de la compensation, il ne pourra pas compenser la prière qu’il a manquée en faisant une prière avec at-tayammoum.
À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Cet avis est adopté par plusieurs jurisconsultes. Selon l’auteur de miftah al-karama, l'auteur de l'ouvrage intitulé irchad al-jaâfariya a dit : « Cet avis fait l’unanimité ; et tellement qu'il est évident, on ne doit pas hésiter à l'admettre. » »205
• Si un homme est chargé de compenser les prières manquées par une femme, il devra dire à haute voix les sourates de la prière de l’aube, celles des deux premières raka‘at d’al-Maghrib et celles des deux premières raka‘at d’al ‘icha’. Et si une femme est chargée de compenser les prières manquées par un homme, elle pourra dire ces sourates-là comme elle voudra (c’est-à-dire elle pourra les dire à haute voix ou à voix basse).
• Si quelqu’un prétend que la personne qu’il a chargée de compenser les prières manquées par un défunt a failli à son devoir, et celle-ci prétend avoir compensé toutes les prières, on devra croire la personne chargée de compenser les prières, car une telle personne est pareil à un mandataire ou un curateur. Toutefois, elle devra jurer qu’elle a accompli son devoir.
La prière collective
Les avantages de la prière collective
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « La première prière collective [s’est déroulée de la façon suivante] : le Prophète (saww) et le commandeur des croyants Ali Ibn Abi Taleb (as) était en train de faire la prière. En les voyant, Abou Taleb a dit à [son fils] Jaâfar qui était en sa compagnie : « Ô mon fils, va prier à côté de ton cousin. »
Et lorsque le Prophète (saww) a senti la présence de Jaâfar a son côté, il a fait quelques pas en avant. [En les voyant faire la prière ensemble], Abou Taleb s’est éloigné d’eux plein de joie. »206
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Les gens disent qu’une seule prière collective vaut mieux que vingt-cinq prières individuelles. » Et l’Imam (as) lui a dit : « Ils ont raison. »207
Toujours à propos de la prière collective, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Celui qui la délaissera sans raison valable, mais seulement parce qu’il se croit au-dessus de la communauté des croyants, sa prière ne sera pas acceptée. »208
L’auteur d’al-jawahir a dit : « Il est recommandé d’accomplir collectivement les prières obligatoires. La preuve pour cela est les versets coraniques, les hadiths authentiques et al-ijma‘. Cela fait partie des choses connues de tous les musulmans. Et si un musulman refuse d’admettre cette fatwa, il sera considéré comme un athée. »209
Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est interdit d’accomplir collectivement les prières surérogatoires. Leur preuve pour cela, est le hadith où l’Imam Ar-Ridha (as) a dit : « Il n’est pas permis d'accomplir collectivement une prière surérogatoire, car un tel acte est considéré comme une hérésie ; et la profession de l’hérésie est une hétérodoxie, et l’hétérodoxie mène à l’enfer. »210
Les seules prières qu'il est obligatoire d'accomplir collectivement sont la prière du vendredi et celle de l’Aïd. Pour les autres prières, il n’est pas obligatoire de les accomplir collectivement, sauf dans certains cas : par exemple lorsque quelqu’un a juré de participer à la prière collective, ou bien lorsque quelqu’un est incapable de réciter les sourates.
Les conditions concernant la prière collective
Pour pouvoir accomplir une prière collective, il faut que les conditions suivantes soient réunies :
1- La présence d’un nombre suffisant de personnes.
Il faut qu’il y ait au moins deux personnes : deux hommes ou deux femmes, ou bien un homme et une femme. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) « Est-ce que deux hommes peuvent accomplir collectivement une prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Oui. »211 Dans un autre hadith, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Deux personnes [peuvent accomplir] une prière collective. »212
Ceci concerne uniquement les prières quotidiennes. Pour la prière du vendredi et celle de l’Aïd, il faut qu’il y ait au moins cinq personnes.
2- Avoir l’intention d’imiter l’imam.
Celui qui veut participer à une prière collective doit avoir l’intention d’imiter l’imam. Le Prophète (saww) a dit : « Si l’imam a été établi en qualité de l’imam, c’est pour que les gens l’imitent. »213
À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Cet avis n'est pas controversé, car il fait partie des fondements de l’école [chiite]. »214
3- L’imam doit remplir les conditions requises pour pouvoir diriger la prière, à savoir :
• Il doit être sain d’esprit, car s’il est fou, il ne pourra accomplir aucune ‘ibada.
• Il doit être pubère. D’ailleurs, l’image qui vient à notre esprit lorsque nous entendons le mot imam est celle d’un homme, et non pas celle d’un enfant. Cet avis est adopté par la plupart des jurisconsultes.
• Il doit être un chiite duodécimain. À ce propos, cheikh al-Hamedani a dit dans misbah al-faqih : « Cet avis n'est pas controversé. On peut même dire qu’il fait partie des choses qui doivent être connues par tous les chiites. »215 En effet, l’Imam Ar-Ridha (as) a dit : « On ne doit imiter que les partisans [d’ahl-ul-bayt]. »216
• Il doit être un homme juste. À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Il n’est pas permis d’imiter un impie. La preuve pour cela est al-ijma‘ et les hadiths rapportés par un très grand nombre de personnes. On dit même que certains jurisconsultes sunnites ont adopté cet avis. Leur preuve est al-ijma‘ d’Al-ul-bayt (as). »217
Il y a plusieurs hadiths dans ce sens, à titre d’exemple, on peut citer le hadith qui dit : « Ton imam est ton intercesseur auprès de Dieu. Donc, ne choisis pas comme intercesseur un homme insolent ou impie. »218 , le hadith qui dit : « Trois personnes ne doivent pas être imitées pendant la prière : l’inconnu, celui qui exagère en sa foi et celui qui affiche son impiété. »219 et celui qui dit : « Ne prie derrière quelqu’un que si tu es sûr qu’il est croyant. »220
Quelques préceptes
• L’imam ne doit pas faire la prière en position assise, sauf si ceux qui l’imitent ne peuvent pas se tenir debout. En effet, les deux écoles (sunnite et chiite) ont rapporté que, pendant sa maladie, le Prophète (saww) a fait la prière collective en position assise ; et à la fin de la prière, il a dit à ses compagnons : « Après moi, aucun de vous ne devra diriger la prière collective tout en étant en position assise. »221
• Il est permis de faire la prière en position assise tout en imitant un imam qui la fait debout.
• L’homme peut diriger une prière collective à laquelle participent des hommes ou des femmes. Mais la femme ne peut diriger que la prière à laquelle participent uniquement des femmes.
• Si quelqu’un récite mal le Coran, il ne devra pas diriger la prière collective à laquelle participe celui qui le récite mieux que lui. Et si la personne qui l’imite récite elle aussi mal le Coran, il pourra diriger la prière, mais à condition que les sourates qu’ils récitent mal soient les mêmes.
• Il n’est pas permis d’accomplir une prière quotidienne en imitant quelqu’un qui accomplit la prière des Signes divins, celle de l’Aïd ou celle des morts. De même, il n’est pas permis d’accomplir une de ces trois prières en imitant quelqu’un qui accomplit une prière quotidienne.
• Il est permis à une personne ayant al-woudho’ de prier derrière un imam qui porte du plâtre ou qui fait la prière avec at-tayammoum.
• Il est permis à quelqu’un qui est dans son lieu de résidence de prier derrière un voyageur, et vice versa.
• -Il est permis d’accomplir une prière qui se fait à haute voix derrière un imam qui accomplit une prière qui se fait à voix basse.
• Il est permis d’accomplir une prière obligatoire en imitant quelqu’un qui refait la prière obligatoire qu’il a déjà accomplie.
• -Il est permis d’accomplir la prière du dhohr en imitant quelqu’un qui accomplit celle d’al ‘asr.
• Si quelqu’un veut participer à la prière collective, il devra désigner au fond de lui-même l’imam (par son nom, par ses caractères physiques…)
Toutes ces fatwas s’appuient sur plusieurs hadiths, et jouissent d’une réputation chez les jurisconsultes.
4- L'absence de séparation entre l’imam et ceux qui l’imitent.
Pour que la prière collective soit correcte, il ne faut pas que l’imam et ceux qui prient derrière lui soient séparés par quelque chose. Toutefois, si la personne qui prie derrière l’imam est une femme, la présence d’une séparation ne rendra pas la prière collective incorrecte, sauf si elle empêche la femme de suivre les gestes de l’imam.
À ce propos, l’auteur d’al-madarik a dit : « Cet avis fait l’unanimité chez les jurisconsultes. Il s’appuie sur le hadith où l’Imam al-Baqir (as) a dit : « Si l’imam et ceux qui prient derrière lui sont séparés par une chose qu’on ne peut pas enjamber, il ne sera pas considéré comme étant leur imam.
Et si deux rangées de personne participant à une prière collective sont séparées par un rideau, par un mur ou bien par une chose qu’on ne peut pas enjamber, ceux qui sont derrière la séparation ne feront pas partie de ceux qui participent à la prière collective. Toutefois, si quelqu’un se trouve devant la porte, [il fera partie de ceux qui participent à la prière collective]. »»222
L’avis selon lequel la présence d’une séparation entre l’imam et la femme qui l’imite ne rend pas la prière de celle-ci incorrecte s’appuie sur un hadith rapporté par Ammar. En effet, celui-ci a dit : « J’ai dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si, au moment où un imam dirige une prière collective, un groupe de femmes se retrouvent dans une maison située derrière lui, pourront-elles l’imiter ? »
Et l’Imam (as) m’a dit : « Oui, mais à condition que [l’endroit où prie] l’imam soit moins élevé que l’endroit où elles se trouvent. » Alors, je lui ai dit : « Et s’ils sont séparés par un mur ou par une rue ? » Il a dit : « Il n’y a aucun mal à cela. »»223
5- L’endroit où se place l'imam au moment où il dirige la prière, ne doit pas être plus élevé que celui où prient ceux qui l’imitent.
Si l’endroit où prie l’imam est au même niveau ou légèrement plus élevé que celui où s’alignent ceux qui l’imitent, la prière collective sera correcte. De même, si l’endroit où prient ceux-ci est plus élevé que celui où prie l’imam, la prière collective sera correcte. Mais si l’endroit où prie l’imam est plus élevé que celui où prient ceux qui l’imitent, la prière collective sera incorrecte, sauf si les deux endroits forment ensemble un plan incliné.
À ce propos l’auteur de misbah al-faqih a dit : « C’est cette fatwa qui jouit d’une réputation. Certains prétendent qu’elle fait l’unanimité. »224
Cette fatwa s’appuie sur le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si l’imam prie dans un endroit plus élevé que celui où prient ceux qui l’imitant, la prière de ceux-ci sera incorrecte… Et s’il prie dans un endroit moins élevé que celui où prient ceux qui l’imitent, il n’y aura aucun mal. »225
6- L’imam doit se placer devant ceux qui l’imitent.
Si l’imam se place derrière ceux qui l’imitent, leur prière sera incorrecte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. Et selon la plupart des jurisconsultes, si l’imam et celui qui l’imite prient côté à côte, leur prière sera correcte, même si leurs têtes ne s’alignent pas pendant as-soujoud (par exemple, lorsque la taille de celui qui imite l’imam est plus grande que la taille de celui-ci).
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si deux hommes veulent accomplir collectivement la prière, l’imam devra se placer à la gauche de celui qui l’imite. Et s’ils sont plus de deux, l’imam devra se placer devant ceux qui l’imitent. »226
À ce propos, l’Imam Ali (as) a dit : « Si, quelqu’un n’arrive pas à s’aligner avec ceux qui imitent l’imam, il devra se placer à côté de celui-ci. »227
7- Il ne faut pas que la distance entre l’imam et ceux qui l’imitent soit grande.
À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Je n’ai trouvé aucun avis différent de celui-ci. »228
Les préceptes concernant la prière collective
Lorsqu’on trouve l’imam en position du roukou‘
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu trouves l’imam en position du roukou‘, et tu fais takbirat-ul-ihram et ar-roukou‘ avant qu’il lève sa tête, considère la rak‘a en cours comme étant accomplie. Et s’il lève sa tête avant que tu fasses ar-roukou‘, considère-la comme une rak‘a manquée. »229
La plupart des jurisconsultes se sont appuyés sur ce hadith et ont négligé les autres hadiths ayant trait à ce sujet.
Si, pendant ar-roukou‘, l’imam entend quelqu’un entrer, il lui est recommandé de prolonger ar-roukou‘ pour que la personne qui vient d’entrer puisse le rattraper.
Question : Si quelqu’un doute d’avoir fait ar-roukou‘ avant que l’imam lève sa tête, que devra-t-il faire ?
Réponse : S'il doute de cela après avoir fini de faire ar-roukou‘, il ne devra pas tenir compte de son doute car, selon la règle at-tajawouz, si quelqu’un doute d’avoir fait correctement un acte après avoir fini de le faire, il ne devra pas tenir compte de son doute. Et si le doute survient au moment où il fait ar-roukou‘, il devra refaire sa prière.
Certains diront peut-être : « Pourquoi ne pas recourir à la règle al-istishab qui permet de dire que l’imam ne s’est pas levé au moment où la personne en question a fait ar-roukou‘ ? »
À ceux-là, je dirai ceci : al-istishab constitue une preuve lorsqu’il donne lieu à un précepte de la loi islamique sans l’intervention du jugement de la raison. Par exemple, si une personne doutant de sa pureté applique al-istishab, elle pourra se considérer comme étant pure, et sa pureté constitue un objet pour un précepte de la loi islamique à savoir : la permission d’accomplir la prière.
