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Question 3: Pourquoi Alî ibn Abî Tâlib –les bénédictions de Dieu soient sur lui– est-il cosidéré comme le wasî et le successeur du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–?

Réponse

Comme nous l’avons rappelé, les chiites croient à la désignation officielle de son successeur par le Prophète, et que l’Imâmat exige les mêmes conditions que la Prophétie, c'est à dire que le Prophète et son successeur soient tous deux, directement désignés par Dieu, le Glorieux et l'Immense.

La biographie du Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– en est une preuve incontestable, car il avait désigné Alî –les bénédictions de Dieu soient sur lui– comme son successeur dans de nombreuses circonstances dont nous donnerons trois exemples:

1- Au début de la Prophétie lorsque le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– fut chargé par Dieu, d’inviter les membres de sa famille au Monothéisme et à l'islam, par le verset:

﴿ وَأنْذِرْ عَشِيْرَتَكَ الأَقْرَبِيْنَ ﴾

«Avertis tes partisans les plus proches». 1

il dit: Quiconque m’assistera dans cette tâche sera mon wasî, mon ministre et mon successeur.

Le Prophète–les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– posa la question suivante:

«فَأيّكم يؤازرني في هذالأمر على ان يكون اخي ووزيري وخليفتي ووصيّي فيكم».

«Qui parmi vous m’assistera dans cette tâche et sera mon frère, mon ministre, mon wasî et mon successeur?».

Le seul qui répondit positivement à cet appel céleste fut Alî ibn Abî Tâlib –les bénédictions de Dieu soient sur lui–. L’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– s'adressa alors à ses proches et dit:

»إنّ هذا أخي ووصيّي وخليفتي فيكم فاسمعوا له وأطيعوه «

«En vérité, voici mon frère, mon wasî et mon successeur parmi vous, soyez attentifs à sa parole et suivez-le». 2

2- Lors de la guerre de Tabouk. Le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– dit à Alî –les bénédictions de Dieu soient sur lui–:

»أما ترضى أن تكون منّي بمنزلة هارون من موسى إلاّ أنه لانبيَّ بعدي «

»N’es-tu pas satisfait d’être pour moi ce que Hârûn était pour Mûsâ, sauf qu’après moi il n’y aura plus de prophète?« 3

De la même façon que Hârûn était le wasî et le successeur immédiat de Mûsâ, tu es aussi mon successeur et le dirigeant après moi.

3- Dixième année de l’hégire. L’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–, au moment du retour du Pèlerinage d’adieu, en un lieu nommé «Ghadîr Khom», au milieu d'une immense foule, désigna Alî –les bénédictions de Dieu soient sur lui– comme walî (représentant) des musulmans et des croyants et dit:

«مَنْ كنت مؤلاه فهذا عليّ مولاه».

«Celui dont je suis le maître, Alî en est aussi le maître».

Un point important et digne d’attention est que le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– avait dit au début de son discours:

«أَلستُ أولى بكم من أنفسكم»

«Ne suis-je pas pour vous meilleur que vous-mêmes?»

Et les musulmans avaient tous manifesté leur approbation.

L’intention du Prophète, dans l’emploi du terme «maître» dans ce hadith, était bien le rang de celui qui domine les croyants, qui les dirige et a plein pouvoir sur eux.

Il faut donc reconnaître que le Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille– a donné à Alî –les bénédictions de Dieu soient sur lui– le degré éminent qui était le sien. C’est ce même jour que Hassân ibn Thâbit mit en vers cet événement historique de Ghadîr tel que nous le rapportons ci-dessous: 4

يناديهُمُ يومَ الغديرِ نبيّهُمْ

بخمّ وأسمعْ بالرّسولِ مناديا

فقال فمن مولاكمَ ونبيّكمْ

فقالوا ولم يبدوا أهناك التّعاميا

إلهكَ مولانا وأنت نبيّنا

ولم تلق منّا في الولاية عاصيا

فقال له: قمْ يا عليّ فإنّنى

رضيتك من بعدي إماماً وهاديا

فمن كنتُ مولاه فهذا وليّهُ

فكُونوا له اتباعَ صدقٍ مواليا

هناك دعا: اللّهمَّ والِ وليّهُ

وكن للذي عادى عليّاُ معاديا

Le hadith de Ghadîr fait partie des Hadith islamiques qui non seulement, ont été rapportés par les savants chiites, mais aussi par environ trois cent soixante savants sunnites5 et dont les chaînes de transmission remontent à cent dix Compagnons (Sahâba). Vingt-six sont de grands savants musulmans qui ont écrit des quantités de livres indépendants les uns des autres, sur les chaînes de transmission de ce Hadith.

Abû Dja‘far Tabarî, historien célèbre parmi les musulmans, a rassemblé les chaînes de transmission de ce Hadith dans deux gros volumes. Pour plus d’information, les lecteurs peuvent se référer à l'œuvre gigantesque Al-Ghadîr de l'Allameh Amînî.

  • 1. Sourate «Cho‘arâ» 26:214.
  • 2. Tarîkh Tabarî, Vol.2, p.62-63. Tarîkh Kâmil, Vol.2, p.40-41. Mosnad d’Ahmad, Vol.1, p.111. Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), Vol.13, p.210-212.
  • 3. Sîrah Ibn Hichâm, Vol.2, p.520. As-Sawâ‘iq al-Mohriqah (Ibn Hadjar), Chap.9, 2ème partie, p.121. deuxième édition, le Caire.
  • 4. Al-Manâqib (Khwârazmî Mâlikî), p.80. Tadhikrah Khâs al-A’immah (compilé par Ibn Djowzî Hanafî), p.20. Kafâyah al-Tâlib, p.17. (Negârech Gandjî Châfi‘î).
  • 5. Voir pour cela As-Sawâ‘iq al-Mohriqah (Ibn Hadjar). Deuxième édition. Le Caire, Chap 9, 2ème partie, p.122.