Mais dans notre cas, l’application de ce principe donnera le résultat suivant : l’imam est toujours en position du roukou‘. Ce résultat ne peut donner lieu à un précepte de la loi islamique qu’après recours au jugement de la raison. En effet, il faut d’abord recourir à la raison pour pouvoir dire ceci : puisque l’imam était en position du roukou‘, donc la personne en question a fait ar-roukou‘ avec lui.
Après cela, on pourra dire ceci : cette même personne ne sera pas obligée de refaire la prière.
Peut-on réciter les sourates avec l’imam ?
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Peut-on dire la première sourate du Coran au moment où l’imam dit à voix basse les sourates des deux premières raka‘at ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il n’y a aucun mal à ce que tu la dises et il n’y a aucun mal à ce que tu ne la dises pas. »230
Quelqu’un a dit aussi à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si un homme participe à la prière collective du dhohr ou celle d’al ‘asr et ignore que l’imam dit à voix basse les sourates, pourra-t-il les dire lui-même ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il ne convient pas qu’il dise [les sourates] ; il devra laisser l’imam le faire à sa place. »231
Les jurisconsultes ont dit ceci :
Pendant la troisième rak‘a de la prière d’al-Maghrib et les deux dernières raka‘at des prières qui se font en quatre raka‘at (c’est-à-dire la prière du dhohr, celle d’al ‘asr et celle d’al ‘icha’), celui qui prie derrière l'imam doit lui-même dire à voix basse la Fatiha ou bien at-tasbih.
La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « [Si tu pries derrière un imam], ne récite pas [les sourates] pendant les deux premières [raka‘at]. Et pendant les deux dernières raka‘at, tu pourras te contenter de dire at-tasbih. »232
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que, pendant les deux premières raka‘at, c’est l’imam qui doit réciter les sourates à la place de celui qui l’imite.
Question : Est-il interdit à celui qui prie derrière un imam de dire les sourates pendant les deux premières raka‘at ou bien cela dépend de la prière qu’ils accomplissent (c’est-à-dire celle qui se fait à haute voix ou bien celle qui se fait à voix basse) ?
Réponse : Les avis des jurisconsultes divergent sur ce point. À ce propos, l’auteur de miftah al-karama a dit : « Il y a une grande divergence sur ce point. On peut même trouver un jurisconsulte ayant deux avis contradictoires. »233 L’auteur d’al-madarik a dit : « Les avis divergent sur ce point, et il est inutile de les citer. »234
Quant à l’auteur d’al-jawahir, il a dit qu’on peut dire les sourates pendant les deux premières raka‘at, mais il est déconseillé de le faire. L’auteur d’al-jawahir s’est appuyé sur le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il n’y a aucun mal à ce que tu la dises, et il n’y a aucun mal à ce que tu ne la dises pas. » et sur le hadith où il a dit : « Il ne convient pas qu’il dise [les sourates]. »
D’après lui, cette dernière phrase veut dire qu’il est déconseillé de dire les sourates pendant les deux premières raka‘at.235
Quoi qu’il en soit, il est préférable de ne pas dire les sourates pendant les deux premières raka‘at puisqu’on n’est pas obligé de le faire.
Il faut imiter les gestes de l’imam et les formules qu’il prononce
Le Prophète (saww) a dit : « Si l’imam a été établi en qualité de l’imam, c’est pour que les gens l’imitent. Donc, s’il fait ar-roukou‘, faites-le ; et s’il fait as-soujoud, faites-le. »236 Tous les jurisconsultes ont pris en considération ce hadith.
Dans les annexes de l’ouvrage intitulé al-makasib, cheikh al-Ansari a dit : « Il est obligatoire d’imiter tous les actes que fait l’imam. La preuve pour cela est al-ijma‘ qui s’appuie sur le hadith rapporté par les sunnites et où le Prophète (saww) a dit : « Si l’imam a été établi en qualité de l’imam, c’est pour que les gens l’imitent… » »237
Lorsque quelqu’un fait ar-roukou‘ ou as-soujoud avant l’imam
Il est interdit de faire ar-roukou‘ ou as-soujoud avant l’imam, car l’imitation de l’imam est une obligation. Et si quelqu’un fait cela volontairement, il devra attendre jusqu'à ce que l’imam le rattrape, car s’il se lève pour faire ar-roukou‘ ou as-soujoud avec l’imam, il fera plus d’une fois un des actes considérés comme les piliers de la prière (ar-rokn) et, par conséquent, sa prière sera incorrecte. Et si quelqu’un fait cela involontairement, il devra se lever pour imiter l’imam.
En effet, quelqu’un a dit à l’imam Ar-Ridha (as) : « Supposons que quelqu’un a fait ar-roukou‘ avant l’imam en croyant que celui-ci s’est incliné pour le faire, et lorsqu’il s’est rendu compte que l’imam ne s’est pas encore incliné, il s’est levé pour faire ar-roukou‘ avec l’imam, sa prière sera-t-elle incorrecte ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « En faisant cela, sa prière sera correcte, et ne sera pas incorrecte. »238
Puisque ce hadith concerne uniquement la prière collective, donc il restreint la portée des hadiths qui disent que la prière (qu’elle soit individuelle ou collective) devient incorrecte en faisant involontairement plus d’une fois un des actes considérés comme les piliers de la prière (ar-rokn).
Il en résulte ceci : si, pendant la prière individuelle, quelqu’un fait involontairement plus d’une fois un acte considéré comme l’un des piliers de la prière, sa prière sera incorrecte. Et s’il fait cela involontairement pendant la prière collective, sa prière ne sera pas incorrecte.
Les jurisconsultes sont unanimes à dire qu’il est obligatoire d’imiter l’imam en la prononciation de takbirat-ul-ihram. Mais à propos des autres formules, leurs avis divergents. Et d’après l’auteur de miftah al-karama239, la plupart des jurisconsultes ont dit qu’il n’est pas obligatoire de les prononcer.
Lorsque quelqu’un lève sa tête avant l’imam
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si pendant la prière collective, quelqu’un lève sa tête du soujoud avant l’imam, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra faire as-soujoud. »240
Quelqu’un a dit à l’Imam Ar-Ridha (as) : « Si, pendant la prière collective, quelqu’un lève sa tête du roukou‘ avant l’imam, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra refaire ar-roukou‘ avec lui. »241
Les jurisconsultes ont dit ceci :
Si quelqu’un lève volontairement sa tête du roukou‘ ou du soujoud avant l’imam, il devra attendre jusqu’à ce que l’imam lève sa tête, car s’il refait ar-roukou‘ ou as-soujoud, il aura fait plus d’une fois un des actes considérés comme les piliers de la prière et, par conséquent, sa prière sera incorrecte.
Et s’il fait cela involontairement, sa prière ne sera pas incorrecte, mais il devra s’incliner pour refaire ar-roukou‘ ou as-soujoud avec l’imam. La preuve pour cela est les deux hadiths que nous venons de citer.
Question : Sur quoi les jurisconsultes se sont-ils appuyés pour dire qu’il y a différence entre les deux cas (le cas où la personne qui imite l’imam lève volontairement sa tête et le cas où il la lève par inattention), alors que les deux derniers hadiths disent seulement que celui qui lèvera sa tête avant l’imam devra s’incliner pour refaire ar-roukou‘ ou as-soujoud avec lui ?
Réponse : Certes, les deux hadiths englobent les deux cas, mais puisque généralement la personne qui prie derrière un imam ne lève pas volontairement sa tête avant celui-ci, les jurisconsultes ont dit que ces deux hadiths concernent uniquement celui qui lèvera sa tête par inattention.
En outre, la fatwa qui dit que celui qui lèvera volontairement sa tête avant l'imam ne devra pas s'incliner pour refaire ar-roukou‘ ou as-soujoud avec celui-ci fait l’unanimité, donc elle restreint la portée des deux hadiths.
Lorsque l’imam est impur
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Pendant un voyage, certains habitants de Khorasan ou d’une certaine région montagneuse ont fait toutes leurs prières derrière un homme qui les a accompagnés. En arrivant à la ville d’al-Koufa, ils se sont rendu compte qu’ils ont prié derrière un juif. Est-ce qu’ils devront refaire leurs prières ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Ils n’ont pas besoin de refaire leurs prières. »242
Quelqu’un a dit à l’Imam al-Baqir (as) : « Si, à la fin d’une prière collective, ceux qui ont prié derrière l’imam se rendent compte que celui-ci n’était pas en état de pureté, devront-ils refaire leur prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Leur prière est correcte et ils n’ont pas besoin de la refaire. Par contre, [l’imam] doit la refaire, mais il n’est pas obligé de les informer. »243
Les jurisconsultes ont tous pris en considération ces deux hadiths.
Si quelqu’un fait la prière derrière un imam tout en étant sûr que celui-ci ne remplit pas les conditions requises pour pouvoir diriger une prière collective, sa prière sera incorrecte. Et si quelqu’un fait la prière derrière un imam en croyant que celui-ci remplit toutes les conditions requises, sa prière sera correcte.
C’est pour cela que les jurisconsultes ont dit que si l’imam se rend compte qu’il était impur pendant la prière, il ne sera pas obligé d’informer ceux qui ont prié derrière lui, car même s’il les informe, ils ne seront pas obligés de refaire la prière, c’est seulement lui qui devra refaire.
L’imitation d’un imam qui se croit moujtahid
Si quelqu’un imite un imam qui se croit moujtahid tout en étant sûr qu’il ne l’est pas, sa prière sera incorrecte, à moins qu’elle ne soit faite comme il se doit.
Cet avis concerne aussi celui qui ignore que la prière derrière un tel imam ne peut pas être correcte (que son ignorance soit due à la négligence ou pas), car la correction ou l’incorrection des actes font partie des préceptes que les jurisconsultes appellent al-ahkam al-wadh‘iya et qui concernent tout le monde (les personnes majeures, les enfants, les fous, ceux qui sont sains d’esprit…).
La seule différence est que, en cas de désobéissance, certains mériteront d’être punis (comme l’homme sain d’esprit…) et les autres non (comme l’enfant, le fou…).
Une anecdote
Pendant un dialogue, j’ai dit à un savant de l’école Hanafite : « Est-ce que tu imites un moujtahid ou bien tu es toi-même un moujtahid ? » Il m’a dit : « J’imite un moujtahid. » Je lui ai dit : « Lequel ? » Il m’a dit : « Abou Hanifa. » Alors, je lui ai dit : « Mais Abou Hanifa a dit qu’il est interdit d’imiter un moujtahid. Donc tu n’es ni un moujtahid ni un mouqallid (quelqu’un qui imite un moujtahid). » Lorsque je lui ai dit cela, il s’est mis à rire.
Lorsque quelqu’un craint de rater la rak‘a en cours
Si quelqu’un trouve l’imam en position du roukou‘, et craint qu'en allant se joindre à ceux qui l'imitent il ratera la rak‘a en cours, que devra-t-il faire ?
Réponse : Dans ce cas-là, il devra prononcer takbirat-ul-ihram et faire ar-roukou‘ sur place. Ensuite, il devra marcher (tout en étant en position du roukou‘) jusqu'à ce qu’il arrive à la dernière rangée. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un entre dans une mosquée et trouve l’imam et ceux qui l’imitent en position du roukou‘, que devra-t-il faire ? »
Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra faire ar-roukou‘ avant de se joindre à ceux qui prient derrière l’imam. Ensuite, il devra marcher tout en restant en position du roukou‘ jusqu’à ce qu’il s’aligne avec eux. »244 Toutefois, il est préférable qu’il dise à haute voix la formule « Ya Allah » ou une autre formule pour que l’imam prolonge ar-roukou‘, sauf s’il est sûr qu’il ne pourra pas attirer l’attention de celui-ci.
Peut-on rompre la prière individuelle pour faire la prière collective ?
L’Imam as-Sadiq (as) : « Si, au moment où tu accomplis une prière surérogatoire, d’autres commencent à accomplir une prière collective, tu devras rompre ta prière pour accomplir la prière obligatoire avec l’imam. »245
Quelqu’un a dit à l’imam as-Sadiq (as) : « Si, au moment où quelqu’un commence à accomplir la prière obligatoire dans une mosquée, il entend le muezzin appeler les gens à la prière, que devra-t-il faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il devra d’abord accomplir deux raka‘at pour que sa prière soit considérée comme une prière surérogatoire, ensuite il devra faire la prière avec l’imam. »246
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Si, au moment où quelqu’un accomplit une prière surérogatoire, d’autres personnes commencent à faire une prière collective, il devra rompre sa prière pour prier avec eux, sauf s’il est sûr qu’en faisant la prière surérogatoire, il ne ratera pas la prière collective.
• Si, au moment où quelqu’un accomplit une prière obligatoire, d’autres personnes commencent à faire une prière collective, il devra changer d’intention (c’est-à-dire il devra considérer la prière qu’il fait comme une prière surérogatoire) pour pouvoir participer à la prière collective.
• Si quelqu’un commence à accomplir individuellement une prière obligatoire, il ne pourra pas changer d’intention. C’est-à-dire il ne pourra pas considérer la prière qu’il fait comme une prière collective (c’est-à-dire il ne pourra avoir l’intention d’imiter l’imam qui prie devant lui). Mais si quelqu’un commence à faire une prière collective il pourra changer d’intention. C’est-à-dire, il pourra considérer la prière qu’il fait comme une prière individuelle.
Lorsque quelqu’un arrive en retard
L’Imam as-Sadiq (as) a dit: «Si tu te joins en retard à une prière collective, considère [les raka‘at] que tu feras avec l’imam comme étant les premières [raka‘at] de ta prière, et ne les considère pas comme étant les dernières [raka‘at] de ta prière.»247 Avec la phrase «Ne les considère pas comme étant les dernières [raka‘at] de ta prière», l’Imam (as) veut dire qu’il est interdit de faire comme certaines écoles sunnites, à savoir: l’école d’Abou Hanifa, celle de Malik et celle d’Ibn Hanbal.
En effet, selon ces trois écoles, si quelqu’un se retrouve dans une situation pareille, il devra considérer les raka‘at qu’il fera avec l’imam comme étant les dernières raka‘at de sa prière, et il devra considérer celles qu’il fera individuellement à la fin de la prière collective comme étant les premières raka‘at de sa prière.
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « Si quelqu’un se joint en retard à une prière collective, il devra considérer la première [rak‘a] qu’il fera avec l’imam comme étant la première [rak‘a] de sa prière. Par exemple, s’il se joint à la prière au moment où l’imam commence à faire les deux dernières raka‘at de la prière du dhohr, d’al ‘asr ou d’al ‘icha’, il devra dire à voix basse la première sourate du Coran et une autre sourate [pendant chacune de ces deux raka‘at]248.
Et s’il n’arrive pas à dire les deux sourates, il pourra se contenter de dire la première sourate du Coran. Et dès que l’imam aura fini de faire at-taslim, il devra faire deux raka‘at pendant lesquelles il devra dire uniquement at-tasbih. Et s’il se joint à la prière au moment où l’imam commence à faire la quatrième rak‘a, il devra dire à voix basse la première sourate du Coran et une autre sourate.
Et dès que l’imam aura fini de faire at-taslim, il devra se lever pour faire une rak‘a pendant laquelle il devra dire la première sourate du Coran et une autre sourate. Et après avoir fait at-tachahhoud, il devra faire deux raka‘at pendant lesquelles il ne devra pas dire les sourates, [il devra seulement faire at-tasbih]. »249
Remarque : Si on tient compte des hadiths que nous avons cités dans le chapitre relatif à la récitation des sourates pendant la prière, on pourra dire que ce hadith veut seulement dire que celui qui arrivera en retard ne sera pas obligé de dire la première sourate du Coran pendant les deux dernières raka‘at qu’il fera individuellement.
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Si quelqu’un se joint en retard à une prière collective, il devra d’abord avoir an-niya (l’intention d’imiter l’imam) et prononcer takbirat-ul-ihram, ensuite il devra imiter l’imam tout en considérant les raka‘at qu’il fera avec celui-ci comme étant les premières raka‘at de sa prière. Et dès que l’imam aura fini de faire at-taslim, il devra se lever pour compléter sa prière.
Par exemple, si quelqu’un arrive au moment où l’imam commence à faire la deuxième rak‘a, il devra considérer cette rak‘a comme étant la première rak‘a de sa prière. Pendant celle-ci, il ne devra rien dire, car pendant les deux premières raka‘at c’est l’imam qui récite les sourates à la place de celui qui l’imite.
Et lorsque l’imam commencera à faire la troisième rak‘a il devra dire à voix basse les deux sourates, car pendant la troisième rak‘a, l’imam ne récite rien à la place de celui qui l’imite. Et s’il arrive au moment où l’imam commence à faire la troisième ou la quatrième rak‘a, il devra dire à voix basse les deux sourates.
• Si quelqu’un trouve l’imam en position du roukou‘, il devra seulement prononcer takbirat-ul-ihram et faire ar-roukou‘ avec l’imam. C’est-à-dire il ne sera pas obligé de réciter les deux sourates.
• Si quelqu’un n’a pas suffisamment de temps pour dire les deux sourates (c’est-à-dire s’il les dit toutes les deux il n’arrivera pas à faire ar-roukou‘ avec l’imam), il devra se contenter de dire la première sourate du Coran.
• Si quelqu’un se joint en retard à la prière collective, il devra dire à voix basse les sourates, et cela même si cette prière est celle qui se fait à haute voix comme la prière d’al-Maghrib ou celle d’al ‘icha’. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il devra dire à voix basse la première sourate du Coran et une autre sourate. »
La personne la plus apte à diriger la prière collective
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Le Prophète (saww) a dit : « Le plus apte à diriger la prière collective est celui qui récite le mieux le Coran. Et si [ceux qui veulent accomplir la prière collective] le récitent tous de la même façon, [ils devront imiter] le premier d’entre eux à avoir embrassé l’islam. Et s’ils sont tous devenus musulmans en même temps, [ils devront imiter] le plus âgé d’entre eux.
Et s’ils ont tous le même âge, [ils devront imiter] celui qui connaît mieux la sunna et le fiqh. Si vous êtes chez quelqu’un, laissez-le diriger lui-même la prière collective ; et si vous vous retrouvez au sein d’un gouvernorat, laissez le gouverneur la diriger lui-même. »»250
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le Prophète (saww) a dit qu’il est interdit de diriger une prière collective sans la permission de ceux qui veulent l’accomplir. »251
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Si plusieurs imams se retrouvent au même temps dans une mosquée, l’imam de celle-ci aura la priorité sur les autres.
• Le propriétaire de la maison a la priorité sur ses invités.
• L’imam qui procure de l’agrément aux gens a la priorité sur celui qui leur déplaît, même se celui-ci est plus savant que le premier.
• Celui qui récite le mieux le Coran a la priorité sur celui qui le récite mal, même si celui-ci est plus savant que le premier.
• Le premier à avoir embrassé l’islam a la priorité sur tous les autres.
• Le plus âgé a la priorité sur ceux qui sont moins âgés que lui.
• Le plus beau a la priorité sur ceux qui sont moins beaux que lui.
• Le Hachémite a la priorité sur les autres (par respect). Mais l’auteur d’al-masalik252 et l’auteur de misbah al-faqih253 ont dit que cet avis ne s’appuie sur aucune preuve. Et d’après l’auteur d’al-jawahir, l’auteur de l’ouvrage intitulé ar-rowadh a dit dans ce même ouvrage que la plupart des anciens jurisconsultes n’ont pas cité cet avis dans leurs ouvrages.
• Si, pendant la prière collective, l’imam doute de quelque chose, il devra recourir à celui qui l’imite pour enlever son doute. Et si c’est ce dernier qui doute de quelque chose, il devra recourir à l’imam pour enlever son doute. À ce propos cheikh al-Hamedani a dit dans misbah al-faqih : « Apparemment, il n’y a aucun avis différent de celui-ci.
Cet avis s’appuie sur le hadith où l’Imam (as) a dit : « L’imam ne doit jamais tenir compte de son doute. Et c'est pareil pour celui qui prie derrière un imam. »254
Comment se fait la prière pendant le voyage ?
Le raccourcissement de la prière
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Pendant le voyage toutes les prières se font en deux raka‘at qui ne doivent être précédées ou suivies d'aucune [rak‘a], sauf la prière d’al-Maghrib ; celle-ci se fait en trois raka‘at. »255
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Celui qui complétera256 sa prière pendant le voyage sera pareil à celui qui écoutera sa prière dans son lieu de résidence. »257
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
- Pendant le voyage, la prière du dhohr, celle d’al ‘asr et celle d’al ‘icha’ doivent être faites en deux raka‘at. Quant à la prière d’al-Maghrib, elle doit être faite en trois raka‘at.
Il convient de rapporter ici un dialogue qui a eu lieu entre l’Imam al-Baqir (as) et ses deux disciples Zourara et Mohammed Ibn Mouslim. Un jour, ils lui ont dit : « Comment se fait la prière pendant le voyage ? Et l’Imam (as) leur a dit : « Dieu a dit dans le Coran : « Quand vous parcourez la terre, il n'y a pas de mal à ce que vous écourtiez la prière. »
C’est-à-dire de même qu’il est obligatoire pour celui qui est dans son lieu de résidence de compléter sa prière, il est aussi obligatoire pour celui qui est en voyage de l’écourter. » Alors ils lui ont dit : « Mais Dieu a dit « Il n’y a aucun mal à ce que vous écourtiez la prière. » et il n’a pas dit : « Vous devez écouter la prière. » »
En réponse, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Dieu n’a-t-il pas dit : « En vérité, as-Safa et al-Marwa font partie des Repères [pour le culte] de Dieu : aussi n’y a-t-il aucun mal, pour qui vient faire al-Hajj ou al-‘omra, à ce qu’il aille et vienne de l’une jusqu’à l’autre ? » Et malgré ça, il est obligatoire de faire des allées et venues entre ces deux lieux, parce que Dieu a dit cela dans le Coran et le Prophète (saww) l’a fait.
Et c’est pour la même raison qu’il est obligatoire d’écourter la prière pendant le voyage. »258
Les prières surérogatoires qui ne doivent pas être accomplies
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Pendant le voyage, les prières obligatoires se font en deux raka‘at qui ne doivent être précédées ou suivies d'aucune [rak‘a]. Toutefois, [il convient de faire] quatre raka‘at après la prière d’al-Maghrib. Fais-les, que tu sois en voyage ou dans ton lieu de résidence. Tu n’as pas à compenser les prières surérogatoires de la journée. Fais celles de la nuit ; et si tu les manques, compense-les. »259
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (as) de lui dire si on peut faire les prières surérogatoires de la journée pendant le voyage, et l’Imam (as) lui a dit : « Si on peut accomplir les prières surérogatoires pendant le voyage, on pourra [à plus forte raison] compléter les prières obligatoires. »260
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Mon père faisait toujours treize raka‘at [surérogatoires] pendant la nuit, qu’il soit en voyage ou dans son lieu de résidence. »261 C’est-à-dire, il faisait la prière surérogatoire de la nuit (onze raka‘at) et la prière surérogatoire de l’aube (deux raka‘at).
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit que, pendant le voyage, on ne doit accomplir ni la prière surérogatoire du dhohr ni celle d’al ‘asr, et qu’il est permis de faire la prière surérogatoire de la nuit, celle d’al-Maghrib et celle de l’aube.
En ce qui concerne la prière surérogatoire d’al ‘icha’ (c’est-à-dire les deux raka‘at qui se font en position assise juste après la prière d'al ‘icha’), certains disent qu'il faut l'accomplir tandis que d'autres disent que le voyageur ne doit pas l'accomplir. À ce propos, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Plusieurs jurisconsultes ont dit que la fatwa la plus réputée est celle qui dit qu’on ne doit pas accomplir la prière surérogatoire d’al ‘icha’.
Et après avoir réfuté les arguments de ceux qui disent qu'il est permis de l'accomplir, ce même auteur a dit : « Il vaut mieux choisir le premier avis ». »262
Qu’entendent les jurisconsultes par le mot « voyageur » ?
Selon les jurisconsultes, il ne suffit pas d’aller à un lieu éloigné de celui où on réside pour être considéré comme un voyageur. D’après eux, pour être considéré comme un voyageur, il faut que les conditions suivantes soient réunies :
1- Avoir l’intention de parcourir une distance (aller et retour) supérieur ou égale à huit farasikh.
2- Le but du voyage doit être licite.
3- Avoir l’intention de rester au moins dix jours dans le lieu de destination.
D’après les jurisconsultes, on ne doit pas tenir compte de l’avis qui dit que le raccourcissement de la prière concerne l’époque où les hommes voyageaient à pied ou sur des montures, car l’esprit humain n’est pas à même de comprendre les principes qui fondent les préceptes de la loi islamique. Pour les comprendre, il est indispensable de recourir aux textes islamiques (c’est-à-dire les versets coraniques et les hadiths qui les expliquent).
Donc, si les textes disent qu’il est obligatoire d’écourter la prière après avoir parcouru telle distance, on ne devra l’écourter qu'après avoir parcouru une telle distance, que celle-ci soit parcourue en une seconde ou bien en une journée.
Et si par exemple, ils disent qu’il est obligatoire d’écourter la prière après une journée de voyage, on devra l’écourter après avoir fait une journée de voyage, que la distance parcourue pendant toute la journée soit égale à un farsakh ou bien à mille.
Quand est-ce qu’on doit écourter la prière ?
On ne devra écourter la prière que si les conditions suivantes sont réunies :
La distance à parcourir doit être supérieure ou égale à huit farasikh.263
D’après al-Fadh Ibn Chadhan, l’Imam Ar-Ridha (as) a envoyé à al-Ma’moun une lettre dans laquelle il lui a dit : « On écourte [la prière] lorsque la distance à parcourir est supérieure ou égale à huit farasikh. Et si tu écourtes [la prière], tu devras aussi rompre le jeûne. »264 Et d’après Mohammed Ibn Mouslim, l’Imam al-Baqir (as) a dit : « le raccourcissement de la prière est obligatoire [lorsque la distance à parcourir est égale à] deux barid. »265 Un barid est égal à quatre farasikh.
Certains hadiths disent que le raccourcissement de la prière dépend de la durée du voyage. Par exemple, dans le hadith rapporté par Ibn Yati, l’Imam Ar-Ridha (as) a dit : « le raccourcissement de la prière est obligatoire lorsque le voyage dure [au moins] une journée. »266 Il y a d’autres hadiths qui disent que le raccourcissement de la prière dépend à la fois de la durée du voyage et de la distance à parcourir.
À titre d’exemple, on pourra citer le hadith où l’Imam (as) a dit : « [Lorsque le voyage dure] toute une journée, ou bien [lorsque la distance à parcourir est égale à] deux barid. »267 En réponse à celui qui lui a dit : « Quand est-ce que le raccourcissement de la prière devient-il obligatoire ?»
On est obligé de donner une seule interprétation pour ces hadiths. On doit dire que le raccourcissement de la prière devient obligatoire lorsque la distance à parcourir est supérieure ou égale à huit farasikh. Il y a plusieurs preuves pour cela :
1- La longueur de la journée diffère d’une saison à l’autre.
2- Il y a deux hadiths qui disent qu’une journée de voyage correspond à une distance de huit farasikh. Le premier est rapporté par Abderrahmane Ibn al-Hajjaj. Celui-ci a dit : « J’ai dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Quand est-ce que le raccourcissement de la prière devient-il obligatoire ? » Et l’Imam (as) m’a dit : « D’habitude, lorsque [le voyage dure] toute une journée. »
Alors, je lui ai dit : « Certains parcourent quinze farasikh en une journée tandis que d’autres ne parcourent que quatre ou cinq. » Alors il m’a dit : « Il ne faut pas voir cela, il faut voir la marche de [ces bêtes] chargées entre la Mecque et Médine. » Puis, il a fait avec sa main un signe correspondant à vingt-quatre miles, ce qui équivaut à huit farasikh. »268
Le deuxième hadith est rapporté par Samaâ. Celui-ci a dit : « Je lui ai dit (c’est-à-dire à l’Imam (as)) : Quand est-ce que le voyageur doit-il écourter la prière ? » Et il m’a dit : « Lorsque [le voyage dure] une journée complète ; ce qui correspond à deux barid, c’est-à-dire huit farasikh. »»269
3- En une journée, le voyageur peut parcourir une distance de huit farasikh comme il peut parcourir une distance supérieure ou inférieure à celle-ci.
4- Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le raccourcissement de la prière devient obligatoire lorsque la distance à parcourir est supérieure ou égale à huit farasikh, et cela même si le voyage dure moins d’une journée.
En effet, l’auteur d’al-jawahir a dit : « Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le raccourcissement de la prière devient obligatoire lorsque la distance à parcourir est supérieure ou égale à huit farasikh, et cela même si on la parcourt en moins d’une journée. »270 Quant à l’auteur de misbah al-faqih, il a dit : « Ce qui compte, c’est la distance à parcourir pendant le voyage.
Celle-ci doit être supérieure ou égale à huit farasikh. Peu importe le temps à mettre pour la parcourir (une journée, moins d’une journée ou plus d’une journée). »271
Suffit-il que la distance aller et retour soit égale à huit farasikh ?
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Quelle est la distance minimale que doit parcourir un voyageur pour qu’il soit obligé d’écourter la prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Un barid à l’aller et un barid au retour. »272
Quelqu’un lui dit aussi : « Quand est-ce qu’on doit écourter la prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Lorsque la distance [à parcourir] est égale à quatre farasikh »273
Quelqu’un a posé cette même question à l’Imam al-Baqir (as), et celui-ci lui a dit : « Un barid. » Alors, la même personne lui a dit : « Un barid seulement ?!» Et l’Imam (as) lui a dit : « Il a fait un barid à l’aller et un barid au retour ; c’est-à-dire il a voyagé pendant toute la journée. »274
Les jurisconsultes sont unanimes à dire ceci :
• le raccourcissement de la prière devient obligatoire lorsque la distance minimale à parcourir est égale à huit farasikh, que cette distance soit parcourue à l’aller seulement ou bien entre l’aller et le retour (c’est-à-dire quatre farasikh ou plus à l’aller et quatre farasikh ou moins au retour).
• Si la distance à parcourir entre l’aller et le retour est égale à huit farasikh, le voyageur ne devra écourter la prière que si la distance entre le lieu de départ et la destination est supérieure ou égale à quatre farasikh, et à condition qu’il revienne à son lieu de résidence dans les vingt-quatre heures.
• Le voyageur ne devra écouter la prière ou rompre le jeûne que s’il a l’intention de rester au moins dix jours dans le lieu de destination.
• Si quelqu’un fait plusieurs fois l’aller et le retour entre deux endroits séparés par une distance inférieure à quatre farasikh, il ne devra pas écourter la prière. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Un barid à l’aller et un barid retour. »
Question : Si la distance à parcourir à l’aller est inférieure à quatre farasikh et la distance entre l’aller et le retour est supérieure ou égale à huit farasikh (c’est-à-dire la distance à parcourir au retour est supérieure à quatre farasikh), le voyageur devra-t-il écourter la prière ?
Réponse : Les avis des jurisconsultes divergent sur ce point. L’auteur d’al-‘ourwa al-wouthqa a dit : « La fatwa qui dit qu’il devra écourter la prière et rompre le jeûne est plus juste. »275
Question : Si la distance à parcourir entre l’aller et le retour est égale à huit farasikh, et le voyageur ne revient pas dans les vingt-quatre heures, et il n’a pas l’intention de rester au moins dix jours dans le lieu de destination, devra-t-il écourter la prière ?
Réponse : Les avis des jurisconsultes divergent sur ce point. L’auteur d’al-jawahir a dit : « Il devra écourter la prière et rompre le jeûne, car ce qui compte c’est avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh, que ce soit en une journée ou bien en plus d’une journée. »276
Avoir l’intention de parcourir une distance de huit farasikh
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un part de Bagdad dans l’intention de rattraper une personne et arrive jusqu’à Nahrawan, devra-t-il écourter la prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Il ne devra ni écourter la prière ni rompre le jeûne, car en sortant de sa maison, il n’avait pas l’intention de parcourir une distance de huit farasikh ; il voulait seulement rattraper son compagnon, et il a marché jusqu’à cet endroit-là. »277
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• Pour être obligé d’écourter la prière, il faut avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh (que ce soit à l’aller seulement ou bien entre l’aller et le retour), et cela avant d’entamer le voyage. Donc, si quelqu’un part à la recherche d’une chose sans avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh, il ne devra pas écourter la prière.
Mais s’il parcourt une telle distance (sans avoir eu l’intention de la parcourir), il devra écourter la prière car, dans ce cas-là, il sera concerné par les hadiths relatifs à le raccourcissement de la prière. Toutefois, il ne devra pas écourter la prière avant le retour.
• Si, après avoir parcouru une distance inférieure à huit farasikh, quelqu’un décide de parcourir une distance qui complétera celle qui sera parcourue au retour (c’est-à-dire en parcourant ces deux distances, le voyageur aura parcouru au moins huit farasikh), il devra écourter la prière et rompre le jeûne, mais à condition qu’il décide au même temps de revenir chez lui à la fin du voyage.
En un mot, il devra avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh. Donc, si par exemple quelqu’un décide de parcourir quatre farasikh et, après avoir parcouru une telle distance, il décide de parcourir six autres farasikh, il ne devra pas écourter la prière.
• Le voyageur doit avoir an-niya (c’est-à-dire l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh) tout au long du voyage. C’est-à-dire s’il renonce à son intention au milieu du chemin, il ne devra pas écourter la prière.
• Il n’est pas obligatoire d’avoir l’intention d’atteindre un endroit bien précis. Ce qui compte c’est d’avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh. Par exemple, si quelqu’un décide de partir à Damas et, au milieu du chemin, il change de décision (par exemple, il décide d’aller au Caire), il devra écourter la prière.
• Si quelqu’un accompagne un voyageur (par exemple, son épouse), il devra avoir l’intention de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh (c’est-à-dire s’il n’a pas une telle intention, il ne devra pas écourter la prière). De même, si quelqu’un est contraint de parcourir une telle distance (par exemple, un prisonnier), il devra avoir l’intention de parcourir une telle distance.
Ne pas avoir l’intention de rester plus de dix jours dans le lieu de destination.
Pour que le voyageur puisse écourter la prière, il ne devra pas avoir l’intention de rester plus de dix jours dans le lieu de destination. En effet, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu entres dans une ville tout en ayant l’intention d’y rester [au moins] dix jours, tu devras compléter la prière.
Mais si tu as l’intention d’y rester moins de dix jours, tu devras l’écourter. Et si tu n’arrives pas à prendre la décision d’y rester [au moins] dix jours, tu devras écourter ta prière. Mais, après un mois de séjour, tu devras compléter la prière [même si ton hésitation persiste]. »278
En s’appuyant sur ce hadith, les jurisconsultes ont dit ceci :
- Si quelqu’un décide de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh tout en ayant l’intention de rester au moins dix jours dans le lieu de destination, il devra compléter la prière. Et s’il décide à nouveau de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh à partir de ce lieu-là, il devra écourter la prière.
- Si quelqu’un parcourt une distance supérieure ou égale à huit farasikh mais, en arrivant à la destination, il n’arrive pas à prendre la décision d’y rester au moins dix jours, il devra écourter la prière. Mais, après un mois de séjour, il devra compléter la prière, même s’il ne veut y rester qu’une heure de plus.
Qu’entendent les jurisconsultes par l’expression « le lieu de résidence » ?
Par l’expression « le lieu de résidence », les jurisconsultes désignent le lieu où on habite effectivement durant un certain temps, même si on n’y possède rien. On peut avoir plusieurs lieux de résidence (par exemple, lorsque quelqu’un choisit de passer l’été dans un endroit, et l’hiver dans un autre endroit, durant toute sa vie). Et si quelqu’un quitte son lieu de résidence pour s’établir dans un autre, il ne sera plus considéré comme un habitant du premier lieu, même s’il possède une maison dans ce lieu-là.
Si un voyageur arrive à son lieu de résidence, il devra compléter la prière. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. À ce propos, l’auteur de miftah al-karama a dit : « La plupart des jurisconsultes ont dit qu’il suffit que quelqu’un possède un seul palmier dans un lieu pour qu’il puisse considérer celui-ci comme son lieu de résidence, mais à condition qu’il passe au moins six mois dans ce lieu-là.
Cet avis est adopté par al ‘Allama al-Hilli, al-Mouhaqqiq al-Hilli et ceux qui sont venus après eux. L’auteur de l’ouvrage intitulé at-tadhkira a dit : « D’après nos jurisconsultes, si un voyageur traverse un lieu où il possède quelque chose et où il a déjà passé au moins six mois, il devra compléter sa prière dans ce lieu-là, et cela même s’il n’a pas l’intention d’y rester. » Selon l’auteur de l’ouvrage intitulé ar-rowadh, cet avis fait l’unanimité. »279
Le but du voyage doit être licite
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un fait un voyage, il devra écourter la prière et rompre le jeûne, sauf s’il le fait dans le but de chasser, de commettre un péché, d’assouvir sa haine, de calomnier ou de faire du mal aux musulmans, ou bien s’il est envoyé par une personne qui veut se servir de lui pour commettre un acte interdit. »280
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si quelqu’un fait un voyage d’une journée dans le but de chasser, devra-t-il écourter sa prière ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « S’il part [à la chasse] dans le but de pourvoir à la subsistance de sa famille, il devra écourter la prière et rompre le jeûne. Mais s’il part [à la chasse] tout en ayant de quoi nourrir sa famille, il ne devra pas écourter la prière ; et il n’acquerra aucun honneur. »281
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
• Si quelqu’un part en voyage dans le but d’accomplir un acte interdit par la loi islamique (par exemple, pour vendre des boissons alcoolisées ou tuer un innocent…), il ne devra ni écourter la prière, ni rompre le jeûne. Et s’il part en voyage dans un but licite mais, au milieu du chemin, il commet un acte interdit par la loi islamique, il devra écourter la prière et rompre le jeûne.
• Si quelqu’un part en voyage dans le but de commettre un acte interdit par la loi islamique mais, au milieu du chemin, il change d’intention, il devra considérer l’endroit où il a changé d’intention comme étant le lieu de départ. Et si, après avoir changé d’intention, il décide de parcourir une distance supérieure ou égale à huit farasikh, il devra écourter la prière et rompre le jeûne.
• Si quelqu’un part en voyage dans un but licite mais, pendant le voyage, il change d’intention (c’est-à-dire le but de son voyage devient illicite), il ne devra ni écourter la prière, ni rompre le jeûne, et cela même si la distance qu’il a parcourue jusqu’à l’endroit où il a changé d’intention est supérieure ou égale à huit farasikh.
Doit-on écourter la prière lorsqu'on part pour la chasse ?
- Si quelqu’un part à la chasse afin de se procurer de la nourriture, il devra écourter la prière et rompre le jeûne. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
• Selon la plupart des anciens jurisconsultes, il est interdit de chasser dans le but de faire du commerce. Et si quelqu’un effectue un voyage dans ce but, il ne devra pas écourter la prière, mais il devra rompre le jeûne. Et d’après les jurisconsultes de l’époque récente, il est permis de faire la chasse dans ce même but. Et si quelqu’un le fait, il devra écourter la prière et rompre le jeûne.
Quant à nous, nous sommes avec les jurisconsultes de l’époque récente, et cela pour la même raison citée dans le chapitre « La compensation de la prière. » Et à notre avis, la fatwa des anciens jurisconsultes est en contradiction avec le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu écourtes [la prière], tu devras aussi rompre le jeûne ; et si tu romps le jeûne, tu devras aussi écourter [la prière]. »
• La plupart des jurisconsultes (tant les anciens que ceux de l’époque récente) ont dit qu’il est interdit de chasser pour le plaisir. Mais cheikh al-Hamedani a dit : « On a rapporté que al-Mouqaddis al-Baghdadi a rejeté catégoriquement cet avis. D’après lui, de même qu’il est permis de faire une promenade ou une chevauchée, il est permis de faire une partie de chasse. »282
Il parait que cheikh al-Hamedani a admis cet avis car, selon lui, les hadiths d’Ahl-ul-bayt (as) ne disent pas qu’il est interdit de faire la chasse.
Question : Si un voyageur complète sa prière en croyant que le but de son voyage est illicite, et se rend compte par la suite qu'il est permis de voyager dans un tel but, devra-t-il refaire sa prière ? Et s’il n’a pas fait la prière en son temps, comment devra-t-il la compenser ?
Réponse : Il devra refaire sa prière (c’est-à-dire il devra faire une prière écourtée), car les préceptes de la loi islamique dépendant de la réalité en tant que telle et non pas de ce nous croyons être la réalité.
Celui qui est tout le temps en voyage
Si quelqu’un est tout le temps en voyage, il ne devra pas écourter la prière. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Les nomades ne doivent pas écourter la prière, car ils portent leur maison avec eux. »283 et le hadith où il a dit : « Le loueur de montures, celui qui dirige les montures louées, le facteur, le berger et le navigateur doivent tous compléter leurs prières, qu'ils soient en voyage ou dans leur lieu de résidence, car le voyage [fait partie de] leur travail. »284
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
Celui qui n’a pas une demeure fixe (par exemple, un nomade) celui qui travaille dans le transport (comme le taxieur ou le navigateur) et le marchand ambulant ne doivent ni écourter la prière, ni rompre le jeûne. Si l’un de ces deux derniers reste dix jours dans son lieu de résidence, il devra écourter la prière lors de son premier voyage (c’est-à-dire le premier voyage qu’il fera après ce séjour), et il ne devra pas l’écourter lors du second voyage.
En cela, il n’y a aucune différence entre celui qui avait l’intention de passer dix jours dans son lieu de résidence et celui qui n’avait pas une telle intention. Et s’il reste dix jours dans un autre lieu, il ne devra pas écourter la prière. Cet avis est adopté par plusieurs jurisconsultes. Certains ont même prétendu qu’il fait l’unanimité. Mais il n’a été cité dans aucun hadith.
À mon avis, si un commerçant ambulant ou quelqu’un qui travaille dans le transport reste dix jours dans un lieu quelconque (que ce soit dans son lieu de résidence ou dans un autre lieu), il devra écourter la prière, même s'il n'avait pas l'intention d'y rester dix jours, car le hadith sur lequel s’est appuyé cheikh al-Hamedani et d’autres jurisconsultes ne dit pas qu’il faut avoir l’intention d’y rester dix jours.
En effet, en réponse à celui qui lui a dit : « Quand est ce que le loueur de montures devra-t-il écourter la prière et rompre le jeûne ? », l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « À chaque fois que le loueur de montures reste dans sa maison ou dans une ville moins de dix jours, il ne devra ni écourter la prière, ni rompre le jeûne. Et s’il reste plus de dix jours (c’est-à-dire au moins dix jours), Il devra écourter la prière et rompre le jeûne. »285
À propos de ce hadith, l’auteur de misbah al-faqih : « Bien que ce hadith ait été rapporté par des gens qui ne sont pas dignes de confiance, les jurisconsultes l’ont pris en considération (c’est-à-dire que leur fatwa est conforme à ce hadith). »286 Mais à mon avis, ceux qui ont rapporté ce hadith sont dignes de confiance. Donc, il ne convient pas de douter de son authenticité, d’autant plus que les jurisconsultes l’ont pris en considération.
Celui qui travaille loin de son lieu de résidence
Si quelqu’un est obligé de se déplacer une ou plusieurs fois par semaine entre son lieu de résidence et son lieu de travail situé à une distance supérieure ou égale à huit farasikh, devra-t-il écourter la prière ?
Réponse : En s’appuyant sur certains hadiths, les jurisconsultes ont dit qu’une telle personne devra écourter la prière et rompre le jeûne, parce que le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Car le voyage [fait partie de] leur travail » concerne uniquement celui qui est tout le temps en déplacement (comme le taxieur, le marchand ambulant…).
Il faut atteindre un endroit d’où on ne peut ni voir son lieu de résidence, ni entendre al-adhan de ce lieu-là.
Le voyageur ne devra écourter la prière et rompre le jeûne qu’après avoir atteint un endroit d’où il ne pourra ni voir son lieu de résidence, ni entendre l’appel à la prière qu’on fait dans ce même lieu. Et s’il rentre du voyage, il devra compléter la prière et observer le jeûne dès qu’il atteindra un endroit d’où il pourra voir son lieu de résidence et entendre al-dhan qu’on fait dans ce même lieu.
La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Dès que [le voyageur] atteindra un endroit d’où il ne pourra pas voir les maisons [de son lieu de résidence], il devra écourter la prière. »287 et celui où il a dit : « Si tu te retrouves dans un endroit d’où tu pourras entendre al-adhan [de ton lieu de résidence], tu devras compléter ta prière. Et si tu te retrouves dans un endroit d’où tu ne pourras pas l’entendre, tu devras écourter ta prière. Et c’est la même chose lorsque tu rentres de ton voyage. »288
Les jurisconsultes ont tous pris en considération ces deux hadiths, mais ils les ont interprétés différemment. Certains ont dit que chacun de ces deux hadiths restreint la portée de l’autre.
À mon avis, l’Imam as-Sadiq (as) veut seulement dire qu’on ne peut être considéré comme voyageur qu’après avoir parcouru une certaine distance. Et dans chacun de ces deux hadiths, l’Imam (as) a donné un des signes permettant au voyageur de savoir s’il a parcouru une telle distance ou pas.
Selon la règle al-istishab, si quelqu’un doute d’avoir parcouru une telle distance, il ne devra ni écourter la prière, ni rompre le jeûne. Et si une personne rentrant du voyage doute d’avoir atteint l’endroit d’où il pourra voir son lieu de résidence ou entendre al-adhan qu’on fait dans ce même lieu, il ne devra pas compléter la prière et il ne sera pas obligé d’observer le jeûne.
Les préceptes concernant la prière du voyageur
Si le voyageur écourte la prière, il devra aussi rompre le jeûne.289 La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu écourtes la prière, tu devras [aussi] rompre le jeûne ; et si tu romps le jeûne, tu devras [aussi] écourter la prière. »290
Dans certains lieux, le voyageur pourra compéter sa prière (et il est préférable qu’il fasse une prière complète). Ces lieux sont : La Mecque, Médine, la mosquée d’al-Koufa et le mausolée de l’Imam al-Hussein (as). À ce propos l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Parmi les choses qui ne sont connues que par Dieu, la raison pour laquelle [il est prescrit au voyageur de] compléter la prière dans les quatre lieux suivants : La Mecque, Médine, la mosquée de l’Imam Ali (as) et le mausolée de son fils al-Hussein (as). »291 Il y a plusieurs hadiths dans ce sens.
Si un voyageur complète sa prière tout en sachant qu’il doit l’écourter, sa prière sera incorrecte. Et s’il fait cela par ignorance, sa prière sera correcte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. La preuve pour cela, est un hadith de l’Imam as-Sadiq (as). En effet, en réponse à celui qui l’a interrogé à propos d’un homme qui a jeûné pendant le voyage, l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « S’il sait que le Prophète (saww) a interdit de faire une telle chose, il devra compenser [le jeûne]. Et s’il ignore cela, il ne devra pas le compenser. »292
Il y a plusieurs hadiths dans ce sens. Et même s’ils se rapportent tous au jeûne, tous les jurisconsultes ont dit qu’ils concernent aussi la prière. Leur preuve est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si tu écourtes la prière, tu devras [aussi] rompre le jeûne ; et si tu romps le jeûne, tu devras [aussi] écourter la prière. »
Certains diront peut-être : « Cet avis contredit la règle selon laquelle les préceptes de la loi islamique concernent aussi bien ceux qui les connaissent et ceux qui les ignorent. »
À ceux-là, je dirai ceci : Cette règle ne s’applique pas à notre cas, car certains hadiths laissent croire que Dieu a voulu accorder une faveur à celui qui ignore que le voyageur doit écourter la prière et rompre le jeûne.
- Si un voyageur se rend compte qu’il n’a pas écourté sa prière, il devra la refaire, à moins qu’il ne soit trop tard pour la faire en son temps. Dans ce cas-là, il ne sera pas obligé de la compenser. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Que devra faire un homme s’il fait quatre raka‘at pendant le voyage ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « S’il se rend compte [de son erreur] le jour même, il devra refaire la prière. [Et s’il se rend compte de cela] en dehors du moment de la prière, il ne sera pas obligé [de la refaire]. »293
Question : Si quelqu’un part en voyage après al-adhan et reporte la prière jusqu’au dernier moment, devra-t-il faire une prière écourtée ou bien une prière complète ? Et si quelqu’un entend al-adhan pendant le voyage et reporte la prière jusqu’à ce qu’il arrive chez-lui, devra-t-il faire une prière écourtée ou bien une prière compète ?
Réponse : Les avis jurisconsultes divergent sur ce point. Certains ont dit que cela dépend du lieu où il accomplira sa prière. C’est-à-dire s’il l’accomplit dans son lieu de résidence, il devra la compléter ; et s’il l’accomplit loin de son lieu de résidence, il devra l’écourter. D’autres jurisconsultes ont dit que cela dépend du lieu où il était au premier moment de la prière.
C’est-à-dire s’il était dans son lieu de résidence, il devra compléter sa prière ; et s’il était loin de chez lui, il devra l’écourter. D’autres ont dit qu’il a le choix, et d’autres ont deux fatwas différentes : l’une concerne celui qui rentre du voyage, et l’autre concerne celui qui part en voyage. Quant à nous, nous avons opté pour le premier avis.
Question : Si, après avoir pris la décision de rester dix jours dans une ville, le voyageur sort de celle-ci et parcourt une distance inférieure à quatre farasikh, devra-t-il écourter sa prière et rompre le jeûne lorsqu’il reviendra à cette même ville ?
Réponse : Les avis des jurisconsultes divergent sur ce point. Le plus juste est celui de l’auteur d’al-‘ourwa al-wouthqa.294 D’après lui, si ce voyageur revient le même jour, il devra compléter la prière et observer le jeûne car, en parcourant une telle distance, les gens ne le considéreront pas comme un voyageur.
Quant à cheikh an-Na’ini, il a dit dans l’ouvrage où il a annoté al-‘ourwa al-wouthqa : « Vraisemblablement, il devra compléter la prière et observer le jeûne même s’il avait l’intention de passer la nuit dans le lieu où il s’est rendu. »
Si un voyageur décide de passer dix jours dans une ville mais, avant d’accomplir une prière complète dans celui-ci, il change de décision, il devra écourter sa prière. Et s’il change de décision après avoir accompli une prière complète dans cette ville, il devra compléter les autres prières. La preuve pour cela est un hadith rapporté par Abou Ouelled.
Un jour, celui-ci a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Si j’entre dans une ville tout en ayant l’intention d’y rester dix jours et, après avoir fait une prière compète je change de décision, devrai-je compléter les prières suivantes ou les écourter ? »
Et l’Imam (as) lui a dit : « Si tu fais une seule prière complète dans cette ville, tu ne devras écourter ta prière qu’après l’avoir quittée. Et si tu entres [dans cette ville] tout en ayant l’intention d’y rester et, avant de faire une prière complète, tu changes de décision, tu pourras compléter tes prières, mais à condition que tu aies l’intention d’y rester dix jours. Et si tu n’as pas l’intention d’y rester (c’est-à-dire en cas d’hésitation), tu devras écourter ta prière. Toutefois, après un mois de séjour, tu devras compléter la prière. »295
La prière du vendredi
L’importance de la prière du vendredi
Dieu a dit dans le Coran :
« Ô vous, les croyants ! Quand on vous appelle à la prière du vendredi, accourez à l'invocation de Dieu ! Interrompez tout négoce. Cela vaut mieux pour vous, si vous saviez. » (62:9)
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Celui qui ratera trois prières du vendredi sans aucune raison valable, Dieu scellera son cœur. »296
Zourara a dit : « A force que l’Imam as-Sadiq (as) nous a incités à participer à la prière du vendredi, j’ai pensé qu’il voulait que nous nous rendions chez lui. Alors, je lui ai dit : « Veux-tu que nous venions chez toi ? » Il m’a dit : « Non, je veux seulement [que vous l’accomplissiez] chez vous. »»297
La façon dont se fait la prière du vendredi
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « La prière du vendredi se fait derrière l’imam et en deux raka‘at. »298
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Si la prière du vendredi se fait en deux raka‘at, c’est parce que les deux sermons sont considérés comme une prière, et cela jusqu’à ce que l’imam descende d’al-minbar (la tribune). »299
Il a dit aussi : « [Il convient que] l’imam porte un manteau oriental et se coiffe d’un turban. [Il convient aussi] qu’il s’appuie sur un arc ou sur un bâton, et s’asseoir un petit moment entre les deux sermons. Il devra dire les sourates à haute voix, et [il est recommandé] qu’il fasse al-qounout juste avant de faire ar-roukou‘ de la première rak‘a. »300
Un jour Mohammed Ibn Mouslim a interrogé l’Imam as-Sadiq (as) sur la prière du vendredi, et l’Imam (as) lui a dit : « Après al-adhan, l’imam doit monter sur al-minbar pour prononcer [les deux sermons]. Tant qu’il est sur celui-ci, les gens ne doivent pas faire la prière. [Après le premier sermon], l’imam devra s’asseoir sur al-minbar un moment suffisant pour réciter la sourate « Qoul houa Allahou Ahad. »
Ensuite, il devra se mettre debout pour prononcer le deuxième sermon. [À la fin de celui-ci], il devra descendre pour diriger la prière. [Il lui est recommandé de] réciter la sourate al-Joumou‘a pendant la première rak‘a et la sourate al-Mounafiqoun pendant la deuxième rak‘a. »301
Les jurisconsultes ont dit ceci :
• La prière du vendredi se fait en deux raka‘at. Elle remplace la prière du dhohr.
• Pendant la prière du vendredi, il est recommandé à l’imam de dire les sourates à haute voix. Il lui est recommandé de réciter la sourate al-Joumou‘a pendant la première rak‘a et la sourate al-Mounafiqoun pendant la deuxième rak‘a.
• Il y a un avis qui dit qu’il est recommandé de faire deux qounout pendant la prière du vendredi : le premier juste avant le premier roukou‘, et le deuxième juste avant le deuxième roukou‘. À propos de cet avis, l’auteur de l’ouvrage intitulé al-madarik a dit : « Cette fatwa s’appuie sur un hadith qui n'est pas authentique. »302
Et d’après lui, cheikh as-Sadouq a dit : « À mon avis, al-qounout doit être fait juste avant ar-roukou‘ de la deuxième rak‘a, que ce soit pendant la prière du vendredi ou bien pendant les autres prières. Cet avis est adopté par tous mes maîtres (que Dieu leur accorde sa miséricorde). »
Quant à cheikh al-Moufid et d’autres jurisconsultes, ils ont dit : « D’après de nombreux hadiths, on doit faire seulement un qounout pendant la prière du vendredi, et cela pendant la première rak‘a. »303
Quant à nous, nous approuvons l’avis de cheikh as-Sadouq, parce qu’il est conforme au hadith authentique rapporté par Mou‘aouiya Ibn Ammar et où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Je ne connais de qounout que celui qui se fait avant ar-roukou‘. »304
Quand est-ce que la prière du vendredi est-elle obligatoire ?
Pour que la prière du vendredi soit obligatoire, il faut que les conditions suivantes réunies :
1- La présence de l’Imam (as)
La prière du vendredi n’est obligatoire que lorsque l’Imam (as) ou un imam désigné par celui-ci est présent. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis. À propos de cet avis, al-Mouqaddas al-Ardabili a dit dans l’ouvrage intitulé charh al-irchad : « Cet avis ne s’appuie sur aucune preuve, sauf al-ijma‘ »
Question : Est-il permis d’accomplir la prière du vendredi avant l’Apparition de l’Imam al-Mahdi (as) ?
Réponse : Les avis des jurisconsultes divergent sur ce point. Certains (comme cheikh at-Tossi) ont dit qu’il est permis de l’accomplir, et d’autres (comme ach-Charif al-Mortadha) ont dit qu’il n’est pas permis de l’accomplir. Mais d’après al ‘Allama al-Hilli, l’avis le plus célèbre est celui qui dit qu’on a le choix entre les deux prières (c'est-à-dire la prière du vendredi et celle du dhohr).305
Ce qui permet de dire qu’il est permis d’accomplir la prière du vendredi avant l’Apparition de l’Imam al-Mahdi (as) est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si sept [croyants] se rassemblent dans un endroit sûr, ils pourront désigner l’un d’entre eux comme imam. »306 Cela veut dire que l’imam n’est pas obligé d’être désigné par l’Imam (as). D’ailleurs, aucun savant n’a dit que les Imams (as) chargeaient des personnes pour diriger la prière du vendredi.
À propos de cet avis, cheikh al-Hamedani a dit dans misbah al-faqih : « Il ne convient pas de remettre en question cet avis, ni l’avis qui dit que celui qui accomplira la prière du vendredi n’aura pas besoin d’accomplir celle du dhohr. »307
2- La présence d’un nombre suffisant de personnes
Pour pouvoir accomplir la prière du vendredi, la présence de cinq hommes au minimum est indispensable. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si cinq personnes ou plus se rassemblent le vendredi, elles pourront accomplir la prière du vendredi. Et si elles sont moins de cinq, elles ne pourront pas l’accomplir. »308
Il y a certains hadiths qui exigent la présence de sept personnes au minimum, et il y a un hadith où sont cités les deux nombres cinq et sept. Il s’agit du hadith authentique rapporté par Zourara. Celui-ci a dit : « Un jour, j’ai dit à l’Imam al-Baqir (as) : « Quand est-ce que la prière du vendredi est-elle obligatoire ? » Et l’Imam (as) a dit : « Lorsqu’il y a sept musulmans. Mais pour que la prière du vendredi soit correcte, il faut que l’imam et ceux qui l’imitent soient au minimum en nombre de cinq. »»309
Ces hadiths ont été interprétés par plusieurs jurisconsultes de la façon suivante : les hadiths qui exigent la présence de sept personnes au minimum concernent l’époque où les Imams (as) étaient présents, et ceux qui exigent la présence de cinq personnes au minimum concernent l’époque où les croyants ont le choix entre la prière du dhohr et celle du vendredi (c’est-à-dire avant l’Apparition de l’Imam al-Mahdi (as)).
Cet avis s’appuie sur le hadith rapporté par Zourara et le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si cinq personnes entre lesquelles se trouve l’Imam (ou l’imam)310 se rassemblent, ils pourront accomplir la prière du vendredi. »311
Les conditions concernant la prière du vendredi
1- La prononciation des deux sermons
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Lors de la prononciation des sermons du vendredi, l’imam doit se tenir debout. Il devra d’abord louer Dieu et exhorter les gens à être pieux, ensuite il devra citer une petite sourate puis s’asseoir [un petit moment]. Après cela, il devra se lever [pour prononcer le deuxième sermon] durant lequel il devra louer Dieu, prier sur le Prophète (saww) et les Imam (as) et demander à Dieu de pardonner aux croyants et aux croyantes.
À la fin [du deuxième sermon], le muezzin devra faire l’appel à la prière après lequel l’imam devra diriger une prière de deux raka‘at. Pendant la première, il récitera la sourate al-Joumou‘a et, pendant la deuxième, il récitera la sourate al-Mounafiqoun. »312
Les jurisconsultes ont considéré la prononciation des deux sermons comme étant une condition nécessaire pour que la prière du vendredi soit correcte, mais, en vérité, les deux sermons font partie de celle-ci.
Quoi qu’il en soit, les deux sermons doivent être prononcés lorsque le soleil commence à décliner vers l’ouest et avant de faire les deux raka‘at.
Pendant la prononciation des deux sermons, l’imam doit se tenir debout, sauf s’il est incapable de le faire. Il devra louer Dieu, prier sur le Prophète (saww) et Ahl-ul-bayt (as) et réciter un verset coranique ou bien une petite sourate. Entre les deux sermons, l’imam doit s’asseoir un petit moment.
Il est recommandé que l’imam soit un orateur éloquent et quelqu’un qui respecte les moments de la prière. Il est aussi recommandé que l’imam porte un manteau yéménite et se coiffe d’un turban, que ce soit en hiver ou en été.
2- La prière doit se faire collectivement.
Les jurisconsultes des deux écoles (sunnite et chiite) sont unanimes à dire que la prière du vendredi ne pourra être correcte que si elle est faite collectivement.
3- Il faut que la mosquée où on la fait soit éloignée des autres mosquées.
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si la distance séparant deux groupes [de musulmans] est égale à trois miles, chacun des deux groupes pourra accomplir la prière du vendredi. »313
Si deux groupes de musulmans accomplissent simultanément la prière du vendredi dans deux lieux séparés par une distance inférieure à un farsakh, les deux prières seront incorrectes. Mais si l’un des deux groupes commence la prière avant l’autre, la prière du premier groupe sera correcte et celle du deuxième sera incorrecte, et cela même si le premier groupe n’a précédé le deuxième que de takbirat-ul-ihram.
4- La prière doit être faite à temps
Le moment de la prière du vendredi débute à l’instant où soleil commence à décliner vers l’ouest, et se prolonge jusqu’ à l’instant où l’ombre de chaque chose fait le double de la hauteur de celle-ci.
Qui doit accomplir la prière du vendredi ?
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « Dieu a prescrit aux gens trente-cinq prières par semaine, l’une d’entre elles ne peut être accomplie que collectivement, à savoir : la prière du vendredi. L’accomplissement de celle-ci est obligatoire pour tout le monde, sauf pour les enfants, les vieux, les fous, les voyageurs, les esclaves, les femmes, les malades, les aveugles et ceux qui habitent à une distance égale à deux farasikh. »314
Les jurisconsultes ont tous pris en considération ce hadith, mais ils ont exclu aussi les boiteux, alors que, à ma connaissance, ceux-ci n’ont été cités dans aucun hadith.
Les jurisconsultes sont unanimes à dire ceci :
• Ceux qui sont exclus par ce hadith peuvent participer à la prière du vendredi, c’est-à-dire s’ils l’accomplissent, ils n’auront pas besoin de faire la prière du dhohr.
• Si le nombre de participants est insuffisant, il ne pourra pas être complété par des personnes appartenant à l’une des catégories exclues par ce hadith.
• Si quelqu’un ne fait pas la prière du vendredi à temps, il ne pourra pas la compenser. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un n’accomplit pas la prière avec l’imam [et la fait tout seul], sa prière ne sera pas acceptée, mais il ne sera pas obligé de la compenser. »315
La prière de l’Aïd607
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « L’accomplissement de la prière de l’Aïd et celle de l’éclipse est obligatoire. »316
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « La prière de l’Aïd ne peut être accomplie qu’avec l’imam. Mais il n’y a aucun mal à ce que tu la fasses tout seul. »317
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Comment se fait la prière de l’Aïd ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « La prière [de l’Aïd] ne se fait qu’avec l’imam. »318
Lorsque l’Imam (as) ou un imam désigné par celui-ci est présent, l’accomplissement de la prière de l’Aïd al-fitr (la fête de la rupture du jeûne) et celle de l’Aïd al-adhha (la fête du sacrifice) devient obligatoire. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
La plupart des jurisconsultes ont dit qu’il est recommandé d’accomplir la prière de l’Aïd avant l’Apparition de l’Imam al-Mahdi (as), que ce soit collectivement ou individuellement.
Toutes les conditions citées dans le chapitre « La prière du vendredi » concernent aussi la prière de l’Aïd, sauf que le moment de celle-ci commence au lever du soleil et se termine à midi.
Si quelqu’un rate la prière de l’Aïd (que ce soit volontairement ou involontairement), il ne sera pas obligé de la compenser. La preuve pour cela est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si quelqu’un n’accomplit pas la prière avec l’imam [et la fait tout seul], sa prière ne sera pas acceptée, mais il ne sera pas obligé de la compenser. »319
D’après les jurisconsultes, ce hadith ne concerne pas les prières quotidiennes. Donc, il n’est pas en contradiction avec le hadith qui dit : «« Si quelqu’un manque une prière, il devra la compenser [avec une prière] pareille à celle qu’il a manquée. »320, car celui-ci concerne les prières quotidiennes, et le premier concerne les autres prières.
La façon dont se fait la prière de l’Aïd
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « La prière de l’Aïd se fait sans al-adhan et sans al-iqama. Mais avant de commencer à la faire, quelqu’un doit dire trois fois et à haute voix : «as-salat ! » »321
L’Imam al-Baqir (as) a dit : « La prière de l’Aïd [se fait de la façon suivante] : l’imam doit d’abord faire takbirat-ul-ihram, ensuite il devra réciter la première sourate du Coran et la sourate « sabbih isma rabbika al-a‘la. » Après cela, il devra faire cinq fois de suite at-takbira et al-qounout.
Ensuite, il devra faire une autre takbira suivie d’un roukou‘. [À la fin de la première rak‘a], il devra se lever [pour faire la deuxième rak‘a de la façon suivante :] il devra d’abord réciter la première sourate du Coran et la sourate « wa-ch-chamsi wa dhohaha » puis faire quatre fois de suite at-tkbira et al-qounout. Après cela, il devra faire une autre takbira suivie d’un roukou‘. »322
L’Imam as-Sadiq (as) a dit aussi : « Le sermon doit être prononcé après la prière. Le premier à avoir prononcé le sermon avant la prière est Othman. En effet, suite à ce qu’il avait fait, les gens quittaient [la mosquée] juste après la prière. Et lorsqu’il a remarqué cela, il a décidé de prononcer les deux sermons avant la prière [afin d’obliger les gens à l’écouter] …L’imam doit s’assoir un petit moment entre les deux sermons. »323
En s’appuyant sur ces hadiths, les jurisconsultes ont dit ceci :
• La prière de l’Aïd se fait sans al-adhan et sans al-iqama. Il faut seulement que quelqu’un appelle à la prière en disant trois fois et à haute voix : «as-salat. »
• La prière de l’Aïd se fait de la façon suivante : l'imam doit d’abord réciter la première sourate du Coran et une autre sourate (de préférence la sourate « sabbih isma rabbika al-a‘la »), ensuite il devra faire cinq fois de suite at-takbira et al-qounout. Et juste après le dernier qounout, il devra faire une autre takbira, ar-roukou‘ et as-soujoud.
La deuxième rak‘a se fait de la même façon que la première, sauf que, pendant celle-ci, on doit faire quatre fois seulement at-takbira et al-qounout, et il est recommandé de réciter la sourate « wa-ch-chamsi wa dhohaha » après la première sourate. À la fin de la deuxième rak‘a, l’imam doit prononcer deux sermons.
Pendant al-qounout, on peut réciter n’importe quel Dou ‘a, mais il est préférable de réciter le Dou ‘a suivant: « Allahoumma ahl-al-kibriya’i wa-l‘adhama, wa ahl-al-joudi wa-ljabarout, wa ahl-al-‘afwi wa-r-rahma, wa ahal-at-taqwa wa-lmaghfira, as’alouka bihaqqi hadha-lyawm al-ladhi ja‘altahou li-lmouslimina ‘idan wa li Mohammadin sall-Allahou ‘alayhi wa alihi dhoukhran wa charafan wa karamatan wa mazidan, an tousalli ‘ala Mohammadin wa Ali Mohammadin wa an toudkhilani fi koulli khayrin adkhalta fihi Mohammadan wa Ali Mohammadin, wa an toukhrijani min koulli sou’in akhrajta minhou Mohammadan wa Ali Mohammadin salawatouka ‘alayi wa ‘alayhim. Allahoumma inni as’slouka khayra ma sa’alaka bihi ‘ibadouka as-salihoun, wa a‘oudhou bika mimma ista‘adha minhou ‘ibadouk-al-moukhlasoun. »
La prière des Signes divins
L’Imam as-Sadiq (as) a dit : « L’accomplissement de la prière de l’éclipse est obligatoire. »324
Quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Qu’est-ce que c’est qu’un séisme ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « C’est un Signe divin. » Alors la même personne lui a dit : « S’il se produit un jour, que devrai-je faire ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « Fais la prière de l’éclipse. »325
L'Imam al-Baqir (as) a dit : « Si [un phénomène] céleste effrayant se produit (comme l'obscurité [survenant au milieu de la journée] ou le vent [soufflant avec violence]), fais la prière d l'éclipse. » 326
L’Imam al-Kadhim (as) a dit : « Lorsque Ibrahim (le fils du Prophète (saww)) est mort, le soleil a subi une éclipse. Alors, les gens ont dit : « Le soleil s’est éclipsé parce que le Prophète (saww) a perdu son fils. [En les entendant dire cela], le Prophète (saww) a monté sur al-minbar. Après avoir loué Dieu, il a dit : « Ô gens ! Le soleil et la lune ne sont que deux Signes parmi les autres Signes divins. Ils obéissent à Dieu et leur mouvement est soumis à Sa volonté.
Ils ne s’éclipsent jamais à cause de la mort ou de la vie d’une personne, [quelle qu’elle soit]. S’ils s’éclipsent faites la prière. Ensuite, le Prophète (saww) est descendu d’al-minbar et a dirigé la prière de l’éclipse. »»327
Par l’expression « les Signes divins », les jurisconsultes désignent les choses suivantes : l’éclipse du soleil ou de la lune, le séisme et tout phénomène effrayant (comme les vents violents, l’obscurité qui survient au milieu de la journée…).
L’accomplissement de la prière des signes divins à la suite de l’un de ces phénomènes est obligatoire. En cela, tous les jurisconsultes sont d’un même avis.
Le moment de la prière des Signes divins
Le moment de la prière de l’éclipse commence au début de l’éclipse et se prolonge jusqu’à la fin de celle-ci. Ce qui prouve que son moment commence au début de l’éclipse, est le hadith où le Prophète (saww) a dit : « Si vous voyez cela, faites la prière. »328
Et ce qui prouve que son moment se prolonge jusqu’à la fin de l’éclipse, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Il est permis de terminer la prière de l’éclipse avant la fin de l’éclipse. Mais il est préférable de la prolonger jusqu’à la fin de celle-ci. »329
Si l’éclipse est partielle et d’une durée insuffisante pour accomplir la prière des Signes divins, on ne sera pas obligé d'accomplir celle-ci.
Question : Si quelqu’un n’accomplit pas la prière des signes divins au moment où se produit l’éclipse, devra-t-il la compenser par la suite ?
Réponse : Il devrait la compenser, sauf si l’éclipse était partielle et que, au moment où elle s’est produite, il n’était pas au courant. La preuve pour cela, est le hadith où l’Imam as-Sadiq (as) a dit : « Si la lune subit une éclipse et tu ne te rends compte de cela qu’en te réveillant le matin, tu devras compenser [la prière des Signes divins]. Toutefois, si l’éclipse est partielle, tu n’auras pas besoin de la compenser. »330
En ce qui concerne la prière qui se fait à la suite du séisme, les hadiths disent seulement qu’il est obligatoire de l’accomplir, ils ne précisent pas le moment où elle doit être faite. Donc, on peut l’accomplir à n’importe quel moment.
La façon dont se fait la prière des Signes divins
L’Imam al-Baqir (as) et l’Imam as-Sadiq (as) ont dit : « La prière de l’éclipse du soleil ou de la lune et celle du séisme se font en dix raka‘at et quatre sajadat. C’est-à-dire, il faut faire deux fois de suite cinq raka‘at [consécutives] suivies d’un soujoud. Pendant chaque rak‘a331 , tu pourras réciter soit une sourate complète, soit une partie d’une sourate. Si tu choisis de réciter une sourate complète, tu devras réciter la Fatiha avant elle.
Et si tu choisis de réciter une partie d’une sourate, tu pourras te contenter de réciter la Fatiha au début de la première rak‘a et juste avant de commencer une nouvelle sourate. Ne prononce la formule « sami‘a Allahou liman hamidah » qu’après le cinquième roukou‘. »332
Les jurisconsultes ont tous pris en considération ce hadith, et ils lui ont donné l’interprétation suivante : pour faire la prière des Signes divins à la suite de l’éclipse, du séisme ou d’un phénomène céleste effrayant, il faut d’abord avoir an-niya (l’intention de se rapprocher de Dieu) et faire takbirat-ul-ihram. Ensuite il faudra réciter cinq fois de suite la Fatiha et une autre sourate après laquelle il faudra faire un roukou‘.
À la fin du cinquième roukou‘, il faudra faire as-soujoud. À la fin de la deuxième sajda, il faudra se redresser pour faire la deuxième rak‘a de la même façon que la première. Après le dixième roukou‘ (c’est-à-dire le cinquième roukou‘ de la deuxième rak‘a), il faudra faire al-qounout puis as-soujoud.
Pour terminer, il faudra faire at-tachahhoud et at-taslim. Il est recommandé de prononcer la formule « sami‘a Allahou liman hamidah » juste avant de faire as-soujoud.
Les jurisconsultes ont dit que, pendant chacune des deux raka‘at, on peut se contenter de réciter la Fatiha une seule fois et réciter une sourate complète après celle-ci. C’est-à-dire, la première fois on devra réciter la Fatiha et une partie d’une autre sourate et, après chaque roukou‘, on pourra réciter uniquement une partie de cette même sourate.
La prière des Signes divins peut être accomplie collectivement ou individuellement. En effet, quelqu’un a dit à l’Imam as-Sadiq (as) : « Doit-on accomplir la prière de l’éclipse collectivement ou individuellement ? » Et l’Imam (as) lui a dit : « comme tu voudras »333
Quelques préceptes
Si quelqu’un a assez de temps pour accomplir la prière quotidienne et celle de l’éclipse, il pourra commencer par celle qu’il voudra. Mais s’il n’a pas assez de temps pour les faire toutes les deux, il devra commencer par la prière quotidienne. Et s’il commence par la prière de l’éclipse, sa prière sera correcte mais il aura commis un péché.
Si des experts ou deux hommes dignes de confiance disent à quelqu’un que l’éclipse a eu lieu, il devra accomplir la prière des Signes divins.
Si la femme est en période de règles ou de lochies, elle ne devra pas accomplir la prière des Signes divins, et elle ne sera pas obligée de la compenser par la suite.
- 1. Al-wasa’il (v:1 / p:19)
- 2. Al-wasa’il (v:4 / p:43)
- 3. Al-wasa’il (v:4 / p:42)
- 4. Al-wasa’il (v:4 / p:41)
- 5. Al-wasa’il (v:4 / p:46)
- 6. Al-wasa’il (v:8 / p:505)
- 7. Al-wasa’il (v:4 / p:109)
- 8. Al-wasa’il (v:4 / p:110)
- 9. Al-wasa’il (v:4/ p:112)
- 10. Al-wasa’il (v:4 / p:112)
- 11. Al-wasa’il (v:4 / p::119)
- 12. Al-wasa’il (v:4 / p:119)
- 13. Al-wasa’il (v:4 / p:126)
- 14. Al-wasa’il (v:4 / p:127)
- 15. Al-wasa’il (v:4 / p:122)
- 16. Al-wasa’il (v:4 / p:144)
- 17. Al-wasa’il (v:4 / p:173
- 18. Al-wasa’il (v:4 / p:174)
- 19. Al-wasa’il (v:4 / p:184)
- 20. Al-wasa’il (v:4 / p:288)
- 21. Al-wasa’il (v:4 / p:208)
- 22. Al-wasa’il (v:4 / p:208)
- 23. Al-jawahir (v:7 / p:170 )
- 24. Al-jawahir (v:7 / p:197)
- 25. Al-wasa’il (v:4 / p:290)
- 26. Al-wasa’il (v:4 / p:217)
- 27. Al-wasa’il (v:8 / p:268)
- 28. Al-wasa’il (v:4 / p:176)
- 29. Al-wasa’il (v:4 / p:206)
- 30. Al-wasa’il (v:4 / p:300)
- 31. Al-wasa’il (v:4 / p:300)
- 32. Vraisemblablement lorsque l’Imam al-Baqir a dit cela, il était au nord de la Mecque (NdT)
- 33. Al-madarik (v:3 / p:121)
- 34. Al-madarik (v:3 / p:119)
- 35. Al-wasa’il (v:4 / p:307)
- 36. Al-wasa’il (v:4 / p:308)
- 37. Al-jawahir (v:7 / p:409)
- 38. Al-wasa’il (v:4 / p:314)
- 39. Al-wasa’il (v:4 / p:315)
- 40. Al-wasa’il (v:4 / p:317)
- 41. Al-madarik (v:3 / p:149)
- 42. Al-madarik (v:3 / p:147)
- 43. Al-wasa’il (v:4 / p:330)
- 44. Al-wasa’il (v:4 / p:388)
- 45. Al-wasa’il (v:4 / p:389)
- 46. Al-wasa’il (v:4 / p:343)
- 47. Al-wasa’il (v:4 / p:345)
- 48. Al-wasa’il (v:4 / p:368)
- 49. Al-wasa’il (v:4 / p:372)
- 50. Al-wasa’il (v:4 / p:379)
- 51. Al-wasa’il (v:4 / p:380)
- 52. Al-wasa’il (v:4 / p:413)
- 53. Al-wasa’il (v:20 / p:202)
- 54. Al-wasa’il (v:20 / p:201)
- 55. Al-wasa’il (v:4 / p:424)
- 56. Bihar al-anwar (v:43 / p:28)
- 57. Bihar al-anwar (v:43 / p:62)
- 58. Al-wasa’il (v:5 / p:119)
- 59. Al-wasa’il (v:4 / p:457)
- 60. Al-wasa’il (v:4 / p:380)
- 61. Al-wasa’il (v:4 / p:373)
- 62. Al-wasa’il (v:4 / p:449)
- 63. C’est-à-dire tout en sachant qu’il est fait avec une telle matière (NdT).
- 64. Misbah al-faqih, chapitre «La prière», p: 127
- 65. ‘Awali al-la’ali’
- 66. Al-madarik (v:3 / p:167)
- 67. Al-wasa’il (v:5 / p:117)
- 68. Al-wasa’il (v:5 / p:118)
- 69. Al-wasa’il (v:5 / p:118)
- 70. Al-wasa’il (v:4 / p:326)
- 71. Al-jawahir (v:8 / p:305)
- 72. Al-wasa’il (v:5 / p:138)
- 73. Al-wasa’il (v:5 / p:343)
- 74. Al-wasa’il (v:5 / p:352)
- 75. Al-wasa’il (v:5 / p:365)
- 76. Al-wasa’il (v:5 / p:356)
- 77. Ar-rawdha (v:1 / p:227)
- 78. Miftah al-karama (v:2 / p:248)
- 79. Al-bihar (v:85 / p:151)
- 80. Al-wasa’il (v:1 / p:371)
- 81. Al-wasa’il (v:5 / p:351)
- 82. Voir Fath al-Bari (v:2 / p:62)
- 83. Al-wasa’il (v:5 / p:370)
- 84. - Al-rawdha (v:1 / p:240)
- 85. Al-wasa’il (v:5 / p:378)
- 86. Al-wasa’il (v:5 / p:378)
- 87. Al-wasa’il (v:5 / p:391)
- 88. Al-wasa’il (v:1 / p:45)
- 89. Al-wasa’il (v:4 / p:19)
- 90. Al-wasa’il (v:4 / p:21)
- 91. Al-wasa’il (v:1 / p:49)
- 92. Al-wasa’il (v:5 / p:475)
- 93. Al-wasa’il (v:5 / p:475)
- 94. Al-madarik (v:3 / p:313)
- 95. Al-wasa’il (v:6 / p:11)
- 96. Al-wasa’il (v:6 / p:10)
- 97. Al-wasa’il (v:6 / p:11)
- 98. Al-wasa’il (v:6 / p:13)
- 99. Al-wasa’il (v:5 / p:381)
- 100. Al-wasa’il (v:5 / p:488)
- 101. Al-wasa’il (v:5 / p:484)
- 102. Al-qounout est la prière qu’on adresse à Dieu juste après la récitation des deux sourates de la deuxième rak’a (NdT).
- 103. Selon le Robert, le mot réciter veut dire : dire à haute voix (ce qu'on sait par cœur). Donc, les deux expressions « réciter à haute voix » et « réciter à voix basse » sont erronées(NdT).
- 104. Al-wasa’il (v:6 / p:87)
- 105. Al-wasa’il (v:6 / p:89)
- 106. Al-wasa’il (v:6 / p:88)
- 107. Al-wasa’il (v:6 / p:109)
- 108. Al-wasa’il (v:6 / p:108)
- 109. ‘Awali al-la’ali’ (v:1 / p:198)
- 110. Al-wasa’il (v:6 / p:310)
- 111. Al-wasa’il (v:6 / p:310)
- 112. Al-wasa’il (v:5 / p:461)
- 113. Al-wasa’il (v:5 / p:459)
- 114. La traduction de cette formule est: «Gloire et louange à mon Seigneur, le Sublime»(NdT)
- 115. Al-madarik (v:3 / p:386)
- 116. La traduction de cette formule est: «Gloire et louange à mon Seigneur, le Très Haute.»(NdT)
- 117. Al-wasa’il (v:6 / p:299)
- 118. Al-wasa’il (v:6 / p:313)
- 119. Al-wasa’il (v:1 / p:371)
- 120. La traduction de cette formule est: «Dieu a entendu celui qui l’a loué.»(NdT)
- 121. Al-wasa’il (v:6 / p:345)
- 122. Al-wasa’il (v:6 / p:358)
- 123. Al-wasa’il (v:6 / p:360)
- 124. Al-wasa’il (v:6 / p:364)
- 125. Al-wasa’il (v:6 / p:369)
- 126. Miftah a al-karama (v:2 / p:302)
- 127. Al-wasa’il (v:6 / p:396)
- 128. La traduction de cette formule est: «J’atteste qu’il n’y a point d’autre divinité que Dieu, et que Dieu est unique et n’a point d’associé; et j’atteste que Mohammed est serviteur et messager de Dieu» (NdT).
- 129. Al-wasa’il (v:6 / p:407)
- 130. Al-madarik (v:3 / p:426)
- 131. Al-wasa’il (v:6 / p:11)
- 132. Al-wasa’il (v:6 / p:426)
- 133. Al-jawahir (v:10 / p:292)
- 134. Al-wasa’il (v:1 / p:248)
- 135. Al-wasa’il (v:1 / p:259)
- 136. Al-moustamsak (v:6 / p:532)
- 137. Al-wasa’il (v:7 / p:266)
- 138. Al-wasa’il (v:7 / p:245)
- 139. Al-wasa’il (v:4 / p:312)
- 140. Al-wasa’il (v:3 / p:462)
- 141. Al-wasa’il (v:7 / p:282)
- 142. Al-wasa’il (v:7 / p:267)
- 143. Al-wasa’il (v:7 / p:250)
- 144. Al-wasa’il (v:7 / p:248)
- 145. Al-moustamsak (v:6 / p:578)
- 146. C’est-à-dire tout acte susceptible de faire croire aux autres qu’on n’est pas en train de faire la prière.
- 147. Al-madarik (v:3 / p:467)
- 148. Al-wasa’il (v:6 / p:67)
- 149. Misbah al-faqih (p:530)
- 150. C’est-à-dire an-niyya, takbirat-ul-ihram, se tenir debout, ar-roukou’ et les deux sajdat (NdT).
- 151. Al-wasa’il (v:6 / p:13)
- 152. Al-wasa’il (v:5 / p:503)
- 153. Al-wasa’il (v:1 / p:371)
- 154. Al-jawahir (v:9 / p:220)
- 155. Soujoud as-sahw est un soujoud supplémentaire qu’on fait immédiatement après at-taslim afin de réparer certaines erreurs d’inattention .(NdT)
- 156. Al-wasa’il (v:6 / p:87)
- 157. - Al-wasa’il (v:6 / p:89)
- 158. - Al-wasa’il (v:6 / p:320)
- 159. - Al-wasa’il (v:6 / p:364)
- 160. - Al-wasa’il (v:8 / p:234)
- 161. - Miftah al-karama (v:3 / p:290)
- 162. Al-wasa’il (v:4 / p:283)
- 163. Al-wasa’il (v:8 / p:246)
- 164. Al-wasa’il (v:8 / p:246)
- 165. Al-wasa’il (v:6 / p:368)
- 166. Al-wasa’il (v:6 / p:316)
- 167. Al-wasa’il (v:8 / p:237)
- 168. Al-jawahir (v:12 / p:320)
- 169. Al-wasa’il (v:8 / p:194)
- 170. Al-wasa’il (v:8 / p:195)
- 171. Al-jawahir (v:12 / p:329)
- 172. Al-wasa’il (v:8 / p:188)
- 173. Al-wasa’il (v:8 / p:226)
- 174. Al-wasa’il (v:8 / p:213)
- 175. Al-wasa’il (v:8 / p:216)
- 176. Al-wasa’il (v:8 / p:219)
- 177. Al-wasa’il (v:8 / p:223)
- 178. Al-wasa’il (v:8 / p:320)
- 179. - Al-wasa’il (v:8 / p:228)
- 180. - Al-jawahir (v:12 / p:370)
- 181. Mousnad Ahmed Ibn Hanbal (v:1 / p:379)
- 182. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» p:71
- 183. Al-‘ourwa al-wouthqa (v:1 / p:656)
- 184. Al-‘ourwa al-wouthqa (v:1 / p:668)
- 185. - Al-wasa’il (v:8 / p:259)
- 186. - ‘Awali alla’ali’(v:2 / p:54)
- 187. Al-wasa’il (v:8 / p:257)
- 188. Al-wasa’il (v:8 / p:268)
- 189. Al-wasa’il (v:7 / p:345)
- 190. -Al-wasa’il (v:7 / p:421)
- 191. ‘Awali alla’ali’ (v:3 / p:107)
- 192. Al-wasa’il (v:8 / p:268)
- 193. Al-wasa’il (v:8 / p:269)
- 194. Al-jawahir (v:13 / p:33)
- 195. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» p:608
- 196. Al-wasa’il (v:8 / p:257)
- 197. Al-wasa’il (v:8 / p:254)
- 198. Al-wasa’il (v:2 / p:445)
- 199. Al-wasa’il (v:8 / p:276)
- 200. Al-wasa’il (v:8 / p:277)
- 201. Al-wasa’il (v:8 / p:278)
- 202. Moustamsak (v:7 / p:104)
- 203. Al-wasa’il (v:8 / p:281)
- 204. Al-wasa’il (v:8 / p:276)
- 205. Al-jawahir (v:13 / p:113)
- 206. Al-wasa’il (v:8 / p:288)
- 207. Al-wasa’il (v:8 / p:286)
- 208. Al-wasa’il (v:8 / p:285)
- 209. Al-jawahir (v:13 / p:134)
- 210. Al-wasa’il (v:8 / p:335)
- 211. Al-wasa’il (v:8 / p:296)
- 212. Al-wasa’il (v:8 / p:297)
- 213. Sounan al-Bayhaqi (v:3 / p:112)
- 214. Al-jawahir (v:13 / p:230)
- 215. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» , p:667
- 216. Al-wasa’il (v:8 / p:290)
- 217. Al-jawahir (v:13 / p:275)
- 218. Al-wasa’il (v:8 / p:314)
- 219. Al-wasa’il (v:8 / p:314)
- 220. Al-wasa’il (v:8 / p:315)
- 221. Al-wasa’il (v:8 / p:345)
- 222. Al-madarik (v:4 / p:317)
- 223. Al-wasa’il (v:8 / p:409)
- 224. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» , p:633
- 225. Al-wasa’il (v:8 / p:411)
- 226. Al-wasa’il (v:8 / p:341)
- 227. Al-wasa’il (v:8 / p:407)
- 228. Al-jawahir (v:13 / p:178)
- 229. Al-wasa’il (v:8 / p:382)
- 230. Al-wasa’il (v:8 / p:359)
- 231. Al-wasa’il (v:8 / p:357)
- 232. Al-wasa’il (v:8 / p:357)
- 233. Miftah al-karama (v:3 / p:445)
- 234. Al-madarik (v:4 / p:323)
- 235. Al-jawahir (v:13 / p:181)
- 236. Sounan al-Bayhaqi (v:3 / p:112)
- 237. Annexes d’al-makasib, chapitre: «La prière» , p:485
- 238. Al-wasa’il (v:8 / p:391)
- 239. Miftah al-karama (v:3 / p:459)
- 240. Al-wasa’il (v:8 / p:390)
- 241. Al-wasa’il (v:8 / p:390)
- 242. Al-wasa’il (v:8 / p:374)
- 243. Al-wasa’il (v:8 / p:372)
- 244. Al-wasa’il (v:8 / p:384)
- 245. Al-moustadrak (v:6 / p:497)
- 246. Al-wasa’il (v:8 / p:405)
- 247. Al-wasa’il (v:8 / p:378)
- 248. Car pendant les deux dernières raka‘at, l’imam ne récite rien à la place de ceux qui l’imitent .(L’auteur).
- 249. Al-wasa’il (v:8 / p:388)
- 250. Al-wasa’il (v:8 / p:351)
- 251. Al-wasa’il (v:8 / p:349)
- 252. Al-masalik (v:1 / p:315)
- 253. Misbah al-faqih, chapitre «La prière», p: 683
- 254. Misbah al-faqih, chapitre:«La prière», p:577
- 255. Al-wasa’il (v:8 / p:505)
- 256. Compléter la prière pendant le voyage, c’est la faire en quatre raka‘at au lieu de la faire en deux.
- 257. Al-wasa’il (v:8 / p:518)
- 258. Al-wasa’il (v:8 / p:517)
- 259. Al-wasa’il (v:4 / p:83)
- 260. Al-wasa’il (v:4 / p:82)
- 261. Al-wasa’il (v:4 / p:90)
- 262. Al-jawahir (v:7 / p:46)
- 263. Farasikh est le pluriel de farsakh, ancienne mesure de distance qui valait environ 5760m (NdT).
- 264. Al-wasa’il (v:8 / p:462)
- 265. Al-wasa’il (v:8 / p:455)
- 266. Al-wasa’il (v:8 / p:455)
- 267. Al-wasa’il (v:5 / p:454)
- 268. Al-wasa’il (v:8 / p:455)
- 269. Al-wasa’il (v:8 / p:453)
- 270. Al-jawahir (v:14 / p:197)
- 271. Misbah al-faqih, chapitre «La prière», p:722
- 272. Al-wasa’il (v:8 / p:456)
- 273. Al-wasa’il (v:8 / p:458)
- 274. Al-wasa’il (v:8 / p:459)
- 275. Al-‘ourwa al-wouthqa (v:1 / p:733)
- 276. Al-jawahir (v:14 / p:212)
- 277. - Al-wasa’il (v:8 / p:468)
- 278. Al-wasa’il (v:8 / p:503)
- 279. Miftah al-karama (v:3 / p:560)
- 280. Al-wasa’il (v:8 / p:476)
- 281. Al-wasa’il (v:8 / p:480)
- 282. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» , p:743
- 283. Al-wasa’il (v:8 / p:486)
- 284. Al-wasa’il (v:8 / p:487)
- 285. Al-wasa’il (v:8 / p:488)
- 286. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» , p:748
- 287. Al-wasa’il (v:8 / p:471)
- 288. Al-wasa’il (v:8 / p:472)
- 289. Sauf dans les trois cas suivants: lorsqu’on part en voyage l’après-midi (dans ce cas on devra écourter la prière et observer la jeûne), lorsqu’on rentre du voyage l’après-midi (dans ce cas, on devra rompre le jeûne et compléter la prière), et lorsqu’on se retrouve dans l’un des lieu saints suivants: la Mecque, Médine, La mosquée d’al-Koufa et le mausolée de l’Imam al-Hussein (a.s). Dans ces quatre lieu, le voyageur pourra compléter sa prière, mais il devra rompre le jeûne. (L’auteur)
- 290. Al-wasa’il (v:10 / p:184)
- 291. Al-wasa’il (v:8 / p:524)
- 292. Al-wasa’il (v:10 / p:179)
- 293. Al-wasa’il (v:8 / p:506)
- 294. Al-‘ourwa al-wouthqa (v:1 / p:752)
- 295. Al-wasa’il (v:8 / p:508)
- 296. Al-wasa’il (v:7 / p:298)
- 297. Al-wasa’il (v:7 / p:309)
- 298. Al-wasa’il (v:7 / p:312)
- 299. Al-wasa’il (v:7 / p:313)
- 300. Al-wasa’il (v:7 / p:313)
- 301. Al-wasa’il (v:7 / p:313)
- 302. Al-madarik (v:3 / p:447)
- 303. Al-madarik (v:3 / p:447)
- 304. Al-wasa’il (v:6 / p:268)
- 305. At-tadhkira (v:4 / p:27)
- 306. Al-wasa’il (v:7 / p:304)
- 307. Misbah al-faqih, chapitre «La prière» p:442
- 308. Al-wasa’il (v:7 / p:304)
- 309. Al-wasa’il (v:7 / p:304)
- 310. Il est difficile de savoir si l’Imam sa-Sadiq (a.s) a exigé la présence de l'Imam (as) ou bien celle d’un imam, c’est-à-dire celui qui dirige la prière collective. (NdT)
- 311. Al-wasa’il (v:7 / p:307)
- 312. Al-wasa’il (v:7 / p:342)
- 313. Al-wasa’il (v:7 / p:315)
- 314. Al-wasa’il (v:7 / p:295)
- 315. Al-wasa’il (v:7 / p:421)
- 316. Al-wasa’il (v:7 / p:419)
- 317. Al-wasa’il (v:7 / p:422)
- 318. Al-wasa’il (v:7 / p:421)
- 319. Al-wasa’il (v:7 / p:421)
- 320. ‘Awali alla’ali’ (v:3 / p:107)
- 321. Al-wasa’il (v:7 / p:428)
- 322. Al-wasa’il (v:7 / p:437)
- 323. Al-wasa’il (v:7 / p:440)
- 324. Al-wasa’il (v:7 / p:483)
- 325. Al-wasa’il (v:7 / p:486)
- 326. Al-wasa’il (v:7 / p:486)
- 327. Al-wasa’il (v:7 / p:485)
- 328. Sounan ad-Darami (v:1 / p:359)
- 329. Al-wasa’il (v:7 / p:498)
- 330. Al-wasa’il (v:7 / p:500)
- 331. Ici, le mot rak‘a désigne la suite des actes qui commence par at-takbira et se termine par ar-roukou‘ . (NdT)
- 332. Al-wasa’il (v:7 / p:492 et 495)
- 333. Al-wasa’il (v:7 / p:504)